La honte !!

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03 Mar 2013 20:23 #112406 par ICOSIUM
Réponse de ICOSIUM sur le sujet La honte !!
Actualités : SONATRACH/CORRUPTION
L’étrange lettre de Nicolas Sarkis à Bouteflika
Khedidja Baba-Ahmed
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Pour le moins étonnante et insolite que cette lettre ouverte au président Abdelaziz Bouteflika, qui nous a été transmise directement, par mail mercredi dernier, par Nicolas Sarkis, expert pétrolier franco-libanais, conseiller des pays producteurs et sociétés internationales ; directeur du Centre arabe d’études pétrolières et directeur de la revue le pétrole et le gaz arabes . Que dit cette lettre ? Pour ne pas nous voir accusée de travestissement et d’interprétations erronées, et au risque de faire une publicité à ce curieux courrier, reprenons textuellement cette lettre ouverte. S’il n’a pas comme il dit le «passeport algérien», Nicolas Sarkis s’octroie de fait le passeport d’ingérence dans une affaire qu’il considère somme toute comme «circonscrite à des dérapages et des turpitudes de quelques suspects qui auraient trahi la confiance placée en eux». Autrement dit : vous avez, Monsieur le Président été trompé et berné par ceux que vous avez nommés et vous n’y êtes pour rien. Mieux encore et pour être en phase avec les réactions officielles algériennes enregistrées à ce jour (celles notamment du président et de son actuel ministre de l’Energie) sur ces «dérapages », Sarkis y voit l’œuvre «d’une quarantaine de voleurs». Circulez, il n’y a rien à voir, même si cette affaire fait mal, elle ne concerne que quelques individus et le régime, Dieu merci, n’est en rien responsable de ces «turpitudes individuelles». Mais la cerise sur le gâteau, la sève de cette lettre n’est pas dans le baratin développé dans toute la première partie de la lettre sur la bravoure des Algériens qui «ont payé trop cher le prix de leur indépendance et de la récupération de leurs richesses nationales» et autres «Etat fort» construit depuis l’indépendance, mais elle se niche dans le dernier paragraphe, le final de ce courrier qui constitue précisément la finalité de cette lettre ouverte. Se pâmant de savoir que le président Bouteflika ait trouvé «les mots justes» en se déclarant révolté par les scandales en question et en déclarant être «déterminé à ne pas laisser passer», Nicolas Sarkis y va de son panégyrique sur notre président Bouteflika qui nous a, selon cet expert sans passeport algérien (n’est-il pas temps de lui en donner un ?), délivrés de tous les maux. Comment, en effet, peut-on considérer, comme le fait sans retenue Sarkis, que c’est Bouteflika qui, après avoir porté bien haut le nom de l’Algérie sur la scène internationale», a «réussi à l’arracher (l’Algérie) aux affres des années noires». Face aux «affres» des terroristes qu’il ne nomme d’ailleurs pas comme il ne nomme pas non plus tous ceux qui ont fait face au terrorisme et continuent à le faire, il y a eu, selon notre expert, un homme, un sauveur, qui était là et qui s’appelle Bouteflika. Le peuple algérien a trouvé en ce sauveur, libérateur et bienfaiteur, son homme et, suggère Sarkis, il faut lui rendre hommage. Se substituant enfin aux Algériens et parlant en leur nom, notre expert affirme que nous avons les yeux tournés vers ce sauveur et nous ne pouvons que lui souhaiter bonne chance dans «l’éradication de la gangrène qui menace la sécurité de l’Algérie». Ainsi donc et plus que jamais, la sécurité et les intérêts vitaux de l’Algérie ne peuvent se passer aujourd’hui de ce sauveur. Qu’est-ce alors que cet appel ? Que recouvre cette lettre ? Une campagne d’information pour dire que le président Bouteflika n’est en rien responsable des scandales économiques qui se succèdent et mettent en cause ses proches ? Le lancement d’une autre campagne, celle de 2014, pour un autre mandat à celui «qui a une nouvelle et lourde mission d’éradication de la gangrène» ? Et si la lettre de Nicolas Sarkis répondait à ces deux hypothèses ? Dans ce cas, qui a bien pu suggérer ce nouvel outil de communication ? Qui est ou qui sont derrière ce courrier pour le moins insolite ? Enfin, pour qui court Nicolas Sarkis ?

Lettre ouverte à Monsieur le Président Abdelaziz Bouteflika
Monsieur le Président,
Les informations qui abondent depuis quelque temps, dans la presse algérienne et internationale, au sujet des graves malversations auxquelles aurait donné lieu l’exploitation du pétrole et du gaz algériens font mal. Très mal. Elles font mal en tout premier lieu aux Algériens eux-mêmes qui ont payé trop cher le prix de leur indépendance et de la récupération de leurs richesses nationales pour tolérer, ou penser une seule seconde, que certains de ceux à qui ils ont fait confiance pour assurer la bonne gestion de ces richesses aient vendu leur conscience et leur âme au diable pour s’enrichir sur leur dos. Ils ne peuvent, hélas, que se poser la douloureuse question de savoir à quoi aurait donc servi le sang de ceux qui sont morts pour que leur pays recouvre sa liberté et sa dignité, et à quoi auraient donc servi les sacrifices de ceux qui, après l’indépendance, ont durement œuvré pour construire un Etat fort et moderne et un pays où les serviteurs de l’Etat sont payés pour servir l’Etat et leurs concitoyens, et non point pour se servir eux-mêmes, ou servir des escrocs de tout acabit. Ce qui est dit et écrit au sujet de supposées vastes opérations de corruption dans le secteur algérien des hydrocarbures fait aussi très mal à tous ceux qui, sans avoir le passeport algérien, aiment votre pays et votre peuple et ne peuvent qu’éprouver de l’admiration pour tous les exemples de courage et d’abnégation que vous avez fournis au monde pendant et après la longue guerre de Libération nationale. Pour avoir eu le privilège d’accompagner les premiers pas de la Sonatrach dès sa création, et pour y avoir apporté une bien modeste contribution avant, pendant, et après la grande bataille des nationalisations, j’estime qu’il est de mon devoir de témoigner et de rendre hommage à tous ceux qui ont construit cette belle entreprise dont l’Algérie et les Arabes ne peuvent qu’être très fiers. Tous ceux-là ne peuvent qu’être indignés, ulcérés et profondément choqués par les dérapages et les turpitudes de quelques «suspects» qui auraient trahi la confiance placée en eux et failli à leurs devoirs, au risque de salir la réputation d’une entreprise considérée comme un modèle à suivre par tous les autres pays exportateurs d’hydrocarbures. Personne, en Algérie ou ailleurs, n’ose imaginer ou croire que l’Algérie du million et demi de martyrs puisse abriter et voir son économie sabotée par une quarantaine de voleurs. Non moins grave est le fait que ceux qui sont aujourd’hui pointés du doigt par la justice algérienne, italienne ou canadienne, pour des détournements supposés de milliards de dollars, sont ceux-là mêmes qui ont ouvert la voie à quelques sociétés étrangères sans scrupules pour surexploiter les gisements de pétrole et de gaz et accélérer l’épuisement des réserves du pays. Tant et si bien que l’Algérie est maintenant confrontée au risque de devenir dans peu d’années un pays importateur net d’énergie. Permettez-moi, Monsieur le Président, de dire que vous avez trouvé les mots justes en faisant savoir tout dernièrement que vous avez été «révolté» par les scandales dont il est question et que vous êtes déterminé à ne pas «laisser passer». Ces mots ont tout leur poids dans la bouche de celui qui, après avoir porté bien haut le nom de l’Algérie sur la scène internationale, et après avoir réussi à l’arracher aux affres des «années noires» de triste mémoire, assume aujourd’hui les plus hautes responsabilités au sommet de l’Etat. Les Algériens et les amis de l’Algérie ont maintenant les yeux tournés vers vous et ne peuvent que vous souhaiter bonne chance dans votre nouvelle et lourde mission d’éradication d’une gangrène qui commençait à menacer la sécurité nationale et les intérêts vitaux de l’Algérie.
Nicolas SarkisContributionsSamedi, 02 Mars 2013

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03 Mar 2013 20:28 #112407 par yasmi
Réponse de yasmi sur le sujet La honte !!
Il a été payé celui là.
Personne n'est dupe, on sait tous que l'Etat est le premier responsable
de la corruption généralisée dans le pays.

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03 Mar 2013 20:39 #112408 par ICOSIUM
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LES ETUDIANTS DE L'ISMAS DE BORDJ EL KIFFAN EN GREVE DE LA FAIM
L’arbitraire s'acoquine avec la bêtise


Les étudiants de l'Ismas (Institut supérieur des métiers et des arts du spectacle) sont en grève de la faim depuis le 24 février. Leurs revendications sont simples: revoir le fonctionnement de cet institut qui va à vau-l'eau et leur donner la possibilité de participer à un débat sérieux sur la réorganisation de cet établissement et la revalorisation de leur statut.

Ces simples doléances ont provoqué l'ire de la ministre de la culture qui ne peut pas accepter que de jeunes étudiants, nourris de l'amour de l'art et de la patrie, dénoncent la situation tragique de la représentation théâtrale et artistique dans un pays où la corruption et la dilapidation des deniers publics, transformées en système de gestion, traversent tous les secteurs, y compris le domaine culturel marqué par l'organisation de "festivals"-bidon où on se sucre et où l'art réel est absent. Les scandales touchant ces "festibouffes" et les jeux peu clairs des structures dites culturelles caractérisées par des absurdités et d’inexplicables dysfonctionnements font l'actualité, en l'absence d'un projet clair, caractérisé par la durée, non pas par des manifestations ponctuelles, sans objectifs clairs, comme d'ailleurs cette autre décision d'organiser "Constantine, capitale de la culture arabe" dans une ville qui se meurt et dans un pays qui a besoin de bibliothèques, de théâtres, de salles de cinéma, d'écoles de formation qui, une fois lancés, pourraient être à l'origine de festivals, de vrais festivals porteurs.

La formation réelle, c'est-à-dire, celle des étudiants de l'ISMAS est le dernier souci d'un ministère dont l'échec patent est légendaire. Jamais, les disciplines artistiques et llittéraires n'ont connu une crise aussi profonde engendrée par l'absence d'un projet clair et la pauvreté manifeste d'un ministère qui s'autocongratule, excluant naturellment toute parole différente. Ce n'est donc pas surprenant d'apprendre que le ministère de la culture aurait décidé de fermer cet institut, en prenant la décision d'exclure ces Algériens, étudiants de l'Ismas, pour avoir osé tout simplement exprimer leur désarroi et leur désenchantement. C'est l'ère de la dictature qui nous fait revisiter ce film extraordinaire de Charlie Chaplin, Le dictateur, illustrant bien ces manières de faire. L'institut a déjà eu un triste précédent: sa fermeture en 1973par un ancien ministre de la culture, métamorphosé aujpourd'hui en "démocrate".

Ces étudiants de l'Ismas qui sont des Algériens, ont choisi, le baccalauréat en main, de poursuivre des études dans un domaine trop peu apprécié par ceux-là mêmes qui sont censés le diriger administratvement, poussant le bouchon jusqu'à expulser de l'institut des jeunes dont le seul délit est de vouloir étudier dans des conditions convenables. Ayant enseigné le théâtre dans une dizaine d'universités européennes et ayant déjà fait mes études à l"institut de Bordj el Kiffan, il y a longtemps, je ne peux qu'adhérer aux revendication de ces jeunes exigeant une réorganisation de cet institut, l'amélioration des conditions de travail et la mise en oeuvre de programmes adéquats. C'est leur amour de l'art et du pays qui les incite à manifester leur désappointement. Au ministère de la culture, on semble répondre par la violence, selon le communiqué N°10 des grévistes de la faim.

Un débat sérieux réunissant étudiants, administration, ministère et spécialistes reconnus est nécessaire pour régler un problème aussi grave. La répression est contre-productve, elle est l'espace privilégié de la dictature et du totalitarisme, elle ne peut que déboucher sur une contre-violence.

Il faudrait mettre un terme à la tutelle du ministère de la culture qui n'est nullement capable de gérer ses affaires et placer cet institut sous la responsabilité administrative et scientifique du ministère de l'enseignement supérieur.

Contribution du Professeur Ahmed CHENIK

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03 Mar 2013 20:42 #112409 par ICOSIUM
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20 Mar 2013 19:55 #112410 par ICOSIUM
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Khelil, Benachenhou, Zerhouni, Tou, etc, qui les a ramenés dans ses bagages ?
Mots clés : Pouvoir, Algerie, Corruption, Ministres, Népotisme, Khelil, Tou

Par Le Matin | 19/03/2013

La présidentielle approche. La place de grand distributeur de la rente au grand casino Royal va être remise en jeu. La guerre est ouverte. Les couteaux sont tirés des fourreaux.


Les Algériens ne sont plus dupes de ceux qui nous gouvernent.
La cagnotte annuelle de cinquante milliards de dollars de recettes pétrolières et cinquante autres réservés à l’import fait saliver tous les corrompus intouchables de la nation. Cent milliards de dollars annuels en jeu ! Multipliés par cinq pour un mandat de croupier en chef égale cinq cent milliards. Tous veulent faire sauter la banque. Tous vendraient fille, sœur, mère et grand-mère à un bordel chinois pour avoir une place à table. Et ils vont le faire. Un autre feuilleton de la qualité de ceux qui ont concerné Betchine et Belloucif (Et derrière eux Zeroual et Chadli) va se dérouler devant nos yeux. C’est le même metteur en scène qui est aux commandes et « El Glaïli mê yensa hez ktafou ! ». Les clans maffieux vont se déchirer. Pas trop quand même. C’est seulement l’encre et les crachats qui vont couler à pleins seaux. Heureusement pour eux cela va s’arrêter là, personne ne va aller en prison et il n’y aura pas d’assassinat. Ligne rouge. Les voleurs ne s’entretuent pas. Les vainqueurs du bras de fer, de la grande bataille qui commence entre les uniformes (certainement les futurs vainqueurs) et les burnous, vont se partager la chkara géante, l’avaler. Et personne ne va les inquiéter. Ils ont même autorisé l’exploitation du gaz de schiste, en catimini, pour bien essorer la vache à lait. L’avenir du pays, ils s’en foutent, puisqu’ils ont tous une autre nationalité et un autre pied à terre ailleurs. Malheureusement, cette fois le couvercle a été enlevé, tout a été dénudé, par de courageux juges italiens, par Internet, les paraboles, toute la pourriture coule à l’air libre, s’étale en bouillons dans la rue, ça va être la saignée, la curée.

Ça va être plus fort que pour l’affaire Madoff. Déjà les enquêteurs du FBI se mettent de la partie. Ils ont découvert deux milliards de dollars volés par Khellil investis aux USA. Aux USA seulement. Parenthèse : est-ce que nos DRSistes nationaux peuvent aller enquêter aux States. Et dans les autres pays partenaires, on cherche. Tous ceux qui ont eu affaire avec l’Algérie, Sonatrach veulent savoir. Ah combien de milliards volés qui ne sont pas encore découverts ? Et les autres Benachenhou, Temmar, Zerhouni and co, pourquoi on ne parle plus d’eux ? Ceux-là aussi ne doivent pas être des enfants de chœur. Certains comme Yazid Zerhouni a même du sang d’Algériens dans les mains. Ils sont venus d’ailleurs, ils ont pillé notre terre, assassiné nos enfants et ils sont partis ! Et Sellal, le grand aigle, pourquoi ne parle-t-il pas de ces affaires ? Et son ministre de la justice, ce comédien, qui a pleuré lors de son installation, pleuré de voir son pays empêtré dans une telle corruption, pourquoi est-il invisible depuis ? Va-t-on enquêter sur la fortune de Temmar qui a vendu des milliers d’entreprises nationales, dans l’opacité la plus totale. N’a-t-il rien volé lui ? Est-il un saint ? Est-il un bienfaiteur de la nation ? Alors pourquoi a-t-il choisi une autre nationalité ? Et Benachenhou, le responsable des finances, n’a-t-il rien vu de tous des détournements gigantesques ? Les milliards de dollars avalés ?

Pourquoi ne sont-ils pas apparus dans ses comptes. Des milliards de dollars ce n’est pas rien ! Je crois que maintenant on ne pourra plus cacher grand-chose. Tous les journaux vont s’en occuper. Rien ne sera tu. Et puis ça bouillonne partout. Dans les lieux populaires on entend des vertes et des pas mûres. La pauvre Algérie va devenir encore une fois la risée du monde. Comment ce pays a-t-il accepté de placer aux plus hautes fonctions politiques des personnes qui ont abjuré leur nationalité, qu’aucun Algérien ne connaît, qui n’ont été élus par personne et qui n’habitent même pas sur le territoire national, qui nous méprisent, qui ont toujours vécu ailleurs, loin d’ici ? Un cas unique. Est-ce que les Américains, les Français, les Togolais acceptent de placer leurs ministères les plus importants aux mains d’étrangers, d’inconnus, de personnes de passage, d’origine indéterminée ?

Mais la vrai question personne ne la pose : qui a ramené dans ses bagages ce commando tribal de prédateurs multinationaux incompétents dont certains occupent toujours des hautes fonctions politiques et narguent même aujourd’hui les Algériens ? Qui a accepté que des personnes (presque tous titulaires de nationalités étrangères, originaires d’un territoire grand comme mouchoir de poche, d’une wilaya sur quarante-huit, tous nés à l’étranger, qui occupent la moitié la plus sensible et la plus juteuse du gouvernement algérien pendant plus de dix ans et cela continue !)

Est-ce que le grand Manitou factice, le chef du commando, qui veut encore rempiler, va-t-il être interrogé sur cela, va-t-il rendre gorge ?

Farouk Degias

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23 Mar 2013 20:41 #112411 par ICOSIUM
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Plus fort que Khalifa, plus rapace que Khelil : Mobilart
Mots clés : Oran, Corruption, Népotisme, Mobilart

Par Le Matin Ces dernières années, il a été érigé dans cette malheureuse ville abandonnée d’Oran un des plus importants et des plus modernes projets immobiliers depuis que l’Algérie est indépendante. Le plus beau aussi.


Les tours Mobilart à Oran
Quatre tours ultramodernes, de quarante étages chacune (Quarante comme les amis d’Ali Baba), élégamment vitrées, affectant en chœur les couleurs de la mer qu’elles dominent, du vert cristallin de la plage pour le premier jusqu’au bleu profond du large pour le dernier. Les plus hautes et les plus belles tours d’Afrique certainement. Réalisées clés en mains par des sociétés étrangères, avec un luxe inégalé.

Une curiosité ! Un mystère ! Personne, aucun journal, privé ou public, n’a jamais parlé de cet important projet actuellement en finition, n’a lancé des cocoricos, les habituels superlatifs « plus grand, plus beau, d’Afrique, du monde arabe, etc ». Que se passe-t-il ? Où sont les tambourineurs ? Même l’ENTV évite de montrer les quatre mastodontes dans les documentaires sur la ville, pourtant elles ont été construites sur le prolongement du célébrissime front de mer, en plein centre de la ville, elles la dominent de toutes leurs hauteurs et elles sont visibles à des kilomètres. C’est le fameux projet Mobilart.

Pourquoi personne n’en parle ? Parce qu’il fait si peur que tous ceux qui passent devant ferment les yeux. Parce que c’est une arnaque tellement monstrueuse qu’elle dépasse celle de Khalifa. Le fameux patron du projet dit Mobilart du nom de la petite fabrique de meubles qu’il possède a obtenu un crédit de près de deux milliards de dollars de la CNEP, sur les fonds destiné normalement à la réalisation du logement social, pour la réalisation de ce projet pharamineux, avec pour seul et unique garantie un coup de fil de la présidence, car tout ce qu’il possède, toute sa fortune ne dépasse pas le millième de cette somme ! Même le terrain, une vingtaine d’hectares du domaine public, longeant la mer, le patron de Mobilart, un citoyen de la wilaya 13, celle des nés coiffés, l’a acquis au dinar symbolique. Et sans commencer à rembourser le moindre centime à cette pauvre CNEP, il a vendu presque tous les commerces et les appartements (Les plus beaux, aux derniers étages, d’où par ciel dégagé, on peut admirer les côtes d’Espagne, ont été cédés à plus de vingt milliards l’unité), encaissé le pactole, transformé en dollars et euros, transféré à l’étranger et pris la poudre d’escampette pendant que Sellal était occupé par la chasse aux marchands ambulants.
On dit qu’il a fait l’objet d’un avis de recherche adressé à Interpol par les autorités. Une blague. Mobilart reste en contact avec beaucoup de ses amis à Oran et tous savent dans quel hôtel à Barcelone il se trouve ! Et malgré tout cela, les vols, la fuite du promoteur à l’étranger, les travaux continuent, les finitions ne sont pas achevées et la CNEP continue de casquer sans que personne ne bouge le petit doigt dans cet extraordinaire pays sans maître qu’est devenue l’Algérie d’aujourd’hui !
Autre chose, encore plus ahurissante, ce projet gigantesque, lancé sans faire les contrôles réglementaires en pareils cas, téléguidé de la capitale, a été édifié sur un terrain instable, non constructible, dangereux, pouvant glisser à tout moment dans la mer, un terrain destiné uniquement à la réalisation de constructions légères et d’espaces verts.
Cette information, les promoteurs pouvaient l’avoir s’ils s’étaient adressés à la wilaya et pas à la présidence au moment de lancer le projet. D’ailleurs si c’était un terrain vraiment constructible, les nombreux walis vautours qui ont toujours écumé cette wilaya sinistrée l’auraient avalé depuis longtemps !
Autre chose aussi, qui éclairera peut-être quelques lanternes, des Oranais malicieux ont baptisé chacune des quatre tours de ce projet d’une lettre de l’alphabet : la première, c’est le S, la seconde le A, la troisième le I et la quatrième le D. Au fait, le synonyme d’avaler sec est-il chakiber ou saïdiser ? Je laisse les lecteurs du matindz choisir.

Farouk Degias

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