La honte !!

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29 Jan 2013 17:19 #112400 par ICOSIUM
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LA CRIMINALITÉ AMPLIFIÉE PAR LA DÉPERDITION SCOLAIRE
Alger sous l’emprise des gangs et des délinquants
Par : Farid Belgacem
Mardi 29 Janvier 2013
www.liberte-algerie.com/actualite/alger-...tion-scolaire-193419

Alger est sous l’emprise des gangs et des délinquants. Mais surtout des délinquants. La capitale, qui a connu, en 2012, une hausse vertigineuse dans l’activité de lutte contre le crime sous toutes ses formes, fait face, au quotidien, à des associations de malfaiteurs et aux nouvelles recrues, de moins en moins âgés. Selon une étude réalisée par le groupement territorial de la Gendarmerie nationale d’Alger et envoyée aux autorités concernées, les élèves des cycles primaire, moyen et secondaire, victimes de la déperdition scolaire, s’investissent rapidement dans la criminalité, et ce, à défaut d’une prise en charge dans l’emploi et la formation.
Les colonels Ghali Beleksir et Bachir Salhi ont révélé des chiffres qui donnent froid dans le dos. En effet, en 2012, pas moins de 1 637 personnes, dont 671 (niveau primaire), 843 (niveau moyen) et 123 (niveau secondaire) ont été impliqués dans les délits et crimes.
Au chapitre des arrestations, les élèves exclus du collège dominent la tendance avec 1 110 arrestations, alors que les élèves moins âgés (378 cas) et des lycées (224 cas) viennent en seconde position. L’étude est aussi profonde et complexe qu’elle nécessite un débat fructueux, surtout que l’absence de l’autorité parentale et la démission de la société amplifient ce fléau.
Du reste, le groupement d’Alger a indiqué que 91 gangs, composé chacun, de 6 à 8 personnes, ont été démantelés en 2012 et notamment impliqués dans les trafics de drogue, de voitures et les agressions.
Ces gangs s’ajoutent aux 880 personnes recherchées et arrêtées lors des identifications de routine et des 58 opérations coup-de-poing menées avec les unités spéciales (SSI).
Aussi, la PJ-GN a traité 4 405 affaires et a procédé à l’arrestation de 4 842 individus (dont 234 femmes), soit des hausses respectives de 7,25% et de 15% par rapport à 2011.
Le numéro vert a également contribué à solutionner beaucoup d’affaires avec 72 766 appels pendant le jour et 37 752 appels pendant la nuit. En outre, le colonel Beleksir est revenu sur l’affaire, en cours de traitement, de la saisie de 165 kilos de cocaïne au port d’Alger avant de développer les affaires liées aux disparitions des enfants, victimes de règlements de compte, mais aussi l’assassinat d’une jeune fille de 26 ans à Ouled Fayet. Selon l’officier de la section de recherche, les trois mis en cause ont été arrêtés et écroués hier à la maison d’arrêt d’El-Harrach.
Enfin, au chapitre de la sécurité routière, Alger a enregistré 1 500 accidents de la circulation (en hausse), ayant causé 91 décès et 2 016 blessés, dont 666 cas dus à l’absence du contrôle technique des véhicules.





L’Algérien se sent-il en sécurité chez lui ? Se promène-t-il dans n’importe quelle ville du pays sans qu’il se sente menacé par un voyou ou un délinquant ? Peut-il stationner son véhicule sans qu’il soit harcelé ensuite racketté par des supposés gardiens de parking ? Les kidnappings, notamment d’enfants, ne se multiplient t-ils pas ?

Par Le Matin | 24/12/2012

Les femmes sont particulièrement visées par les agressions dans la rue.
L’agression et la menace sont partout et le pouvoir ne veut pas agir contre l’insécurité. A Mahelma dans la wilaya d’Alger et à deux pas de Zeralda, une fillette âgée de 8 ans a été retrouvée morte après qu’elle fut victime d’un enlèvement deux jours auparavant. A Derguina, dans la wilaya de Bejaia, les militaires ont tiré sur quatre jeunes, tuant deux et blessant deux autres. A Azzefoune dans la wilaya de Tizi Ouzou, le jeune Ghiles Hadjou a été élevé puis exécuté par ses ravisseurs le mois d’octobre dernier…. La liste macabre est longue en remontant le temps. Les dix dernières années, des centaines voire plus d’un millier d’enlèvements ont été enregistrés notamment en Kabylie. L’année 2006 était particulièrement meurtrière où 86 enfants ont été tués.

Des voyous, des délinquants et des kidnappeurs opèrent avec facilité, de jour comme de nuit. Des gangs s’emparent des cités et font régner la terreur dans des quartiers entiers. Des voleurs, des pickpockets pullulent des rues, les marchés, les places publiques et les gares routières ou ferroviaires. Des cambrioleurs agissent en organisation et volent une voiture chaque 4 heures. Des harceleurs autoproclamés veilleurs de parkings, soutirent de l’agent dans tous les coins des villes algériennes. Des repris de justice récidivent et répètent les mêmes délits desquels ils ont été graciés…

Tant de femmes ont été violées. Tant aussi de demeures ont été dévastées. Encore, tant de paisibles citoyennes ont été délestées de leurs bijoux ou de leurs sacs en pleine rue. Egalement, tant d’automobilistes ont été agressés sur les grands axes routiers. Pareillement d’usagers du téléphone mobile ont été subtilisés de leur portable en plein communication .Encore, similairement de modestes commerçants ont été ravis de leurs économies en plein souk...

Le phénomène prend de l’importance et la situation devient de plus en plus alarmante. Le pouvoir bien que sa responsabilité soit entièrement engagée, demeure aux abonnés absents. Il ne bouge pas pour protéger les personnes et les biens. Mais pour mater une manifestation pacifique exprimant un ras-le-bol, ou pour venir au bout de quelques voix discordantes, il mobilise policiers et gendarmes. Ceux-là mêmes qui sont payés par le contribuable justement pour assurer sa sécurité et celle de ses biens. Ceux-là mêmes qu’on nomme services de sécurité, sont totalement passifs devant des situations d’agression flagrantes, n’interviennent pas même en cas de dépôt de plaintes par les habitants et ne prennent pas au sérieux les cris de détresse des citoyens.

Bien qu’ils quadrillent les villes, particulièrement Alger, bien qu’ils soient très visibles dans des barrages fixes, les policiers et les gendarmes demeurent inefficaces en l’absence d’une volonté politique et d’un socle juridique pour venir au bout du phénomène. Le pouvoir reste sans voix devant des cas d’insécurité avérés et ne fait même pas une déclaration de condamnation ou de compassion quand une victime, tuée, élevée ou violée, est enregistrée. On dirait qu’il entretenait délibérément le fléau pour mater davantage la société. Lui, il sait bien qu’il n’est pas directement concerné par cette insécurité parce que les siens sont à l’abri, dans des endroits hyper sécurisés, aux Club des pins et à Hydra. Pis, le pouvoir a eu recours aux délinquants et aux repris de justice à chaque fois qu’il s’est senti menacé dans sa survie.


Zoubir Zerarga
Le pouvoir n?assure plus la sécurité des citoyens | Analyse


Des chiffres très inquiétants, d’autant plus que ce phénomène est apparemment en pleine croissance.
La situation démontre toute fois qu’il y a également une croissance de démissions des devoirs et responsabilités des parents et des différentes institutions ( Ecoles, et instituts de formation)et associations ( Sport, culture) ayant pour vocation la saine promotion de notre jeunesse.
Ceci dit, je continue de croire tout bêtement ; que l’on ne récolte que ce l’on sème.
Tant qu’on aura des bourricots comme décideurs, tous les désastres sociaux et calamités trouveront leurs conditions de développement.


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11 Fév 2013 20:02 #112401 par ICOSIUM
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Contrechamp Dimanche, 10 Février 2013
Les limites politiques de la lutte contre la corruption
Par : Mustapha Hammouche
En Italie, l’enquête sur la corruption dans l’entreprise Saipem, filiale de l’ENI, évoque, en plus des protagonistes locaux, les noms de Khelil et de Bedjaoui. Ce n’est pas le cas, en Algérie, dans l’affaire Sonatrach, qui lui est pendante.
Dans notre pays, les enquêtes sur la corruption semblent se circonscrire à un niveau qui doit épargner la sphère politique. En février 2010, alors que le scandale Sonatrach venait d’éclater, Ouyahia s’empressait de rappeler, dans une conférence de presse organisée à l’issue d’un sommet de l’alliance de gouvernement, que “tant que la justice ne s’est pas prononcée, il y a la présomption d’innocence”.
Tayeb Belaïz avait pourtant auparavant fait cas de quatre mille affaires de corruption prises en charge par la justice entre 2006 et 2009, quatre mille affaires sans qu’aucune d’entre elles n’impliquât un responsable politique. Aussi, au cours de la même conférence de presse, Ouyahia rejetait-il toute insinuation quant à la responsabilité du ministre de l’Énergie et des Mines dans le scandale naissant, proclamant : “La responsabilité politique n’est pas établie.”
Les indiscrétions rapportées, ces derniers temps, par la presse italienne laissent penser que la justice milanaise n’est pas de cet avis. Celle-ci a notamment établi que le patron de l’ENI, Paolo Scaroni, et son adjoint pour l’Afrique du Nord, ont rencontré à cinq reprises un certain Farid Bedjaoui Noureddine, neveu de l’ancien ministre des Affaires étrangères et président du Conseil constitutionnel, dans un hôtel à Paris, dont une fois en compagnie de Chakib Khelil. En même temps, des montants chiffrés sur les pots-de-vin versés par la firme pétrolière sont annoncés.
Nos polices, d’habitude très efficaces quand il s’agit de localiser les opposants et de leurs mouvements, semblent avoir du mal à déceler les douteux agissements des hommes du pouvoir. Trop occupées à surveiller ceux qui contestent la gestion patrimoniale des ressources nationales, elles n’ont peut-être pas le temps de remarquer la manière dont ces ressources sont détournées. Et l’Observatoire national de lutte contre la corruption, opportunément annoncé à cette conférence post-scandale, n’est pas assez haut situé pour relever les rendez-vous suspects des hôtels de Paris, Genève ou Dubaï.
Le procès Khalifa avait déjà, en son temps, dessiné les limites de la lutte contre la dilapidation des deniers publics quand il s’agit de cantonner cette lutte à la répression des méfaits des gestionnaires directs et de s’interdire de se poser la question de la responsabilité politique, dans cette cascade d’opérations de malversations qui est en train de saigner l’économie nationale. Même l’éviction de Chakib Khelil, en mai 2010, parce que la situation devenait intenable, avait dû être enrobée dans un remaniement ministériel global et relativisée par la mention “appelé à d’autres fonctions”, histoire de conjurer le soupçon.
Il y a, dans notre système, comme une frontière hiérarchique, qui immunise contre les contraintes légales et institutionnelles et, surtout, contre la sanction. Cette immunité est renforcée par l’appartenance clanique. Cette immunité de caste découle du fondement historique et politique même du système : la répartition clanique de la rente pétrolière.


M. H.
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20 Fév 2013 19:40 #112402 par ICOSIUM
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20 Fév 2013 20:53 #112403 par yasmi
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Quel est le 1% faisant confiance lol, en tout cas c'est passé sur Canal Algérie, mais c'est du cause toujours çà m'intéresse ...
Il laisse le citoyen "s'exprimer" mais rien ne changera.

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24 Fév 2013 10:15 #112404 par ICOSIUM
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Première partie : Il est bien tard, Monsieur le procureur d'Alger...
Mots clés : Bouteflika, Corruption, Sonatrach, Justice, Khellil


Par Le Matin | 22/02/2013 13:25:00

Série de quatre articles. Un Bouteflikagate en perspective ? Pour la première fois, le sort d’une enquête sur un scandale algérien ne dépend pas de la justice algérienne mais d’une partie qui se joue sans les dirigeants algériens, sur laquelle ils n’ont aucune prise et dont les deux stars ne sont ni avant-centres ni barytons, ils ne s’appellent ni Ronaldo ni Caruso ni Pavarotti, mais Fabio De Pasquale et Sergio Spadaro et ils sont procureurs.


Je lis le surréaliste communiqué du procureur général d’Alger jurant ses grands dieux, à propos du scandale des pots-de-vin italiens, d’ouvrir une enquête sobrement intitulée "Sonatrach 2" et d’étendre le champ des investigations aux personnalités algériennes cités par la justice italienne et je rends grâce à Milan l’éternelle. Pour nous Algériens, Milan a toujours été la cité où se joue le grand football et accessoirement la grande musique. Va, pensiero, sull’ali dorate…Voilà que depuis quelques jours, Milan postule à devenir également la ville où pourrait se jouer un peu de notre destin. Il s’y déroule une investigation judiciaire qui perturbe le régime algérien et pourrait même contribuer – qui sait ? - à en finir avec lui. L’affaire porte sur des pots-de-vin (on parle d'une somme de 200 millions d'euros) qui auraient été versés en 2007, par des entreprises italiennes à de hauts responsables algériens de Sonatrach et du ministère de l'énergie en échange de l’obtention de trois marchés, dont celui de la réalisation du gazoduc GK3. L’un des principaux mis en cause de cette vaste escroquerie (qui en cache bien d’autres) n’est autre, en effet, que l’ancien ministre Chekib Khelil, très proche de Bouteflika, et la piste pourrait bien arriver à impliquer Bouteflika lui-même.

Pour la première fois, le sort d’une enquête sur un scandale algérien ne dépend pas de la justice algérienne mais d’une partie qui se joue sans les dirigeants algériens, sur laquelle ils n’ont aucune prise et dont les deux stars ne sont ni avant-centres ni barytons, ils ne s’appellent ni Ronaldo ni Caruso ni Pavarotti, mais Fabio De Pasquale et Sergio Spadaro et ils sont procureurs.

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Première partie : Il est bien tard, Monsieur le procureur d'Alger... | Actualité

Deuxième partie : Le FLN, d'Abane Ramdane aux milliardaires de la tchipa

Voilà qu’avec ce foutu communiqué du procureur et cette affaire de Milan, l’arbre vacille. Avec la pègre pétrolière mondiale, celle-là qui est au cœur du scandale de BRC et qui, aujourd’hui, fait la une en Italie avec l’affaire Saipem, ils forment la seconde mâchoire qui étrangle l'économie algérienne. S’ils ont touché à Saipem, c’est qu’ils sont proches d’arriver jusqu’à eux. Un neveu trop bavard, un de ces intellectuels à la langue pendue, lui a chuchoté que cela pouvait mal se terminer pour la famille et qu’il en fut ainsi de la coterie eltsinienne qui entourait le président russe à la fin des années 90. Mais qu’avait-il à voir lui, avec les gens d’Eltsine ? A sa façon de s’accoutrer, il rappellerait plutôt un mandarin de Doha. Enfin, plus un mandarin de Doha que le puissant ministre Anatoli Tchoubaïs. Il a toujours voulu, du reste, ressembler à un mandarin de Doha. C’est en parlant d’eux que l'ancien premier ministre Ahmed Benbitour, dans un entretien à El-Khabar (10 décembre), dit : "La caste qui entoure Bouteflika a tout intérêt qu’il fasse un mandat à vie". L’ancien chef du gouvernement désignait "un groupe de personnes qui profite des largesses du président et de ses cadeaux, mais aussi de l'état de faiblesse du pays, de la corruption, de la mauvaise gestion, du gaspillage, et des immenses programmes d’investissements dont la source principale de financement sont les hydrocarbures. Ces gens ont tout intérêt que l'actuel président reste au pouvoir pour un quatrième et cinquième mandat, voire y rester à vie". Ils ressemblent à ces oligarques russes soudainement enrichis dans l’après Gorbatchev et qu’on a vus saisis de panique à l'idée de perdre leurs positions et, surtout, d'avoir à rendre des comptes, ils chercheraient à maintenir coûte que coûte Boris Eltsine au pouvoir. C’est bien vrai, ça ! Qu’ils ne touchent surtout pas à Bouteflika ! Ils vont guerroyer pour que rien ne change dans cette Algérie qui favorise, Dieu merci, l’économie douteuse au détriment de la production, surtout pas ce régime qui les préfère aux patrons investisseurs, qui leur aménage des portes cochères pour grignoter leur part de l’excédent financier : l’Algérie de Bouteflika ! Sans lui, ils ne seraient rien. Entre le premier et le troisième mandat de Bouteflika, dans un marché économiquement dérégulé, où l’on ne produit presque rien car presque tout est importé, même de la tomate concentrée en provenance…d’Arabie saoudite , les importations ont quintuplé, passant de moins de 10 milliards de dollars en 1999 à plus de 40 milliards de dollars à fin 2009 ! Et Bouteflika les préfère aux entrepreneurs investisseurs ! Comment ne pas se jeter corps et âme dans la bataille du 4è mandat ? En 2004, alors que les principaux patrons, dont Issad Rebrab, Réda Hamiani ou Omar Ramdane, réunis au sein du Forum des entrepreneurs, tergiversaient longuement (trois réunions successives) avant d'accorder leur "soutien" du bout des lèvres, à Bouteflika, eux donnaient sans compter. On ne voyait pas, en cette année-là, la formidable puissance qu’ils représentaient déjà, en coalition avec la pègre pétrolière mondiale.
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Deuxième partie : Le FLN, d'Abane Ramdane aux milliardaires de la tchipa | Actualité

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28 Fév 2013 18:28 #112405 par ICOSIUM
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ContrechampJeudi, 28 Février 2013
Le mode de production du… faux
Par : Mustapha Hammouche
Le président d’un holding aurait été condamné. Une grave affaire de faux diplômes impliquant des dizaines d’étudiants, des enseignants et des cadres de l’université est en train d’être mise au jour à Oran.
Même si, par le passé, il fut déjà question de quelques rares cas de faux médecins, la triche sur le baccalauréat et les titres universitaires n’a jamais ainsi défrayé la chronique. Le diplôme, celui rattaché à des études supérieures notamment, restait à l’abri de la contrefaçon, en ce qu’une certaine considération était attachée au diplôme universitaire, aux connaissances et à la compétence supposées le représenter.
De ce fait, le repli qualitatif de notre université — et de notre institution scolaire, en général — ne devrait pas être étranger à l’audace contrefactrice que l’on constate actuellement. Après tout, les études ne constituent plus un gage de savoir et d’aptitude ; l’on peut donc s’en pourvoir par voie frauduleuse puisque l’on n’encoure plus le risque d’être confondu d’incompétence, ou d’ignorance.
L’État a délibérément contribué à la déchéance morale du diplôme en ce qu’il en a fait un document n’ayant de valeur que pour un jour dans la vie du diplômé : le jour du recrutement. Le fait est particulièrement patent dans les fonction et secteur économiques publics.
Le fonctionnaire n’y a d’autres occasions d’exhiber ses diplômes que le jour du recrutement ; le reste de sa carrière dépendant alors presque exclusivement de son opportunisme, de sa capacité à s’intégrer aux réseaux sociométriques et de ses atouts népotiques, tribalistes ou claniques. L’État, qui impose la condition du concours pour les fonctions de grades inférieurs et moyens, se garde bien de livrer les hautes fonctions à la compétition entre cadres. Or, le concours, c’est l’occasion périodique de reconstituer le dossier académique et professionnel des prétendants, et celle de vérifier l’authenticité des titres dont le haut fonctionnaire s’affuble. Dès le début, le cadre supérieur apprend que son “bagage”, celui-là même qui lui a servi à intégrer la Fonction publique, ne lui sera pas d’une grande utilité pour la suite de son cheminement. Il entendra alors parler d’enquête d’habilitation, de “fiche bleue”. Que vaut donc le plus convaincant des diplômes, devant un “décret” de nomination ?
Si le diplôme est à la vie professionnelle ce que la robe de mariée est à la vie familiale, ils s’en trouveraient forcément certains pour s’accommoder du fait qu’il soit en toc.
Le diplôme a donc subi la même déchéance que tous les documents administratifs : il n’a pas de considération pour ce qu’il représente, mais pour ce qu’il permet de faire ou d’obtenir.
Mais, au commencement, il y avait “l’attestation communale” qui, à son tour, autorisait la licence de bar, de taxi, le prêt bonifié, le dédouanement au rabais, etc. Pour anticiper la prévisible levée de boucliers révolutionnaire, disons tout de suite que la question n’est pas dans la légitimité de ces avantages, mais dans la course à “la qualité” de moudjahid que ceux-ci ont enclenchée et les impostures qu’ils ont suscitées !
Une décision de justice ne se commente pas, mais elle peut se méditer : si l’on n’avait pas, un jour, condamné un cadre qui a dénoncé les fausses attestations de moudjahid, en serait-on arrivé à condamner des cadres qu’on dénonce pour faux diplômes ?


M. H.
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