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Entre l'histoire et la ...Mémoire.........!!??
- yasmi
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22 Oct 2012 20:31 #117573
par yasmi
Réponse de yasmi sur le sujet Entre l'histoire et la ...Mémoire.........!!??
Merci encore pour ces photos, elles sont supers belles, j'aime les photos en noir en banc.
Elles apportent quelque chose en plus qu'on ne retrouve pas dans la couleur.
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23 Oct 2012 17:52 #117574
par ICOSIUM
Réponse de ICOSIUM sur le sujet Entre l'histoire et la ...Mémoire.........!!??
23 octobre 1954 : la vraie naissance du FLN
Par Le Matin DZ |
L’opinion publique retient, et cela dure jusqu’à nos jours, le 1er novembre 1954 comme étant la date de la création du FLN (Front de libération nationale).
Les six chefs historiques du FLN.
En effet, la seule évocation de ce sigle – et c’est le moins que l’on puisse dire – renvoie automatiquement au déclenchement de la révolution algérienne. Cela dit, si la proclamation est rendue publique le 1er novembre 1954, les préparatifs, quant à eux, ont duré plusieurs mois. Par ailleurs, bien que les partisans de la voie armée aient à transcender des embûches à foison, ils sont parvenus enfin à finaliser leur projet le 23 octobre 1954. Lors de cette réunion, une proclamation et un appel au peuple algérien sont alors rédigés. Mais, pour y parvenir à ce stade, ces animateurs ont dû affronter les deux tendances hostiles du parti, les centralistes (venant du comité central) et les messalistes (se réclamant du président du parti), et échapper, par la même occasion, à la vigilance des autorités coloniales.
D’une façon générale, la crise du PPA-MTLD (Parti du peuple algérien - Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques), le principal parti nationaliste, a atteint son paroxysme après la tenue du congrès du parti en avril 1953. À cette occasion, les proches de Messali furent tout bonnement écartés des postes de responsabilité. Et même le courant activiste n’a pas été non plus épargné. Hormis Ramdane Benabdelmalek qui fut admis, et ce, à titre d’observateur, aucun dirigeant de l’OS (Organisation spéciale) ne fut autorisé à suivre les travaux du congrès.
Cependant, dans les résolutions du congrès, un congrès dominé bien entendu par les partisans du comité central, l’option réformiste a été largement plébiscitée. Du coup, aux relations déjà tendues avec Messali, cette option va aggraver considérablement le conflit opposant le président au comité central. Ainsi, en décembre 1953, Messali Hadj vilipende, dans un message adressé à la base, le virage réformiste opéré par la direction du parti. Cela étant dit, bien que sa conception de la lutte armée consiste uniquement à obliger les autorités coloniales à engager un dialogue avec les dirigeants nationalistes, le président Messali estime que le pas franchi par le comité central est uniment contraire aux principes du parti.
En tout cas, entre ces deux conceptions, une troisième voie ne tarde pas à se manifester. Le 23 mars 1954, un Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action (CRUA) voit le jour. Se voulant neutraliste, sa mission consiste à ressouder les rangs du parti. Or, ses membres ne proviennent pas de tous les courants que compte le parti. Bien que Boudiaf et Ben Boulaid ne se réclament pas d’une telle ou telle tendance, Dekhli et Bouchebouba sont liés au comité central. En outre, l’appartenance de Ben Boulaid au comité central et l’aversion de Boudiaf pour les messalistes, on devine aisément que les partisans de Messali ne pouvaient pas se reconnaître dans ce CRUA. D’ailleurs, l’organe de presse de ce dernier, en l’occurrence le patriote, n’est-il pas financé et supervisé par le comité central ?
Quoi qu’il en soit, les deux activistes du CRUA ne tardent pas à s’apercevoir de l’échec inéluctable de leur comité. Ainsi, le 27 juin 1954, à l’insu de Dekhli et Bouchebouba, les activistes réunissent leurs anciens camarades de l’OS à Alger afin de réfléchir sur le passage à l’action directe, seule voie pouvant rassembler le peuple algérien autour de l’idéal indépendantiste. Pour ce faire, le comité des cinq (Ben Boulaid, Ben Mhidi, Bitat, Boudiaf et Didouche), issu de cette réunion, contacte le groupe kabyle en vue renforcer le mouvement naissant. Proche de Messali que du comité central, Krim Belkacem rejoint enfin le comité des cinq, en aout 1954, et ce, après avoir eu la confirmation que le groupe ne roulait pas pour le comité central.
En somme, après plusieurs rencontres, le groupe des six fignole son plan d’action. Réunis pour la dernière fois avant le déclenchement de la lutte armée, le 23 octobre 1954, chez Mourad Boukhechoura, au 24 rue Comte-Guillot, actuellement avenue Bachir Bedidi, ils répartissent ainsi leurs rôles :
- Moustapha Ben Boulaid, chef de la zone I (Aurès),
- Mourad Didouche, chef de la zone II (Constantinois),
- Krim Belkacem, chef de la zone III (Kabylie),
- Rabah Bitat, chef de la zone IV (Algérois),
- Larbi Ben Mhidi, chef de la zone V (Oranie),
- Mohamed Boudiaf, coordinateur national.
En somme, dès le lendemain, après avoir pris une photo souvenir, les six se dispersent. Chaque chef de zone rejoint du coup son poste. Dans la foulée, Mohamed Boudiaf quitte l’Algérie, le 25 octobre 1954, muni des documents adoptés l’avant-veille, en direction du Caire. Sur place, il est accueilli par les membres de la délégation extérieure du MTLD, composée d’Ait Ahmed, Ben Bella et Khider, qui ont soutenu ce projet dès qu’ils en ont eu vent. Enfin, c’est ce groupe des neuf qui proclame, le 1er novembre 1954, la naissance du FLN.
Aït Benali Boubekeur
Par Le Matin DZ |
L’opinion publique retient, et cela dure jusqu’à nos jours, le 1er novembre 1954 comme étant la date de la création du FLN (Front de libération nationale).
Les six chefs historiques du FLN.
En effet, la seule évocation de ce sigle – et c’est le moins que l’on puisse dire – renvoie automatiquement au déclenchement de la révolution algérienne. Cela dit, si la proclamation est rendue publique le 1er novembre 1954, les préparatifs, quant à eux, ont duré plusieurs mois. Par ailleurs, bien que les partisans de la voie armée aient à transcender des embûches à foison, ils sont parvenus enfin à finaliser leur projet le 23 octobre 1954. Lors de cette réunion, une proclamation et un appel au peuple algérien sont alors rédigés. Mais, pour y parvenir à ce stade, ces animateurs ont dû affronter les deux tendances hostiles du parti, les centralistes (venant du comité central) et les messalistes (se réclamant du président du parti), et échapper, par la même occasion, à la vigilance des autorités coloniales.
D’une façon générale, la crise du PPA-MTLD (Parti du peuple algérien - Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques), le principal parti nationaliste, a atteint son paroxysme après la tenue du congrès du parti en avril 1953. À cette occasion, les proches de Messali furent tout bonnement écartés des postes de responsabilité. Et même le courant activiste n’a pas été non plus épargné. Hormis Ramdane Benabdelmalek qui fut admis, et ce, à titre d’observateur, aucun dirigeant de l’OS (Organisation spéciale) ne fut autorisé à suivre les travaux du congrès.
Cependant, dans les résolutions du congrès, un congrès dominé bien entendu par les partisans du comité central, l’option réformiste a été largement plébiscitée. Du coup, aux relations déjà tendues avec Messali, cette option va aggraver considérablement le conflit opposant le président au comité central. Ainsi, en décembre 1953, Messali Hadj vilipende, dans un message adressé à la base, le virage réformiste opéré par la direction du parti. Cela étant dit, bien que sa conception de la lutte armée consiste uniquement à obliger les autorités coloniales à engager un dialogue avec les dirigeants nationalistes, le président Messali estime que le pas franchi par le comité central est uniment contraire aux principes du parti.
En tout cas, entre ces deux conceptions, une troisième voie ne tarde pas à se manifester. Le 23 mars 1954, un Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action (CRUA) voit le jour. Se voulant neutraliste, sa mission consiste à ressouder les rangs du parti. Or, ses membres ne proviennent pas de tous les courants que compte le parti. Bien que Boudiaf et Ben Boulaid ne se réclament pas d’une telle ou telle tendance, Dekhli et Bouchebouba sont liés au comité central. En outre, l’appartenance de Ben Boulaid au comité central et l’aversion de Boudiaf pour les messalistes, on devine aisément que les partisans de Messali ne pouvaient pas se reconnaître dans ce CRUA. D’ailleurs, l’organe de presse de ce dernier, en l’occurrence le patriote, n’est-il pas financé et supervisé par le comité central ?
Quoi qu’il en soit, les deux activistes du CRUA ne tardent pas à s’apercevoir de l’échec inéluctable de leur comité. Ainsi, le 27 juin 1954, à l’insu de Dekhli et Bouchebouba, les activistes réunissent leurs anciens camarades de l’OS à Alger afin de réfléchir sur le passage à l’action directe, seule voie pouvant rassembler le peuple algérien autour de l’idéal indépendantiste. Pour ce faire, le comité des cinq (Ben Boulaid, Ben Mhidi, Bitat, Boudiaf et Didouche), issu de cette réunion, contacte le groupe kabyle en vue renforcer le mouvement naissant. Proche de Messali que du comité central, Krim Belkacem rejoint enfin le comité des cinq, en aout 1954, et ce, après avoir eu la confirmation que le groupe ne roulait pas pour le comité central.
En somme, après plusieurs rencontres, le groupe des six fignole son plan d’action. Réunis pour la dernière fois avant le déclenchement de la lutte armée, le 23 octobre 1954, chez Mourad Boukhechoura, au 24 rue Comte-Guillot, actuellement avenue Bachir Bedidi, ils répartissent ainsi leurs rôles :
- Moustapha Ben Boulaid, chef de la zone I (Aurès),
- Mourad Didouche, chef de la zone II (Constantinois),
- Krim Belkacem, chef de la zone III (Kabylie),
- Rabah Bitat, chef de la zone IV (Algérois),
- Larbi Ben Mhidi, chef de la zone V (Oranie),
- Mohamed Boudiaf, coordinateur national.
En somme, dès le lendemain, après avoir pris une photo souvenir, les six se dispersent. Chaque chef de zone rejoint du coup son poste. Dans la foulée, Mohamed Boudiaf quitte l’Algérie, le 25 octobre 1954, muni des documents adoptés l’avant-veille, en direction du Caire. Sur place, il est accueilli par les membres de la délégation extérieure du MTLD, composée d’Ait Ahmed, Ben Bella et Khider, qui ont soutenu ce projet dès qu’ils en ont eu vent. Enfin, c’est ce groupe des neuf qui proclame, le 1er novembre 1954, la naissance du FLN.
Aït Benali Boubekeur
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27 Oct 2012 18:39 #117575
par ICOSIUM
Réponse de ICOSIUM sur le sujet Entre l'histoire et la ...Mémoire.........!!??
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27 Oct 2012 18:51 #117576
par ICOSIUM
SIDI AÏÇA
Vers l’an 1560 de notre ère, Sid Ahmed-Amokran(1) succédait à son frère, Abd-el-Aziz, dans la principauté des Bni-Abbas. La légende est remplie de son nom ; elle le montre comme un prince humain, généreux, juste et valeureux.
Après le désastre qui avait envoyé la tête de son père aux crochets de Bab-Azzoun, Sid Ahmed-Amokran avait résolu de se ménager un appui sur les populations du Sud, et, au besoin, une retraite dans le Sahra, pour, en cas de revers, mettra ses ennemis dans l’impossibilité de l’atteindre.
C’est dans ce but qu’il organisa une armée relativement considérable, et qu’il se lança hardiment dans la région des Oasis pour y faire reconnaître son autorité. Le succès ayant couronné son audace, et les ksour lui ayant
ouvert leurs portes, il y plaça des chioukh et y mit des garnisons; enfin, il investit des fonctions de khalifa dans le Sahra un homme à oreilles fermées et à main de fer, Abdel Kader-ben-Dia, lequel maintint le Sud dans l’obéissance, et fournit de précieux auxiliaires à Mokrani lorsqu’il eut besoin de se défendre contre les attaques de ses turbulents voisins.
A la mort du khalife Abd-el-Kader-ben-Dya, Sid Ahmad- El-Mokrani lui donna pour successeur Sidi Aïça, marabout d’une grande piété, mais dont l’ambition était démesurée.
Il rêva, on effet, de substituer son autorité dans le Sahra à celle de son maître et souverain, et il mit dès lors tous ses efforts à gagner à sa cause les Nomades de son khalifalik. Quand il se crut certain du succès, il leva l’étendard de la révolte, et réunit autour de lui de nombreux contingents qui devaient lui permettre de résister à Mokrani ;
et d’asseoir son autorité sur la région que lui donnait sa trahison.
Mais, contrairement à ses prévisions, le marabout essuya une défaite complète à sa première rencontre avec les forces de Mokrani, et il tomba en son pouvoir.
Le marabout Sidi Aïça fut condamné à périr par le feu, et, malgré son caractère sacré, on l’amena sur le lieu où il devait être livré au supplice, Vainqueurs et vaincus étaient réunis pour assister à une exécution dont Mokrani voulait que les uns et les autres gardassent le souvenir.
Le saint marabout paraissait aussi calme, aussi serein que s’il se fût agi de la mort d’un autre que lui ; un sourire dédaigneux vint même plisser sa lèvre quand il comprit quel était le genre de supplice qu’on s’apprêtait à lui faire endurer. En effet, on
avait apporté un vaste tellis(1) à moitié rempli de poudre dans lequel il devait être renfermé. Pendant que se faisaient ces funèbres préparatifs, le saint, qui semblait toujours étranger à ce qui se passait autour de lui, se mit en prière, et récita à plusieurs reprises la chehada, qui est la formule de l’Islam ; puis, sur un signe de Mokrani, des hommes s’emparèrent du saint, qui, à ce moment, semblait transfiguré, et l’introduisirent dans le tellis, en ne lui laissant dehors que la tête. Ils mirent ensuite le feu à la poudre, qui fi t explosion avec une épouvantable détonation qui ébranla le sol à une grande profondeur ; en même temps, un nuage d’azur enveloppait le tellis, et s’élevait majestueusement dans les airs. Mais, ô prodige ! quand ce nuage se fut dissipé, on reconnut que le saint marabout était absolument intact. Le tellis seulement avait souffert, car il n’en restait plus la moindre trace.
Sid Ahmed-Mokrani, témoin de ce miracle, comprit qu’il y aurait imprudence de sa part à recommencer l’épreuve; et qu’il n’était pas de force, tout puissant qu’il était, à lutter avec un saint que Dieu protégeait si visiblement; il aima mieux se montrer, généreux à l’égard d’un homme auquel il ne pouvait faire aucun mal, et lui pardonner.
Devant son impuissance, il ne put s’empêcher de faire tout haut la réflexion suivante :
« Les marabouts sont les chardons,
Et nous les chameaux ;
Ils nous piquent
Quand nous les touchons. »
Nous devons dire que, pourtant, Sid.Ahmed-Amokrani ne poussa pas la démence jusqu’à lui rendre son khalifalik du Sahra.
Sidi Aïça se voua entièrement, après cette aventure, à la vie anachorétique et à la prédication. C’était le moins qu’il pût faire de se consacrer absolument à Dieu, qui, en somme, l’avait tiré d’un assez mauvais pas. Après quelques années de cette pieuse et austère existence, Sidi Aïça mourut en odeur de sainteté, laquelle, nous le répétons, est la
même que celle du musc, l’odeur favorite du Prophète.
1. En kabyle, le mot Amokran signifi e grand, chef. Le surnom d’Amokran, changé en Mokrani, sert, depuis cette époque, de nom patronymique aux seigneurs d’El-Kalâa et des Bni-Abbas.
1. Sac de laine employé généralement au transport des céréales et des dattes.
PAR
LE COLONEL C. TRUMELET-1892
Réponse de ICOSIUM sur le sujet Entre l'histoire et la ...Mémoire.........!!??
Entre l'histoire et........... la légende !!??
SIDI AÏÇA
Vers l’an 1560 de notre ère, Sid Ahmed-Amokran(1) succédait à son frère, Abd-el-Aziz, dans la principauté des Bni-Abbas. La légende est remplie de son nom ; elle le montre comme un prince humain, généreux, juste et valeureux.
Après le désastre qui avait envoyé la tête de son père aux crochets de Bab-Azzoun, Sid Ahmed-Amokran avait résolu de se ménager un appui sur les populations du Sud, et, au besoin, une retraite dans le Sahra, pour, en cas de revers, mettra ses ennemis dans l’impossibilité de l’atteindre.
C’est dans ce but qu’il organisa une armée relativement considérable, et qu’il se lança hardiment dans la région des Oasis pour y faire reconnaître son autorité. Le succès ayant couronné son audace, et les ksour lui ayant
ouvert leurs portes, il y plaça des chioukh et y mit des garnisons; enfin, il investit des fonctions de khalifa dans le Sahra un homme à oreilles fermées et à main de fer, Abdel Kader-ben-Dia, lequel maintint le Sud dans l’obéissance, et fournit de précieux auxiliaires à Mokrani lorsqu’il eut besoin de se défendre contre les attaques de ses turbulents voisins.
A la mort du khalife Abd-el-Kader-ben-Dya, Sid Ahmad- El-Mokrani lui donna pour successeur Sidi Aïça, marabout d’une grande piété, mais dont l’ambition était démesurée.
Il rêva, on effet, de substituer son autorité dans le Sahra à celle de son maître et souverain, et il mit dès lors tous ses efforts à gagner à sa cause les Nomades de son khalifalik. Quand il se crut certain du succès, il leva l’étendard de la révolte, et réunit autour de lui de nombreux contingents qui devaient lui permettre de résister à Mokrani ;
et d’asseoir son autorité sur la région que lui donnait sa trahison.
Mais, contrairement à ses prévisions, le marabout essuya une défaite complète à sa première rencontre avec les forces de Mokrani, et il tomba en son pouvoir.
Le marabout Sidi Aïça fut condamné à périr par le feu, et, malgré son caractère sacré, on l’amena sur le lieu où il devait être livré au supplice, Vainqueurs et vaincus étaient réunis pour assister à une exécution dont Mokrani voulait que les uns et les autres gardassent le souvenir.
Le saint marabout paraissait aussi calme, aussi serein que s’il se fût agi de la mort d’un autre que lui ; un sourire dédaigneux vint même plisser sa lèvre quand il comprit quel était le genre de supplice qu’on s’apprêtait à lui faire endurer. En effet, on
avait apporté un vaste tellis(1) à moitié rempli de poudre dans lequel il devait être renfermé. Pendant que se faisaient ces funèbres préparatifs, le saint, qui semblait toujours étranger à ce qui se passait autour de lui, se mit en prière, et récita à plusieurs reprises la chehada, qui est la formule de l’Islam ; puis, sur un signe de Mokrani, des hommes s’emparèrent du saint, qui, à ce moment, semblait transfiguré, et l’introduisirent dans le tellis, en ne lui laissant dehors que la tête. Ils mirent ensuite le feu à la poudre, qui fi t explosion avec une épouvantable détonation qui ébranla le sol à une grande profondeur ; en même temps, un nuage d’azur enveloppait le tellis, et s’élevait majestueusement dans les airs. Mais, ô prodige ! quand ce nuage se fut dissipé, on reconnut que le saint marabout était absolument intact. Le tellis seulement avait souffert, car il n’en restait plus la moindre trace.
Sid Ahmed-Mokrani, témoin de ce miracle, comprit qu’il y aurait imprudence de sa part à recommencer l’épreuve; et qu’il n’était pas de force, tout puissant qu’il était, à lutter avec un saint que Dieu protégeait si visiblement; il aima mieux se montrer, généreux à l’égard d’un homme auquel il ne pouvait faire aucun mal, et lui pardonner.
Devant son impuissance, il ne put s’empêcher de faire tout haut la réflexion suivante :
« Les marabouts sont les chardons,
Et nous les chameaux ;
Ils nous piquent
Quand nous les touchons. »
Nous devons dire que, pourtant, Sid.Ahmed-Amokrani ne poussa pas la démence jusqu’à lui rendre son khalifalik du Sahra.
Sidi Aïça se voua entièrement, après cette aventure, à la vie anachorétique et à la prédication. C’était le moins qu’il pût faire de se consacrer absolument à Dieu, qui, en somme, l’avait tiré d’un assez mauvais pas. Après quelques années de cette pieuse et austère existence, Sidi Aïça mourut en odeur de sainteté, laquelle, nous le répétons, est la
même que celle du musc, l’odeur favorite du Prophète.
1. En kabyle, le mot Amokran signifi e grand, chef. Le surnom d’Amokran, changé en Mokrani, sert, depuis cette époque, de nom patronymique aux seigneurs d’El-Kalâa et des Bni-Abbas.
1. Sac de laine employé généralement au transport des céréales et des dattes.
PAR
LE COLONEL C. TRUMELET-1892
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31 Oct 2012 20:06 #117577
par ICOSIUM
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31 Oct 2012 20:12 #117578
par yasmi
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A l'occasion du 1 er novembre sont de belles photos, merci Ico.
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