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Entre l'histoire et la ...Mémoire.........!!??
- bel1000
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ICOSIUM;109203 écrit: je partage ton avis sur l'intégrité et la probité de B. abdelslam.
Quant aux partis, je n'y crois plus et depuis longtemps quelques soit leur couleur, même en adéquation avec la constitution, ils ne sont là que pour épater la galerie et faire croire à qui veut les entendre qu'il y a une pluralité politique. et s'ils ne s’exécutent pas ils disparaîtront. Ce n'est pas difficile de miner un parti, on le voit tous les jours.
d'accord avec toi
mais certains partis etaient plus crédibles et sincères puis furent minés car ne répondant pas aux criteres DRS
c'est pourquoi le PPA n'a jamais plié ( parti de Messali Hadj) il ne voulait pas que le FLN l'accredite et puis quoi encore : un parti qui autorise un autre et tous ces cons s'étonnent que le fln remporte toujours la mise la seule fausse note depuis 1962 fut le FIS.
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- psychedelic
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ICOSIUM;109199 écrit: Salut Psychedélic,
Je dirai que je suis bien heureux qu’il y ait des règlements de compte par la parole et le débat, et je souhaiterais qu’il y en ait beaucoup plus, parce qu’en fait pour ceux qui cherchent la vérité et à comprendre c’est un excellent moyen. Les échanges de ce type, se feront toujours sur la base des faits réels et de données auxquelles nous n’aurions jamais eu accès.
Pour revenir à la constitution, le garant de ce fameux document est le premier à ne pas en respecter les principes. Elle est très élastique cette constitution, aujourd’hui elle dit une chose et demain son contraire, il suffit de voir combien de constitutions on a eu, et bientôt il y en aura encore et encore.
Le système a corrompu tout le monde et tout le monde trouve son compte, à l’exception du zaouali, du petit peuple.
Les règles sont un impitoyable couteau à double tranchants et ne valent que par leur application. Dans les sociétés qui se respectent qui se trompe paye.
salam;
certes les règlements de compte à coup d'articles de presse, et de déclarations interposés nous éclairent un peu, mais au fond restent creux, on y mange pas à sa faim... le coeur des évènements restent bien cadenassés, chacun en sait sur l'autre et vice versa ce qui nous amènera forcément à un duel stéril, on se retrouve à force à avoir des bribes que presque tous savent déjà, mais ce qui est encore plus perfides c'est que maintenant chacun essaie, ou essaiera d'écrire l'histoire à sa manière, et tout le monde tente de se l’accaparer comme le fait actuellement nezzar.
bel1000;109200 écrit: @psyché
le monsieur que tu cites doit avoir une araignée dans le cerveau
il est bien ecrit dans la constitution que l'islam est la religion d'etat donc tout parti etant contraire aux principes islamiques doit etre interdit : donc le ffs, le pt , les communistes les autres rnd, rcd etc... se cachent derriere le mot democratique.
la plateforme de la soummam prevoyait une republique démocratique selon les principes islamiques
il est totalement hors jeu.
pour B. Abdeslam il ne va pas s'abaisser à mentir comme le font beaucoup de gens c'est l'un des rares hommes d'etat qui se comptent sur une main les autres c'est des walous qui ne sont là que pour remplir un fauteuil qui ne decident en aucune maniere.
tu peux lire le bouquin de hocine malti ' la guerre secrete du petrole algerien'' ou il fait un petit passage sur Belaid Abdeslam ( celui que les journalistes du Monde redoutaient) car pas maniable du tout.
sans pour autant défendre qui que ce soit, mais pour quelqu'un ayant un tel rang dans l'un des plus important parties en algérie, je ne pense pas qu'il s'avancerai à de telles déclarations sans connaissance de cause, ceci est pour contextualisé les choses, et pour dire que rien n'est pour autant innocent dans ce qui est dit, ou déclaré dans la presse, tout est pesé avant d'être lâché.
pour ce qui est de cette loi, elle était effective après la création du multipartisme, ainsi la loi algérienne interdisait la création de toute association politique à caractère religieux ou régionale "tu peux faire ta recherche" et je rajouterai que ce bonhomme en fin de déclaration avait rajouté "allez demandé à celui qui les a légiférai" sans pour autant entrer dans les détails, un terrain trop miné pour s'y aventurer....!!!
pour hocine malti, dont le livre "histoire secrète du pétrole algérien" faisait plus titre choc, il y a donné un historique dans évènements et des hommes politiques mais sans pour autant entrer dans la réalité des choses... un peu déçu quand même.
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- bel1000
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pour hocine malti, dont le livre "histoire secrète du pétrole algérien" faisait plus titre choc, il y a donné un historique dans évènements et des hommes politiques mais sans pour autant entrer dans la réalité des choses... un peu déçu quand même.
pourquoi déçu?
hocine malti n'a pas la prétention d'écrire l'histoire c'est avant tout un technicien du petrole ( ingenieur) il met à la disposition des chercheurs des pans de notre histoire ( celle du pétrole) c'est à ces derniers de fouiner , chercher et extraire le vrai du faux pour enfin ecrire l' Histoire moderne de l'Algérie (1920-2012) car durant toute cette période on ne peut pas dire que celà chomait.
la loi sur les partis a été pondu par le FLN on ne peut dire qu'elle est légale ou légitime car dés l'été 1962 les dés furent pipés ( coup d'etat contre le gpra) et il n'y a jamais eu de constituante réelle mais un simulacre à la salle atlas.
mais la constitution actuelle stipule que l'islam est religion d'etat donc aucun parti d'essence non islamique ( il y des des dizaines de tendances en islam plus de 70 selon le hadith) ne peuvent prétendre à activer sur la scène politique mais comme c'est le monde à l'envers et que l'Échelle est retournée alors les hors la loi mènent le jeu.
maintenant si la constitution sera amendée pour supprimer l'article en question je suis d'accord que même les martiens aient leur parti toutefois en le supprimant ( l'article) la junte s'exposera à la vindicte populaire et ce sera la chute irrémédiable car depuis 1962 ce peuple est gouverné par une bande de pourris en profitant des convictions c'est pourquoi il existe un ministere des affaires religieuses alors que nous sommes tous musulmans mais pas de ministere des affaires algériennes ( si ce dernier ministere sera crée je vous jure que je parlerai plus de politique).
au fait le ministere des AR est utilisé comme clergé pour canaliser alors qu'en islam le clergé n'existe pas les versets et hadiths faisant foi et qu'en islam nulle autorité que celle définie par les musulmans, chacun a le libre choix d'elire son imam ou d'écouter tel orateur et ce n'est pas le cas actuellement on l'on nous impose des pieds nickelés pas fichus d'utiliser leur cervelle à supposer qu'ils ont en une.
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Belle leçon d’histoire
Par : Outoudert Abrous
La salle réservée par notre journal à la tenue des forums s’est avérée trop exiguë pour recevoir autant de femmes et d’hommes qui ont contribué à la libération du pays. Grâce à Yasmine Belkacem, Djamila Bouhired et à Ali Haroun qui ont initié cette idée de rendre un hommage au Collectif des avocats qui ont pris la défense des détenus algériens, en faisant venir l’une d’elle : Maître Marie-Claude Radziewsky. L’émotion des retrouvailles pour certains était intense et le déroulement des souvenirs, encore dans la mémoire de tous, intact.
La convivialité était si chaleureuse que certains confrères présents pour poser des questions se sont mis en retrait pour ne pas casser le rythme des retrouvailles et ne rien rater de cette tranche d’histoire, encore peu connue du grand public.
Encore alerte, l’avocate M.-C. Radziewsky se souvient des noms des prisonniers qu’elle avait eu à défendre. Certains sont devenus ses amis. Comme Yasmine Belkacem ou Djamila Bouhired ou encore Maître Miloud Brahimi qui avait de la peine à cacher quelques larmes malgré ses lunettes noires. Chaque anecdote, chaque rappel d’un fait sorti de la mémoire de Marie-Claude était suivi d’applaudissements d’une salle qui avait du mal à retenir son émotion.
Maître Ali Haroun, qui entreprend un travail de recherches sur cet aspect important de l’histoire, est arrivé à recenser près d’une centaine d’avocats français, belges, suisses et bien sûr algériens qui ont donné de leur temps, de leur argent, courant des dangers certains comme introduire des armes en prison, ou une journaliste pour porter son témoignage à un large public. Ceci relève plus que du courage, de la conviction que le combat qu’ils menaient était un combat juste.
Belle leçon d’histoire à renouveler avant que ces derniers témoins n’emportent avec eux des tranches de notre histoire non encore écrite.
Impressions
Par : Farid Abdeladim
Fettouma Ouzegane : “Le travail du collectif était énorme”
“Ce sont les acteurs de la guerre qui doivent écrire et raconter l’histoire de notre lutte pour l’Indépendance, et non pas les opportunistes de la dernière minute. Me Marie-Claude Radziewski est une grande dame à qui je rends un vibrant hommage. Le travail réalisé par le collectif des avocats du FLN est énorme, du fait qu’ils se sont exposés à de grands dangers et ont défendu une cause juste”, a déclaré jeudi Fettouma Ouzegane au forum de Liberté.
Felix Colozzi : “Je n’oublierai jamais l’élan de solidarité…”
Incarcéré à la prison de Lambèse en 1956, après sa condamnation à perpétuité, l’Européen d’Algérie, Felix Colozzi, a été libéré en 1962, et vit depuis à Alger. Âgé aujourd’hui de 82 ans, M. Colozzi a profité de son passage au Forum “En toute liberté” pour rendre hommage notamment au réseau d’organisation du FLN qui, témoigne-t-il, prenait en charge tous les détenus, après leur libération. “Je me souviendrais toujours de cette journée où j’ai quitté la prison de Lambèse. Mais ce qui m’a marqué le plus reste cet élan de solidarité que j’ai trouvé en dehors de la prison, de ces militants qui m’ont convenablement pris en charge. Ils m’ont offert de la nourriture, des habits, de l’hébergement…”.
F. A.
Mystère des tickets de métro : Radziewsky refuse de répondre à Bouhired
Le débat du forum “En toute liberté” ouvert, jeudi dernier, aux avocats du FLN pendant la guerre de Libération, n’a pas été totalement libre. Et pour cause, les intervenants ont refusé de répondre à certaines questions “pointues”. On citera notamment, le “non !”, lâché sec par l’avocate Marie-Claude Radziewsky, en guise de réponse à la question de la moudjahida Djamila Bouhired, sur “l’histoire des tickets du métro de Paris”, à l’époque de la guerre.
“Mme Claude-Marie, pouvez-vous nous raconter l’histoire des tickets de métro ?”, était la question de Mme Bouhired. “Non, je ne vous dirai rien”, lui a répondu Me Radziewsky, laissant ainsi toute l’assistance sur sa faim… mais pourquoi un mystère sur un ticket de métro ?
F. A.
Radziewsky et Boudina : Ils auraient travaillé dans la même entreprise
Le président de la Fédération nationale des anciens condamnés à mort, Mustapha Boudina, était des plus émus jeudi dernier lors du forum. Non seulement parce qu’il a rencontré d’anciens compagnons d’armes, mais aussi et surtout parce qu’il a retrouvé Mme Marie-Claude Radziewsky, laquelle, révèle-t-il, était l’avocate de l’entreprise française où lui-même fut travailleur-syndicaliste. “Je vous rappelle Madame, que j’étais travailleur et syndicaliste dans la même entreprise qui vous a engagée alors en tant qu’avocate”, a rappelé M. Boudina au bon souvenir de Me Radziewsky. Cependant, cet effort de mémoire n’a pas été partagé par la concernée qui s’est dit ignorer ce fait.
F. A.
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Par Badr’Eddine Mili
A chacun selon sa mémoire ?
La potion magique
Les coups de gueule de la presse algérienne contre les excès de BHL, Pujadas, Stora et Onfray y ont été, probablement, en partie, pour quelque chose. Le premier numéro de la rentrée de Vivement Dimanche», consacré, ce 2 septembre, par Michel Drucker, au film d’Alexandre Arcady tiré du roman de Yasmina Khadra, Ce que le jour doit à la nuit a surpris et quelque peu changé les téléspectateurs algériens du menu viperin que le PAF français a pris l’habitude de leur servir, depuis le début de l’année, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de notre pays.
Il faut relever que les story-boarder’s de la coproductrice Françoise Coquet ont fait un travail soigné et que Drucker, instruit de la partialité outrancière des précédents programmes, a dû, sans doute, sur la suggestion des dirigeants de France 2, entre autres le très professionnel directeur de la chaîne, Jean Réveillon, recadrer les prestations fournies, au début de l’année, par Pujadas, Stora et les historiens idéologues dans La guerre d’Algérie comme vous ne l’aviez jamais vue.
Hypocondriaque-médecin malgré lui ?
L’animateur vedette du service public qui est connu pour être un proche de Jacques Chirac, l’ancien président qui voulait marquer son mandat par la conclusion d’un traité d’amitié d’exception avec l’Algérie, a, cet après-midi-là, été contraint d’aller piocher chez Molière une large palette d’éléments de langage et de techniques du théâtre pour parvenir à être le moins exposé et le plus équidistant possible dans une présentation et un débat menés avec une certaine diplomatie mais tronqués de leur profondeur historique et de leur arrière-plan humain. Angles arrondis, aspérités gommées, tout y était pour aménager au message, subliminalement politique, qu’il comptait délivrer, un passage en douceur, dans un contexte marqué par la récente visite à Alger de Laurent Fabius et le prochain voyage officiel de François Hollande, le président de la République française. Le souci de diriger un débat moins crispé que de coutume a davantage été souligné par le positionnement de quelqu’un qui avait très tôt pris à sa manière ses distances avec la politique de Nicolas Sarkozy en encourageant la diffusion, dans ses émissions, des numéros humoristiques très critiques de Nicolas Canteloup et Anne Roumanoff auxquels il doit une partie de son audience. Sur trois principaux registres, la composition du plateau, la méthode de traitement et la perspective dévolue au sujet, il a su éviter les pièges d’un thème épineux et réussi à pousser ses invités à maîtriser leurs sentiments pour qu’ils ne débordent pas du civilement correct assigné à l’émission.
1 - La composition du plateau
Volontairement aseptisé, le canapé rouge devait, dans l’esprit des concepteurs du programme, réunir un panel d’Algériens, de binationaux et de piedsnoirs suffisamment représentatifs d’un large spectre de générations, et surtout, censés «partager» une mémoire et, pour certains, un vieil ancrage culturel maghrébin. Il y avait d’un côté un romancier ancien officier de l’ANP, Yasmina Khadra, intervenu en off, quatre chanteurs et musiciens, Idir, Khaled, Kenza Farah et Ziouani, de l’autre, le réalisateur du film, Alexandre Arcady, né à Alger, les principaux acteurs Vincent Perez, Nora Arnezeder, Anne Parillaud, Fouad Aït Aatou, Nicolas Giraud, Mathieu Boujenah dont certains sont des anciens piedsnoirs, le scénariste Daniel St Hamond, né à Sidi-Bel-Abbès, le journaliste Jean- Pierre Elkabbach né à Oran, deux chanteurs, Enrico Macias, né à Constantine, et Serge Lama, un ancien appelé du contingent auxquels sont venus s’ajouter le comédien Kad Merad et Yamina Benguigui, ministre déléguée à la Francophonie du gouvernement socialiste de Jean-Marc Ayrault et présentée comme fille d’un ancien moudjahid, le tout fondu dans un aréopage campant sur des positions supposées être consensuelles «pour célébrer l’Algérie». Avec de telles références, exclusivement artistiques, d’où étaient absents les historiens, Drucker était parfaitement à l’aise et pouvait jouer sur du velours, sûr d’être à l’abri de toute mauvaise surprise.
2 - La méthode de traitement
Le gendre parfait, qui rougissait à la moindre trivialité de Serge Gainsbourg au studio Gabriel, a opté pour une méthode très soft qui consiste à faire prévaloir le schéma classique thèse-antithèse-synthèse en permettant à des avis, pas toujours convergents, de s’exprimer et en se réservant de temps à autre, le rôle de défricheur d’horizons rassembleurs. A Arcady, qui décrivait un Rio Salado où régnait la joie de vivre des pieds-noirs très «american way of life», Yasmina Khadra répondit un peu déçu, que l’auteur de Là-bas, mon pays, a fait un film plein de «raccourcis intelligents» ; et au cinéaste qui avouait que ce qui manquait le plus à l’Algérie de l’époque, c’était la mixité, l’écrivain rétorqua avoir plaidé, dans son livre, pour un pays multiracial et multiculturel réconcilié avec lui-même, un vœu pieux, lâcha-t-il sans préciser si c’était, là, un lapsus ou le résultat d’une expérience historique non concluante. A Enrico Macias qui chantait «la France de mon enfance, le pays où je suis né» — traduisez l’Algérie française — Serge Lama répliqua avec son couplet «Du désert à Blida, c’est là qu’on est parti jouer les petits soldats, une aventure dont on ne voulait pas, notre seule gloire fut d’avoir vingt ans», allusion faite à sa mobilisation dans le contingent en 1962 et à la guerre jusqu’au-boutiste, antipopulaire, menée par l’armée française.
3- La perspective dévolue au sujet
Arrivé à ce stade du débat, Drucker eut l’éclair d’intelligence auquel il a dû, certainement, s’entraîner maintes fois, de confier à Jean-Pierre Elkabbach, frappé d’une soudaine lucidité, la mission de tirer la conclusion et de tracer la perspective sur laquelle les relations entre la France et l’Algérie devraient, aujourd’hui, s’ouvrir. On ne sait si le temps des aveux est enfin arrivé ou pas. N’empêche qu’après qu’Arcady ait regretté que l’Algérie coloniale fut ségrégationniste, Elkabbach tira son épingle du jeu en déclarant avoir, tout enfant, rêvé de rejoindre la France, se démarquant de la posture du pied-noir nostalgique et de tout ce qu’y rattache comme rancœurs et clichés de grandpapa. «Instaurer l’amnistie, pas l’amnésie» — une très grave proposition — fut son mot de la fin, lui le citoyen d’honneur de la ville d’Oran qui voit dans l’Algérie de demain, un pays de 50 millions d’habitants réconcilié avec la France, éligible à l’ouverture, à la démocratie, au développement et qui a sa place dans le monde avec une jeunesse dynamique et une presse libre et effervescente, invitées à contribuer à amnistier les crimes de l’Etat français.
La gueule de bois
Le rideau de velours tomba sur la scène d’un conte qui n’avait rien à envier à ceux de Perrault, et n’était la cruauté du calvaire colonial qui lamina le peuple algérien pendant plus d’un siècle, on serait sorti de la salle de projection le cœur léger «délivré» du poids de toutes les histoires «malheureuses» du passé colonial dont on se demande si on ne les avait pas vécues dans une autre vie. N’est-ce pas? Cher Drucker, j’ai moyennement apprécié votre studieux effort de séduction, comme beaucoup d’Algériens peut-être, dont vous avez dit qu’ils vous suivaient régulièrement. Vous avez été jusqu’au bout de vos ressources ; malheureusement, vous n’avez pas pu aller plus loin que la forme, pas plus loin que les apparences et franchir, avec l’audace exigée, les lignes rouges qui vous ont été imposées par un cahier des charges comminatoire. Vous auriez pu oser passer de la forme au fond, du sentiment à la raison, et traiter la guerre d’Algérie et ses séquelles autrement qu’avec de l’affect car ce n’est pas avec des propos à l’eau de rose qu’on peut exorciser la colère et faire disparaître, comme par enchantement, le poids des crimes contre l’humanité et du déni d’identité. Dans votre émission, les Algériens qui ont souffert, qui sont morts sous la torture et dans la guerre d’extermination de la conquête ou qui traînent encore les vieilles blessures de l’occupation étaient absents, à l’exception de ce pauvre Djelloul, le serveur de bar du film évoqué par un des acteurs qui dira qu’il finira FLN comme si cela équivalait à une dégénérescence fatale. Bien sûr, vous aviez à votre droite une ministre présentée comme fille d’ancien moudjahid. Il y a là, soit dit en passant, un progrès qui me semble annoncer, probablement, une autre façon de voir, de l’autre côté de la mer, la relation algéro-française, parce qu’il y a soixante ans, la secrétaire d’Etat, Mlle Sid-Cara, une Algérienne nommée pour la première fois dans un gouvernement de la IVe République était la fille d’un sénateur collaborationniste. Un fait de sociologie politique novateur qui ne dément nullement les analyses de Lebat, l’auteure de l’essai sur les binationaux. Vous déclariez, au début de l’émission, que vous alliez célébrer l’Algérie avec vos invités. Mais laquelle, cher Drucker ? La vraie d’où vous évacuez l’Histoire ou la virtuelle, la chimérique qui n’arrive pas à admettre le rapport de conquête et d’exploitation qui lui colle au visage comme une glu gélatineuse tenace ? Je ne reproche à personne de cultiver une mémoire ou une nostalgie, d’aller récupérer des photos «oubliées dans un buffet », d’aimer l’Algérie à sa façon, telle qu’il se la représente, avec la lumière ou les plaies de l’enfance ou de l’adolescence. Mais ce que les Algériens demandent c’est simplement de l’honnêteté intellectuelle qui aide à dessiller les yeux, à essuyer la buée qui encombre les lunettes de la vérité historique et à reconnaître les tares du passé. Ou bien cautionnez-vous cette pensée de Lacan qui disait qu’«il n’y a que la vérité qui ment» ? Si votre méthode ne s’accompagne pas de cette saine vision de ce qu’a été la réalité du système colonial, elle ne s’apparentera, au mieux, qu’à la méthode Coué. Entre les sentiments et la raison, la politique et la mémoire, il y a des no man’s land qu’on ne peut franchir allégrement à la façon d’une escouade de louveteaux envoyés ramasser des fruits rouges dans les bois. Vous n’étiez pas ici l’hôte de l’escadrille de France, des pompiers de Paris, d’Aznavour ou de Johnny, vous étiez l’hôte de l’Histoire, une affaire autrement moins ludique et plus sérieuse parce qu’il y va de l’existence même de la nation algérienne, c’est-à-dire d’une entité qui a un passé, un présent et un avenir, et aussi un honneur, une dignité et un rang international à défendre. Elle ne saurait être le résultat d’un abâtardissement auquel certains de vos invités ont appelé. L’Algérie est un pays arabe, amazigh et musulman. La relation qu’il entreprend avec ses voisins et ses partenaires est une relation d’Etat souverain. Il y a, certes, des vérités qui s’imposent à l’entendement. Il existe entre la France et l’Algérie un pont humain fantastique. Beaucoup d’Algériens, binationaux, ont réussi à gravir, grâce à l’école républicaine, l’échelle sociale très discriminatoire de la société française. On ne saurait ignorer cette richesse qui ouvrira, sans doute, des perspectives que les nouveaux dirigeants semblent tentés d’ébaucher. Mais de là à dire que l’avenir de la France c’est le Maghreb, pas l’Europe, c’est une utopie que seul un Yasmina Khadra, amateur de science-fiction, peut se permettre de nourrir. Qui ignore qu’à la conférence de Berlin, il y a deux siècles, l'Afrique fut partagée entre la France et le Royaume-Uni et qu’elle demeure, à ce jour, une chasse gardée et un prolongement, notamment de la France, par le biais des réseaux du système de la Françafrique ? Mme Benguigui nous annonce même que le monde comptera 750 millions de locuteurs francophones en 2050 et que l’Afrique en fournira le plus grand nombre, révélant même que le pays francophone classé aujourd’hui après la France est la République démocratique du Congo en lieu et place de l’Algérie, une donnée inédite. Les Algériens qui voyagent beaucoup dans le monde comprennent parfaitement dans quel sens il évolue et en saisissent les enjeux vitaux. Ils considèrent que si la France se range, enfin, du côté de la raison, qu’elle développe une realpolitik sans complexes vis-à-vis de son passé colonial et qu’elle se débarrasse de cette tunique de Nessus qui lui brûle le corps, elle gagnera la rive du salut et de la sérénité. Et à ce moment-là, tout sera possible. Elémentaire, non, mon cher Drucker ? Mon souhait est que la prochaine «Spéciale Algérie» tienne compte de ces modestes observations de téléspectateur obligé de regarder et d’entendre ce que vous montrez et dites de mon pays. Vous y noterez, peut-être, que le temps du recul est arrivé pour les ex-pieds noirs, comme le laisse entendre le titre du prochain roman de Daniel St Hamond «Et le sirocco emportera les larmes» et vous prononcerez enfin le mot «indépendance de l’Algérie» encore prisonnier de vos cordes vocales grippées.
B. M.
PS : Merci à Idir et à la toute jeune Kenza Farah pour la dignité dont ils ont fait montre, évitant de se prêter aux insidieuses insinuations de l’animateur sur leurs combats culturels.
www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/09/...hp?sid=138801&cid=41
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Rabah Guenzet
Fils de chahid de la lutte de libération nationale, Rabah Guenzet est tombé au service de l'Algérie républicaine qui aspire au progrès et à la modernité. Son rôle a été des plus déterminants dans le redressement de la ligne politique du Pags en 1990 ; puis dans sa transformation en Ettahadi-Tafat, mouvement qui avait fait du combat pour la démocratie et la modernité son crédo. Rabah Guenzet, a notamment aidé à des avancées majeures sur les questions identitaires et culturelles dans le parti. Son nom, figure dans la longue liste d'intellectuels et hommes de progrès éradiqués par les forces de l’islamisme, fauchés avec le fol "espoir" de faire taire toutes les voix qui se mobilisent pour démystifier le projet de société obscurantiste et barbare.
La particularité de Guenzet, s’il en fallait une, en plus de la sincérité de son engagement et de sa détermination dans la lutte, était d’être un intellectuel d’expression arabe, dont la connaissance du patrimoine arabe et musulman se doublait d’une audacieuse appropriation des apports universels. Il était professeur de philosophie, syndicaliste, il a fait partie de la Fédération des Travailleurs de l’Education et de la Culture (FTEC). Il a dû faire face aux affres de l'article 120 des statuts du parti unique au moment où il était secrétaire général du syndicat national de l'Enseignement secondaire et Technique.
Connu pour son érudition, ses qualités de pédagogue et de polémiste au service du progrès et de la modernité, son assassinat a été un coup dure pour le mouvement dont il était l’un des principaux dirigeants, mais aussi pour l’ensemble du mouvement de la pensé moderne dans le pays.
L’année 1993 a été une année macabre, particulièrement marquée par la succession d’assassinats de personnalités de premier plan parmi l’élite démocratique et républicaine du pays. Elle a été marquée aussi par les menées du pouvoir contre les segments les plus engagés de la presse nationale. Et enfin, par le fait qu’elle a été le point de départ de la lourde responsabilité qu'assume le pouvoir face à l'histoire depuis qu’il a initié la dérive dialoguiste et réconciliatrices que certains tentent, aujourd’hui, de couronner par une scélérate amnistie générale.
Repose en paix camarade. L’idéal humaniste pour lequel tu te bâtais couve encore dans les entrailles de notre peuple.
Mohand Bakir
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