Taisez-vous M. Chadli !

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05 Oct 2010 18:37 #62998 par cimode
Taisez-vous M. Chadli ! a été créé par cimode
N’eut été leur extrême gravité, les propos de Chadli Bendjedid tenus à une publication japonaise et rapportés hier par le quotidien Liberté n’auraient pas mérité qu’on s’y attarde. Mais ils émanent d’un ex-président de la République qui, au lieu de contribuer à écrire l’histoire contemporaine du pays, s’est fourvoyé dans des contrevérités, développant, par endroits, un discours de haine. Ces propos ouvrent des plaies non cicatrisées et jettent de l’huile sur le feu sur des questions d’une extrême sensibilité. Chadli Bendjedid fait preuve d’une grave ignorance de l’histoire de l’Afrique du Nord en ne sachant pas que les Berbères en sont les premiers habitants, se dotant d’une langue vivace et d’une grande culture.

Mais, depuis l’Antiquité, ils ont été confrontés à d’incessantes politiques de déculturation, dont celles qui se prévalent à partir de l’indépendance d’un certain nationalisme arabe. Chadli Bendjedid y a contribué lorsque, nouveau président de la République, il ordonna la répression du Printemps berbère (avril 1980). Il récidive aujourd’hui en réduisant les Amazighs avec mépris à de vagues tribus, un combat d’arrière-garde car même le régime actuel a fini par se résoudre à mettre fin à l’ostracisme frappant la langue amazigh en la constitutionnalisant comme langue nationale, bien qu’il reste encore du chemin à faire, principalement son officialisation par la Loi fondamentale.

Sur la question de l’islamisme, l’ex-chef de l’Etat regrette l’interruption du processus électoral au motif qu’il fallait laisser une chance au FIS «au nom de la démocratie». Mais il omet de rappeler la vérité fondamentale que les intégristes religieux avaient déclarée, en son temps, que la démocratie était kofr (impie). Leur slogan était clair et net : ni constitution ni charte, seule devait prévaloir la parole de Dieu… Cadeaux inespérés de Chadli Bendjedid, la reconnaissance officielle du FIS et le scrutin du 26 décembre 1991 étaient les deux tremplins utilisés par les fondamentalistes pour la conquête du pouvoir et la mise en œuvre de leur idéologie mortifère.

La décennie 1990 a vu une centaine de milliers d’Algériens perdre la vie mais le pays a échappé au sort programmé par eux : devenir le plus grand cimetière du monde à ciel ouvert. S’agissant du 5 octobre 1988, Chadli Bendjedid se dédouane totalement de la tragédie, l’imputant à des responsables du FLN «hostiles à la démocratie». Or, il est établi aujourd’hui, avec le recul de 22 années, que le soulèvement des jeunes a été une réponse à son règne de dix années marqué par une corruption généralisée, la montée de la paupérisation et du désespoir au sein de la population.

L’appareil du FLN avait une seule fonction : distiller la pensée unique tandis que la sécurité militaire devait tenir le pays d’une main de fer. La démocratie, elle, ne fut la revendication que des seuls jeunes. Des centaines d’entre eux le payèrent d’ailleurs de leur vie par des rafales tirées d’armes de soldats de leur propre pays. Le mot démocratie, aujourd’hui, dans la bouche de Chadli Bendjedid a une étrange consonance. Il aurait dû se taire avec le désastreux bilan qu’il traîne.

Ali Bahmane

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05 Oct 2010 20:16 #62999 par bel1000
Réponse de bel1000 sur le sujet Taisez-vous M. Chadli !
la vérité blesse ( il a incriminé les FLN et les autres)
et pourquoi ne pas faire le procés du traducteur ( texte en japonais ) mais celui de chadli

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05 Oct 2010 20:19 #63000 par bel1000
Réponse de bel1000 sur le sujet Taisez-vous M. Chadli !
Les révélations choc de Chadli Bendjedid

il sort d'ou cet Ali bahmane

la verité blesse et pouquoi faire le proces de chadli mais celui du traducteur ( texte en japonais)

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05 Oct 2010 20:21 #63001 par au_gré_du_vent
Réponse de au_gré_du_vent sur le sujet Taisez-vous M. Chadli !
il ose encore parler ce guignol???

Dans ma mémoire, son nom est lié à des sentiments on ne peut plus négatifs tels que désarroi, incompréhension, peur...
Je n'oublierai pas par exemple le jour où il déclarait sa démission à la télé... la certitude que rien n'allait plus chez nous serrait les cœurs.
et tous ces évènements tragiques aux séquelles indélébiles qu'on a connus.

il aurait mieux fait de se taire en effet!

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05 Oct 2010 21:16 #63002 par cimode
Réponse de cimode sur le sujet Taisez-vous M. Chadli !

bel1000;67171 écrit: la vérité blesse ( il a incriminé les FLN et les autres)
et pourquoi ne pas faire le procés du traducteur ( texte en japonais ) mais celui de chadli

C'est facile d'incriminer le FLN quand on en est un pur produit: celà s'appelle cracher dans la soupe...Je n'ai de respect ni pour le FLN, ni pour Chadli qui a fait executer des milliers de jeunes gens pendant le printemps berbère. Pourtant, je ne suis pas berbère.

Non seulement, il fut incompétent mais en plus c'est un traitre à sa propre cause...Quand à dire que l'amazighité ne fait pas partie de notre identité, si tu considères que celà est la vérité, alors celà démontre que tu ne connais pas grand chose de l'Histoire de notre civilisation...

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05 Oct 2010 21:21 #63003 par cimode
Réponse de cimode sur le sujet Taisez-vous M. Chadli !
Chadli connaît-il vraiment l’histoire de son pays ?

Tissus d’inepties», «propos irresponsables», «méconnaissance totale de l’histoire»… Quand l’ancien président Chadli Bendjedid se met en mode ethnolinguiste, revisite à sa convenance idéologique l’histoire plusieurs fois millénaire de son peuple, de son pays, vaut mieux en rire que s’en f…!


Dans une interview accordée en 2009 à la revue japonaise The Journal Sophia Asian Studies (n°27), le président Bendjedid (1979-1992) se livre à un exercice à la limite de l’autoflagellation… identitaire: «L’amazighité ? Une sorte de tradition, de langue appartenant à quelques tribus remontant aux civilisations et cultures préislamiques (…) A ceux qui se revendiquent amazighs, je leur répond avec fierté : l’Islam nous a arabisés.» La langue amazigh, quant à elle, est «éculée, dépassée par le temps, incapable de se développer».Le docteur Kamel Bouaâmara, linguiste, enseignant de tamazight à l’université de Béjaïa, est ulcéré par les déclarations incendiaires de l’ancien président de la République : «C’est dégoûtant ! C’est le mot, surtout quand de tels propos émanent d’une personne qui a présidé aux destinées de ce pays pendant plus d’une décennie, et qui dénotent d’une ignorance totale de la composition sociologique de son peuple. Une langue «morte» signifie au sens propre qu’elle est parlée par zéro individu, or là on est en présence de millions de personnes qui parlent et pratiquent couramment cette langue et ce, à travers toute l’Afrique du Nord.»

L’interview a fait le buzz sur Internet. Les propos de l’ancien président font scandale, y compris dans certains milieux réputés proches du pouvoir. Youcef Merahi, secrétaire général du Haut-Commissariat à l’amazighité, se dit «choqué» par la violence de certaines déclarations: «Quand l’ancien président de la République définit l’amazighité comme «une sorte de tradition, de langue, etc.», pour moi ce n’est plus du mépris, mais de la hogra.» «S’il s’était seulement contenté de présenter l’amazighité comme un ensemble de traditions, langue, on aurait peut être compris qu’il ait essayé de réfléchir et que dans son esprit il n’y avait pas une espèce de rejet, de dilettantisme intellectuel. Maintenant, on a tellement dit sur les amazighs : on a les rattachés à toutes les régions du monde ; on a dit qu’on était des yéménites, des moyen-orientaux, qu’on étaient asiatiques, même rattachés aux teutons germaniques, Chadli, comme beaucoup d’autres, a malheureusement oublié de nous rattacher à l’Afrique du Nord.»

Tamazight, langue morte ou langue vivante ? M. Merahi ne se pose plus la question : «Jamais tamazight n’a été aussi vivante, dynamique, audacieuse. J’en veux pour preuve toutes les thèses de magistère, de doctorat qui sont soutenues chaque année. Plus de 400 licenciés en tamazight sortent chaque année des universités, et ce n’est certainement grâce à Chadli.» Des déclarations «irresponsables», d’une extrême «légèreté», juge pour sa part l’ancien délégué des archs Bélaïd Abrika, qui ne se dit pas surpris pour autant. La référence à la matrice arabo-islamique fait partie du bréviaire du «système» algérien. «L’idéologie du système en place, le discours dominant a toujours enfermé la dimension amazigh dans un carcan arabo-islamique. Rien n’a changé. C’est le discours du Mouvement national qui se perpétue à nos jours», dit-il.

Bélaïd Abrika ne ménage l’ancien président de la République : «Il n’est pas seulement à côté de l’histoire, il est à contre-courant de l’histoire. Car l’Afrique du Nord est amazigh, personne ne peut le dénier aujourd’hui. La diversité et la pluralité sont une donne incontestable. Tamazight occupe une place importante, même s’il ne s’agit pas encore de celle qui lui revient de droit, mais que Chadli sache que les amazighs n’ont pas été arabisés par l’Islam. L’Islam n’a pas vocation à arabiser, c’est une religion. Qu’il sache qu’il y a une diversité culturelle, le multilinguisme, en Algérie, est une réalité et que l’arabe classique qu’il prône est une langue étrangère pour nous, les Algériens, les arabophones y compris.» Ancien détenu du Printemps berbère d’avril 1980, le député Ali Brahim qualifie de «tissu d’inepties» les déclarations de Chadli Bendjedid : «On n’en est plus à ce débat, tamazight est une langue nationale quoi qu’en dise Monsieur Chadli.

Elle avance à grands pas au Maroc et finira par s’imposera au dictateur libyen (…). Lorsque Chadli déclare que les Amazighs ne sont que quelques tribus en voie de disparition, c’est un discours qui tranche totalement avec ce qu’il avait dit en 1980 – «nous sommes des amazigh arabisés par l’Islam».Il faut croire qu’entre temps, Chadli s’est découvert des racines identitaires autres.» Le député de Bouira refuse néanmoins de hurler avec les loups ; Chadli n’est qu’un pare-feu : «Chadli a été actionné pour susciter un faux débat sur des questions relativement tranchées par l’histoire et par le droit. J’ai l’impression que le système veut nous faire réagir sur tamazight pour meubler une scène politique totalement verrouillée et empêcher qu’un débat ait lieu sur les vrais problèmes du pays qui sont la corruption, les questions de développement, l’absence de démocratie. Car la vraie question d’aujourd’hui est de savoir comment se débarrasser du zaïmisme qui mine le mouvement démocratique pour créer une alternative pour le triomphe des libertés démocratiques. » Fin de citation.

Mohand Aziri

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