Etats d'âmes

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25 Avr 2012 18:49 #66207 par coucou19
Réponse de coucou19 sur le sujet Etats d'âmes
Merci Baudelaire. Merci Yasmi, j'en suis ravi.

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25 Mai 2012 11:32 #66208 par coucou19
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4- La Vérité

Toujours assis l’un à côté de l’autre, nous regardions le lointain horizon, comme si notre destin était ailleurs. Nous étions silencieux, mais je savais que la sérénité, que nous affichions tous les deux, avait pour origine cette tendresse qui baignait nos cœurs. Ce que nous étions en train de vivre était unique, et même si c’était éphémère dans le temps, ça ne pouvait être qu’éternel dans nos cœurs et nos mémoires. Sans me regarder, elle dit :

- Ô étranger ! mon cœur est aux couleurs de l’arc-en-ciel. Il est le rouge couleur du sable de ce désert torride. Il est le bleu du ciel limpide et sans orages. Il est aussi le jaune du soleil brûlant de ces journées qui se suivent et qui se ressemblent. Il en a toujours été ainsi, jusqu’à ce que tu sois là. Toi, tu y a rajouté le vert, la couleur que je n’ai jamais connue dans la solitude de ce désert et que je n’aurai jamais pu voir, si tu n’avais pas été là. Je suis ton âme, et je demeurerai tienne pour l’éternité.

Que ces mots étaient doux pour mon âme meurtrie, et qu’ils étaient cruels aussi. Combien de fois avais-je entendu me dire ces mots pour me retrouver seul, à la fin. Ils étaient comme un baume pour mon cœur triste, et qui ne servait à retenir sa saignée que le temps d’une rupture. Mais je savais qu’elle était sincère et que le lien qui nous unissait ne pouvait être rompu, désormais. Je savais que si elle devait partir ce n’était nullement par manque d’amour, et que les sentiments qu’elle me vouait été nobles et éternels, tout comme les sentiments que j’avais toujours eu pour elle. J’étais presque gêné d’espérer plus que cet amour, de désirer autre chose que de tendres sentiments sincères. Je me sentais même chanceux d’avoir pu rencontrer mon âme sœur, celle que beaucoup n’ont pas eu le privilège de trouver, ni la chance d’imaginer. Oui, j’avais de la chance et je ne devais exiger plus que ce que j’avais déjà vécu car je ne pouvais, tout simplement, mériter plus.

Je lui dit :

- Ô douceur ! Tu es toutes les couleurs que la terre ait pu enfanter. Tu représentes tout ce que j’ai aimé, tout ce que j’aimerai toujours. Tu es le noir de mes nuits ténébreuses, témoins de mes peines profondes. Tu es le rouge de mes passions folles, celles qui ont toujours enflammé mon cœur. Tu es le bleu azur de mes espérances éternelles et de mes rêves sans limites, et le blanc de la pureté de l’enfant que j’ai été.

- L’enfant dont tu gardes toujours le cœur.

- Mon cœur a cessé d’être celui d’un enfant depuis déjà bien longtemps, car l’enfant a cherché son idéal et ne l’a jamais vraiment trouvé. Il a alors erré pendant si longtemps qu’il a perdu le gout du bonheur. Ce que je cherche sans jamais trouver, autour de moi, auprès des hommes et des femmes que j’ai pu aimer. Il me manquait toujours cette douceur qui fait que ceux qui ont la chance de vivre, deviennent invulnérables à la souffrance. Aujourd’hui, je souffre.

- Ne plains pas ton sort car ce que tu crois percevoir comme bonheur chez d’autres n’est, souvent, qu’un leurre. Beaucoup d’hommes et de femmes n’ont jamais connu le bonheur et tentent de cacher leur tristesse dans les plaisirs de la vie terrestre. Ils ne connaissent de l’amour que les plaisirs de la chair et ne se reconnaissent que dans les jouissances éphémères. Ce sont des égarés, et tant que leurs larmes ne couleront pas, brûlantes sur leur joues, ils ne pourront gouter à la douceur d’aimer et d’être aimés. Ils ne sauront jamais que même s’ils réussissent dans la vie, ils ne réussiront jamais leur vie, et que cette vérité les éloignera toujours du bonheur qu’ils recherchent en vain. Peu d’hommes parviennent réellement à comprendre que la paix que tu recherches est difficile à trouver. Le bonheur, l’amour que tu as toujours tenté de vivre, ne peuvent être à la portée de tous. Seuls les bienheureux ont droit à cette plénitude et rares sont ceux qui y parviennent vraiment. Le véritable amour et le bonheur éternel ne s’acquièrent qu’avec une âme en paix, et cette paix est l’unique objet que tu ne peux acheter avec de l’argent, fusses-tu le plus riche des hommes; et l’unique convoitise que tu ne peux acquérir par la force, fusses-tu le plus fort des hommes. Mais bien qu’elle soit aussi inaccessible et lointaine, elle est aussi aisée d’obtenir que de remplir une coupe vide d’une eau pure et limpide; car le secret est de savoir trouver la source de laquelle tu puiseras l’eau limpide du bonheur.

Et la lumière jaillit ! Avec elle, tout paraissait simple et clair comme l’eau de roche. Vouloir le bonheur éternel c’était d’abord le mériter et je ne pouvais le prétendre. N’ai-je pas, au moins une fois dans ma vie, envié les autres pour ce que je ne pouvais être. N’ai-je pas, au moins une fois dans ma vie, désiré quelque chose qui ne m’était pas destinée. N’ai-je pas, au moins une fois dans ma vie, menti par cupidité ou par lâcheté. N’ai-je pas trahi, trompé ou fait de la peine à quelqu’un? Je l’ai, sans aucun doute, fait et cela était suffisant pour m’éloigner du bonheur que je recherchais.

De la douleur naît la vérité et de la souffrance jaillit toujours la lumière. Celle qui permet de retrouver sa source, d’y revenir après l’égarement et l’errance et d’aller vers la quiétude. Un chemin long bordé de chardons et d’épines, mais sur lequel jaillissent, de temps à autres, des points d’eau frais pour ceux qui ont le cœur de continuer afin de s’abreuver et de trouver refuge sous l’ombre d’un arbre, avant de reprendre leur route.

J’avais enfin compris que l’amour, que j’avais pu vivre grâce à elle, était plus beau pour qu’il puisse être captif d’un lieu ou d’un moment. Il m’avait permis de ne plus dépendre ni du temps ni de l’endroit où je devais être. Son amour m’avait fait transcender vers des cieux plus hauts, où l’amour est unique, est un. En me retrouvant, seul dans ce désert, j’avais terriblement soif, de cette soif qui ne pouvait être étanchée avec de l’eau. Après sa rencontre, je n’avais plus soif, je m’étais désaltéré à la source intarissable de son âme. J’avais retrouvé la foi. J’étais en paix. J’étais libre!


J’ai longtemps cherché le bonheur, et je n’ai trouvé que le plaisir
J’ai longtemps cherché l’amour, mais je n’ai trouvé que le désir
J’ai toujours cherché l’amour sain; enfin, j’ai trouvé l’amour divin
L’amour en mon cœur est infini; désormais, c’est à Dieu qu’il me lie.

C’est ainsi que s’achevait mon aventure, c’est avec cette vérité que prenait fin ma traversée du désert. Ce désert qui commençait déjà à me manquer, tellement son empreinte en moi avait été forte. Et bien qu’il m’ait fait souffrir comme jamais je ne l’avait été, et bien que j’y avais vécu les pires tourments de mon existence, je ne pouvais oublier qu’Il m’avait aussi accueilli et ouvert ses bras pour me prendre en son sein et changer ma voie, à jamais. Je me retournai, une dernière fois, pour saluer cet étrange ami qui, au début, m’effrayait. Et comme un naufragé saluant l’île perdue qui l’avait sauvé, je lui étais reconnaissant pour m’avoir permis de trouver l’unique chose qui me manquait véritablement: la paix de l’âme.

Fin.

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14 Jui 2012 18:59 #66209 par coucou19
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La petite fille sur la photo


L’esprit baigné de doux souvenirs, je regarde sur une photo, le portrait d’une petite fille aux cheveux ébouriffés et au regard triste. Elle était très belle et sa beauté était particulière. A la finesse des traits de son visage s’ajoutait le reflet de la sensibilité de son cœur et la naïveté de son âme. Je contemple longuement cette photo en noir et blanc, prise il y a de cela bien longtemps, et je reconnais la petite fille. Je ne la vois pas sourire, comme le font généralement les filles de son âge. Je reconnais la petite fille tourmentée, avec qui je jouais quand j’étais enfant, et j’ai compris que ce regard triste m’était destiné, il était réprobateur.

Je me souviens, il fut un temps, dans une humble demeure, vivait une jeune fille qui se prenait pour une princesse. Elle confectionnait des poupées en les habillant de morceaux de tissus, ramassés ça et là, gambadait dans l’arrière cour de sa maison ou jouait, parfois dans le jardin, avec son frère. Elle remplissant l’air de cette joie enfantine que connaissent toutes les maisons. Cette fille ne connaissait de la vie que son palais, son jardin d’Eden et son titre de princesse. Elle pouvait se contenter de ça et se considérait la plus heureuse des petites filles. Je me souviendrai toujours de cette fille à qui j’ai fait, sans le dire, la promesse de ne jamais la laisser seule et d’être toujours auprès d’elle. Et même si je devais parcourir le monde, je reviendrai la chercher et je la protégerai et je l’aimerai.

Bien des années plus tard, la petite fille est devenue femme et elle est restée toujours aussi belle. Je peux le voir sur une photo récente, une photo en couleur cette fois. Je vois le visage d’une femme séduisante qui me sourit, mais je n’y vois plus la même sérénité. A bien la regarder, elle n’est plus tout à fait la même et je ne sais pour quelle raison le sourire, que je décèle à la commissure de ses lèvres, ne me convainc plus. Je suis parti pour longtemps et la solitude avait eu raison d’elle. Le jour où j’étais revenu pour la retrouver, quelques années plus tard, quelques années trop tard, la petite fille avait perdu son innocence.

Les yeux gonflés de larmes, je repris la photo en noir et blanc. Je ne voulais garder de la petite fleur de mon cœur que l’image que j’ai toujours eu d’elle. Et je lui promis de la retrouver, un jour, ailleurs, loin de ce qui pourrait, encore, souiller son âme et la mienne. Et je lui promis que le monde serait meilleur après la mort, car la mort est salvatrice quand elle met fin à nos souffrances et qu’elle est, parfois, le seul rempart à nos peines. Et bien qu’elle nous sépare, toujours, de ceux qui nous sont chers, elle nous réunit aussi avec les personnes que nous avons tant aimées. Et je lui promis que nous redeviendrons, comme avant, elle la petite fille et moi le petit garçon d’antan. Et nous nous retrouverons dans les champs, courant cheveux dans le vent, comme avant. Et nous remplirons l’air de nos cris et de nos rires, comme avant. Et nous serons heureux car libres et nous serons heureux car nous aurons retrouvé nos cœurs d’enfants, tout comme avant. Et nous nous mettrons sous l’arbre, face au soleil qui illuminera nos visages et nos sourires sincères. Et je la prendrai dans mes bras pour ne plus la quitter. Et je mettrai sa petite main sur ma poitrine afin qu’elle sente les battements fragiles de mon cœur, qui ne palpitera désormais que pour elle. Et elle me pardonnera mon absence et je lui pardonnerai son égarement. Et nous serons alors en paix car elle aura retrouvé, enfin, sa moitié et j’aurai retrouvé, enfin, mon âme sœur.


A la douceur que j’ai perdue…

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28 Jui 2012 14:46 #66210 par coucou19
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Stances de Mai, vers d'hiver



Te souviens-tu de ce jour du mois de Mai
Où toi, le cœur souffrant et moi l'âme tourmentée
voyons, doucereusement, se croiser nos destinées
et lentement s'unir nos chemins, à tout jamais?

Mais revient toujours le mois de Mai
Quand bien même l'hiver fut glacial
Les roses s'éclateront de toutes leurs pétales
Et mon cœur retrouvera, alors, sa bien-aimée

Ô! cœur blessé au mois de Décembre
De la belle, entends-tu les sourds cris
Implorant, des profondes pénombres
Afin que, de ses bévues, tu fasses fi ?

Ô! douloureuses meurtrissures de l’hiver
Je n’ai d’ouïe que pour l’appel serein
De la douce fille que j’ai connu naguère
Et que j’attendrai, tout au bout du chemin.

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30 Oct 2012 02:11 #66211 par Capo
Réponse de Capo sur le sujet Etats d'âmes
Heureux de te lire Coucou :)

Tes vers sont sublimes .. Bravo :icon_wink:

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07 Avr 2013 09:42 #66212 par coucou19
Réponse de coucou19 sur le sujet Etats d'âmes
Heureux de te croiser Capo, et merci.

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