Etats d'âmes

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14 Jul 2011 18:21 #66201 par au_gré_du_vent
Réponse de au_gré_du_vent sur le sujet Etats d'âmes
j'attends la suite Coucou:)

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14 Jul 2011 20:24 #66202 par Mekrouda
Réponse de Mekrouda sur le sujet Etats d'âmes

coucou19;85849 écrit:


2- L’attente


[...] J’étais l’homme qui s’acharnait à chercher son bonheur là où il ne le trouvera point et qui n’acceptait de le reconnaitre. J’étais l’homme qui se croyait plus fort que son destin et qui se vantait de pouvoir en changer le cours. J’étais l’homme qui , sans état d’âme, répétait les mêmes erreurs et ne s’en décourageât jamais. Là, j’étais devenu l’être pitoyable et mesquin qui n’espérait que l’indulgence d’une mort apaisante et d’une terre accueillante.

[...]

Seigneur !
Dieu des cieux et de la terre
Exaucez un vœu qui m’est cher
Avant que je n’ailles à ma dernière demeure
Faites que je ne partes pas solitaire

Seigneur, faites que je vois Votre lueur !
Seigneur, faites que je vois Votre lueur !


A suivre...

ces passages coupent le souffle!!!
à quand la suite?

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15 Jul 2011 15:38 #66203 par au_gré_du_vent
Réponse de au_gré_du_vent sur le sujet Etats d'âmes
En ce qui me concerne, c'est ce passage qui m'a le plu parlé...

coucou19;85849 écrit: J’avais, toute ma vie, tenté de surpasser mes peurs et mes angoisses pour aller au-delà et atteindre les objectifs que je m’étais fixé. J’étais ambitieux, exigeant, trop exigeant, à la limite du perfectionnisme et cela avait sans doute forgé mon caractère. J’avais, toujours, travaillé avec acharnement et abnégation pour réussir, pour être le meilleur, pour être tout simplement heureux. J’avais pris tous les chemins sinueux pour atteindre cet objectif, le bonheur. Je me rendis compte, là mourant dans ce désert effrayant, qu’il n’en était rien. J’étais effroyablement seul, et incroyablement malheureux. Pourtant, je me souvins de moments de bonheur que j’avais vécu, que ce n’était pas le fait de ma simple imagination, mais ce n’était que des souvenirs, hélas, perdus à jamais.[video=youtube;lwXAvG7DjZw]

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21 Avr 2012 18:10 #66204 par coucou19
Réponse de coucou19 sur le sujet Etats d'âmes



3- La rencontre


Seigneur ! Faites que je vois Votre lueur … et je l’ai vu.

C’était le crépuscule et la nuit commençait à couvrir de sa douce fraicheur toutes les créatures du désert. Depuis tout enfant la nuit me fascinait. Autant elle me faisait peur car je m’y sentais seul et abandonné, autant j’en gardais des souvenirs indélébiles. Elle me procurait paix et sérénité et avec l’âge, elle me tenait compagnie et m’écoutait parler tout seul de ce qui me faisait de la peine. La nuit est à la méditation ce que la clairvoyance est à l’esprit. Et sans prêter vraiment attention, je la voyais toujours annonciatrice d’une bonne nouvelle. N’est ce pas, en effet, la nuit qui précède la lumière du jour ?

A mesure que l’obscurité s’avançait, une lueur s’annonçait dans le ciel. Au début, je pensais plus à la lumière du soleil couchant, mais cette dernière augmentait d’intensité avec la tombée de la nuit au point où, en l’espace d’un moment, le ciel s’était transformé en un merveilleux tableau noir illuminé par des faisceaux lumineux tels des éclairs tombants du ciel. Je savais que quelque chose d’extraordinaire allait m’arriver. Péniblement, je me redressai et me mis debout. Je voulais tout voir et ne rien rater de ce spectacle inhabituel, mais surtout, je me devais d’accueillir debout et dans la dignité cette chose qui m’était, sans doute, destinée. Oui, je ressens toujours quand quelque chose d’exceptionnel s’apprête à bouleverser ma vie, et mon instinct me trompe rarement. Je le sais quand mon cœur est pris par ce sentiment unique que l’on ne ressent qu’au bout d’une longue souffrance ; quand on ne peut plus résister et qu’on décide de lâcher prise. Cet ultime instant où on hume ce parfum singulier du bout de la nuit, juste au moment où le jour décide enfin de se lever.

Je regardais ainsi de loin cette lumière se dessiner de plus en plus clairement et qui, maintenant, prenait la forme, non plus d’éclats lumineux, mais plutôt d’un voile de lumière survolant le ciel noir de mon désert. Mes yeux ne pouvaient quitter cette vue fascinante d’autant que l’objet de mon attention se dirigeait, cette fois, clairement vers moi. J’étais toujours debout et je n’avais pas peur. J’étais maintenant prêt à entamer la dernière étape de mon aventure et je n’avais pas peur, car la peur était désormais derrière moi. Plus elle s’approchait du lieu où je me situais et plus un sentiment très étrange m’envahissait. Je ressentais de la légèreté dans mes mouvements et enfin de la joie dans le cœur. La chose s’avançait à grande vitesse, maintenant, et elle venait directement vers moi ; mon destin m’ayant donc guidé jusqu’à ce lieu désertique dans un but unique, la rencontrer. Je fermai les yeux et j’attendais.

Et c’est alors que tous les souvenirs intenses de ma vie, ceux qui avaient marqué mon existence d’amour et de tendresse ressurgirent. Je me sentais véritablement heureux. La chose m’enlaçât, me prenant sous les bras avec autant de tendresse qu’une mère prenant son enfant chéri ou qu’une femme aimante étreignant l’homme de sa vie. Ô Dieu !! que l’étreinte d’une femme aimante est merveilleuse. C’est la plus belle chose qu’un homme puisse vivre. Je sentis mes pieds fléchir mais je pouvais, sans crainte, me laisser aller dans son étreinte sans risquer de tomber. L’objet de mes rêves était là pour me soutenir. Je crois que ce moment a duré le temps d’une éternité, le temps qu’il fallait pour effacer tout le mal qui me rongeait le cœur, le temps qu’il fallait pour que je redevienne enfin moi-même. Je voyais enfin les choses avec le regard d’un enfant qui venait de naître.

« Je suis là », me dit-elle presque en chuchotant au creux de mon oreille. Elle était sensible à mon émoi et ne voulait, sans doute, pas m’effrayer d’avantage. Je voulais lui dire que je n’étais plus effrayé, que la peur a cessé d’exister dans mon cœur au moment où elle m’était apparue. Je voulais lui dire que plus rien ne me ferait peur ni mal puisqu’en sa présence mon être a pu retrouver sa voie. J’avais tellement espéré la rencontrer que c’était devenu un rêve, j’avais tellement besoin d’elle que rien d’autre n’avait d’importance à mes yeux. Je savais qu’elle ne me décevrait pas et que mes prières seraient, un jour, exaucées.

- Sais-tu qui je suis ? reprend-elle, avec la même voix douce.
- Non, … mais je sais que tu es là pour moi, le reste n’a pas d’importance.
- Je suis venue car tu avais besoin de moi.
- J’ai toujours su que tu viendrai un jour.

Après un moment de silence, elle reprit :

- Ton âme est troublée, je le sens.
- Oh oui !, lui dis-je, en la serrant cette fois très fort dans mes bras, comme si je voulais mieux lui faire ressentir mon désarroi.
- Je ressens ton mal.
- Je n’aurai plus mal, dorénavant, maintenant que tu es là je n’aurai plus mal... Serre-moi très fort.

Elle me serra encore, dans ses bras, aussi fort et aussi longtemps qu’il fallait pour que je renaisse à nouveau. Elle me relâcha alors, pendant que j’entrouvris les yeux pour la voir, enfin. Elle avait l’aspect d’une femme baignant dans la lumière et avait le visage de la petite fille de mes rêves. Elle me souriait de ce sourire qui vous apaise le cœur. Je n’arrivais plus à détourner mes yeux de son visage. J’avais l’impression d’y voir le soleil briller lors d’une journée printanière et dans ses yeux je pouvais ressentir la tendresse d’une femme qui n’a aimé qu’une seule fois. J’avais l’impression d’avoir conquis le monde des années durant et d’avoir, enfin, gagné la félicité.

Elle était lumière, elle était cristal
Et de mon cœur, elle extirpât le mal

J’étais en présence du bonheur, j’étais en face de l’être que j’ai cherché depuis si longtemps et je ne devais pas laisser passer ma chance, une fois encore. Une fois encore car j’avais terriblement peur, peur de la perdre aussi vite que je l’avais trouvé et cela était compréhensible. Toute ma vie j’ai eu à perdre le bonheur que je caressais de loin et que j’espérais longuement à chaque fois que le destin le présentait à moi, jusqu’à ce que je sois convaincu que ce dernier n’était qu’un mirage qui vous faisait rêver mais qu’il était, en fait, impossible d’atteindre réellement. Alors une fois encore, j’étais terrifié à l’idée de perdre cette douce créature qui venait me rendre visite et briser ma terrible solitude. Voulant la garder auprès de moi éternellement, je devais faire une prière sincère et espérer mériter enfin le bonheur avec l’objet de ma quête sur terre. Je me rendis alors seul vers un endroit à l’écart. Il faisait nuit et je savais que les prières nocturnes y sont les plus sincères. Sur le flan d’une dune je me suis assis alors et j’ai pleuré.

Seigneur, c’est elle que j’attendais depuis mon enfance
C’est pour elle seule que je gardais mon innocence

C’est elle dont je garde tous les rêves
Le seul être qui faisait, à ma misère, une trêve.

C’est elle qui enveloppait mon cœur de douceur
A chaque fois qu’il gonflait de peine et de douleur

Elle est l’objet de mes rêves, elle est mon amour
Celle qui fût ma bien aimée depuis toujours

Elle est l’être qui attendait que je paraisse
Celle qui m’eut été destinée même avant que je naisse

Celle que je voulais toujours voir
Sans même vraiment le savoir

Seigneur, épargnez moi le feu crépitant de l’enfer
Qui, bien qu’invisible, jonche mon chemin sur terre

Seigneur, je ne veux que la paix sur terre
Je sais que, sans elle, je n’y parviendrai guère

Elle est mon amie, ma campagne, elle est ma fille et ma mère
Elle est mon âme, elle est mon âme, elle est mon âme sœur.

Le visage défiguré par la douleur et les pleurs, je répétais cette prière indéfiniment jusqu’à ce que je m’endorme sans m’en rendre compte.

Quand je me réveillai elle était assise près de moi, sans me regarder. Elle contemplait le ciel bleu et clair de ce désert chaud et chaleureux. Ce désert qui est devenu ma terre d’accueil après qu’il fût ma terre d’exil. Il est vrai que quand l’être aimé vous manque, le monde dans toute son immensité vous paraît totalement dépeuplé. Je n’étais plus seul mais j’avais néanmoins très peur. Toujours cette peur de perdre les choses précieuses qui vous arrivent après une longue attente et vous paraissent extrêmement fragiles et éphémères.

- J’ai entendu tes prières… Toute la nuit j’ai entendu tes prières, me dit-elle, enfin.

Un silence s’en suivit… J’attendais qu’elle poursuive en me disant que je n’avais rien à craindre et que je ne la perdrai plus jamais. Qu’il était inutile d’avoir peur du futur, car le bonheur était devant, le bonheur d’être avec elle. Mais rien de tout cela, et je savais ce que cela voulait dire pour l’avoir souvent vécu. Ce silence est devenu gênant pour moi et, sans doute, pour elle aussi. Maintenant, Je regardais le ciel bleu dans la même direction qu’elle. Nous savions, tous les deux, que la douceur, que je venais de vivre la nuit dernière avec elle, allait naturellement prendre fin. Naturellement, parce que je ne sais même plus pourquoi tout ce qui était beau devait céder la place à ce qui était moche et triste, dans cette vie. Que tout ce qui était noble et authentique devait être souillé par tout ce qui était faux et vil. Je commençais à me résigner à l’idée que, tout comme la nature avait horreur du vide, la vie, quand à elle, avait horreur de tout ce qui pouvait être beau et vrai. Je n’étais même plus déçu tant cette situation m’était coutumière.



A suivre...

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23 Avr 2012 21:24 #66205 par baudelaire87
Réponse de baudelaire87 sur le sujet Etats d'âmes
Salut, je te félicite pour ce talent....continue

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23 Avr 2012 21:36 #66206 par yasmi
Réponse de yasmi sur le sujet Etats d'âmes
Tu nous as fait languir de patience coucou et çà en valait le coup. Merci.
C'est très émouvant. J'ai hâte de lire la suite.

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