Etats d'âmes

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29 Mar 2011 09:57 #66189 par coucou19
Réponse de coucou19 sur le sujet Etats d'âmes

au_gré_du_vent;76010 écrit: goullen= ils ont juré
juste le titre que je traduis:)


J'ai compris. Merci Au_Gré !

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29 Mar 2011 10:38 #66190 par au_gré_du_vent
Réponse de au_gré_du_vent sur le sujet Etats d'âmes
je t'en prie Coucou:)

même si tu ne comprends pas le kabyle, j'espere que tu apprecieras cette chanson de Brahim tayeb
Elle s'intitule 'ussanneni' (i.e. ces jours là), elle est ancienne et c'est ma préférée parmi ses chansons pour le moment.

A toi et à tous les nostalgiques d'un temps meilleur...

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06 Mai 2011 18:38 #66191 par coucou19
Réponse de coucou19 sur le sujet Etats d'âmes



Nostalgie


Où êtes vous passés mes amis, mes frères, mes soeurs
Ne reste-t-il donc de vous, que ces ombres solitaires!
Où est passée cette joie qui, jadis, flottait dans l'air
Où sont donc ces chérubins, si chers à mon coeur
Pourquoi n'ai-je pas entendu leurs cris, leurs rires, leurs pleurs
Où êtes-vous! Répondez! Qui sont ces fantômes qui me font peur?
Parlez! Juste murmurez! Dissipez mon angoisse, ma frayeur
Répondez moi! Je suis revenu, là, dans cette cité, où j'erre
Seul, entre ses murs froids, ses remparts, ses couloirs funèbres
Où es-tu grand-maman, où es-tu grand-papa, où est votre douceur
Où est le pain chaud cuit sur la braise, les fruits amers
Qu'on cueillait dans les bois, parfois même avant l'heure
Serait-ce le temps, qui nous éloigne et qui nous diffère?
Serait-ce des moments si précieux, pour être si éphémères?
Répondez moi! De grâce! Mon coeur est si triste et je pleure
Mes anciens amis, mon enfance gaie, mon jardin et ses fleurs
Le parfum des roses, des jasmins, toutes ces odeurs
Oh souvenirs, Souvenirs! Revenez, égayez mon coeur
Éteignez ce feu qui me consume, calmez ma fureur
Suis-je donc si seul, en ce bas monde, sur cette terre
Pour ne trouver personne pour m'écouter, me consoler quand je pleure
Je ne puis accepter ce sort. Non! Non!... Mais que faire!
Mon Dieu! Guidez-moi, je sais que votre voie et si claire
Dans votre miséricorde, votre bonté, je crois et j'adhère
Faites que reviennent mes amis, mes frères, mes soeurs
Mes parents, ma famille, tous ces êtres si chers
Ces doux souvenirs de mon enfance, de mon village prospère
Où coulaient des jours heureux, sans malheur, sans misère
Ô oui, Une vie paisible, heureuse, meilleure
Nous étions, tour à tour, des bergers, des rois, des seigneurs
Rendez moi mon enfance, insouciance, je ne veux que ça sur terre
Je ne désire ni richesse, ni gloire, je ne veux être fier
je cherche juste mon chemin, ici-bas, mon bonheur
Tel un mendiant, un ermite s'accrochant à sa prière
Ô Seigneur! Accordez moi ça dans une dernière lueur
Juste un dernier souffle, avant que je meurs.

Musique: "Naval" composée par Yann Tiersen, Bande originale du film "Tabarly" - 2008.

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23 Mai 2011 18:29 #66192 par coucou19
Réponse de coucou19 sur le sujet Etats d'âmes

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24 Mai 2011 09:09 #66193 par ahmeddamien
Réponse de ahmeddamien sur le sujet Etats d'âmes
bienvenu man
salam

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30 Jui 2011 19:19 #66194 par coucou19
Réponse de coucou19 sur le sujet Etats d'âmes
La traversée du désert









1-L’errance

Je marchais sans savoir comment je m’étais retrouvé dans cet immense océan de sable. Je ne voyais que du sable, rien que du sable, imposant la même vue à l’infini. Seules des dunes, telles des vagues ondulantes, pouvaient transgresser ce paysage à la fois féérique et effrayant. Comment m’étais-je retrouvé dans cette terre aride qui m’était étrangère et pourquoi étais-je seul, si seul ? Où étaient passés tous ceux que j’aimais et pourquoi n’étaient-ils pas là, juste au moment où j’avais besoin d’eux ?

Parfois, et dans certaines circonstances de notre existence, nous nous retrouvons contraints d’accepter les choses qui se présentent devant nous, même si nous n’avons pas d’explications ni de réponses à ce qui nous arrive, par courage ou peut être simplement par résignation. Je pris alors la décision d’aller de l’avant et d’affronter ce désert si impressionnant et advienne que pourra. La pire des choses qui pouvait m’arriver était de mourir et, si cela était mon destin, j’étais prêt à l’accepter. En pensant ainsi, je n’étais pas encore conscient que j’allais vivre l’aventure la plus mystérieuse de ma vie.

Un soleil de plomb me tapait sur la tête qui commençait, d’ailleurs, à bouillonner et à me faire mal, au point où ma vue s’embrouillait et mes oreilles bourdonnaient. Je suais beaucoup et j’avais soif, terriblement soif. Une soif inhabituelle, différente de celle que nous ressentons quand nous manquons d’eau. Mon corps avait soif, mais une voix me disait, dans mon for intérieur, qu’il ne s’agissait pas d’eau, mais d’un besoin tout autre. Je ne savais pas de quoi il pouvait s’agir et je n’avais pas la possibilité, ni les facultés nécessaires, de réfléchir et de penser à tout çà. L’unique chose qui comptait pour moi, à ce moment, était de trouver une issue à la situation dans laquelle je me trouvais et par n’importe quel moyen. J’étais prêt à aller jusqu’au bout, car dans la vie il faut savoir vivre son destin jusqu’à sa fin.

Voilà déjà plusieurs heures que j’étais dans cette situation et mon état ne s’améliorait guère, bien au contraire. Mes facultés physiques s’amenuisaient de plus en plus et je commençais même à perdre quelques unes de mes facultés mentales. La fatigue et la chaleur étaient, certes, mes premiers adversaires mais il y avait aussi cette chose atroce qui vous tue lentement et qui vous ronge de l’intérieur. Oui, cette bête noire que j’avais souvent l’occasion de côtoyer dans la vie et qui, cette fois, venait de trouver un terrain propice pour venir se vautrer et finir de m’achever. C’était la solitude. On m’avait souvent dit qu’un mal partagé était un moindre mal et je commençais à le vérifier à mon insu. La solitude est une amie capricieuse. Elle peut vous guérir d’une blessure, d’une déception ou d’une trahison, vous tenir compagnie pour un temps et même devenir votre maîtresse. Mais dès qu’elle a le dessus, dès qu’elle sent que vous êtes entre ses mains, que vous n’êtes qu’à elle seule, que vous lui appartenez elle devient, alors, votre propre geôlier.

J’avais donc besoin d’eau, d’un peu de nourriture pour me remettre sur pied mais j’avais surtout besoin de compagnie, d’un être à mes côtés avec qui je pourrais parler, lui faire part de ma souffrance. Un être qui pouvait m’encourager, me soutenir et même tenir ma main quand ce serait la fin.

Sept jours et Sept nuits passèrent ainsi et je n’étais plus que l’ombre de moi-même. J’avais presque perdu toute l’eau que contenait mon corps ainsi que le tiers de mon poids. Je marchais péniblement, avec nonchalance. A vrai dire, je rompais plus que je ne marchais puisque je n’avais plus la force de me mettre debout et mes pauvres jambes ne pouvaient plus me soutenir. Cette fois, je sentais ma fin proche et mon cœur commençait à être pris d’un sentiment du moins étrange, un sentiment proche de l’angoisse mais qui n’était pas tout à fait ça. C’était plus profond et qui donnait, surtout, l’impression que la situation était irréversible. C’était la peur de la mort, sans doute. Pourtant, dans ma vie, j’ai eu souvent l’occasion d’approcher la mort sans ressentir cette peur, du moins pas avec cette force. Pourquoi, alors, avais-je si peur de mourir, maintenant, puisque j’étais toujours conscient qu’un jour ou l’autre je devrais affronter cette fatalité?

Et puis, j’avais compris que ce n’était pas la mort elle-même qui me faisait peur mais surtout le fait que j’allais mourir seul. C’était donc ça, la solitude, encore elle, qui venait me rendre visite avec son voile noire, accompagnée, cette fois, par sa meilleure alliée dans le temps : la mort. Soudain, un sentiment de rage et de colère me prit. Je ne pouvais plus accepter cette servitude inconditionnelle que je vouais à cette compagne de malheur, à cette alliée du diable qu’était la solitude. Je ne pouvais et ne voulais mourir seul. Hélas, ce n’était qu’un dernier sursaut de dignité.

L’épuisement finit par avoir le dessus sur mon corps et mon esprit et je n’avais plus la force de bouger. Je me laissai aller avec amertume aux derniers désirs de ma destinée et j’acceptai avec résignation sa sentence. Je reposai lentement ma tête sur le sable brûlant en fermant les yeux. Je sentis les grains de sable pénétrer dans mes narines et sur mes lèvres desséchées pendant que je respirais péniblement. Tout en haletant comme une bête qu’on dépose sur un autel, Je sentis à cet ultime instant de la vie, le besoin réel de pleurer.

Bien que je croyais que mon corps ne contenait plus aucune goutte d’eau, par miracle, une larme parvint à couler sur ma joue, puis je perdis conscience…


A suivre...

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