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- dahmane1
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27 Sep 2014 16:16 #78222
par dahmane1
Réponse de dahmane1 sur le sujet Découvertes antiques : ces extraordinaires machines venues d’Orient.
Engoncés dans nos certitudes d’hommes du XXIe siècle, nous sommes nombreux à considérer pratiquement tout notre savoir comme contemporain et à penser que les civilisations qui nous ont précédées étaient intellectuellement inférieures à la nôtre.
Chaque année, des découvertes faites par les spécialistes des civilisations antiques bouleversent cependant cette vision restrictive du passé. Elles révèlent que les hommes de l’antiquité ont créé, plusieurs millénaires avant notre civilisation, d’extraordinaires inventions dont certaines préfigurent les dispositifs et les machines high-tech que nous connaissons. Mais la plupart des livrent d’histoire passent sous silence ces périodes de l’histoire au cours desquelles un certain nombre d’esprits très en avance sur leur temps ont littéralement révolutionné la connaissance scientifique et technologique.
Cet épisode de la série « Découvertes Antiques » part à la découverte de ces inventions fabuleuses venues du fond des âges, et notamment celles que l’on doit aux ingénieurs arabes du XIIIe siècle. Elle s’intéresse tout particulièrement à l’un des plus fascinants personnages de cette époque, Al-Djazari, important érudit, artiste, astronome, et ingénieur en mécanique à qui l’on doit l’invention de mécanismes de levage d'eau automatisés, d'horloges hydrauliques, d’un incroyable robot à servir le thé, et même de l’un des tous premiers "ordinateurs" du monde : un calculateur analogique. Rangez vos préjugés au placard et apprêtez-vous à embarquer pour un voyage dans les inventions du passé qui ébranlera bien des certitudes !
. L’Orient, berceau des inventeurs
L’effondrement de l’Empire Romain marque un tournant décisif pour la civilisation occidentale. Avec le déferlement des hordes barbares et la plongée dans « l’âge des ténèbres », l’Europe va vivre une longue éclipse, oubliant une bonne partie de l’héritage culturel et scientifique des grandes civilisations de l’Antiquité. A l’opposé, le monde oriental va s’épanouir et connaître un essor fulgurant dans les domaines de la médecine, des mathématiques, de la littérature et de la physique.
Cette évolution qu’a connue la société orientale pendant près de 500 ans, du VIIIe au XIIIe siècle, âge d’or de la culture islamique, nous oblige aujourd’hui à reconsidérer notre conception de l’histoire ancienne. Tandis que l’islam, parti de la péninsule arabique, se propage en Inde, en Afrique du Nord et jusqu’en Espagne, les hommes de science musulmans engrangent une somme de connaissance telle que l’humanité n’en n’a jamais connue jusqu’ici.
Pendant cinq siècles, le monde musulman va être le centre du savoir et de la culture. Dès la fin du VIIIe siècle apparaît en Orient une école qui restera à l’avant-garde du progrès technique et scientifique. Connue sous le nom de « Maison de la Sagesse », elle est l’équivalent pour cette époque de la Sorbonne ou de Polytechnique, c'est-à-dire un établissement d’excellence où les plus grands professeurs de l’époque enseignent à des étudiants triés sur le volet. L’une de ses activités principales est le déchiffrage et la traduction d’ouvrages anciens, essentiellement grecs et romains, qui renferment les plans de machines en usage durant l’Antiquité.
. Robot médiéval ?
A partir des connaissances glanées dans les manuscrits de cette époque, les savants et les ingénieurs du monde musulman vont s’intéresser aux préceptes de mécanique, et notamment aux automates. Aujourd’hui, des spécialistes de la robotique se sont penchés sur ces extraordinaires machines, dont certaines font appel à des procédés encore utilisés de nos jours. C’est le cas d’un automate appelé « la serveuse de thé », réplique grandeur nature d’une jeune fille servant le thé.
Son fonctionnement des plus ingénieux étonne aujourd’hui encore les chercheurs. Un réservoir placé au-dessus du robot est percé d’un trou par lequel le thé s’écoule goutte à goutte dans un récipient à un rythme constant. Lorsque le liquide atteint un certain niveau, au bout de 7:30mn exactement, il s’écoule dans le verre que l’automate tient à la main. Le poids du verre plein déclenche alors un mécanisme qui le fait descendre et ouvre la porte de l’habitacle à l’intérieur duquel il se trouve. La « serveuse » peut alors servir son verre de thé à l’invité ébahi.
. Machine d’Anticythère
La serveuse de thé est un dispositif essentiellement ludique ; ce genre de machine servait à épater l’assistance et à augmenter le prestige de son inventeur. Mais d’autres dispositifs avaient une toute autre portée scientifique. Au vu des textes anciens et des données archéologiques dont nous disposons, il est en effet permis d’affirmer que les savants de l’âge d’or de la culture musulmane auraient inventé rien moins que le premier ordinateur de l’histoire de l’humanité.
Ce mécanisme, appelé « machine d'Anticythère », a été découvert grâce à des fouilles sous-marines qui se sont déroulées près de l’île grecque du même nom, située entre Cythère et la Crète. Fabriquée autour de -100 avant J.-C., cette machine à engrenages serait comparable à un calculateur analogique. Bien que son mécanisme ait été examiné par les plus grands spécialistes, son fonctionnement exact reste cependant un mystère. Heureusement, certains ouvrages arabes du Moyen-âge renferment certains indices qui ont permis aux chercheurs de formuler des hypothèses.
On a ainsi retrouvé dans un manuscrit du Xe siècle le plan d’un calendrier à engrenages permettant, grâce à un système très élaboré, de suivre les mouvements des astres du système solaire. Composé de huit roues en bronze serties dans des cadrans et dotées d’aiguilles servant à indiquer la position des planètes, ce dispositif était « calibré » sur la bonne position astrologique avant sa mise en service. Il suffisait ensuite d’avancer l’aiguille principale d’un nouveau cran chaque jour pour mettre en action l’ensemble des engrenages et modifier en temps réel la position des autres astres : soleil, lune, phases lunaires.
Ce mécanisme aurait-il pu constituer la base de la machine d’Anticythère ? L’étude de son mécanisme interne à l'aide d'un scanner à rayons X a permis aux scientifiques d’en construire une réplique, actuellement exposée au Musée Archéologique d'Athènes. De forme circulaire, la machine est composée de trois parties principales qui occupent le volume d'un petit boîtier haut de 21x16x5 cm. Elle enferme plus de 82 éléments, dont une trentaine de roues dentées, et devait probablement être actionnée à la main au moyen d'une manivelle. Son fonctionnement se base sur les mouvements différentiels des engrenages permettant de « calculer » la position des astres à un moment donné, notamment le cycle de lunaisons permettant de prédire les éclipses. D'autres cadrans donnaient des informations complémentaires, telles que la date des divers jeux antiques. Ce fonctionnement reste cependant sujet à de nombreuses hypothèses. En effet, le soin et l'adresse avec lesquels cette machine fut réalisée, ainsi que les connaissances nécessaires en mécanique et en astronomie en font une énigme. Aucun objet de même âge et de même complexité n'est connu dans le monde, et il faut attendre près d'un millénaire pour voir apparaître des mécanismes comparables.
. Mécanismes hydrauliques[HR][/HR][HR][/HR]
La machine d’Anticythère est loin d’être la seule surprise que nous révèle l’étude des ouvrages des savants musulmans du Moyen-âge. Un livre du XVIe siècle décrit en effet une mystérieuse machine qui serait selon les spécialistes un système hydraulique d’un type particulièrement ingénieux et élaboré. Actionnée par la force de l’eau, cette pompe monobloc à six cylindres semble sortir tout droit des bureaux d’étude du XXe siècle et n’a rien à envier à une machine moderne. Les ingénieurs s’en seraient même inspirés pour concevoir une partie du moteur à vapeur, qui fit entrer l’humanité dans l’ère du progrès industriel.
Un modèle réduit de ce dispositif a été réalisé à Dubaï. La machine est actionnée par une grande roue reliée à un axe qui est en réalité un arbre à came muni de six cames différentes. En tournant, chacune de ces cames actionne à un levier constitué d’un bras fixé en son centre et aboutissant à un piston vertical. Une masse de plomb est fixée à l’extrémité supérieure de chaque piston, tandis que sa partie inférieure, enfoncée dans un cylindre, est équipée d’une valve à clapet. Lorsque la roue tourne, chaque bras de levier est actionné successivement par les cames, provoquant l’aspiration de l’eau par les pistons à valve et son évacuation vers le système de distribution. De telles machines étaient utilisées pour l’irrigation ; grâce à leur débit, elles permettaient de transformer des régions hostiles du désert en oasis verdoyantes. Les technologies utilisées dans ces inventions ne referont surface que 500 plus tard en occident, ce qui donne une idée de l’état d’avancement de la civilisation Moyen-orientale de cette époque.
. Al-Djazari
Un inventeur s’est notamment illustré pendant cet âge d’or scientifique et culturel, bien que son rôle déterminant dans l’histoire de la science ait été largement oublié en occident. Il s’appelle Al-Djazari, et il est l’auteur d’un ouvrage récapitulatif de tous les procédés technologiques de cette époque : le « livre de la connaissance des procédés mécaniques ». Sans ce livre dans lequel il décrit toutes les grandes inventions de son temps, 500 ans de progrès technologique seraient tombés dans l’oubli.
Une précieuse copie de ce manuscrit est conservée au Musée Topkapi d’Istanbul. Écrit en 1206, il renferme les plans de nombreux dispositifs qui sont aujourd’hui encore à la base de l’ingénierie moderne. Originaire du nord de l’Irak, Al-Djazari habitait l’une des régions les plus chaudes de la planète ; il était de ce fait particulièrement sensible au problème de l’approvisionnement en eau. Il consacra ainsi l’essentiel de ses efforts d’inventeur à concevoir des machines destinées à faciliter la vie des habitants de ces régions arides. Parmi ses inventions les plus remarquables, on trouve plusieurs systèmes destinés à capter et à remonter les eaux souterraines. Pour concevoir ces machines, Al-Djazari est parti de l’observation des systèmes traditionnels, qui fonctionnaient grâce à la force de l’homme ou de l’animal, pour leur substituer des dispositifs entièrement mécaniques utilisant l’eau comme source d’énergie.
L’une de ses inventions les plus brillantes dans ce domaine est connue sous le nom de « système de pompage n°3 ». On a longtemps cru que cette machine complexe n’avait jamais existé qu’à l’état de plan, mais une récente découverte faite à Damas (Syrie), tend à prouver le contraire. Les archéologues ont en effet retrouvé les vestiges d’une roue à eau qui fonctionnait manifestement selon les principes définis dans le manuscrit d’Al-Djazari. Construite au XIIIe siècle, cette machine hydraulique a fonctionné pendant plus de 700 ans, preuve du génie de sa conception. Elle a notamment servie à alimenter en eau un hôpital jusque dans les années 1970. Le « système de pompage n°3 » fait appel à un système complexe d’engrenages fonctionnant avec une série de palettes creuses. L’eau est censée tomber d’une certaine hauteur sur ces palettes, entraînant la rotation de la roue qui actionne à son tour un système de pignons et d’axes mettant en mouvement les récipients chargés de remonter l’eau jusqu’au sommet d’une tour où elle était déversée dans un aqueduc, alimentant ainsi le réseau citadin.
Avec son quatrième projet de machine hydraulique, Al-Djazari va franchir une étape supplémentaire et révolutionner la science de la mécanique. Cette fois-ci, il fait appel à un système de manivelle de conception radicalement nouvelle. Ce simple élément de mécanique permet de convertir un mouvement de rotation continu en un mouvement rectiligne alternatif. Les études qui ont été faites des plans d’Al-Djazari ont permis de montrer que l’axe horizontal de sa machine était actionné par un système d’engrenages et que l’extrémité de la manivelle coulissait dans un bras articulé allant et venant de part et d’autre de son point d’attache, entraînant ainsi l’élévation et l’abaissement successifs du seau. Avant l’étude des manuscrits d’Al-Djaziri, les archéologues et les historiens s’accordaient à dire que la manivelle était une invention européenne du XVe siècle, or l’ouvrage du savant arabe prouve qu’il avait conçu un système similaire près de 200 ans plus tôt !
D’autres dispositifs semblables étaient courants au Moyen-Orient à cette époque. C’est le cas de la noria, une gigantesque roue hydraulique mue par l’énergie du courant et permettant d’élever l’eau jusqu’à un aqueduc. La noria était munie de compartiments ou de seaux répartis à sa périphérie et de pales sur son bord extérieur ; elle était propulsée par le courant, remplissant les seaux lorsqu’ils passaient dans la rivière, puis remontant ceux-ci pour les déverser dans une tranchée ou un conduit ouvert faisant office de collecteur. L’eau alimentait ensuite un réseau d’irrigation ou un quartier d’une ville.
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Chaque année, des découvertes faites par les spécialistes des civilisations antiques bouleversent cependant cette vision restrictive du passé. Elles révèlent que les hommes de l’antiquité ont créé, plusieurs millénaires avant notre civilisation, d’extraordinaires inventions dont certaines préfigurent les dispositifs et les machines high-tech que nous connaissons. Mais la plupart des livrent d’histoire passent sous silence ces périodes de l’histoire au cours desquelles un certain nombre d’esprits très en avance sur leur temps ont littéralement révolutionné la connaissance scientifique et technologique.
Cet épisode de la série « Découvertes Antiques » part à la découverte de ces inventions fabuleuses venues du fond des âges, et notamment celles que l’on doit aux ingénieurs arabes du XIIIe siècle. Elle s’intéresse tout particulièrement à l’un des plus fascinants personnages de cette époque, Al-Djazari, important érudit, artiste, astronome, et ingénieur en mécanique à qui l’on doit l’invention de mécanismes de levage d'eau automatisés, d'horloges hydrauliques, d’un incroyable robot à servir le thé, et même de l’un des tous premiers "ordinateurs" du monde : un calculateur analogique. Rangez vos préjugés au placard et apprêtez-vous à embarquer pour un voyage dans les inventions du passé qui ébranlera bien des certitudes !
. L’Orient, berceau des inventeurs
L’effondrement de l’Empire Romain marque un tournant décisif pour la civilisation occidentale. Avec le déferlement des hordes barbares et la plongée dans « l’âge des ténèbres », l’Europe va vivre une longue éclipse, oubliant une bonne partie de l’héritage culturel et scientifique des grandes civilisations de l’Antiquité. A l’opposé, le monde oriental va s’épanouir et connaître un essor fulgurant dans les domaines de la médecine, des mathématiques, de la littérature et de la physique.
Cette évolution qu’a connue la société orientale pendant près de 500 ans, du VIIIe au XIIIe siècle, âge d’or de la culture islamique, nous oblige aujourd’hui à reconsidérer notre conception de l’histoire ancienne. Tandis que l’islam, parti de la péninsule arabique, se propage en Inde, en Afrique du Nord et jusqu’en Espagne, les hommes de science musulmans engrangent une somme de connaissance telle que l’humanité n’en n’a jamais connue jusqu’ici.
Pendant cinq siècles, le monde musulman va être le centre du savoir et de la culture. Dès la fin du VIIIe siècle apparaît en Orient une école qui restera à l’avant-garde du progrès technique et scientifique. Connue sous le nom de « Maison de la Sagesse », elle est l’équivalent pour cette époque de la Sorbonne ou de Polytechnique, c'est-à-dire un établissement d’excellence où les plus grands professeurs de l’époque enseignent à des étudiants triés sur le volet. L’une de ses activités principales est le déchiffrage et la traduction d’ouvrages anciens, essentiellement grecs et romains, qui renferment les plans de machines en usage durant l’Antiquité.
. Robot médiéval ?
A partir des connaissances glanées dans les manuscrits de cette époque, les savants et les ingénieurs du monde musulman vont s’intéresser aux préceptes de mécanique, et notamment aux automates. Aujourd’hui, des spécialistes de la robotique se sont penchés sur ces extraordinaires machines, dont certaines font appel à des procédés encore utilisés de nos jours. C’est le cas d’un automate appelé « la serveuse de thé », réplique grandeur nature d’une jeune fille servant le thé.
Son fonctionnement des plus ingénieux étonne aujourd’hui encore les chercheurs. Un réservoir placé au-dessus du robot est percé d’un trou par lequel le thé s’écoule goutte à goutte dans un récipient à un rythme constant. Lorsque le liquide atteint un certain niveau, au bout de 7:30mn exactement, il s’écoule dans le verre que l’automate tient à la main. Le poids du verre plein déclenche alors un mécanisme qui le fait descendre et ouvre la porte de l’habitacle à l’intérieur duquel il se trouve. La « serveuse » peut alors servir son verre de thé à l’invité ébahi.
. Machine d’Anticythère
La serveuse de thé est un dispositif essentiellement ludique ; ce genre de machine servait à épater l’assistance et à augmenter le prestige de son inventeur. Mais d’autres dispositifs avaient une toute autre portée scientifique. Au vu des textes anciens et des données archéologiques dont nous disposons, il est en effet permis d’affirmer que les savants de l’âge d’or de la culture musulmane auraient inventé rien moins que le premier ordinateur de l’histoire de l’humanité.
Ce mécanisme, appelé « machine d'Anticythère », a été découvert grâce à des fouilles sous-marines qui se sont déroulées près de l’île grecque du même nom, située entre Cythère et la Crète. Fabriquée autour de -100 avant J.-C., cette machine à engrenages serait comparable à un calculateur analogique. Bien que son mécanisme ait été examiné par les plus grands spécialistes, son fonctionnement exact reste cependant un mystère. Heureusement, certains ouvrages arabes du Moyen-âge renferment certains indices qui ont permis aux chercheurs de formuler des hypothèses.
On a ainsi retrouvé dans un manuscrit du Xe siècle le plan d’un calendrier à engrenages permettant, grâce à un système très élaboré, de suivre les mouvements des astres du système solaire. Composé de huit roues en bronze serties dans des cadrans et dotées d’aiguilles servant à indiquer la position des planètes, ce dispositif était « calibré » sur la bonne position astrologique avant sa mise en service. Il suffisait ensuite d’avancer l’aiguille principale d’un nouveau cran chaque jour pour mettre en action l’ensemble des engrenages et modifier en temps réel la position des autres astres : soleil, lune, phases lunaires.
Ce mécanisme aurait-il pu constituer la base de la machine d’Anticythère ? L’étude de son mécanisme interne à l'aide d'un scanner à rayons X a permis aux scientifiques d’en construire une réplique, actuellement exposée au Musée Archéologique d'Athènes. De forme circulaire, la machine est composée de trois parties principales qui occupent le volume d'un petit boîtier haut de 21x16x5 cm. Elle enferme plus de 82 éléments, dont une trentaine de roues dentées, et devait probablement être actionnée à la main au moyen d'une manivelle. Son fonctionnement se base sur les mouvements différentiels des engrenages permettant de « calculer » la position des astres à un moment donné, notamment le cycle de lunaisons permettant de prédire les éclipses. D'autres cadrans donnaient des informations complémentaires, telles que la date des divers jeux antiques. Ce fonctionnement reste cependant sujet à de nombreuses hypothèses. En effet, le soin et l'adresse avec lesquels cette machine fut réalisée, ainsi que les connaissances nécessaires en mécanique et en astronomie en font une énigme. Aucun objet de même âge et de même complexité n'est connu dans le monde, et il faut attendre près d'un millénaire pour voir apparaître des mécanismes comparables.
. Mécanismes hydrauliques[HR][/HR][HR][/HR]
La machine d’Anticythère est loin d’être la seule surprise que nous révèle l’étude des ouvrages des savants musulmans du Moyen-âge. Un livre du XVIe siècle décrit en effet une mystérieuse machine qui serait selon les spécialistes un système hydraulique d’un type particulièrement ingénieux et élaboré. Actionnée par la force de l’eau, cette pompe monobloc à six cylindres semble sortir tout droit des bureaux d’étude du XXe siècle et n’a rien à envier à une machine moderne. Les ingénieurs s’en seraient même inspirés pour concevoir une partie du moteur à vapeur, qui fit entrer l’humanité dans l’ère du progrès industriel.
Un modèle réduit de ce dispositif a été réalisé à Dubaï. La machine est actionnée par une grande roue reliée à un axe qui est en réalité un arbre à came muni de six cames différentes. En tournant, chacune de ces cames actionne à un levier constitué d’un bras fixé en son centre et aboutissant à un piston vertical. Une masse de plomb est fixée à l’extrémité supérieure de chaque piston, tandis que sa partie inférieure, enfoncée dans un cylindre, est équipée d’une valve à clapet. Lorsque la roue tourne, chaque bras de levier est actionné successivement par les cames, provoquant l’aspiration de l’eau par les pistons à valve et son évacuation vers le système de distribution. De telles machines étaient utilisées pour l’irrigation ; grâce à leur débit, elles permettaient de transformer des régions hostiles du désert en oasis verdoyantes. Les technologies utilisées dans ces inventions ne referont surface que 500 plus tard en occident, ce qui donne une idée de l’état d’avancement de la civilisation Moyen-orientale de cette époque.
. Al-Djazari
Un inventeur s’est notamment illustré pendant cet âge d’or scientifique et culturel, bien que son rôle déterminant dans l’histoire de la science ait été largement oublié en occident. Il s’appelle Al-Djazari, et il est l’auteur d’un ouvrage récapitulatif de tous les procédés technologiques de cette époque : le « livre de la connaissance des procédés mécaniques ». Sans ce livre dans lequel il décrit toutes les grandes inventions de son temps, 500 ans de progrès technologique seraient tombés dans l’oubli.
Une précieuse copie de ce manuscrit est conservée au Musée Topkapi d’Istanbul. Écrit en 1206, il renferme les plans de nombreux dispositifs qui sont aujourd’hui encore à la base de l’ingénierie moderne. Originaire du nord de l’Irak, Al-Djazari habitait l’une des régions les plus chaudes de la planète ; il était de ce fait particulièrement sensible au problème de l’approvisionnement en eau. Il consacra ainsi l’essentiel de ses efforts d’inventeur à concevoir des machines destinées à faciliter la vie des habitants de ces régions arides. Parmi ses inventions les plus remarquables, on trouve plusieurs systèmes destinés à capter et à remonter les eaux souterraines. Pour concevoir ces machines, Al-Djazari est parti de l’observation des systèmes traditionnels, qui fonctionnaient grâce à la force de l’homme ou de l’animal, pour leur substituer des dispositifs entièrement mécaniques utilisant l’eau comme source d’énergie.
L’une de ses inventions les plus brillantes dans ce domaine est connue sous le nom de « système de pompage n°3 ». On a longtemps cru que cette machine complexe n’avait jamais existé qu’à l’état de plan, mais une récente découverte faite à Damas (Syrie), tend à prouver le contraire. Les archéologues ont en effet retrouvé les vestiges d’une roue à eau qui fonctionnait manifestement selon les principes définis dans le manuscrit d’Al-Djazari. Construite au XIIIe siècle, cette machine hydraulique a fonctionné pendant plus de 700 ans, preuve du génie de sa conception. Elle a notamment servie à alimenter en eau un hôpital jusque dans les années 1970. Le « système de pompage n°3 » fait appel à un système complexe d’engrenages fonctionnant avec une série de palettes creuses. L’eau est censée tomber d’une certaine hauteur sur ces palettes, entraînant la rotation de la roue qui actionne à son tour un système de pignons et d’axes mettant en mouvement les récipients chargés de remonter l’eau jusqu’au sommet d’une tour où elle était déversée dans un aqueduc, alimentant ainsi le réseau citadin.
Avec son quatrième projet de machine hydraulique, Al-Djazari va franchir une étape supplémentaire et révolutionner la science de la mécanique. Cette fois-ci, il fait appel à un système de manivelle de conception radicalement nouvelle. Ce simple élément de mécanique permet de convertir un mouvement de rotation continu en un mouvement rectiligne alternatif. Les études qui ont été faites des plans d’Al-Djazari ont permis de montrer que l’axe horizontal de sa machine était actionné par un système d’engrenages et que l’extrémité de la manivelle coulissait dans un bras articulé allant et venant de part et d’autre de son point d’attache, entraînant ainsi l’élévation et l’abaissement successifs du seau. Avant l’étude des manuscrits d’Al-Djaziri, les archéologues et les historiens s’accordaient à dire que la manivelle était une invention européenne du XVe siècle, or l’ouvrage du savant arabe prouve qu’il avait conçu un système similaire près de 200 ans plus tôt !
D’autres dispositifs semblables étaient courants au Moyen-Orient à cette époque. C’est le cas de la noria, une gigantesque roue hydraulique mue par l’énergie du courant et permettant d’élever l’eau jusqu’à un aqueduc. La noria était munie de compartiments ou de seaux répartis à sa périphérie et de pales sur son bord extérieur ; elle était propulsée par le courant, remplissant les seaux lorsqu’ils passaient dans la rivière, puis remontant ceux-ci pour les déverser dans une tranchée ou un conduit ouvert faisant office de collecteur. L’eau alimentait ensuite un réseau d’irrigation ou un quartier d’une ville.
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- dahmane1
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27 Sep 2014 16:19 #78223
par dahmane1
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. Inventions révolutionnaires
Les dispositifs hydrauliques d’Al-Djazari et les norias qui tournent aujourd’hui encore dans certains pays musulmans témoignent de l’extraordinaire développement technologique que ce monde connaissait au Moyen-âge. Mais il existe des machines encore plus complexes nées au Moyen-Orient, dont certaines étaient tellement en avance sur leur temps que les historiens ont longtemps douté qu’elles aient jamais existé. Pur les chercheurs qui travaillent aujourd’hui sur les manuscrits arabes du Moyen-âge, il est ainsi de plus en plus évident que nombre de machines modernes n’ont pas été inventées mais simplement redécouvertes à partir du XVIIe siècle.
C’est le cas de la pompe aspirante à double effet. On pense à tort qu’il s’agit d’une invention du XXe siècle, alors qu’elle est née des recherches d’Al-Djazari, quelques 700 ans plus tôt. Le savant du Moyen-Orient s’était lui-même inspiré des travaux de savants grecs de l’Antiquité, qui avaient conçu des dispositifs reposant sur un principe similaire. C’est le cas de Ctésibios d’Alexandrie, un ingénieur né au IIIe siècle avant J.-C. considéré comme l’un des pères de la mécanique.
Ctésibios fut l’un des premiers ingénieurs à s’intéresser au principe de la pompe aspirante et à concevoir un mécanisme reposant sur ce principe. A partir de manuscrits anciens, des ingénieurs ont fabriqué une réplique de son invention. Celle-ci est constituée de deux cylindres contenant chacun un piston muni d’une valve dans sa partie basse. Les pistons sont actionnés au moyen d’un levier ; lorsqu’ils montent, ils expulsent l’air du cylindre, qui est remplacé par de l’eau aspirée ; celle-ci est ensuite propulsée dans un dispositif d’écoulement lorsque le piston descend. Initialement, ce système était conçu pour servir de pompe, mais on peut aussi dire qu’il est l’ancêtre du moteur à deux temps : il suffit de remplacer l’eau par un mélange d’essence et d’air, le principe est le même.
500 ans plus tard, associé au principe de la manivelle mis au point par Al-Djazari, ce système donnera naissance au moteur à vapeur qui équipera les premières locomotives de l’ère industrielle. Or il apparaît aujourd’hui que le dispositif de Ctésibios et les systèmes de pompage d’Al-Djazari n’étaient rien moins que les premiers prototypes de ce moteur, considéré comme l’une des inventions les plus révolutionnaires de l’histoire de l’humanité après la roue.
D’autres inventeurs s’illustrèrent dans le Moyen-Orient médiéval. Ce fut notamment le cas des trois frères connus sous le nom de Banu Musa. Fins connaisseurs des écrits des savants grecs, ceux-ci avaient acquis une maîtrise très poussée de la mécanique hydraulique. Une machine à débit intermittent qu’ils ont inventée donne un bon aperçu de leurs talents. Ce dispositif a pour fonction de servir à boire à son utilisateur ; pour cela, ses concepteurs ont fait appel à deux inventions du début du IXe siècle. La première de ces inventions est une valve conique qui sert à réguler le débit de l’eau située dans le réservoir du haut ; lorsqu’elle remonte, elle sert à obstruer le passage, interrompant ainsi le débit. Le second mécanisme permet de contrôler cette valve en fonction du volume de liquide parvenu en bout de circuit. Il s’agit d’un flotteur situé dans le réservoir terminal ; lorsque celui-ci se remplit, il remonte, faisant s’écouler l’eau par le robinet, mais en montant il repousse aussi vers le haut la valve conique. Cet automate témoigne d’une remarquable connaissance du phénomène de la pression et de sa mise en application ; ce sont exactement les mêmes dispositifs que l’on retrouve aujourd’hui dans les dispositifs de régulation des machines à laver ou des moteurs d’avions à réaction.
. Astrolabes et horloges
La civilisation arabe du Moyen-âge ne maîtrisait pas seulement la mécanique et les techniques hydrauliques ; ses savants disposaient aussi de connaissances extrêmement pointues dans le domaine de l’astronomie. Ces connaissances étaient indispensables à la navigation, à l’organisation des cérémonies religieuses en fonction du calendrier, et à une meilleure appréhension du temps chronologique. Les savants de l’époque disposaient ainsi d’un instrument étonnant mis au point par les grecs au IIe siècle avant notre ère : l’astrolabe.
Certains le considèrent comme une sorte de calculateur de poche antique. Sa fonction première consistait en effet à donner des repères dans le temps en se basant sur la position du soleil et des étoiles ; l’astrolabe donnait ainsi l’heure précise du lever et du coucher du soleil, tous les jours de l’année et dans n’importe quelle région du globe. Mais les astronomes du Moyen-Orient se sont employés à perfectionner l’astrolabe des grecs entre le IXe et le Xe siècle de notre ère, dotant celui-ci de nouvelles fonctions. Portable, extrêmement fiable et précis, l’astrolabe était un peu le smartphone de l’époque. L’un de ses grands perfectionnements résidait dans l’ajout d’un viseur miniaturisé ; aligné sur un astre, ce viseur permettait d’en mesurer la hauteur au-dessus de l’horizon grâce à la graduation gravée sur le bord du disque ; on pouvait ensuite déterminer l’heure et la date par simple conversion.
Ce génie mécanique se manifesta à travers d’autres inventions. Poussant toujours plus loin leurs recherches, les savants de l’époque ont ensuite appliqué leurs connaissances à la fabrication d’étonnantes horloges et de redoutables machines de guerre. L’une de ces inventions, appelée « l’horloge de l’éléphant », laisse perplexes les spécialistes du XXIe siècle en raison de sa formidable complexité. On en trouve une réplique grandeur nature à Dubaï, où elle trône dans un centre commercial de luxe. Il a fallu près de 11 000 heures de travail à quelques 150 experts pour réaliser ce monument de 7 mètres de haut pour un poids de 7 tonnes. Ce mécanisme imaginé par Al-Djazari il y a plus de 800 ans est un véritable défi technologique ; l’horloge de l’éléphant fait en effet appel à de nombreux mécanismes que ne renierait pas un ingénieur moderne. L’un de ceux-ci est un flotteur submersible immergé dans un réservoir camouflé dans le ventre de l’animal. En coulant, ce flotteur déclenche un mécanisme qui entraine à son tour toute une série d’éléments permettant à l’horloge de donner l’heure en sonnant. A la fin du cycle, le flotteur vide remonte à la surface et le même processus redémarre. L’horloge comporte aussi plusieurs automates qui égrènent les heures par des coups de cymbales ou des chants d’oiseaux. Il s’agit de l’un des plus beaux exemples du raffinement technologique atteint par la civilisation arabe de la fin du Moyen-âge, mariage somptueux de l’art, de l’architecture et de l’ingénierie mécanique.
. Machines de guerre
Mais les savants du Moyen-Orient se sont également illustrés dans un domaine nettement moins ludique : celui du génie militaire. En effet, l’expansion rapide de la civilisation arabo-musulmane n’aurait pas pu se faire sans l’appui d’un formidable arsenal. Sensiblement supérieur à celui dont disposaient les européens, le matériel de guerre utilisé par les armées musulmanes des XIIe et XIII siècle était notamment constitué de trébuchets. Cette catapulte à contrepoids pouvait envoyer un projectile de 200kg à une distance d’environ 300 mètres, ce qui en faisait une arme redoutable lors des sièges.
Les savants orientaux du XIIIe siècle améliorèrent aussi le procédé de fabrication de la poudre à canon, inventée en Chine cinq siècles plus tôt. En augmentant son pouvoir explosif, ils purent ainsi mettre au point les premiers prototypes de grenades, ainsi que d’étonnantes « fusées » qui préfigurent sous certains aspects les missiles modernes. On voit aussi apparaître le canon sur les champs de bataille ; l’usage de cette arme est attesté par des textes datant de 1377. Sur certains manuels militaires de cette époque, des illustrations montrent des soldats musulmans portant des engins incendiaires ressemblant à des grenades ainsi que d’étranges canons portatifs. Les chercheurs pensent que ce sont là les ancêtres des armes de poing modernes.
La découverte dans ces textes anciens d’un engin qui ressemble à une torpille a considérablement modifié l’idée que se faisaient les historiens des méthodes de guerre de l’époque. Ce curieux objet, qualifié d’ « œuf mobile qui s’enflamme » par les auteurs de l’époque, était destiné à couler les navires en explosant au contact de leur coque. Contrairement aux torpilles modernes, celle-ci ne se déplaçait pas sous l’eau mais en glissant sur sa surface, propulsée par une fusée à poudre. Pour tester son efficacité, une réplique miniature de cet engin a été fabriquée d’après les illustrations du XIIIe siècle. Vraisemblablement bourrée d’une substance incendiaire, la torpille était conçue pour se ficher dans la coque des vaisseaux ennemis grâce à son extrémité pointue avant d’y exploser. L’essai grandeur nature qui a lieu devant les caméras montre que loin d’être un gadget, cette torpille fonctionnait parfaitement et qu’elle était capable de causer d’importants dégâts aux navires qu’elle atteignait.
Cette kyrielle d’inventions démontre qu’il est erroné de croire qu’après la chute de l’Empire Romain l’humanité s’est enfoncée dans une période d’obscurantisme et de barbarie, oubliant toutes les grandes découvertes qui avaient été faites pendant l’Antiquité. Si ce savoir s’est éclipsé en Europe, les recherches les plus récentes montrent qu’en réalité il a connu un essor extraordinaire au Moyen-Orient. Les savants musulmans du Moyen-âge ont recueilli pour l’enrichir l’héritage de leurs prédécesseurs grecs ou romains. Les textes de la civilisation arabo-musulmane médiévale livrent peu à peu leurs secrets aux chercheurs ; ils révèlent l’existence de machines extrêmement élaborées à une époque que l’on croyait noyée dans l’obscurantisme. Manifestement, il va nous falloir réviser la liste des grands précurseurs de la civilisation moderne ; les travaux des savants arabes du Moyen-âge on en effet débouché sur la mise au point d’inventions sans lesquelles notre monde serait certainement bien différent de ce qu’il est aujourd’hui.
. Inventions révolutionnaires
Les dispositifs hydrauliques d’Al-Djazari et les norias qui tournent aujourd’hui encore dans certains pays musulmans témoignent de l’extraordinaire développement technologique que ce monde connaissait au Moyen-âge. Mais il existe des machines encore plus complexes nées au Moyen-Orient, dont certaines étaient tellement en avance sur leur temps que les historiens ont longtemps douté qu’elles aient jamais existé. Pur les chercheurs qui travaillent aujourd’hui sur les manuscrits arabes du Moyen-âge, il est ainsi de plus en plus évident que nombre de machines modernes n’ont pas été inventées mais simplement redécouvertes à partir du XVIIe siècle.
C’est le cas de la pompe aspirante à double effet. On pense à tort qu’il s’agit d’une invention du XXe siècle, alors qu’elle est née des recherches d’Al-Djazari, quelques 700 ans plus tôt. Le savant du Moyen-Orient s’était lui-même inspiré des travaux de savants grecs de l’Antiquité, qui avaient conçu des dispositifs reposant sur un principe similaire. C’est le cas de Ctésibios d’Alexandrie, un ingénieur né au IIIe siècle avant J.-C. considéré comme l’un des pères de la mécanique.
Ctésibios fut l’un des premiers ingénieurs à s’intéresser au principe de la pompe aspirante et à concevoir un mécanisme reposant sur ce principe. A partir de manuscrits anciens, des ingénieurs ont fabriqué une réplique de son invention. Celle-ci est constituée de deux cylindres contenant chacun un piston muni d’une valve dans sa partie basse. Les pistons sont actionnés au moyen d’un levier ; lorsqu’ils montent, ils expulsent l’air du cylindre, qui est remplacé par de l’eau aspirée ; celle-ci est ensuite propulsée dans un dispositif d’écoulement lorsque le piston descend. Initialement, ce système était conçu pour servir de pompe, mais on peut aussi dire qu’il est l’ancêtre du moteur à deux temps : il suffit de remplacer l’eau par un mélange d’essence et d’air, le principe est le même.
500 ans plus tard, associé au principe de la manivelle mis au point par Al-Djazari, ce système donnera naissance au moteur à vapeur qui équipera les premières locomotives de l’ère industrielle. Or il apparaît aujourd’hui que le dispositif de Ctésibios et les systèmes de pompage d’Al-Djazari n’étaient rien moins que les premiers prototypes de ce moteur, considéré comme l’une des inventions les plus révolutionnaires de l’histoire de l’humanité après la roue.
D’autres inventeurs s’illustrèrent dans le Moyen-Orient médiéval. Ce fut notamment le cas des trois frères connus sous le nom de Banu Musa. Fins connaisseurs des écrits des savants grecs, ceux-ci avaient acquis une maîtrise très poussée de la mécanique hydraulique. Une machine à débit intermittent qu’ils ont inventée donne un bon aperçu de leurs talents. Ce dispositif a pour fonction de servir à boire à son utilisateur ; pour cela, ses concepteurs ont fait appel à deux inventions du début du IXe siècle. La première de ces inventions est une valve conique qui sert à réguler le débit de l’eau située dans le réservoir du haut ; lorsqu’elle remonte, elle sert à obstruer le passage, interrompant ainsi le débit. Le second mécanisme permet de contrôler cette valve en fonction du volume de liquide parvenu en bout de circuit. Il s’agit d’un flotteur situé dans le réservoir terminal ; lorsque celui-ci se remplit, il remonte, faisant s’écouler l’eau par le robinet, mais en montant il repousse aussi vers le haut la valve conique. Cet automate témoigne d’une remarquable connaissance du phénomène de la pression et de sa mise en application ; ce sont exactement les mêmes dispositifs que l’on retrouve aujourd’hui dans les dispositifs de régulation des machines à laver ou des moteurs d’avions à réaction.
. Astrolabes et horloges
La civilisation arabe du Moyen-âge ne maîtrisait pas seulement la mécanique et les techniques hydrauliques ; ses savants disposaient aussi de connaissances extrêmement pointues dans le domaine de l’astronomie. Ces connaissances étaient indispensables à la navigation, à l’organisation des cérémonies religieuses en fonction du calendrier, et à une meilleure appréhension du temps chronologique. Les savants de l’époque disposaient ainsi d’un instrument étonnant mis au point par les grecs au IIe siècle avant notre ère : l’astrolabe.
Certains le considèrent comme une sorte de calculateur de poche antique. Sa fonction première consistait en effet à donner des repères dans le temps en se basant sur la position du soleil et des étoiles ; l’astrolabe donnait ainsi l’heure précise du lever et du coucher du soleil, tous les jours de l’année et dans n’importe quelle région du globe. Mais les astronomes du Moyen-Orient se sont employés à perfectionner l’astrolabe des grecs entre le IXe et le Xe siècle de notre ère, dotant celui-ci de nouvelles fonctions. Portable, extrêmement fiable et précis, l’astrolabe était un peu le smartphone de l’époque. L’un de ses grands perfectionnements résidait dans l’ajout d’un viseur miniaturisé ; aligné sur un astre, ce viseur permettait d’en mesurer la hauteur au-dessus de l’horizon grâce à la graduation gravée sur le bord du disque ; on pouvait ensuite déterminer l’heure et la date par simple conversion.
Ce génie mécanique se manifesta à travers d’autres inventions. Poussant toujours plus loin leurs recherches, les savants de l’époque ont ensuite appliqué leurs connaissances à la fabrication d’étonnantes horloges et de redoutables machines de guerre. L’une de ces inventions, appelée « l’horloge de l’éléphant », laisse perplexes les spécialistes du XXIe siècle en raison de sa formidable complexité. On en trouve une réplique grandeur nature à Dubaï, où elle trône dans un centre commercial de luxe. Il a fallu près de 11 000 heures de travail à quelques 150 experts pour réaliser ce monument de 7 mètres de haut pour un poids de 7 tonnes. Ce mécanisme imaginé par Al-Djazari il y a plus de 800 ans est un véritable défi technologique ; l’horloge de l’éléphant fait en effet appel à de nombreux mécanismes que ne renierait pas un ingénieur moderne. L’un de ceux-ci est un flotteur submersible immergé dans un réservoir camouflé dans le ventre de l’animal. En coulant, ce flotteur déclenche un mécanisme qui entraine à son tour toute une série d’éléments permettant à l’horloge de donner l’heure en sonnant. A la fin du cycle, le flotteur vide remonte à la surface et le même processus redémarre. L’horloge comporte aussi plusieurs automates qui égrènent les heures par des coups de cymbales ou des chants d’oiseaux. Il s’agit de l’un des plus beaux exemples du raffinement technologique atteint par la civilisation arabe de la fin du Moyen-âge, mariage somptueux de l’art, de l’architecture et de l’ingénierie mécanique.
. Machines de guerre
Mais les savants du Moyen-Orient se sont également illustrés dans un domaine nettement moins ludique : celui du génie militaire. En effet, l’expansion rapide de la civilisation arabo-musulmane n’aurait pas pu se faire sans l’appui d’un formidable arsenal. Sensiblement supérieur à celui dont disposaient les européens, le matériel de guerre utilisé par les armées musulmanes des XIIe et XIII siècle était notamment constitué de trébuchets. Cette catapulte à contrepoids pouvait envoyer un projectile de 200kg à une distance d’environ 300 mètres, ce qui en faisait une arme redoutable lors des sièges.
Les savants orientaux du XIIIe siècle améliorèrent aussi le procédé de fabrication de la poudre à canon, inventée en Chine cinq siècles plus tôt. En augmentant son pouvoir explosif, ils purent ainsi mettre au point les premiers prototypes de grenades, ainsi que d’étonnantes « fusées » qui préfigurent sous certains aspects les missiles modernes. On voit aussi apparaître le canon sur les champs de bataille ; l’usage de cette arme est attesté par des textes datant de 1377. Sur certains manuels militaires de cette époque, des illustrations montrent des soldats musulmans portant des engins incendiaires ressemblant à des grenades ainsi que d’étranges canons portatifs. Les chercheurs pensent que ce sont là les ancêtres des armes de poing modernes.
La découverte dans ces textes anciens d’un engin qui ressemble à une torpille a considérablement modifié l’idée que se faisaient les historiens des méthodes de guerre de l’époque. Ce curieux objet, qualifié d’ « œuf mobile qui s’enflamme » par les auteurs de l’époque, était destiné à couler les navires en explosant au contact de leur coque. Contrairement aux torpilles modernes, celle-ci ne se déplaçait pas sous l’eau mais en glissant sur sa surface, propulsée par une fusée à poudre. Pour tester son efficacité, une réplique miniature de cet engin a été fabriquée d’après les illustrations du XIIIe siècle. Vraisemblablement bourrée d’une substance incendiaire, la torpille était conçue pour se ficher dans la coque des vaisseaux ennemis grâce à son extrémité pointue avant d’y exploser. L’essai grandeur nature qui a lieu devant les caméras montre que loin d’être un gadget, cette torpille fonctionnait parfaitement et qu’elle était capable de causer d’importants dégâts aux navires qu’elle atteignait.
Cette kyrielle d’inventions démontre qu’il est erroné de croire qu’après la chute de l’Empire Romain l’humanité s’est enfoncée dans une période d’obscurantisme et de barbarie, oubliant toutes les grandes découvertes qui avaient été faites pendant l’Antiquité. Si ce savoir s’est éclipsé en Europe, les recherches les plus récentes montrent qu’en réalité il a connu un essor extraordinaire au Moyen-Orient. Les savants musulmans du Moyen-âge ont recueilli pour l’enrichir l’héritage de leurs prédécesseurs grecs ou romains. Les textes de la civilisation arabo-musulmane médiévale livrent peu à peu leurs secrets aux chercheurs ; ils révèlent l’existence de machines extrêmement élaborées à une époque que l’on croyait noyée dans l’obscurantisme. Manifestement, il va nous falloir réviser la liste des grands précurseurs de la civilisation moderne ; les travaux des savants arabes du Moyen-âge on en effet débouché sur la mise au point d’inventions sans lesquelles notre monde serait certainement bien différent de ce qu’il est aujourd’hui.
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23 Oct 2014 06:44 #78224
par dahmane1
Réponse de dahmane1 sur le sujet La TVA, une invention française
Les acheteurs affluent dans un grand magasin parisien le 30 novembre 1968 à la veille de la hausse de la T.V.A sur les appareils électro-ménagés et les postes de radio et de télévision.
On est à quelques jours de la défaite de Dien Bien Phu en Indochine, et la France est secouée par des jacqueries fiscales depuis qu'en 1953 un libraire-papetier de Saint-Céré (Lot), Pierre Poujade, a créé l'Union de défense des commerçants et artisans (UDCA), qui entend défendre le petit commerce contre « l'Etat vampire » et le fisc.
Le 29 mars 1954, le président du Conseil, Joseph Laniel, et son ministre des finances et des affaires économiques, Edgar Faure, font voter par l'Assemblée nationale, un projet de loi « portant réforme fiscale » qui supprime la taxe à la production qui existait jusqu'alors et la remplace par « une taxe sur la valeur ajoutée perçue sur les affaires ». Le 8 avril 1954, le Conseil de la République (Sénat) adopte le texte. Et la loi est promulguée par le président de la République, René Coty, le 10 avril. La TVA est née. Son inventeur est un jeune inspecteur des finances de 37 ans, Maurice Lauré, diplômé de l'Ecole polytechnique, que le sociologue Raymond Aron qualifiera plus tard de « prince de l'esprit ».
Il s'agit de décomplexifier un système fiscal qui a toujours été incompréhensible au commun des mortels et qui a été à l'origine, dans l'histoire, de plusieurs révolutions.
" LE MONDE "
La TVA est introduite en Algérie à partir de 1992.
On est à quelques jours de la défaite de Dien Bien Phu en Indochine, et la France est secouée par des jacqueries fiscales depuis qu'en 1953 un libraire-papetier de Saint-Céré (Lot), Pierre Poujade, a créé l'Union de défense des commerçants et artisans (UDCA), qui entend défendre le petit commerce contre « l'Etat vampire » et le fisc.
Le 29 mars 1954, le président du Conseil, Joseph Laniel, et son ministre des finances et des affaires économiques, Edgar Faure, font voter par l'Assemblée nationale, un projet de loi « portant réforme fiscale » qui supprime la taxe à la production qui existait jusqu'alors et la remplace par « une taxe sur la valeur ajoutée perçue sur les affaires ». Le 8 avril 1954, le Conseil de la République (Sénat) adopte le texte. Et la loi est promulguée par le président de la République, René Coty, le 10 avril. La TVA est née. Son inventeur est un jeune inspecteur des finances de 37 ans, Maurice Lauré, diplômé de l'Ecole polytechnique, que le sociologue Raymond Aron qualifiera plus tard de « prince de l'esprit ».
Il s'agit de décomplexifier un système fiscal qui a toujours été incompréhensible au commun des mortels et qui a été à l'origine, dans l'histoire, de plusieurs révolutions.
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La TVA est introduite en Algérie à partir de 1992.
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13 Nov 2014 21:57 #78225
par dahmane1
Réponse de dahmane1 sur le sujet La loi des cosinus (théorème d'Al-Kashi)
En mathématiques, la loi des cosinus est un théorème de géométrie couramment utilisé en trigonométrie, qui relie dans un triangle la longueur d'un côté à celles des deux autres et au cosinus de l'angle formé par ces deux côtés. Cette loi s'exprime de façon analogue en géométrie plane, sphérique ou hyperbolique.
En ce qui concerne la géométrie plane, elle est également connue sous les noms de théorème d'Al-Kashi, en France, ou encore théorème de Pythagore généralisé. Il généralise en effet le théorème de Pythagore aux triangles non rectangles. Bien qu'un résultat similaire (avec des longueurs seulement) était déjà connu d'Euclide, le nom francisé du mathématicien Arabe d'origine perse Ghiyath al-Kashi (1380 - 1429) apparut dans les manuels scolaires édités en France dans les années 1990, les appellations théorème de Pythagore généralisé ou loi des cosinus étant utilisées jusque-là.
En ce qui concerne la géométrie plane, elle est également connue sous les noms de théorème d'Al-Kashi, en France, ou encore théorème de Pythagore généralisé. Il généralise en effet le théorème de Pythagore aux triangles non rectangles. Bien qu'un résultat similaire (avec des longueurs seulement) était déjà connu d'Euclide, le nom francisé du mathématicien Arabe d'origine perse Ghiyath al-Kashi (1380 - 1429) apparut dans les manuels scolaires édités en France dans les années 1990, les appellations théorème de Pythagore généralisé ou loi des cosinus étant utilisées jusque-là.
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27 Nov 2014 09:54 #78227
par stutt
Réponse de stutt sur le sujet I didn't know !
donne nous ta source stp c'est tres importantdahmane1;171197 écrit: Le café découvert en Afrique et consommé une première fois au 8e siècle par les arabes, avait été introduit en occident par ces derniers.
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