
Avant la domination romaine, le territoire de l’actuelle Algérie était occupé par des communautés amazighes et des royaumes numides en relation avec les comptoirs phéniciens puis avec Carthage.
Comptoirs phéniciens et influence punique
À partir du premier millénaire avant notre ère, les navigateurs phéniciens établissent des escales sur le littoral nord-africain. Ces comptoirs facilitent les échanges avec l’intérieur du pays. Plusieurs villes côtières actuelles se développent plus tard sur des sites fréquentés pendant l’Antiquité, notamment Annaba, Skikda, Jijel, Béjaïa, Alger, Tipasa et Cherchell.
La fondation de Carthage, sur le territoire de l’actuelle Tunisie, transforme progressivement l’équilibre régional. Les relations commerciales favorisent la diffusion de la langue punique, de techniques agricoles et de formes artistiques, sans effacer les structures politiques et sociales locales.
Tiddis
À proximité de Constantine, Tiddis occupe un site escarpé qui conserve des vestiges de plusieurs périodes. Les fouilles ont notamment mis au jour des ateliers de potiers, des fours, des céramiques et des sépultures. La ville permet d’observer la continuité entre les traditions locales et les influences puniques puis romaines.
Les dolmens et les bazinas présents dans la région rappellent que le paysage funéraire est antérieur à la ville romaine. Leur datation et leur interprétation varient selon les monuments ; ils ne doivent pas être attribués indistinctement à une seule époque.
Cirta
Cirta, l’actuelle Constantine, devient une capitale majeure des royaumes numides. Sa position sur un rocher naturellement défendu et son rôle dans les routes de l’intérieur expliquent son importance politique. Les traces puniques découvertes dans la région témoignent de contacts durables avec Carthage.
Hippone
Hippone, près de l’actuelle Annaba, possède elle aussi une histoire antérieure à la période romaine. Connue sous le nom d’Hippo Regius, elle est intégrée au royaume numide et devient un centre important. Une grande partie des vestiges visibles aujourd’hui appartient toutefois à la ville romaine et aux périodes ultérieures.
Une histoire faite d’échanges
L’Algérie antique ne se résume ni à une influence carthaginoise imposée de l’extérieur ni à des royaumes isolés. Les ports, les villes de l’intérieur et les pouvoirs numides participaient à des réseaux méditerranéens tout en conservant leurs propres langues, institutions et traditions.












