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La contribution des Arabes chrétiens à la renaissance du monde arabe
- Jalal
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La liste est longue de ces figures historiques, de l’universitaire Edward Saïd, à Monseigneur Hilarion Capucci, Archevêque grec melkite catholique de Jérusalem, emprisonné pour son soutien à la cause palestinienne, à Georges Habbache, chef du Front Populaire pour la Libération de la Palestine, auparavant chef du Mouvement Nationaliste arabe, tombeur du protectorat britannique d’Aden, au poète Kamal Nasser, porte parole de l’Organisation de Libération de la Palestine, assassiné à Beyrouth par les Israéliens en 1973, à Michel Aflak, fondateur du parti Baas, longtemps au pouvoir en Syrie et en Irak, à Farjallah Hélou, premier chef du parti communiste libanais, dissous dans l’acide par les services syriens, à Mgr Atallah Hanna, évêque grec orthodoxe de Jérusalem.
Sur la liste figure aussi, les intellectuels palestiniens Constantin Zreik et Emile Habibi, le député palestinien Azmi Bishara, ancien membre de la Knesseth israélienne, Boutros Boutros Ghali, ancien secrétaire général de l’ONU, voire Tareq Aziz, inamovible ministre des Affaires étrangères de l’Irakien Saddam Hussein, le grand écrivain libanais Gibrane Khalil Gibrane, auteur de l’inoubliable livre « le prophète », la libanaise Feyrouz, chantre de la grandeur arabe, sa relève putative Julia Boutros, passionnera de la résistance libanaise au sud-Liban, de même que le chanteur Marcel Khalifé, ou encore les frères Taqla - Sélim et Béchara Taqla -, fondateurs, le 5 Août 1876, du plus prestigieux journal égyptien Al-Ahram (les Pyramides), qui demeure encore de nos jours l’un des pus grands titres de gloire du savoir faire journalistique libanais.
A toutes les étapes de l’histoire de la presse, dans tous les domaines de l’impression et de l’édition, qu’il s’agisse de la mise en activité de la première imprimerie arabe en terre d’Orient, du lancement des grands journaux contemporains ou encore de la mise en place d’une presse périphérique transfrontalière, la contribution des Libanais ne souffre aucune contestation.
De 1888 à 1929, soit en quarante ans, pas moins de 268 titres de journaux en langue arabe rédigés par des Libanais étaient recensés dans les deux Amériques, dont 79 aux Etats-Unis et 95 au Brésil, ainsi que 133 titres en Europe.
A son indépendance en 1943, alors que la presse du Golfe était encore à ses premiers balbutiements et que l’analphabétisme était le lot général d’une grande fraction de l’ensemble arabe, le Liban comptait déjà 132 publications dont 17 quotidiens et 15 revues hebdomadaires pour une population de 1,5 millions d’habitants et une superficie de 10 400 km², record mondial absolu pour la densité démographique per capita. Une cohorte de plumes parmi les plus réputées du monde arabe Gébrane Tuéni (Al-Ahrar, Les Libéraux/1924), Youssef Moukarzel (Ad-Dabbour, Le Bourdon/1923), Alexandre Riachi (Al Sahafi al Taeh, Le Journaliste errant/1922), Said Freyha (As-Sayyad, Le Chasseur), ainsi que la triptyque prestigieuse, le duo francophone Georges Naccache et Michel Chiha (L’Orient-le Jour) et leur équivalent arabophone Ghassane Tuéni (An-Nahar) ont fait office de référence à toute une génération de journalistes.
Dans les années 1960, au lendemain de la traumatisante défaite de la 3è guerre israélo-arabe de juin 1967, alors que la presse arabe nationalisée sombrait dans le conformisme bureaucratique d’une couverture de l’actualité institutionnelle, les journaux de Beyrouth donnaient l’impulsion éditoriale à l’ensemble de la zone compensant ainsi par une fonction tribunicienne assumée au niveau de l’opinion internationale, la défaite historique du nationalisme arabe. Toutes les chapelles du nationalisme, du marxisme et du fondamentalisme religieux y avaient pignon sur rue et disposaient de journaux forts documentés sur les pays de la zone, à la plus grande satisfaction et au plus grand bénéfice de quelque cents cinq correspondants étrangers accrédités dans la capitale libanaise.
Abritant avant guerre, près de trois mille imprimeries et une centaine de maisons d’édition, Beyrouth a édité une littérature politique supérieure en quantité, et souvent en qualité, à la totalité des pays arabes, et, se jouant de la censure, courante dans ces pays, en a assuré la diffusion.
Premier diffuseur de la presse au niveau arabe, le Liban assurait à cette époque la circulation de 1 358 titres, toutes périodicités confondues (quotidien, hebdomadaire, mensuel, trimestriel, annuel) sur un total de 2 741 titres circulant dans le monde arabe, soit dix fois plus que l’Egypte, le plus grand pays arabe et dont la population s’élève à 60 millions d’habitants. Dans la tourmente de la guerre civile (1975-1990), la presse libanaise s’est maintenue, manifestant au cours des quatorze ans de conflit une formidable capacité d’adaptation, reflet d’un farouche instinct de survie. A Londres et à Paris qui ont abrité jusqu’à une trentaine de publications libanaises, les patrons de presse avaient aménagé une zone offshore pour l’édition et la commercialisation de la presse libanaise à vocation panarabe, déblayant ainsi le terrain au lancement des vecteurs transarabes modernes, puis ultérieurement aux chaînes satellitaires.
Admettre le rôle pionnier et innovateur des chrétiens libanais dans le développement de la presse arabe et dans la diffusion d’une pensée pluraliste au niveau transcontinental, s’acquitter en quelque sorte de cette dette d’honneur, autorise en contrepoint une lecture critique du bilan. L’exercice pour difficile qu’il soit est néanmoins nécessaire. Il participe même d’un acte de salubrité publique.
Références
(1) - Le synode spécial sur les Eglises d’Orient réunit, sous l’autorité du Pape Benoît XVI, neuf patriarches, 72 archevêques, 67 évêques, 10 chefs de congrégations ainsi que des experts civils, sous le thème Les églises d’orient : témoignage et participation. Tous les chrétiens dans le monde arabe ne sont pas arabes ce qui justifie le terme de chrétiens d’Orient, car au-delà des Arabes chrétiens il existe des Arméniens (Liban Iran Syrie) et des Assyro Chaldéens, majoritaires parmi les chrétiens d’Irak. D’autres divisions sont apparues au quatrième siècle (créant l’Eglise arménienne), au cinquième siècle (assyrienne en Mésopotamie et en Iran), au septième siècle (l’Eglise maronite au Liban). Avec les Croisades, et plus tard, l’affaiblissement de l’Empire ottoman et la recherche de soutien en Europe, certaines églises ont reconnu la primauté de Rome et ont été appelées « Églises uniates ».
Elles ont gardé une grande autonomie et conservé leurs rites, leurs coutumes, comme la possibilité pour des hommes mariés d’être ordonnés prêtres, et leur langue liturgique (arabe, grec, araméen, syriaque). Plus tard, au XVIIè siècle, les Assyriens en Mésopotamie et en Iran se sont scindés entre Chaldéens (rattachés à Rome) et Assyriens (non uniates).
(2) - Le texte intégral du document pré synodal a été publié ans le quotidien libanais d’expression française L’Orient-le-Jour en date du 20 janvier 2010.
Suivra
Le 2me volet du papier sera diffusé le 15 octobre 2010 : Chrétiens d’Orient : Le singulier destin des chrétiens arabes part - 2/2
I - L’équipée suicidaire des milices chrétiennes libanaises (1)
II - La « déconcertante alliance » du Hezbollah et du général Michel Aoun (4)
Source : Extrait de : "
Chrétiens d’Orient : Le singulier destin des chrétiens arabes (1/2)"
mardi 19 octobre 2010,
par René Naba
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Jalal;67713 écrit: Quand les musulmans cessent de s'ouvrir au monde, contrairement à leur histoire ancienne d'investigation et de traduction des œuvres d'autrui (grecques, romaines, etc) alors c'est la décadence qui survient. Actuellement, c'est le cas : inquisitions, fetwas contre les intellectuels arabes et musulmans...
T'as honte de dire arabe au lieu de musulman ? c'est pour cela qu'en Andalousie et à Baghdâd, on parlait autres que l'arabe __ T'es marrant quand même toi __ Ta globalisation et ton révisionnisme historique est tout simplement écœurant !
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j'espere que tu vas bien!
donne nous de tes nouvelles stp...
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- Jalal
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MOEZ;67725 écrit: T'as honte de dire arabe au lieu de musulman ? c'est pour cela qu'en Andalousie et à Baghdâd, on parlait autres que l'arabe __ T'es marrant quand même toi __ Ta globalisation et ton révisionnisme historique est tout simplement écœurant !
Beaucoup n'ont le nom de "musulman" que comme verni (masque), ils ne savent plus à quel saint se vouer! Ils ne sont plus ni musulmans ni arabes ni des êtres humains!!! Les anciens musulmans étaient en majorité des musulmans, mais parmi ceux d'aujourd'hui : c'est quels genre d'êtres humains? Quand même il y a encore quelques uns : de bons musulmans, mais, la plupart retirés et solitaires.
Les inquisitions contemporaines sont venues d'Iran, d'Afghanistan...(qui sont des pays musulmans et non pas arabes)... Les non-arabes sont-ils des anges?
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