MESSALI Hadj

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01 Mai 2014 22:19 #155613 par dahmane1
1°Amnistie ;

2°Solidarité agissante vis-à-vis du Peuple Tunisien et Marocain ;

3° a) Dissolution du CC ;
b) Renouvellement de la confiance au Chef National pour le redressement du Parti ;
c) Récupération de tous les biens du parti sous toutes ses formes ;

4°Félicitations au Chef du Parti, à la délégation provisoire, aux cadres de la Fédération de France qui ont participé à l’œuvre de redressement ;

5° a) Exclusion de principe de tout le Comité Central étant responsable collectivement de la déviation ;
b) Relève des responsabilités de chacun des membres du CC à leur degré respectif et prendre les sanctions conséquentes ;
c) Plein pouvoir pour entreprendre le jugement équitable de tous les déviationnistes ;
d) Confiance totale au Chef du Parti pour le redressement du Parti ;
e) Présidence à vie de Messali Hadj ;

6°Résolution politique, définition embrassant l’ensemble des problèmes débattus devant le Congrès qui ont été approuvés.

Messages:

1°Aux militants après le troisième Congrès extraordinaire (à préparer au plus tôt)
2°Au CNR (investiture) avant le 10.
3°Au BP (message programme) avant le 10.

Recommandations:

Tenir compte dans ces Messages de l’internationalisation.
4°Message au peuple à l’occasion de l’Aïd (pour le 3)
Article sur le cas Messali.

Pour l’internationalisation :

1°Déjà Allal a remis à la Ligue Arabe un rapport sur le problème algérien.
2°Bouhafa a fait des démarches auprès de Ibn Saoud et de la Ligue Arabe pour porter le problème algérien devant une commission de tutelle.
3°El Wafd a remis à la Ligue Arabe toute une documentation en sa possession pour ce problème.
4°Rafaat représentant d’Egypte auprès de la commission de tutelles est chargé de préparer un rapport juridique.
5°Il y a aux USA un spécialiste Américain qui peut aider les Algériens dans cette préparation juridique du dossier.
6° a) El Wafd nous demande de préparer un rapport politique et juridique prouvant que l’Algérie n’est pas française à tout point de vue ;
b) L’envoie de délégués pour participer à la Session des Nations Unies et dans les capitales Arabo-Asiatiques.

Mission de la Délégation :

Contrôle général sur : activité, comportement, dépenses et les relations avec notre Wafd
Situation des étudiants Algériens ;
Le cas Mekki ;
Contacts et visites (Ligue Arabe, gouvernements arabo-islamiques et en Egypte et Hidjaz) ;
Prise de contact avec Destour, Istiklal, Ouazani, Abdel Krim, UDMA et autres mouvements nord africains ;
Contrôle et vérification du Wafd au sujet de ses écrits, ses contacts et de son rapport sur l’internationalisation.

Niort, le 2 aout 1954

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01 Mai 2014 22:22 #155614 par dahmane1
Réponse de dahmane1 sur le sujet MESSALI Hadj
Message de Messali Hadj au Bureau Politique en Août 1954

Nous venons de sortir d’une crise que le Mouvement National Algérien n’a jamais connue. Tous nous avons gouté de cette amertume et de toutes les difficultés qui par moments ressemblaient à des vagues étouffantes. Grâce à Dieu et à la volonté de tous nous venons de remporter une victoire bien méritée.

Le Congrès qui vient de se tenir a couronné de succès tous les efforts qui ont été fournis par les militants grands et petits attachés aux principes révolutionnaires et aux traditions du Mouvement National Algérien.
Aujourd’hui c’est pour la première fois après le Congrès extraordinaire que le Bureau Politique vient de se réunir. C’est là une occasion magnifique pour moi d’abord de lui adresser mes souhaits de réussite et ensuite l’accomplissement avec grands succès de la tâche à laquelle il a été désigné.

Je ne pense pas qu’il faille retourner en arrière pour regarder le passé mais au contraire, je préférerai pour nous tous de nous rappeler de l’époque que nous venons de vivre au cours de la crise, la tenue du Congrès extraordinaire, les résultats qui en ont découlés et des décisions qui ont été prises après les débats, les discussions et les analyses.
Nous devons savoir que nous sommes chargés les uns et les autres d’une immense responsabilité à la fois lourde et pleine de noblesse.
Tous les militants de France, d’Algérie, de Belgique, du Caire et le peuple Algérien regardent vers ce Bureau Politique et le travail que nous allons faire.

Nous sommes pour le peuple Algérien l’espoir et l’avenir. Il vient par la tenue du Congrès extraordinaire de déposer en nous sa confiance, sa volonté, son esprit de sacrifice pour réaliser ses aspirations nationales.
En conséquence, nous devons faire en sorte que toutes nos activités, nos réunions et nos différentes occupations tendent vers ce but suprême : la Libération de l’Algérie.

Cela nécessite en premier lieu que le BP organe suprême du Mouvement National Algérien et dépositaire de la volonté populaire soit animé d’un esprit d’équipe où la collaboration harmonieuse de tous ses membres soit absolument indispensable.
Chacun de ses membres prendra une responsabilité qu’il devra effectuer avec un soin et le souci de tous les instants. Rien ne doit être fait à la légère et aucune chose ne doit être sous estimée.
Chacun des membres, après avoir assuré, contrôlé, pensé et animé son service, doit participer à la réunion du BP pour vivre la vie du Parti et être au courant des services avoisinants.

Le BP ne doit pas oublier un seul instant que le chef du parti à qui le congrès vient de voter la confiance et les pleins pouvoirs est responsable de toute la vie du Parti devant Dieu, devant les militants, devant le peuple Algérien et devant sa conscience.
C’est là une charge extrêmement lourde et très noble en elle-même. Cependant elle engage son prestige, toute sa personne et tout son passé politique.

Cela personnellement ne me fait pas peur et je sais parfaitement que les hommes qui vont diriger le BP sont animés du même esprit, de la même volonté que le chef du parti.
Eux qui ont combattu ces derniers mois pour sauver le MNA de la honte et la déviation, savent que la tâche qui nous attend tous est extrêmement grande, délicate et sérieuse.

Mais étant donné que vis-à-vis des militants et du peuple Algérien je suis le premier responsable qui devra demain donner des comptes sur la marche du parti, la défense des intérêts et la protection de ses finances, je me vois aujourd’hui dans l’obligation de m’adresser à chacun des membres du BP pour lui dire d’une manière particulière de veiller jalousement à la bonne marche de son département.
Tous ses services doivent fonctionner et converger vers le même but avec méthode, harmonie et progrès constant.
Rien ne doit être négligé, ni dissimulé. J’insiste pour que toutes les choses doivent être au contraire tirées au clair et examinées avec le souci constant de les clarifier et de situer en même temps les responsables et les responsabilités.
L’argent du parti est bien sacré. C’est aussi la transpiration des ouvriers, le produit d’un dur labeur dans les usines où l’ouvrier algérien donne sa santé, ses poumons et bien souvent sa jeunesse et sa vie.

Chaque fois que l’un de nous manipule cet argent il doit penser à cela, de même qu’il doit penser au spectacle plein de tristesse que vient de nous offrir les hommes de la bureaucratie qui ont durant des mois dilapidés les biens du peuple algérien en valsant les millions au profit de leurs privilèges, de leur plaisir et de leurs amusements.
C’est pour toutes ses considérations que je demande d’une façon particulière au trésorier général de veiller jalousement sur les fonds et les biens du parti.

A cet effet, une comptabilité où figure clairement et nettement toutes les recettes et dépenses du parti doit être établie et un contrôle rigoureusement exercé.
Il va sans dire que toutes ces recommandations s’adressent à tous les services du parti : ORGANISATION, AFFAIRES EXTERIEURES ET RELATIONS, AFFAIRES ISLAMIQUES, ELUS, JEUNESSE, AFFAIRES SYNDICALES etc…
Le secrétaire général, responsable directement devant le chef du parti, doit veiller, non seulement à la bonne marche, d’une façon générale, mais faire en sorte que ces services fonctionnent dans une pleine harmonie et une coordination méthodique et réfléchie.
Le BP pour gagner le prestige et pouvoir diriger le parti avec succès et considération doit faire preuve vis-à-vis du CNR d’une grande activité organisée et parfaitement étudiée avant de soumettre ses rapports à ce dernier.
Aucun problème, aucune question ne doit être soumis au CNR avant d’être étudié d’une manière sérieuse et objective.
C’est l’analyse, l’examen attentif et la critique des problèmes qui conditionneront le prestige du BP et son ascendant sur le CNR et le parti lui-même.

Les membres du BP devront être, vis-à-vis du CNR et des militants eux-mêmes, une attitude basée sur la fraternité, la modestie et l’esprit d’entente et de collaboration.
C’est ce comportement qui peut augmenter le prestige du BP et renforcer sa position au sein des masses populaires et des militants.
Notre conduite en tant qu’hommes libres et notre observation des principes islamiques doivent présider à l’accomplissement de notre mission.

Il est certain que je n’ai pas à faire de telles recommandations aux membres du BP, sachant parfaitement leur volonté ardente de servir la cause algérienne et d’être en même temps un exemple vivant et permanent pour tout le parti. Mais je crois qu’il est de mon devoir de rappeler ces recommandations surtout en ce moment où nous entreprenons une nouvelle étape de la lutte après notre révolution.
En un mot, je souhaite de tout mon cœur que tout ce que nous ferons à partir de la désignation des organismes dirigeants soit grand, clair, net et suffisamment étudié pour servir la cause Algérienne.

Ceci dit, en toute fraternité, il emporte maintenant de préparer pour nous tous un programme d’actions immédiates et d’aller de l’avant.
Tout d’abord, il faut nous rappeler que voici près de 6 mois que nous luttons pour sauver le parti de la déviation et de la mauvaise politique de la bureaucratie. Nous avons critiqué cette politique preuves en main. Il va sans dire que la politique de la nouvelle direction doit être au contraire conforme à la ligne du parti et aux décisions prises par le Congrès extraordinaire et tenir compte de la situation internationale et des évènements du Maghreb Arabe.

A cet égard, il importe que l’œuvre de redressement et d’épuration du parti soient achevés convenablement et dès que possible.
Sur le plan intérieur, nous devons aussi tôt après la désignation des organismes dirigeants reconsidérer notre politique électorale. Celle-ci devra être conforme aux principes révolutionnaires et s’inspirer des rapports déposés par le chef du parti devant le Congrès extraordinaire.

D’autre part, il faudra reconsidérer aussi la politique d’union en situant toutes les responsabilités et les responsables qui ont amené à la fois la naissance et la mort du Front Algérien. A ce sujet, la vérité sera dite aux militants et au peuple Algérien au moment opportun.
Par ailleurs, des directives sous forme de circulaires doivent être envoyées à toutes les kasmas au sujet de l’amnistie, en vue de procéder à un regroupement général de tous les militants sincères et honnêtes qui vivent en marge du parti.
Le cas des élus exclus par le parti devra être étudié pour lui trouver une solution conforme à la discipline du parti.
Les affaires islamiques, les affaires syndicales et la jeunesse devront faire l’objet d’une étude pour procéder à la fois à leur épuration et à leur réorganisation sur des bases solides et conformes aux décisions du Congrès extraordinaire.
Le problème de la femme sera également étudié avec soin. La femme Algérienne doit effectivement participer d’une façon active à la lutte pour la libération du pays.

Etant donné la délicatesse et la fragilité de ce problème, il importe de l’aborder avec beaucoup de prudence et de précautions car le passé de l’AFN est suffisamment vivant dans la pensée du parti pour nous inciter à lui accorder toutes la considération voulue.
Pour faire face dignement et efficacement aux perspectives d’avenir, il y a lieu de créer dès que possible une école de cadres pour l’éducation et la formation politique de futurs responsables et dirigeants.

Vu son importance sur le triple plan politique, diplomatique et stratégique, la Fédération de France doit subir dans les plus brefs délais une transformation conforme aux rapports du chef du Parti, rapports qui ont été lus aux Congrès extraordinaire.
Pour assurer la défense de nos détenus, de leur vie et celle de leur famille, le CSVR devra être à la lumière des évènements réorganisé sur des bases nouvelles.
Sur le plan EXTERIEUR, il y a lieu de créer ce département conformément aux perspectives d’avenir arrêtées par le Congrès sur le rapport du Chef du parti.

Etant donné l’importance de ce département et tenant compte des évènements du Maghreb Arabe et au développement de la situation internationale, celui-ci devra s’organiser de façon à faire face aux perspectives d’avenir et au commencement de l’internationalisation du problème algérien.
Attendu que le problème algérien va être porté en septembre 1954 devant la commission des tutelles des Nations Unies, ce département est tenu avec l’accord du chef du parti et le BP de préparer un plan d’action susceptible de favoriser cette internationalisation en Algérie, en France, en Belgique et à l’étranger.
Ce travail d’internationalisation étant déjà commencé doit s’étendre à l’ensemble du parti et entraîner les passes populaires et le peuple algérien.

Toute l’activité des différents services devra d’une manière méthodique et harmonieuse participer activement à cette internationalisation.
L’Union Nord Africaine étant la pierre angulaire de la solution du Maghreb Arabe elle doit être entreprise dès que possible en tenant compte du passé et des expériences nouvelles marocaines et tunisiennes.
Ce département ne négligera rien pour étudier des rapports nouveaux et efficaces entre le MNA, les partis politiques et le peuple Français d’une part et les Mouvements nationaux de tpous les peuples opprimés et nouvellement libérés d’autre part.
Sur le plan intérieur et extérieur, le parti doit être présent partout en restant lui-même conformément à ses traditions et à ses principes révolutionnaires.

Etant donné la répression qui sévit en Algérie, les évènements du Maghreb Arabe et le développement de la situation internationale, le BP est tenu de créer un service de sécurité pour assurer la bonne marche du parti, la sécurité des dirigeants et des militants en cas d’une grande répression ou dissolution du parti.
Le secrétaire général est tenu d’extraire des indications précédentes un plan d’action qui doit être étudié au BP pour sa mise en application.

Dans le cas ou certaines choses sont oubliées, la porte reste ouverte pour les ajouter au cours de son examen.
L’analyse et l’examen peuvent également démontrer la nécessité de certaines modifications ou amendements.
Il y a lieu de considérer ce plan d’action comme un début d’internationalisation du problème Algérien en attendant d’en étudier l’application, ses premiers résultats en vue de procéder à l’examen d’un deuxième plan conforme aux décisions du Congrès d’Hornu.

Messali Hadj
Niort, le 2 Aout 1954

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01 Mai 2014 22:26 #155615 par dahmane1
Le Chef National MESSALI Hadj
A Monsieur le Responsable de la Fédération de France

Messieurs les Membres du Comité Fédéral,

J’ai l’honneur de vous adresser le présent message pour vous présenter mes souhaits de réussite à l’occasion de la désignation du Comité provisoire fédéral pour diriger les affaires de la Fédération de France.

Au moment où une nouvelle étape va être entreprise après la tenue du Congrès extraordinaire qui vient d’avoir lieu, je crois de mon devoir de vous présenter mes félicitations pour la grande activité que vous avez fournie pour sauver le Mouvement National Algérien de l’immobilisme et de la déviation.

Le Comité de Salut Public qui à l’appel du chef du parti s’est lancé dans le combat mérite une motion de félicitations, de confiance et de reconnaissance toute particulière.
Les membres de ce Comité de Salut Public qui sont par leur origine des militants modestes, courageux et plein de patriotisme, appartiennent désormais à l’Histoire du Mouvement National Algérien.

Aussi, au nom du Peuple Algérien et en mon nom particulier je leur dis avec tout mon cœur : Merci.
Ceci étant dit avec foi et gratitude, il est de mon devoir en tant que chef du parti d’adresser les recommandations ci après au Comité Fédéral qui provisoirement va s’occuper de la Fédération de France.

Les membres du Comité Fédéral se souviennent que pendant 7 mois nous venons de lutter contre une bureaucratie qui a plongé le parti dans le silence, l’immobilisme et une politique de collaboration faite de compromission et d’abandon avec le néo-colonialisme.
D’autre part, cette mauvaise politique a créée au sein du parti l’esprit bureaucratique, le régime de la camaraderie et le favoritisme.
Cette situation, contraire aux traditions du parti, à sa discipline et aux principes révolutionnaires a créée un désordre dans les esprits et dans les finances du parti.

Jusqu’à ce jour, la bureaucratie qui a été chassée par le Congrès extraordinaire continue de dilapider les biens du parti et de faire valser les millions. Cette situation a créée un profond malaise et une indignation dans le parti et au sein du peuple.
En conséquence, hier nous avons très énergiquement lutté contre ses procédés pour redresser le parti, épurer ses rangs et protéger les finances que les militants donnent au Mouvement National pour libérer l’Algérie des servitudes coloniales.
Cette tâche de redressement, d’épuration et la protection des finances et des biens du parti doit être poursuivie avec énergie et résolution.

Le responsable de la Fédération de France et le Comité Fédéral provisoire sont tenus de veiller jalousement au patrimoine national et à la bonne marche de la Fédération.
On ne doit pas oublier que les cotisations des militants sont le fruit d’un rude labeur obtenu au prix de leurs poumons et quelques fois de leur vie. C’est dire combien nous devons veiller à la confiance et aux biens du parti.
En un mot, la valse des millions, la camaraderie, l’esprit bureaucratique et le règne du favoritisme doivent à jamais disparaître de la Fédération de France et de l’ensemble du parti.

Il n’y a pas de grands ou de petits dans le parti mais ont est grand ou petit par la responsabilité et la valeur individuelle des uns et des autres. Aussi, j’insiste pour qu’après la disparition du régime de la bureaucratie, une ère nouvelle s’instaure à l’échelon de la Fédération de France dans nos activités et nos responsabilités.

Maintenant, étant donné la période que nous venons de vivre et les enseignements que nous en avons tiré, la Fédération de France vue son importance politique, diplomatique et stratégique doit subir une transformation afin de pouvoir jouer le rôle principal dans la libération de l’Algérie.

A ce sujet, le chef du parti a transmis au Congrès extraordinaire un rapport où tous les aspects de cette importante question ont été examinés. C’est pourquoi nous demandons aux responsables de cette Fédération de le revoir et de s’en inspirer dans cette nouvelle étape de notre lutte.
Le chef du parti tient d’une façon particulière à ce que la Fédération de France puisse d’une manière progressive s’élever dans la lutte, son activité, ses méthodes et sa discipline au but que le Congrès lui a assigné.

Pour que le Comité Fédéral puisse effacer les mauvais souvenirs du règne de la bureaucratie et conserver son prestige sur les masses travailleuses nord africaines il doit faire preuve à la fois d’énergie, d’organisation, d’esprit d’initiative et d’imagination. Aussi, la période que nous venons de liquider avec ses désordres doit disparaître totalement pour laisser place à l’ordre, au travail centralisé, à la bonne méthode, à la discipline et au respect du militant en tant que premier serviteur de la Nation Algérienne. C’est à ces conditions que nous pouvons redresser la situation et franchir cette première étape avec succès.

Pour que la Fédération de France puisse vivre, communier et participer d’une manière affective à la vie du parti il est recommandé au Comité Fédéral d’établir un système de liaison permanent du sommet à la base.
A cet effet, il y a lieu d’organiser un contrôle général et un contact permanent par des déplacements de réunions publiques, des conférences d’information et des réunions d’éducation.
Il y a lieu de ne pas oublier que 90% de nos compatriotes sont illettrés et ne peuvent par conséquent s’instruire eux-mêmes, ni lire la presse et les livres pour leur éducation personnelle.

Bien qu’illettrés, nos compatriotes ont soif de connaître, de s’instruire et de participer activement à la vie du parti. A cet effet, il y a eu pour la Fédération de France de préparer des conférenciers et des sujets de conférence ayant trait à la vie politique du parti, au problème Maghrébin, le Monde Arabo-Islamique et à l’évolution de la situation internationale.
A cet égard, le chef du parti pense à la création d’une école des cadres pour faire face à ces nécessités et aux besoins qui se font sentir aussi bien en France qu’en Algérie.

Ces besoins nouveaux et l’attrait des connaissances des affaires politiques du parti et l’évolution des problèmes mondiaux intéressera très certainement nos militants et les empêchera de perdre leur temps dans les cafés autour des dominos.
Le Bureau Fédéral doit faire en sorte et dans tous les domaines que l’ère de la révolution qui a chassé l’immobilisme, le désordre et la politique de compromission doit pénétrer dans les organismes du parti, animer son activité et entrainer le peuple Algérien avec plus de courage et de résolution dans la voie de la libération nationale.

Le chef du parti serait infiniment heureux de voir régner partout dans la Fédération, l’organisation de bonnes méthodes de travail, l’énergie, la fraternité islamique, le respect de l’autorité, la discipline librement consentie et l’élan permanent vers l’avenir qui s’ouvre devant nous.

Pour que tout cela puisse régner dans la vie de la Fédération de France je fais appel aux responsables de cette Fédération, au Comité Fédéral et à tous les militants.

Messali Hadj
Niort, le 2 Aout 1954

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01 Mai 2014 22:30 #155616 par dahmane1
Réponse de dahmane1 sur le sujet MESSALI Hadj
Message de Messali Hadj au Conseil National Révolutionnaire (CNR) en Août 1954

A l’occasion de la première réunion du Conseil National Révolutionnaire après le Congrès extraordinaire qui vient de mettre fin à la déviation, j’ai l’honneur de vous adressez le Message suivant pour vous présenter mes souhaits de bonheur, de réussite et de réalisation de toutes les décisions qui ont été arrêtés par les Assises Nationales du 17 juillet 1954.

Comme vous le remarquez, ce n’est plus le Comité Central de triste mémoire qui se réunit aujourd’hui mais le Conseil National Révolutionnaire qui doit prendre en main la destinée du Parti pour conduire le peuple Algérien dignement et fièrement dans la voie de la Libération Nationale.

Messieurs les membres de cet organisme dirigeant, vous venez d’assister au Congrès extraordinaire qui a mis fin à une déviation ainsi qu’à une période d’immobilisme, de bureaucratisme et de règne de la camaraderie et du favoritisme.
Pour arriver à un tel résultat, le chef du parti a dû pendant quatre ans lutter du fond de sa déportation contre une bureaucratie qui avait enveloppée l’ensemble du parti dans une sorte de camisole de force et un silence de cimetière.

D’autre part, les militants et le peuple Algérien ont en répondant à l’appel de Messali Hadj lutté avec un courage et une discipline dignes de tous les éloges pour mettre un terme à cette période d’anarchie, de corruption et de dégradation.
Le Congrès vient de balayer tout ce triste passé et préparé à l’appel du Chef, une politique digne des aspirations nationales du peuple Algérien et du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques.

La mission du CNR est de traduire dans les faits ce passé révolutionnaire qui vient d’être rappelé par les rapports du chef du Parti et les décisions arrêtées par le Congrès extraordinaire lui-même.
Le CNR doit dans toute son activité avoir dans sa pensée la volonté populaire du peuple algérien qui vient de s’exprimer dans les rapports du chef du parti et les décisions du Congrès d’Hornu.

Les membres du CNR feront du MNA où tous les militants du sommet à la base travailleront dans une grande fraternité et collaboreront chacun dans son domaine comme les membres d’un seul corps animés par la même pensée et la même harmonie. Il n’y a ni grands ni petits, il n’y a que des Hommes d’une seule grande communauté qui chacun selon ses possibilités et sa responsabilité apportera sa pierre pour construire la Nation Algérienne.

Plus de frontières infranchissables entre les militants et les dirigeants, plus d’orgueil, ni de dictature. A la place de tout cela, c’est un travail organisé, méthodique que tous nous devons entreprendre en tenant compte de nos responsabilités respectives et de nos capacités individuelles.

La discipline étant la force principale d’un Mouvement révolutionnaire, doit être observée du sommet à la base pour que l’activité du parti s’effectue avec le plus de chances possibles de réussite.
La composition de ce CNR reflète l’ensemble du territoire Algérien. On remarquera que beaucoup de jeunes trouveront auprès de leurs ainés les conseils et les enseignements d’une riche expérience.
Jouissant de la Confiance du Congrès qui vient de se tenir, je me propose avec l’aide de Dieu et votre collaboration et par l’intermédiaire du Secrétaire Général et du Bureau Politique de faire de mon mieux pour diriger le Parti et le redresser entièrement dans les plus brefs délais.

Notre mission à tous est celle de remettre sur pied le Mouvement National pour ensuite entreprendre la tâche immense et pleine de noblesse que le Congrès et la situation du Maghreb viennent de nous assigner.
Au moment où vous vous réunissez, il est bon de jeter un coup d’œil sur ce qui se passe dans le monde, en Tunisie, au Maroc et en Algérie. C’est pourquoi, dès l’achèvement du redressement du parti et le renforcement de ses organismes, il importe de faire sortir le problème Algérien du silence où l’avait plongé la bureaucratie pour l’élever sur le plan international comme tous les autres problèmes maghrébins.

L’ensemble de notre activité et d’une manière progressive doit tendre à internationaliser le problème Algérien. Nous pensons avec l’aide de Dieu, porter cette année même le problème Algérien devant la commission des tutelles des Nations Unies en septembre-octobre 1954.
A cet effet, alors que nous étions en pleine crise devant le travail de sape et de division de la bureaucratie, nous avons déjà envisagé cette internationalisation du problème Algérien grâce à des amis qui ont intervenu auprès de la Ligue Arabe et de Sa Majesté Ibn Saoud Roi d’Arabie.

La première réunion tenue sous ma présidence, le 21 juillet a été consacrée entièrement au travail de redressement du parti, aux perspectives d’avenir, aux désignations des organismes dirigeants et à l’envoie d’une délégation en Egypte pour étudier sur place le début de l’internationalisation du Problème Algérien.
Je considère tout cela comme un excellent début et un bon augure qui présage un avenir plein de promesses et de victoires.
Pour faire face à toute cette activité, je recommande aux membres du CNR, le travail méthodique, l’analyse et l’action dans l’ordre et la discipline.

La voie étant tracée, nous devons éviter toute griserie et toute démagogie pour nous en tenir aux principes révolutionnaires, à la sagesse politique et à l’étude sérieuse de tous les problèmes avant de les entreprendre.
Les principes révolutionnaires sont ennemis de la démagogie et de la surenchère car la Révolution ne se fait pas qu’un jour indiqué parce qu’elle est l’œuvre d’une grande activité et quelques fois de plusieurs générations.
L’époque que nous vivons est pleine d’évènements et surtout d’évènements qui peuvent surgir à l’improviste. Or le devoir d’un Mouvement révolutionnaire est celui d’essayer de les prévenir afin de les mettre dans son jeu et de les exploiter à fond au profit de la libération nationale.

Tout cela implique d’une manière nette et précise que le CNR avec le BP et l’autorité du chef du parti doivent être la pensée du Mouvement Révolutionnaire, l’élément moteur de toutes les activités pensées et méditées et le guide suprême du peuple Algérien dans la voie de sa libération.
De tout mon cœur, je souhaite pour le Conseil National Révolutionnaire, une grande réussite et un avenir plein de liberté dans une Algérie Libre et Heureuse.

Niort, le 2 Aout 1954

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02 Mai 2014 09:54 #155617 par cimode
Réponse de cimode sur le sujet MESSALI Hadj
Quelques personnages illustres parlent de Messali Hadj

Deng- Xiaoping successeur de Mao et Chou-En-Laî a déclaré : « Messali Hadj nous a inculqué le nationalisme pour devenir les chefs de la Chine ». .

L’Emir Chakib Arslan a dit de lui : « Il représente l’élite. Si toute la jeunesse iIslamique était semblable à Messali Hadj, l’Islam aurait été libre depuis longtemps. C’est là, ma profonde conviction. Que Dieu le préserve et multiplie ses semblables.»

Mandela, arrivé à Alger, le 19-5-2007, a déclaré :«La plus grande figure de l’histoire de l’Afrique, c’est Messali Hadj »

« J’ai pu tenir tête à Churchill, à Roosevelt, à Staline et à de nombreux grands de ce monde, mais j’ai dû craindre Messali Hadj,» avait dit de Gaulle dans ses Mémoires.

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02 Mai 2014 20:46 #155618 par PSM31
Réponse de PSM31 sur le sujet MESSALI Hadj
Une autre guerre dans la guerre d'Algérie


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