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Poésie …….. Inspiration et délire;
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26 Fév 2013 19:49 #117889
par ICOSIUM
POUSSIÈRES DE JUILLET
Le sang
Reprend racine
Oui
Nous avions tout oublié
Mais notre terre
En enfance tombée
Sa vieille ardeur se rallume
Et même fusillés
Les hommes s’arrachent la terre
Et même fusillés
Ils tirent la terre à eux
Comme une couverture
Et bientôt les vivants n’auront plus où dormir
Et sous la couverture
Aux grands trous étoilés
Il y a tant de morts
Tenant les arbres par la racine
Le cœur entre les dents
Il y a tant de morts
Crachant la terre par la poitrine
Pour si peu de poussière
Qui nous monte à la gorge
Avec ce vent de feu
N’ enterrez pas l’ancêtre
Tant de fois abattu
Laissez-le renouer la trame de son massacre
Pareille au javelot tremblant
Qui le transperce
Nous ramenons à notre gorge
La longue escorte des assassins.
K.Yacine
Réponse de ICOSIUM sur le sujet Poésie …….. Inspiration et délire;
POUSSIÈRES DE JUILLET
Le sang
Reprend racine
Oui
Nous avions tout oublié
Mais notre terre
En enfance tombée
Sa vieille ardeur se rallume
Et même fusillés
Les hommes s’arrachent la terre
Et même fusillés
Ils tirent la terre à eux
Comme une couverture
Et bientôt les vivants n’auront plus où dormir
Et sous la couverture
Aux grands trous étoilés
Il y a tant de morts
Tenant les arbres par la racine
Le cœur entre les dents
Il y a tant de morts
Crachant la terre par la poitrine
Pour si peu de poussière
Qui nous monte à la gorge
Avec ce vent de feu
N’ enterrez pas l’ancêtre
Tant de fois abattu
Laissez-le renouer la trame de son massacre
Pareille au javelot tremblant
Qui le transperce
Nous ramenons à notre gorge
La longue escorte des assassins.
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05 Mar 2013 19:54 #117890
par ICOSIUM
Réponse de ICOSIUM sur le sujet Poésie …….. Inspiration et délire;
Le valet des ripoux de juillet
Écris, valet !
Déverse tes boniments, el ghachis est ameuté
Écris de ton poison, le royaume est en danger
Va ! écris !
Écris ! comme le fussent tes devanciers
Ces bachaghas, ces caïds et ces harkis, autrefois serviteurs zélés de leurs maîtres nourriciers
Te voilà à présent leur héritier, je voulais nommer les serviteurs du royaume d'Alger.
Écris, valet ! Le royaume nourricier est en danger
Écris de ta plume ensorceleuse, car ceux, qui refusent la servitude, sont farouchement indignés
Hocine s’est braqué, les hommes à la nuque raide se sont dressés et la toile a grondé avec sa foule virtuelle déchaînée
Soit reconnaissant envers tes maîtres nourriciers
Écris que nous ne sommes pas ces Rois ripoux, ces Rois sans majesté, ces ripoux de juillet, par quoi nous sommes affabulés, et d’être les ennemis de leur ghachi pouilleux ! dont nous sommes accusés ! et d’avoir cruellement sacrifié !
Pire ! que nous avons trahi le serment de novembre un certain juillet
Va ! Déverse ton élixir captieux
Écris et dit que nous sommes les meilleurs serviteurs de leur ghachi indu, à qui nous sommes dévoués, à lui, à ses peines et à sa patrie,
avili comme il est, il gobera tout ce que tu dis
Va ! dis ! que c’est, en vérité, notre grande famille qui leur a ôté leurs chaînes et les a dotées d’une patrie, d’un gîte et de quoi occuper leurs boyaux, autrefois affamés
Dis que ces gueux sont trompés par la main de l’étranger, et qu’en vérité, se sont nous leurs meilleurs alliés
Écris mieux que ces nuques raides et leurs flèches empoisonnées, dans lesquels, ils incitent leur ghachi morveux à se dresser, dans des tirades bien ajustées, contre ton royaume nourricier
Soit reconnaissant envers tes maîtres protecteurs
Lorgne leurs prouesses et soit carnassier
Lorgne leurs tirades empoisonnées contre ton royaume nourricier :
Debout les attelés, votre dignité est souillée ! et tant pis pour les résignés…
Debout les enchaînés, vos fers ont rouillé ! et tant pis pour les Fatigués...
Youcef Benzatat
Par Le Matin | 04/03/2013
Écris, valet !
Déverse tes boniments, el ghachis est ameuté
Écris de ton poison, le royaume est en danger
Va ! écris !
Écris ! comme le fussent tes devanciers
Ces bachaghas, ces caïds et ces harkis, autrefois serviteurs zélés de leurs maîtres nourriciers
Te voilà à présent leur héritier, je voulais nommer les serviteurs du royaume d'Alger.
Écris, valet ! Le royaume nourricier est en danger
Écris de ta plume ensorceleuse, car ceux, qui refusent la servitude, sont farouchement indignés
Hocine s’est braqué, les hommes à la nuque raide se sont dressés et la toile a grondé avec sa foule virtuelle déchaînée
Soit reconnaissant envers tes maîtres nourriciers
Écris que nous ne sommes pas ces Rois ripoux, ces Rois sans majesté, ces ripoux de juillet, par quoi nous sommes affabulés, et d’être les ennemis de leur ghachi pouilleux ! dont nous sommes accusés ! et d’avoir cruellement sacrifié !
Pire ! que nous avons trahi le serment de novembre un certain juillet
Va ! Déverse ton élixir captieux
Écris et dit que nous sommes les meilleurs serviteurs de leur ghachi indu, à qui nous sommes dévoués, à lui, à ses peines et à sa patrie,
avili comme il est, il gobera tout ce que tu dis
Va ! dis ! que c’est, en vérité, notre grande famille qui leur a ôté leurs chaînes et les a dotées d’une patrie, d’un gîte et de quoi occuper leurs boyaux, autrefois affamés
Dis que ces gueux sont trompés par la main de l’étranger, et qu’en vérité, se sont nous leurs meilleurs alliés
Écris mieux que ces nuques raides et leurs flèches empoisonnées, dans lesquels, ils incitent leur ghachi morveux à se dresser, dans des tirades bien ajustées, contre ton royaume nourricier
Soit reconnaissant envers tes maîtres protecteurs
Lorgne leurs prouesses et soit carnassier
Lorgne leurs tirades empoisonnées contre ton royaume nourricier :
Debout les attelés, votre dignité est souillée ! et tant pis pour les résignés…
Debout les enchaînés, vos fers ont rouillé ! et tant pis pour les Fatigués...
Youcef Benzatat
Par Le Matin | 04/03/2013
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14 Mar 2013 20:07 #117891
par ICOSIUM
Réponse de ICOSIUM sur le sujet Poésie …….. Inspiration et délire;
Le poète
Avant je circulais dans la vie, un amour
douloureux m'entourait: avant je retenais
une petite page de quartz
en clouant les yeux sur la vie.
J'achetais un peu de bonté, je fréquentais
le marché de la jalousie, je respirais
les eaux les plus sourdes de l'envie,l'inhumaine
hostilité des masques et des êtres.
Le monde où je vivais était marécage marin:
le fleur brusquement, le lis tout à coup
me dévorait dans son frisson d'écume,
et là où je posais le pied mon coeur glissait
vers les dents de l'abîme.
Ainsi naquit ma poésie, à peine
arrachée aux orties, empoignée sur
la solitude comme un châtiment,
ou qui dans le jardin de l'impudeur en éloignait
sa fleur la plus secrète au point de l'enterrer.
Isolé donc comme l'eau noire
qui vit dans ses couloirs profonds,
de main en main, je coulais vers l'esseulement
de chacun, vers la haine quotidienne.
je sus qu'ils vivaient ainsi, en cachant
la moitié des être, comme des poissons
de l'océan le plus étrange, et j'aperçus
la mort dans les boueuses immensités.
La mort qui ouvrait portes et chemins.
La Mort qui se faufilait dans les murs.
P.Néruda
(extraits: Chant général, Les fleurs du Pinataqui, p.381
Gallimard, Collection Poésie.)
Avant je circulais dans la vie, un amour
douloureux m'entourait: avant je retenais
une petite page de quartz
en clouant les yeux sur la vie.
J'achetais un peu de bonté, je fréquentais
le marché de la jalousie, je respirais
les eaux les plus sourdes de l'envie,l'inhumaine
hostilité des masques et des êtres.
Le monde où je vivais était marécage marin:
le fleur brusquement, le lis tout à coup
me dévorait dans son frisson d'écume,
et là où je posais le pied mon coeur glissait
vers les dents de l'abîme.
Ainsi naquit ma poésie, à peine
arrachée aux orties, empoignée sur
la solitude comme un châtiment,
ou qui dans le jardin de l'impudeur en éloignait
sa fleur la plus secrète au point de l'enterrer.
Isolé donc comme l'eau noire
qui vit dans ses couloirs profonds,
de main en main, je coulais vers l'esseulement
de chacun, vers la haine quotidienne.
je sus qu'ils vivaient ainsi, en cachant
la moitié des être, comme des poissons
de l'océan le plus étrange, et j'aperçus
la mort dans les boueuses immensités.
La mort qui ouvrait portes et chemins.
La Mort qui se faufilait dans les murs.
P.Néruda
(extraits: Chant général, Les fleurs du Pinataqui, p.381
Gallimard, Collection Poésie.)
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15 Mar 2013 20:37 #117892
par ICOSIUM
Réponse de ICOSIUM sur le sujet Poésie …….. Inspiration et délire;
Symphonie en gris
À Rodolphe Salis.
Plus d'ardentes lueurs sur le ciel alourdi,
Qui semble tristement rêver.
Les arbres, sans mouvement,
Mettent dans le loin une dentelle grise. -
Sur le ciel qui semble tristement rêver,
Plus d'ardentes lueurs. -
Dans l'air gris flottent les apaisements,
Les résignations et les inquiétudes.
Du sol consterné monte une rumeur étrange, surhumaine.
Cabalistique langage entendu seulement
Des âmes attentives. -
Les apaisements, les résignations, et les inquiétudes
Flottent dans l'air gris. -
Les silhouettes vagues ont le geste de la folie.
Les maisons sont assises disgracieusement
Comme de vieilles femmes -
Les silhouettes vagues ont le geste de la folie. -
C'est l'heure cruelle et stupéfiante,
Où la chauve-souris déploie ses ailes grises,
Et s'en va rôdant comme un malfaiteur. -
Les silhouettes vagues ont le geste de la folie. -
Près de l'étang endormi
Le grillon fredonne d'exquises romances.
Et doucement ressuscitent dans l'air gris
Les choses enfuies.
Près de l'étang endormi
Le grillon fredonne d'exquises romances.
Sous le ciel qui semble tristement rêver.
Marie KRYSINSKA (1864-1908)
À Rodolphe Salis.
Plus d'ardentes lueurs sur le ciel alourdi,
Qui semble tristement rêver.
Les arbres, sans mouvement,
Mettent dans le loin une dentelle grise. -
Sur le ciel qui semble tristement rêver,
Plus d'ardentes lueurs. -
Dans l'air gris flottent les apaisements,
Les résignations et les inquiétudes.
Du sol consterné monte une rumeur étrange, surhumaine.
Cabalistique langage entendu seulement
Des âmes attentives. -
Les apaisements, les résignations, et les inquiétudes
Flottent dans l'air gris. -
Les silhouettes vagues ont le geste de la folie.
Les maisons sont assises disgracieusement
Comme de vieilles femmes -
Les silhouettes vagues ont le geste de la folie. -
C'est l'heure cruelle et stupéfiante,
Où la chauve-souris déploie ses ailes grises,
Et s'en va rôdant comme un malfaiteur. -
Les silhouettes vagues ont le geste de la folie. -
Près de l'étang endormi
Le grillon fredonne d'exquises romances.
Et doucement ressuscitent dans l'air gris
Les choses enfuies.
Près de l'étang endormi
Le grillon fredonne d'exquises romances.
Sous le ciel qui semble tristement rêver.
Marie KRYSINSKA (1864-1908)
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18 Mar 2013 20:01 #117893
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21 Mar 2013 20:31 #117894
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