Le port du voile islamique en France, l’hypocrise de Sarkozy.

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06 Jui 2009 20:53 #26448 par kredence
Voile: Sarkozy se moque du monde

Ainsi, à l’écouter tout à l’heure, Nicolas Sarkozy serait donc “tout à fait d’accord” avec Barack Obama sur le voile.

Seul bémol, a-t-il précisé: en France, le port du voile est interdit au guichet des administrations.

Et seulement là.

Mais de qui le Président de la République se moque-t-il?

Pourquoi ne dit-il rien de ce débat qui pendant plus de dix ans a secoué la France: le port du voile à l’école.
A-t-il donc oublié la loi du 15 mars 2004, dite “du voile islamique“, votée alors qu’il était ministre de l’Intérieur (loi 2004-228 pour être précis)?

Celle ci, faut-il le lui rappeler?, modifie le code de l’éducation et stipule ceci dans son article L 141-5-1:

“Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit.”

Au Caire, le président des Etats-Unis, lui, a dit ceci:

«Il est important pour les pays occidentaux d’éviter de gêner les citoyens musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple en dictant les vêtements qu’une femme doit porter (…) On ne peut dissimuler l’hostilité envers une religion derrière le faux-semblant du libéralisme.»

«Je rejette, a-t-il ajouté, les vues de certains en Occident» qui voient «comme une inégalité le fait qu’une femme choisisse de couvrir ses cheveux».

D’accord vraiment avec Obama?

Vincent Jauvert
Nouvelobs

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06 Jui 2009 21:21 #26449 par kifaya

kredence;30418 écrit: Voile: Sarkozy se moque du monde

Ainsi, à l’écouter tout à l’heure, Nicolas Sarkozy serait donc “tout à fait d’accord” avec Barack Obama sur le voile.

Seul bémol, a-t-il précisé: en France, le port du voile est interdit au guichet des administrations.

Et seulement là.

Mais de qui le Président de la République se moque-t-il?

Pourquoi ne dit-il rien de ce débat qui pendant plus de dix ans a secoué la France: le port du voile à l’école.
A-t-il donc oublié la loi du 15 mars 2004, dite “du voile islamique“, votée alors qu’il était ministre de l’Intérieur (loi 2004-228 pour être précis)?

Celle ci, faut-il le lui rappeler?, modifie le code de l’éducation et stipule ceci dans son article L 141-5-1:

“Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit.”

Au Caire, le président des Etats-Unis, lui, a dit ceci:

«Il est important pour les pays occidentaux d’éviter de gêner les citoyens musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple en dictant les vêtements qu’une femme doit porter (…) On ne peut dissimuler l’hostilité envers une religion derrière le faux-semblant du libéralisme.»

«Je rejette, a-t-il ajouté, les vues de certains en Occident» qui voient «comme une inégalité le fait qu’une femme choisisse de couvrir ses cheveux».

D’accord vraiment avec Obama?

Vincent Jauvert
Nouvelobs


C'est là tous les méfaits de la pseudo laïcité qui a bon dos pour exprimer des relents racistes (bien que je sois contre le port du voile mais aussi son interdiction). En effet, des nations autrement plus évoluées que l'Hexagone (Suède, Norvège et Suisse) tolèrent le port du fichu et pourquoi pas la France?

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06 Jui 2009 21:49 #26450 par kifaya
La Suède autorise les élèves à porter le voile islamique à l'école
LE MONDE | 24.01.07 | 15h23 • Mis à jour le 24.01.07 | 15h23


Le port du voile doit être autorisé dans l'enceinte des écoles en Suède. Ainsi a tranché la direction suédoise des affaires scolaires, mardi 23 janvier.
Cette décision confirme celle qui avait été prise au printemps 2006 à propos de l'école libre Minerva, dans le nord du pays. A l'hiver 2005-2006, une écolière de 7 ans qui n'avait pas été autorisée à porter le voile avait été retirée de l'établissement par ses parents. Le règlement intérieur de cette école libre non religieuse interdit le port des bonnets et casquettes. Et, dans le même esprit, du voile. Ce règlement avait été contresigné par les parents de la fillette. "C'est une question de discipline, pas de religion, explique Lars Isacsson, responsable de l'école Minerva. Mais c'est devenu très sensible en raison du débat sur les musulmans et le voile."

"Selon la Constitution suédoise, on ne peut pas interdire le voile à l'école car la liberté religieuse est garantie", réplique Frida Ericmats, de la direction des affaires scolaires. "On peut contester le fait que le port du voile soit un acte religieux, estime Camilla Swart, avocate de l'école. Beaucoup de gens pratiquent leur religion sans avoir besoin de porter le voile et nous nous plaçons dans la perspective de l'enfant. Nous voyons beaucoup de jeunes qui vivent une double vie, en portant le voile à l'école et à la maison, mais en l'enlevant dehors quand elles ne sont pas surveillées. L'école devrait rester une endroit neutre sans symbole religieux."

Depuis 2003, la burqa peut en revanche être interdite dans les classes suédoises pour des raisons de pédagogie ou de sécurité, par exemple.

Source:LE MONDE | 24.01.07 | 15h23 • Mis à jour le 24.01.07 | 15h23

www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,...004@51-859125,0.html

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06 Jui 2009 22:27 #26451 par kredence
Je suis d'accord,mais je suis aussi pour la liberte du port du voile,et je suis meme contre son interdiction.

La liberte vaut aussi bien dans les 2 sens,la liberte du port du voile et la liberte de ne pas porter le voile.

La police britannique Scotland Yards a ainsi des femmes-policieres musulmanes ainsi que le Danemark,la Norvege et la Suede.

moreas.blog.lemonde.fr/2009/04/23/des-policieres-voilees/

La laicite est une forme de discrimination developpe exclusivement contre les
musulmans.

En 1905,la loi sur la laicite n'a pas ete mise en application en algerie.
Pourtant,les algeriens musulmans etaient sujet francais,surtout en matiere de vote,sur l'egalite des sexes,sur l'egalite a l'emploi et aux etudes.

Pourtant,l'Algerie n'etait pas une colonie mais un departement francais.

La France use et abuse de ces lois sur la laicite selon le cas,quand cela arrange le pouvoir,il invoque la republique laique,quand cela derange le pouvoir,tout a coup les libertes ont des limites en particulier quand il s'agit des musulmans.




kifaya;30420 écrit: C'est là tous les méfaits de la pseudo laïcité qui a bon dos pour exprimer des relents racistes (bien que je sois contre le port du voile mais aussi son interdiction). En effet, des nations autrement plus évoluées que l'Hexagone (Suède, Norvège et Suisse) tolèrent le port du fichu et pourquoi pas la France?

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06 Jui 2009 23:00 #26452 par kifaya
L'Alsace et la Moselle, à l'instar de départements d'outre-mer ne sont pas contraints à la laïcité et d'où le côté arbitraire ce celle-ci.

De plus, la laïcité est reconnue à chaque fois que l'affaire est musulmane (port du voile, collège musulman de Marseille, mariage annulé pour défaut de virginité,etc).
_____________________________


Mise en place par le président de la République en juillet, la commission Stasi a rendu son rapport le 11 décembre 2003. Dans la foulée, le président de la République a prononcé un discours et n’a retenu de ses travaux, au-delà des grands principes qui seront vite oubliés, que la proposition d’une loi sur le foulard et la nécessité de légiférer sur l’hôpital. Plus que jamais, les préoccupations électoralistes dominent les discours de la majorité (comme du Parti socialiste) ; les politiques ont décidé de surfer sur le vieux fond de racisme anti-maghrébin ou anti-arabe.

Avec le recul, on mesure mieux à quel point les travaux de la commission, loin d’être une avancée dans la nécessaire réflexion sur la laïcité, n’ont été qu’un paravent pour préparer l’opinion à une loi. Le bilan que l’on peut en dresser est largement négatif. Bien sûr, nombre des rappels historiques sont pertinents et la référence aux « accommodements raisonnables » qui ont marqué l’histoire de la laïcité en France ne sont pas inutiles. Mais la commission n’en tire aucune leçon pour aujourd’hui. Il faut d’abord s’interroger sur les raisons qui ont fait que nombre de membres de la commission hostiles à la loi, s’y sont finalement ralliés. Passons sur les pressions « amicales » que subirent le dernier jour les membres hésitants de la commission et on accepta un ou deux amendements sans grande conséquence pour obtenir leur accord sur la loi . D’autre part, Jean Baubérot raconte, comment " il apparaissait bien difficile de s’opposer sans avoir l’air d’un horrible mec tolérant une situation inacceptable de soumission des femmes ."

L’hypocrisie de cet appel à l’égalité des sexes apparaît avec éclat dans les conclusions mêmes de la commission : si ce principe fondamental de la République est violé par le port du foulard, pourquoi ne pas étendre son interdiction à l’enseignement privé sous contrat avec l’Etat ? La soudaine sollicitude des politiques à l’égard des femmes ne concerne jamais que les femmes musulmanes. La loi sur le foulard sera votée par un parlement composé à près de 90% d’hommes, dans une République où le fossé entre les salaires des hommes et des femmes demeure, et où le sexisme dans la publicité s’affiche tous les jours.

Plus décisif pour comprendre le retournement de certains membres de la commission, le témoignage du sociologue Alain Touraine, de longue date hostile à toute mesure coercitive contre le foulard et qui s’est rallié à la (presque) unanimité de la commission Stasi. Il s’en explique ainsi : " Et moi, qui ai constamment dans le passé défendu les jeunes femmes voilées, je veux faire comprendre pourquoi, en signant le rapport de la commission Stasi, j’ai gardé les mêmes idées. Mais, pour prendre position dans une situation concrète, il faut ajouter que nous sommes confrontés à la montée d’un islamisme radical qui attaque ce que j’ai défini comme le noyau de la modernité et qui me semble tout à fait éloigné des projets de beaucoup de femmes voilées. » Et il ajoute : "Je fais l’hypothèse que la loi peut arrêter les mouvements islamistes qui veulent porter atteinte à l’organisation scolaire et hospitalière, mais qu’elle conduira à plus de souplesse, et non à plus de répression, face aux signes personnels d’une foi ou même d’une appartenance ."

Paradoxe :

Sur l’Alsace-Moselle, " la commission estime que la réaffirmation de la laïcité ne conduit pas à remettre en cause le statut particulier de l’Alsace-Moselle, auquel est particulièrement attachée la population de ces trois départements." Emmanuel Terray remarque que la République « sait pratiquer sa laïcité de bien des manières différentes, et qu’elle ne dédaigne pas à l’occasion de faire largement place aux particularismes . Que l’attachement d’une population suffise à justifier une dérogation à la loi commune est un étrange argument dans un texte tout entier consacré à la dénonciation du communautarisme." La commission s’est donc bornée à proposer que l’islam puisse être enseigné dans les écoles de l’Alsace-Moselle, au même titre que les autres religions, mais pas qu’il soit "reconnu" comme les autres religions. Et même cette timide ouverture sera "oubliée" par Jacques Chirac.

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06 Jui 2009 23:20 #26453 par kifaya
Le modèle français de laïcité n'est pas le seul modèle possible. Mais nous l'avons choisi pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'il s'est développé dans un pays à majorité catholique et où l'Église a, conformément au Syllabus, considéré longtemps la laïcité comme une atteinte intolérable à la foi religieuse ; ensuite parce qu'au début du XXe siècle, plus précisément avec la loi de séparation des Églises et de l'État (décembre 1905) cette laïcité a pris une forme très dure ; en troisième lieu parce que cette laïcité a, dans l'espace de près d'un siècle, très fortement évolué et qu'il est intéressant de décrypter les raisons sociologiques de cette évolution.

Le modèle de laïcité qui se dégage de la loi de 1905 (et qui n'est que partiellement en continuité avec le modèle proposé et réalisé par Jules Ferry lors de la création de l'école publique, laïque et obligatoire de 1881) est conçu essentiellement comme une arme de lutte contre l'Église catholique, longtemps hostile à la République et mal ralliée à ce régime malgré les encouragements tardifs donnés par le pape Léon XIII. La sociologie d'alors, celle d'Auguste Comte et celle de Durkheim en voie d'élaboration, porte une part de responsabilité dans cette politique, car elle enseignait le rapide et nécessaire déclin des religions historiques traditionnelles. En créant des associations cultuelles chargées de l'exercice du culte et à qui seraient dévolues les biens des Églises que le Concordat de 1802 appelait Églises reconnues et en imposant à ces associations les mêmes structures démocratiques qu'à toutes les autres associations, le Parlement était convaincu qu'il allait donner le pouvoir aux laïcs et le retirer à la hiérarchie. Si la laïcité est bien le respect de toutes les traditions et courants culturels, il faut reconnaître que la loi de 1905 n'était pas laïque du tout, puisqu'elle s'immisçait dans l'organisation interne des Églises et leur imposait des structures en désaccord avec leur doctrine ecclésiologique.

En déclarant par ailleurs que la République ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte, la loi visait à la fois à rendre aux Églises l'existence difficile (et croyait-on impossible) et à réduire la religion à une "affaire privée", ces associations étant sans compétence ni pertinence sociales.

Mais la loi, en ce qui concerne le catholicisme, ne put être appliquée dans sa totalité, en raison du refus de l'Église catholique de constituer des associations cultuelles. D'où une longue crise aux épisodes multiples qui ne prendra fin qu'en 1923 à la suite de négociations entre le gouvernement français et le Vatican : aux associations cultuelles étaient substituées des associations diocésaines présidées de droit par l'évêque. Ainsi le principe hiérarchique de l'Église catholique était-il sauvé et le Conseil d’état, obligatoirement consulté, eut la sagesse politique de déclarer cette convention avec le Vatican conforme à la loi de 1905. Cette nouvelle péripétie est l'indice d'un changement culturel profond, qui ne cessera au cours des soixante années suivantes de s'approfondir. Les causes de ce changement sont tantôt conjoncturelles, tantôt structurelles, tantôt les deux à la fois.

Lire aussi:

www.lesoirdalgerie.com/articles/2007/03/....php?sid=50361&cid=2

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