Le « socialisme islamique » : rouvrir une perspective

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05 Jan 2010 22:03 #41663 par Jalal
La crise que connaît le capitalisme repose une nouvelle fois la question de la sortie de ce système socio-économique apparu il y a plus de cinq cent ans en Europe de l’Ouest. Construit sur le pillage et l’exploitation des périphéries par le centre occidental, sur l’exploitation des masses populaires de ces mêmes centres, durant plus de cinq siècles le capitalisme n’a profité qu’à une minorité de privilégiés. La crise, qui aiguise les contradictions portées en lui-même par le capitalisme, rend de plus en plus insupportable ce système intrinsèquement mortifère transformant, par un processus de réification, l’homme, la matière et l’esprit en marchandise. De fait, cela rouvre les champs du possible d’une contestation qui, si elle souhaite véritablement être globale, ne pourra se faire uniquement sur un mode symphonique entre tous ceux qui veulent construire un monde répondant à l’exigence éthique d’une justice globale.

Au sein de l’islam cette crise, dont le discours dominant cherche avant tout à mettre en avant l’aspect « financier », a permis de promouvoir la « finance islamique » qui s’était développée depuis plusieurs décennies. Mais cette « finance islamique » s’apparente à une version « halal » du capitalisme financier classique. Les centres impérialistes en crise encouragent cette finance car, en manque de liquidité, ils espèrent, grâce à elle, attirer les mannes financières des pays pétroliers musulmans. Côté musulman, faisant une lecture purement formelle et juridique de l’islam, la majorité des ouléma et des intellectuels ne posent pas la question des maqsid – des finalités – de cette « finance islamique » dont les objectifs ne diffèrent en rien de la finance classique. Comme l’ensemble de l’économie capitaliste, celle-ci est gouvernée par le désir rationnel de maximiser l’accumulation du capital.

Toutefois, les musulmans ne sont pas isolés du reste du monde et, n’en déplaise aux apologètes de la « finance islamique », la question de la sortie du capitalisme se pose à eux comme à l’ensemble de la planète. Evidement, les sociétés musulmanes sont en proies à des contradictions de classes et, comme ailleurs dans le monde, les classes dominantes s’opposent à la remise en cause du capitalisme dont elles retirent les dividendes. Au cours des dernières décennies, cette opposition à la remise en cause du capitalisme s’est souvent appuyée sur une lecture résolument conservatrice de l’islam servant à légitimer un ordre inique. Face à cette lecture conservatrice s’est développé une lecture socialisante visant à la libération nationale et sociale des masses populaires des nations musulmanes. Cela produit une véritable contradiction de classes entre deux lectures de l’islam ayant des finalités sociales opposées. Pour reprendre un terme coranique, l’islam des moustakabirin – des orgueilleux, des dominants – s’opposa à l’islam des moustadhafin – des opprimés – à propos desquels le Coran affirme : « Nous voulions favoriser ceux qui avaient été humiliés sur la terre ; nous voulions en faire des chefs, des héritiers ; nous voulions les établir sur la terre » [1].

Partisans de la seconde perspective, certains intellectuels et certains responsables politiques posèrent les jalons d’une réflexion sur une voie possible de sortie du capitalisme qu’ils appelèrent « socialisme islamique ». Dans la seconde moitié du XIXème siècle, le théologien et leader politique, Djamal ed-Din al-Afghani, qui parlait déjà de la « fonction sociale des Prophètes », posa les jalons d’une réforme sociale radicale dans une perspective socialisante. Poursuivant les réflexions d’al-Afghani, pour les partisans du « socialisme islamique », l’islam est une religion ontologiquement égalitariste qui porte en elle les germes du socialisme. Ce socialisme était directement issu des principes coraniques, de la geste prophétique et de celle de ses compagnons.

Les intellectuels et les responsables politiques s’appuyèrent sur ces références théologiques et historiques pour défendre les thèses d’un « socialisme islamique ». En 1964, Gamal Abdel-Nasser expliquait : « nous avons déclaré que notre religion était une religion socialiste et que l’Islam a, au Moyen-Âge, réussi la première expérience socialiste dans le monde » [2]. Pour le théologien syrien, Moustapha Siba’i, « le socialisme de l’islam a réussi, au cours du Moyen-Âge, à établir une société socialiste, la première société socialiste du monde » [3]. Le leader pakistanais, Zulfikar Ali Bhutto n’avait de cesse de répéter, dans ses discours, que l’islam était une religion reposant sur le principe d’égalité qui fondait le « socialisme islamique » dont il était l’un des plus ardents défenseurs. Face à ces contradicteurs, en mars 1970, Zulfikar Ali Bhutto affirmait : « l’égalité est un principe cardinal de l’islam. L’égalité est le message de notre prophète. Les Khulafa-e-Rashedeen [4] ont fondé leurs gouvernements sur ce principe. Les gens qui sont opposés à l’égalité ne défendent pas la cause de l’islam » [5].

Si ces déclarations peuvent être critiquées à un niveau formel, il faut les comprendre comme une volonté de légitimation d’une certaine idée du socialisme dans l’univers de référence de l’islam. Il s’agissait de poser les jalons d’une relecture de l’islam allant dans le sens d’une théologie politique socialisante par opposition à une théologie politique capitaliste qui, bien souvent, ne dit pas son nom. Le « socialisme islamique », idée qui fut à l’origine de nombreuses publications, voulait faire face à un double défi :

1- Ce socialisme spécifique se voulait spécifique et différent des socialismes occidentaux car il se définissait à partir de l’identité spirituelle et civilisationnelle de l’islam et non à partir de référence purement exogène à cette civilisation. Ce socialisme spécifique était intrinsèquement lié aux luttes de libérations nationales et à la dynamique de renaissance nationale-culturelle des pays arabes et musulmans car il était à la fois un moyen d’établir la justice sociale et un moyen d’assurer la souveraineté économique de nations dominées et dépendantes.

2- Le « socialisme islamique » se voulait une réponse aux forces sociales conservatrices, liées à l’impérialisme occidental, qui, dans le monde musulman, cherchaient à disqualifier toute idée de socialisme en l’attaquant comme étant une « idée importée » ou en associant socialisme et athéisme. Centre de la réaction arabe et musulmane, l’Arabie Saoudite joua un rôle particulièrement important dans la lutte contre la diffusion de ce « socialisme islamique » en finançant tous ceux qui lui étaient opposés. L’hégémonie états-unienne sur le royaume n’était, évidement, pas étrangère à cette politique.

L’opposition à toute idée de socialisme dans les mondes arabo-musulmans connut de nombreuses victoires après l’amère défaite de juin 1967 qui ouvrit la porte à une véritable « révolution conservatrice » dans nombre de pays arabes et musulmans. Les conservateurs accusaient les défenseurs du socialisme d’être les premiers responsables de cette tragique défaite. Après la mort de Gamal Abdel-Nasser, en septembre 1970, Anouar as-Sadate mit en place sa politique d’infitah – d’ouverture aux capitaux occidentaux – liquidant les acquis sociaux de la période nassérienne et hypothéquant l’indépendance nationale égyptienne en se plaçant sous tutelle états-unienne. Au Pakistan, Zulfikar Ali Bhutto, qui défendait l’idée de la mise en place d’une forme de « socialisme islamique » dans son pays, fut renversé, juillet 1977, par le général Mohammed Zia-ul-Haq avec le soutien actif des Etats-Unis et de l’Arabie Saoudite. Le 4 avril 1979, Zulfikar Ali Buttho était pendu et avec lui c’était l’idée même de « socialisme islamique » que le général Zia-ul-Haq, et ses puissants alliés, cherchaient à assassiner.

Ces revers, liés aux reculs des mouvements de libération sociaux et nationaux à travers le monde, permirent de mettre entre parenthèses les idées socialistes dans la majorité des pays arabes et musulmans durant les années 1980-1990. Les idées libérales s’imposèrent avec leurs cohortes de privatisations, notamment dans le secteur stratégique de l’énergie, et de reculs des droits sociaux dont les classes populaires furent les premières victimes. Toutefois, comme l’expliquait le défenseur du « socialisme islamique », Moustapha Siba’i : « Le socialisme n’est pas une mode qui passera, c’est une tendance humaine qui s’exprime dans les enseignements des Prophètes, dans les réformes des Justes, depuis les premiers siècles de l’histoire. Les peuples du monde présent – surtout ceux qui son en retard – cherchent à le réaliser effectivement afin de se libérer des sédiments d’injustice sociale et d’inégalité de classe. […] Le but du socialisme, toujours, dans toutes ses écoles, à consisté à empêcher l’individu d’exploiter les capitaux de riches sur le dos des masses humiliés et brutalisées, à confier à l’Etat la surveillance et le contrôle de l’activité économique individuelle, à réaliser enfin la solidarité sociale entre les citoyens de manière à effacer l’indigence, la frustration, l’inégalité excessive des fortunes » [6].

La crise du capitalisme mondial et les expériences en cours en Amérique du Sud, dans des pays comme le Venezuela ou la Bolivie, devraient interroger les musulmans sur le modèle économique qu’ils veulent défendre et adopter. De même, expérience de la Théologie de la Libération dans les nouvelles dynamiques de la gauche sud-américaine, devraient leur poser des questions sur l’éthique anticapitaliste que les « chrétiens de la libération » développent à partir de leur référence religieuse. Cela devrait amener à une nouvelle réflexion sur les finalités de l’économie capitaliste et non plus uniquement à des arguties juridiques formelles visant, par exemple, à contourner l’interdit coranique de l’intérêt. Dans ce cadre, reposer la problématique du « socialisme islamique » pourrait ouvrir de nouvelles perspectives. Loin des slogans démagogiques et les exclusivistes affirmant que « l’islam est la solution », le « socialisme islamique » pourrait être l’un des apports spécifiques des musulmans au débat global sur les voies de sortie du capitalisme.

Youssef Girard

[1] Sourate 28 – verset 5-6

Source : www.legrandsoir.info/Le-socialisme-islam...une-perspective.html

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09 Jui 2011 20:47 #41664 par khaled ridha
l'aspiration au socialisme au départ d'une lecture progressiste du Coran et en continuité avec l'action du Prophète et de ses Compagnons les plus radicaux tels Ali, Ammar, Salman et Abou Dharr a inspiré une jeune génération de tunisiens aux alentours des années 70-80 aboutissant à la naissance du courant des "islamistes progressistes" dont la pensée intègre tous les apports des penseurs socialistes les plus éminents tels Proudhon, Marx, Guevara...et qui aspirait à les dépasser par l'élaboration d'un socialisme démocratique basé sur la généralisation de l'autogestion.
Ce courant se réclame d'Al Afghani, Abdou et Kawakibi mais plus encore de trois figures historiques de la Tunisie: le père du syndicalisme ouvrier Mohamed Ali Hammi, le chantre de l'émancipation de la femme Tahar Haddad et le poète de la liberté et du patriotisme Aboul Kassem Achchabbi, trois figures qui ont milité ensemble pour l'émancipation du peuple tunisien.
Malheureusement, ce courant a été tiraillé entre réformistes ( plus proches des frères musulmans) et révolutionnaires (plus proches de la gauche marxiste notamment celle de l'Amérique du Sud). La tendance réformiste a fini par s'orienter vers la lutte pour les droits de l'homme et la tendance révolutionnaire a vu nombre de ses membres rejoindre les partis traditionnels de gauche.
On peut trouver un pendant à ce courant dans les Moujahidine du peuple iranien ou la "gauche islamique" animée par l'islamologue Hassan Fathi en Egypte ainsi que parmi les Soudanais qui se réclament de la pensée de Mohamed Mahmoud Taha.
Les idées de Seba'i sont de type syncrétique et n'abordent pas de manière critique l'héritage juridique et théologique musulman, héritage en rupture avec le Message de l'Islam puisque conçu pour défendre les intérêts des classes dominantes. L'Histoire de l'Islam elle même a fait l'objet de multiples manipulations jetant le discrédit sur tous les contestataires de l'ordre établi et marginalisant les figures les plus critiques à l'égard du système de domination et d'exploitation érigé depuis 661.
Une rupture avec cet héritage nécessite une approche critique qui vise à libérer la pensée musulmane de l'emprise des Anciens afin de libérer les classes laborieuses musulmanes du Fatalisme, de la Soumission et de la Manipulation.
C'est un travail de longue haleine qui nécessite la mobilisation d'énergies multiples, de l'audace et une détermination à toute épreuve.

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27 Jui 2011 02:54 #41665 par Jalal
Salam, je m'excuse de lire seulement aujourd'hui votre commentaire parce que je ne participe plus régulièrement à ce forum depuis ces derniers temps. Je suis tout à fait d'accord avec votre texte. Je vous souhaite la bienvenue sur ce forum.

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29 Jui 2011 21:23 #41666 par khaled ridha
je vous remercie pour votre accueil et souhaite une plus ample collaboration à ce forum intéressant
encore une fois merci

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05 Jul 2011 23:29 #41667 par Jalal

khaled ridha;84658 écrit: je vous remercie pour votre accueil et souhaite une plus ample collaboration à ce forum intéressant
encore une fois merci


Bonjour, depuis ces derniers mois à ce jour, je suis assailli par des difficultés qui semblent être insurmontables, cela a provoqué en moi un profond abattement moral; mon attention est dilluée c'est dire que je ne peux me concenter que très difficilement. Je m'excuse d'être sorti de notre sujet. J'ajoute à tes écrits : les conflits anciens, préjugés et les oppressions d'autrefois avaient marqué durablement l'histoire et le vécu récent des Musulmans, cela fait qu'ils ont hésité à entrer pleinement dans l'Histoire contemporaine, même si leur participation a été massive, celle des masses je veux dire, mais les élites n'ont pas osé prendre le train en marche de l'Histoire alors que les masses musulmanes y étaient en plein dedans... Tout cela nous ramène en fin de compte, selon mon avis, à la lutte des classes, une réalité que nous vivons tous les jours.

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13 Aoû 2011 22:48 #41668 par khaled ridha
pour étayer le débat sur ce qui freine l'entrée de plein pied des musulmans dans la modernité voici une présentation de mon récent ouvrage

Vient de paraître : L'Islam, la Loi, la Société et le Message, de Ridha Khaled
Manifeste pour une
Auteur : Raouf SEDDIK Ajouté le : 07-08-2011

Le besoin est fort aujourd’hui de revisiter les fondements de notre tradition religieuse. L’arrivée
possible et même probable, dans notre vie quotidienne, d’un certain islam politique dont on
s’interroge d’ailleurs sur les contours et les intentions, cela est de nature à inciter les uns et
les autres à essayer de mettre au clair cette question : la pratique de la religion musulmane, non
seulement dans le cadre de la vie privée mais aussi dans celui de la vie publique, non seulement
comme expression d’un héritage reçu de nos ancêtres mais aussi comme cadre possible à un
projet politique fédérateur, tout cela ne comporte-t-il pas un risque, ou plutôt un double risque :
celui d’abord de nous mettre en porte à faux avec le mouvement révolutionnaire qui vient de nous
libérer de plusieurs décennies d’autocratie autoritaire et, plus encore, celui de nous engager à
contre-courant de l’effort de modernisation de notre société qui a été commencé dès
l’Indépendance il y a de cela 55 ans et, par là même, de nous couper du monde-?
Quel est, en fin de compte, le contenu du message véhiculé par l’islam, indépendamment des
figures qui en sont présentées ici ou là et qui expriment le plus souvent des positions politiques,
ou modernistes ou conservatrices ? Et, si l’on veut se faire une opinion personnelle sur cette
question décisive, vers qui se tourner et quoi lire ? Quelle garantie a-t-on que ce qui est censé
nous éclairer n’est pas précisément ce qui participe de cette vaste confusion à laquelle on
assiste, à cette joute où chacun tire ses ficelles en cachant son jeu ?
D’où l’importance du critère de la sérénité. Le livre que vient de publier notre compatriote établi
en Belgique, Ridha Khaled, répond en tout cas à ce critère. Le propos est serein, la démarche
méthodique, les arguments sont clairs et appuyés sur une documentation peu avare : aucune
violence dans ce discours qui, pour avoir une thèse qu’il défend avec une grande assiduité, ne
cherche pas à faire basculer le lecteur dans un camp ou un autre, mais simplement à le doter des
outils en vue de se faire sa propre idée, en toute liberté. Oui, donc, c’est vrai : il s’agit bien de
secouer le joug d’une certaine orthodoxie et de retrouver la voie d’une lecture «dynamique» du
message, comme cela est annoncé clairement au dos de l’ouvrage, mais l’auteur ne semble pas
être tant préoccupé par le fait que le lecteur puisse être gagné à sa cause que par celui de le faire
accéder au statut de clairvoyant, capable de juger sereinement par lui-même de ce dont il s’agit.
C’est le grand mérite de ce livre, dont on admirera par ailleurs la rigueur et l’harmonie de la
langue, un contenu qui est savant sans jamais être pédant… On y chemine dans une discrète
amitié avec l’auteur, recueillant de lui le miel de ses recherches – cet ingénieur de métier est en
même temps diplômé en Etudes islamiques – apprenant donc mille choses mais de telle sorte
que ces choses revêtent un sens par rapport à de vastes enjeux. On y va à la rencontre des
premiers compagnons du Prophète, dont beaucoup s’interdisaient d’abuser du recours à ses
paroles après sa mort pour lui préférer une intelligence globale de son action, on fait
connaissance avec les premiers juristes qui pratiquaient tout à la fois la modestie et «l’analogie
subtile», mais aussi, pour d’autres, l’autoritarisme d’une lecture qui se voulait plus proche du texte
et qui n’hésitait pas à convoquer des Hadiths à l’origine douteuse… On voit naître et se
développer une option d’appropriation intelligente du message, mais on assiste dans le même
temps à tout un travail de sape qui, au fil des «ruptures», conduit à l’interdiction de tout effort
personnel, puis à l’impasse contre laquelle les courants modernistes auront à se démener, et
nous avec eux aujourd’hui encore.
Bref, le livre de Ridha Khaled est un livre que tout citoyen de bonne volonté gagne à avoir dans
sa bibliothèque, surtout s’il est sensible à la qualité de l’écriture, aux talents pédagogiques de
celui qui le rédige et, sans doute aussi, au fait que c’est un compatriote. Il serait dommage que
ses lecteurs ne fussent que des étrangers – à qui il s’adresse aussi, du reste, car il s’agit
clairement d’un texte «ouvert».
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