Chroniques des années de fraises

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07 Mar 2010 17:15 #49373 par Ben Harper
Des étoiles et des Hommes

Il en est qui s'imaginent que le monde est à l'envers et veulent le remettre à l'endroit. Une utopie de plus ou de moins ne change rien à l'affaire...? Ils ont l'habitude de se casser la gueule à force d'être rivés aux étoiles. Et ils sont toujours aussi beaux, la tête pleine de bosses, le visage couvert de stigmates. Mais le temps qui s'effiloche à l'allure des passants-subissants leur écorche le coeur et fend leurs yeux immenses. Leur arrive-t-il alors de douter quelque peu? Qu'importe! Tant qu'il y aura des étoiles et des hommes.

Je ne sais par quel miracle le bal quotidien des crétins n'est pas arrivé à nous travestir. Je ne sais par quel miracle nous n'avons pas rejoins le troupeau des pantins. Nietzche ne s'est-il pas trompé en affirmant que "tout petit est innocent de sa petitesse"?.
Les yeux se fanent très vite si l'on n'y prend pas garde. Les coeurs pourrissent au moment même où l'on s'accomode du médiocre.
Ecoute autour de toi. S'il t'arrive d'ouïr une mélodie dans le brouhaha, c'est que tu as réussi à apprivoiser le soleil de ton enfance. Le coeur qui chavire aux vents des légendes.

Adel Guemar

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07 Mar 2010 23:45 #49374 par Jalal
Réponse de Jalal sur le sujet Chroniques des années de fraises

Ben Harper;52877 écrit: Des étoiles et des Hommes

Il en est qui s'imaginent que le monde est à l'envers et veulent le remettre à l'endroit. Une utopie de plus ou de moins ne change rien à l'affaire...? Ils ont l'habitude de se casser la gueule à force d'être rivés aux étoiles. Et ils sont toujours aussi beaux, la tête pleine de bosses, le visage couvert de stigmates. Mais le temps qui s'effiloche à l'allure des passants-subissants leur écorche le coeur et fend leurs yeux immenses. Leur arrive-t-il alors de douter quelque peu? Qu'importe! Tant qu'il y aura des étoiles et des hommes.

Je ne sais par quel miracle le bal quotidien des crétins n'est pas arrivé à nous travestir. Je ne sais par quel miracle nous n'avons pas rejoins le troupeau des pantins. Nietzche ne s'est-il pas trompé en affirmant que "tout petit est innocent de sa petitesse"?.
Les yeux se fanent très vite si l'on n'y prend pas garde. Les coeurs pourrissent au moment même où l'on s'accomode du médiocre.
Ecoute autour de toi. S'il t'arrive d'ouïr une mélodie dans le brouhaha, c'est que tu as réussi à apprivoiser le soleil de ton enfance. Le coeur qui chavire aux vents des légendes.

Adel Guemar


Tu décris à ta façon l'individu crétinisé par le refrain du bâton et de la carotte, par sa mentalité archaïque dépassée de béni oui oui et de benammi...

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08 Mar 2010 22:09 #49375 par Ben Harper
Bonsoir Jalal, je ne suis pas l’auteur de ce texte et ne peut te dire quelle est l'intention de l'auteur. Ce texte est très fort et va au-delà, à mon avis, d’une simple dénonciation des catégories que tu énonces fort a propos. Dans cet écrit d’Adel Guemar, cela figure en arrière plan, il replace volontairement l’Homme au centre des choses et c'est ce qui me plait. Voila brièvement comment je comprends la chose, pour ne pas faire dans le roman fleuve...à bientôt.

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12 Mar 2010 10:03 #49376 par Jalal
Réponse de Jalal sur le sujet Chroniques des années de fraises
Franchement, je n'ai pas compris tout à fait ce que l'auteur veut dire, peut être qu'il me semble il dénonce les rêveurs, les utopistes?

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28 Mar 2010 12:02 #49377 par Ben Harper

Jalal;53316 écrit: Franchement, je n'ai pas compris tout à fait ce que l'auteur veut dire, peut être qu'il me semble il dénonce les rêveurs, les utopistes?


Bonjour Jalal, au moment ou tu as écrit j'ai pensé a cette phrase d'Aragon qui dit « Dans la vie, il y a certes un dangereux quotient de rêves, mais dans les rêves aussi il faut savoir lire sa vie, voir plus loin qu’elle. Voir plus loin que soi. »


Je trouve dans les textes d'Adel Guemar beaucoup de correspondances avec Tahar Djaout...

"Dans la ville oppressante où il vivait et où il vit encore, le Rêveur avait échafaudé – oh! Il n'ose plus le faire – des rêves sur la cité idéale où il aimerait vivre et voir s'épanouir ses enfants. Il y aurait d'abord de la verdure – arbres et pelouses -, beaucoup de verdure qui fournirait l'ombre, la fraîcheur, les fruits, la musique des fleurs et les gîtes d'amour. Il y aurait des créateurs de beauté, de rythmes, d'idylles, d'édifices, de machines. (...) Mais la vie avait continué, avec son masque de laideur et de désillusion..."

Tahar Djaout, Petite fiction en forme de réalité
Ruptures 1993

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28 Mar 2010 12:12 #49378 par Ben Harper
Pour répondre à ta question, je crois qu'il dénonce les mercenaires et les entreprises de récupération.

Goodbye!

il y a longtemps
tu as perdu l'essentiel
lors d'une razzia en plein été
le reste tout le reste
le peu qui fait illusion
les quelques rêves nécessaires
à la vie de tous les jours
sont pourchassés
diabolisés
assassinés
mon pays
mon beau pays grouille
de mercenaires en tenue de parade



Un bout d'une nouvelle que tu retrouveras sur ce lien ci ainsi que l'ensemble de ces textes membres.multimania.fr/poesiealgerie/newpage8.html

Le Jardin du poéte

Dans un pays où la fièvre du business provoquée par le mystérieux virus "khozisme" se propageait à la vitesse du son, vivait un poète qui persistait à croire à la beauté et aux valeurs sublimes d'une vie sans fards.

Aussi, il avait préféré s'isoler sur la terrasse de l'immeuble HLM où il occupait une ancienne buanderie transformée en chambre de deux mètres sur trois. Et la vie s'écoulait pour lui heureuse au fil des aurores et des crépuscules grandioses qu'il pouvait contempler du haut de son perchoir.

Jusqu'au jour où une idée peu commune vint lui trotter dans la tête. Faire de ce lieu inhabité, infesté d'antennes, un beau petit jardin. Mais c'était impossible et il ne le savait, au fond, que trop. Il balaya d'un revers de main, comme pour l'effacer, l'idée saugrenue qu'il venait d'avoir. Sans doute avait-il alors oublié le pouvoir de son utopie. Il ne put chasser de son esprit l'image d'un jardin aussi beau que ceux de l'antique Babylone, surplombant une ville jadis fort belle mais qui est devenue par la faute de ses habitants d'une laideur insoutenable.

Il connut alors les affres de l'insomnie et la grande lassitude des journées interminables. " Si seulement j'arrive à avoir un lopin de terre cultivable, loin de la ville! C'est plus simple", se dit-il après mure réflexion. Et dans un excès d'espoir, il décida d'aller consulter l'administration.

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