Histoire de la ville d’Oran

Oran occupe une place singulière dans l’histoire de l’Algérie occidentale. Son nom est souvent rattaché à « Wahran », associé dans la tradition locale aux deux lions dont les statues rappellent encore l’imaginaire devant la mairie.

Des origines méditerranéennes à la ville-port

Fondée en 902 par des marins andalous, Oran devient rapidement un port disputé. Sa position face à l’Andalousie, près de Mers El Kébir et au contact des routes commerciales du Maghreb central, en fait un enjeu stratégique pour les pouvoirs régionaux.

Périodes zianide, mérinide, hafside et almoravide

Du Xe au XVe siècle, Oran change plusieurs fois de domination dans un contexte d’alliances entre dynasties, tribus et royaumes voisins. La ville est liée au royaume de Tlemcen, mais son port et sa richesse commerciale en font souvent une principauté de fait, convoitée par les puissances de l’est et de l’ouest.

La longue présence espagnole

En 1509, après l’occupation de Mers El Kébir, les Espagnols prennent Oran. Leur présence dure par épisodes près de trois siècles, surtout autour des forteresses. Les sièges, la dépendance aux secours maritimes et les tensions avec l’arrière-pays marquent profondément cette période. Oran est libérée une première fois en 1705 par le Bey Bouchelaghem, reprise en 1732, puis définitivement quittée par les Espagnols au début de 1792 après le siège conduit par Mohamed El Kebir et le séisme qui ravage la ville.

Le beylik de l’Ouest et l’époque française

Après le départ espagnol, Oran devient un centre majeur du beylik de l’Ouest. La ville passe ensuite sous domination française en 1831, après la prise d’Alger. Elle devient préfecture du département d’Oran. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Mers El Kébir est bombardé en juillet 1940, puis la région connaît le débarquement allié de novembre 1942.

Une mémoire urbaine encore visible

L’histoire d’Oran se lit dans ses noms, ses murailles, ses quartiers, ses liens avec la mer et ses monuments. La ville est à la fois port méditerranéen, carrefour maghrébin, héritière de multiples dominations et grande mémoire urbaine de l’Algérie moderne.