El Hadi Ben Aïssa : Le symbole de la délivrance

Plus d'informations
22 Déc 2009 19:44 #40355 par romance
El Hadi Ben Aïssa : Le symbole de la délivrance

Le mausolée d'El Hadi Ben Aïssa La cité ismaïlite, Meknès, abrite la zaouia des Aissaouas où est enterré le saint surnommé Cheikh El Kamel, de son vrai nom Sidi El Hadi Ben Aïssa, symbole de délivrance pour des milliers de fidèles qui viennent se recueillir dans ce lieu saint spécialement durant la fête du Mouloud.


La fête du Mouloud, anniversaire de la naissance du Prophète Sidna Mohammed, revêt un caractère particulier à Meknès car elle coïncide, depuis près de cinq siècles, avec le Moussem du saint Cheikh El Kamel. C’est l’occasion où les Aîssaoua de tous les coins du Maroc et même d’Algérie, de Tunisie et de Libye, se rassemblent autour du mausolée du cheikh, lieu du pèlerinage. A cette occasion, de nombreuses processions et diverses manifestations religieuses, musicales, folkloriques et commerciales sont organisées dans les parages du mausolée de Cheikh El-Kamel et à travers toute la ville de Meknès. Cette tradition réunit des centaines de milliers de fidèles, aussi bien de la confrérie des Aissaouas que d’autres confréries religieuses, qui accomplissent en groupe les rites de la Zyara (visite) du mausolée du Cheikh et se livrent durant toute la période du Moussem, à de longues nuits de musiques et de danses processionnaires. Les Aîssaoua donnent libre cours à leurs expressions corporelles qui se transforment en transe. A la fin, ils se dirigent vers le mausolée avec les offrandes destinées au Cheikh El Kamel, tout en murmurant des voeux. La légende raconte qu’à la mort du Cheikh, l’un de ses disciples, en état de choc, entra en transe, lacéra ses vêtements et dévora même un mouton cru. Ceci est à l’origine des deux pratiques spécifiques aux Aîssaoua. La «hadra», pratique collective de la transe, et la «frissa», qui consiste à dévorer un animal vivant. Les Aîssaoua peuvent également se rendre à domicile la nuit pour célébrer la lila. Cette danse qui commence après la dernière prière du soir et se termine à l’aube est l’occasion pour les Aîssaouas de danser, de se purifier, de pleurer, de rire et de se soigner. Nombreuses sont les personnes qui participent à cette pratique, notamment les femmes qui veulent célébrer un événement heureux, résoudre un problème ou encore invoquer la bénédiction du Cheikh.
Sidi El Hadi Ben Aïssa, de son nom entier, Abou Abd-Allah Mhammed ben Aïssa Fehdi Soufiani Mokhtari est né en 1465, dans la région du Souss et mort à Meknès, vers 1526. Il est plus connu sous le nom de Cheikh El Kamel, une appellation qui veut désigner un homme complet ou parfait. El Hadi Ben Aissa a vécu durant le règne des Ouatassides qui ont conquis la ville de Meknès au XVème siècle. Disciple de Sidi Ahmed Harthi à Meknès, il perfectionne son enseignement sur le jazoulisme à Marrakech auprès de Sidi Abd-el-Aziz Tebbaâ. Il parcourait le Maroc, prêchant la doctrine islamique, et avait beaucoup de disciples, qui lui témoignaient obéissance et respect. Il a effectué des voyages canoniques en Orient, avant de professer à Fès et à Meknès où il fonde sa zaouïa. Ses adeptes dépassent largement les centres classiques du Aïssaouisme pour fleurir du nord au sud du Royaume, ainsi qu’en Algérie, en Tunisie, en Libye, au Caire, à La Mecque ou en Syrie... Ces zaouïas envoyaient encore au début du XXe siècle d’importantes délégations pendant le Moussem renommé pour ses fameuses Lilas. Le mausolée de Cheikh El Kamel, qui se situe à Bab Siba à Meknès, à 26 km au sud de Volubilis, est le cœur de la rencontre des Aîssaoua. Il fut édifié par le Sultan Sidi Mohamed Ben Abdellah en 1776. Ce bel et superbe édifice, qui fut restauré et embelli, se signale à l’attention des visiteurs. Le tombeau de Cheïkh El Kamel est devenu le lieu annuel de pèlerinage de milliers de fervents des Aîssaoua, qui considèrent le Mouloud comme un passage de l’obscurité à la lumière.


Le 10-09-2008
Par : Leila Zerrour

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
22 Déc 2009 22:13 #40356 par hacene
Réponse de hacene sur le sujet Cheikh El Hadi Benaissa
Ces jours-ci c'est la levée des fanfares pour Pacques, Noël, Réveillon,
Concours de Buches etc...
Alors qu'à l'approche du Mouloud Ennabaoui Echarif c'est le mutisme total.
Que Dieu nous pardonne.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
23 Déc 2009 12:15 #40357 par romance
oui que dieu nous pardonne

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
12 Jan 2011 10:25 #40358 par mawladi

hacene;43308 écrit: Ces jours-ci c'est la levée des fanfares pour Pacques, Noël, Réveillon,
Concours de Buches etc...
Alors qu'à l'approche du Mouloud Ennabaoui Echarif c'est le mutisme total.
Que Dieu nous pardonne.


MERCI HACENE!Votre remarque ou vos sentiments comparatifs par rapports aux fêtes et fanfares pour les fêtes de Noël, pâques...me donnent chaud au cœur car je suis entièrement en accord avec vous. très sincèrement vôtre.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
12 Jan 2011 10:31 #40359 par mawladi
Brvo et merci ROMANCE pour votre article portant sur sidi ben AÏSSA. J'ai baigné dans l'admiration de mon père pour ce WALI comme on l'appelle en Tunisie.J'ai 60ans et je prends l'avion pour venir à MEKNES...ce week end...

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
29 Nov 2012 21:31 #40360 par mohamedelbaki
Un article très interessant et merci pour ce texte.Une histoire que vous completez et dont je suis preneur.J'ai vécu à Meknes,pas si loin de Bab Siba ( Bab El Jédid)... Mes souvenirs des Moussems est toujours dans la mémoire.Je suis originaire de la Région Souss-Massa-Draa et c'es une surprise de voir que Cheikh El Kame est de cette région aussi.
Jazaki Allah Khayrane. Mille mercis encore pour votre texte.
France,Haute-Savoie 29 novembre 2012.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Temps de génération de la page : 0.308 secondes