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Saints du maghreb
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28 Déc 2012 18:23 #133137
par Arts&Crafts
Réponse de Arts&Crafts sur le sujet Saints du maghreb
Merci Ahmed pour le partage !:good:
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- ahmeddamien
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28 Déc 2012 21:39 #133138
par ahmeddamien
Réponse de ahmeddamien sur le sujet Saints du maghreb
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- djelloul
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29 Déc 2012 00:07 #133139
par djelloul
moi je connais bouzguender:moutdahk::moutdahk:
Réponse de djelloul sur le sujet Saints du maghreb
yasmi;127194 écrit: Merci Ahmed, je connaissais pas Bouzidi.
moi je connais bouzguender:moutdahk::moutdahk:
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- ahmeddamien
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29 Déc 2012 07:28 #133140
par ahmeddamien
Réponse de ahmeddamien sur le sujet Saints du maghreb
Cheikh al-’Alâwî
C’est à Tijditt, faubourg de Mostaganem en 1869 que naquit Ahmed ben ‘Aliwa, plus connu sous le nom d’al-’Alawi, il avait deux sœurs, sa mère Fatima était une femme pieuse, son père Mustapha par fierté ne laissait lire ou deviner sur ses traits les moindres séquelles du besoins dans lesquelles se débattait sa famille. N’ayant jamais envoyé son fils unique au Kûttab (ne fut-ce qu’un seul jour), il s’occupa lui-même de son instruction, à la maison, il lui apprit à lire et surtout le Coran jusqu’à la Sourate ar-Rahman.
Mais le père mourut en 1886, alors que son fils consommait ses dix septième années. La nécessité se fit plus urgente au sein de l’humble famille, le jeune Ahmed vibrant de tout son être au malheur des siens, dut remplacer le père disparu et exercer divers métiers, ce fut surtout celui de cordonnier qu’il maîtrisa le mieux et qu’il lui permit d’assurer une certaine aisance matérielle.
Plusieurs années durant, la maroquinerie l’occupa, puis il s’adonna au commerce, déjà une soif ardente de connaissances spirituelles s’était irrésistiblement emparé de lui. Elle était loin d’être assouvie, en raison de ses occupations profanes;
« Si je n’avais eu un certain don et une certaine intelligence native, je n’aurai probablement rien appris qui vaille la peine d’en parler… ».
Il se rattrapait surtout la nuit, aidé en cela par quelques Cheikhs qu’il invitait chez lui, s’adonnant à l’étude avec frénésie, il dévorait livre sur livre et cela l’absorbait des nuits entières, à tel enseigne que son épouse en prit ombrage et finit par demander le divorce, trouvant qu’il n’accomplissait pas ses devoirs conjugaux; « elle avait en vérité, quelques raison de se plaindre de moi… ».
Cette assiduité aux enseignements (sous les chapelets) des Cheikhs de fortune, permit au jeune Ahmed de cultiver une certaine ascèse mentale, d’appréhender quelques subtilités de doctrine et d’élargir progressivement les horizons de ses connaissances, d’autant plus facilement qu’il était porté sur la science des soufis (‘ilm al-Qawm), à qui désormais il ne faussa presque plus compagnie.
La nécessité de travailler de jour ne faisait que rendre cette soif de connaissances encore plus lancinante, c’était donc de nuit que, quittant son logis, il allait assistait aux enseignements et participer aux séances de remémorations (Dhikr), sa mère se tourmentait d’autant plus pour lui, que la maison familiale, située hors de la ville, était isolée et périlleux le chemin, aussi se dressait-elle contre son fils, employant tous les moyens pour le détourner, mais en vain.
Le ‘Issawi virtuose et inspiré (1886 – 1894)
De 1886 à 1894, il fut incontestablement marqué par la confrérie ‘Issawi, dont l’un des Maîtres, par sa pureté, sa droiture, sa piété sans équivoque, l’avait conquit. S’étant scrupuleusement conformé aux préceptes de la confrérie en question, il acquit très vite une telle adresse dans l’accomplissement des pratiques ‘Issawi, que tous ses confrères en devinrent à l’admirer, une auréole de prestige l’enveloppait, il acquit la réputation d’un ‘Issawi accompli, capable d’exécuter sans défaillir tous les actes prodigieux dont s’en orgueillisaient les membres de la confrérie, « dans mon ignorance, je pensais que les prouesses, les exhibitions, les prodiges (qu’on cherchait à accomplir), était réellement des modes de me rapprocher d’Allah. »
Ayant vu un jour, une feuille de papier accrochée à mur, il lu une formule qui y était imprimée et qu’on attribuait au prophète, il ne lui en fallut pas d’avantage pour le détourner des pratiques (hétérodoxes), se contentant désormais de s’adonner au prières libres, aux invocations et aux litanies. Non seulement il se retira de la confrérie, mais il en arriva à pouvoir provoquer la défection des frères et à détourner même toute la confrérie, peine perdue. Il rompit donc, de ces contacts, il ne réussit pas encore à désapprendre la pratique de charmer les serpents et les vipères, seul ou en présence de quelques amis.
Le premier tournant, ou la connaissance du Cheikh Mohammed al-Bûzaydi (1894)
Désorienté, parce que désormais sans guide spirituel, Ahmed al-’Alawi s’en était ouvert à son ami et associé en matière de commerce, Ben sliman ibn ‘awda, celui-ci lui parla longuement et avec une emphase sincère d’un certain Cheikh, homme pieux, rentré du Maroc, Hammû al Cheikh al-Bûzaydi. Celui-ci vivait certes effacé, mais sa droiture d’âme, ses vastes connaissances sur le plan soufique, sa douceur malgré les adversités, tout semblait le désigner comme seul guide spirituel valable dans Mostaganem, c’est du moins ce que pensait Ben sliman ibn ‘awda, l’ami de Ahmed al-’Alawi.
Ces propos laissèrent un profond échos chez ce dernier avide d’idéal spirituel, aussi décida-il de faire sa connaissance. Le destin s’en chargea, quelques temps après l’arrêt de cette décision, alors que les deux amis et associés étaient dans leurs boutique, voilà que Hammû Cheikh al-Bûzaydi passait, Ben sliman ibn ‘awda s’avança vers lui, l’invita à entrer dans la boutique et à s’asseoir, le Cheikh ayant accepté l’invitation, ils s’entretinrent un moment, tandis qu’al-’Alawi était absorbé par son travail.
Al Cheikh al-Bûzaydi, ayant manifesté le désir de prendre congé, fut prié de retourner auprès des deux amis et de ne plus interrompre ses visites. « Ses propos sont d’une teneur plus élevées que ce qu’on lit dans les livres », fit remarquer Ben sliman ibn ‘awda.
Le Cheikh revint voir les deux amis assez fréquemment, il avait tout naturellement fini par savoir qu’Ahmed al-’Alawi était passé maître dans l’art de charmer les serpents. « Peux-tu m’apporter une vipère et la charmer ici devant nous ? » lui demanda al-Bûzaydi. Hors des murs de la ville, le jeune charmeur, n’en ayant trouvé qu’une assez petite, longue seulement d’un demi bras, la rapporta et se mit à la charmer, comme il l’avait apprit au contact des ‘Issawi.
« Mais peux-tu en charmer une autre plus grande que celle-ci ? » demanda le Cheikh, « elles sont toutes pareilles pour moi » répondit al-’Alawi, « eh bien! Je vais t’en montrer une plus grande, plus dangereuse, si tu arrive à la dompter, alors tu seras vraiment un sage! », « mais ou donc est-elle ? » demanda al-’Alawi, « c’est ton âme (nafsûk) logée entre tes côtes, son venin est plus puissant que celui de la vipère, tu seras réellement un sage, si tu peux faire d’elle ce que tu fais de la gent vipérine…ne répète plus ces expériences… ».
L’âme pouvait-elle être plus mortelle que le venin d’une vipère ? Cette question de l’âme venimeuse obsédait le jeune homme, très vite, le Cheikh décela chez lui les qualités requises non seulement pour recevoir l’enseignement, mais aussi le diffuser à grande échelle, et il n’hésita pas à lui promettre un rang spirituel très élevé, « s’il vivait assez longtemps et si Allah le voulait ». Peu de temps après, Ahmed al-’Alawi ayant prit le Cheikh al-Bûzaydi pour guide spirituel, fut affilié à la confrérie Darqawi.
La reprise de l’éducation spirituelle sous le chapelet Darqawi du Cheikh Mohammed al-Bûzaydi (1994 – 1909).
Deux mois auparavant, Ben sliman ibn ‘awda était déjà reçu dans la confrérie, il n’en souffla pas un mot à son ami, lequel n’apprit la chose qu’après avoir été initié à son tour. Le Cheikh al-Bûzaydi lui révéla alors les types de litanies (al-Awrad) propres à la Darqawiya et lui recommanda de les réciter après la prière du matin et après celle du soir.
Une semaine s’écoula et voilà que le Cheikh s’entretint avec son disciple du Nom Suprême (Al Ism Al ‘Azam) et de la manière dont il fallait le prononcer, le cultiver, il lui ordonna, à cette fin, de s’y consacrer, mais faute de retraite spirituelle (khalwa), il était malaisé au disciple de pratique l’invocation du Nom Suprême, il chercha vainement un local ou il put s’adonner à cette initiation spéciale, il s’en plaignit à son Cheikh qui jugeât que le meilleur endroit pour s’isoler était assurément le cimetière. Mais dans la cité funéraire inquiétante le disciple malgré toute sa bonne volonté, ne put pratiquer son (Dhikr khass), s’en étant de nouveau ouvert au Maître, celui-ci lui fit remarquer qu’il ne l’avait aucunement obligé à se rendre au cimetière de nuit, comme il avait tenté de le faire, il lui ordonna de se contenter, pour le Dhikr, du dernier tiers de la nuit.
« Ainsi je pus pratiquer le Dhikr de nuit et rencontrer mon Maître de jour, tantôt chez moi, tantôt chez lui…parallèlement, je continuais à assister à des cours de sciences religieuses qui se donnaient au milieu de la journée et que j’avais déjà suivi auparavant…un jour, il m’interrogea pour connaître la nature des cours auxquels je tenais beaucoup…je lui appris qu’ils portaient sur l’unicité (at-Tawhid). « Sidi un tel , dit-il, avait baptisé ces cours (at-Tawhil) l’enlisement… le mieux pour toi, poursuivit-il, serait que tu te préoccupes maintenant de la purification de ton for interne (batinika) jusqu’à ce qu’il soit irradié de la lumière de ton seigneur, c’est alors seulement que tu connaîtras le sens de l’unicité…
Quant à la théologie (‘ilmou-l-kalam), seuls en profiteraient en vérité, les doutes et illusions accumulées…tu ferais mieux d’interrompre provisoirement ces cours, jusqu’à ce que tu finisses avec ton initiation du moment, car c’est un devoir que de privilégier l’important par rapport aux choses secondaires »…il m’était très pénible de me dispenser de ces enseignements, j’en fus très attristé, mais ma tristesse se dissipa aussitôt que j’eus troqué mes heures de lectures contre le Dhikr, d’autant plus que les résultats de celui-ci ne tardèrent pas à se manifester… »
Durant cette période d’approfondissement de son expérience soufique, Ahmed al-’Alawi, sous l’emprise de puissantes charges spirituelles, « pour endiguer les offensives de ce courant », écrivit (al-Minah al-qûddûssiya) et (Miftah ach-chûhûd fi madhahir al-wûjûd).
Quand il fut libéré du devoir de s’absorber dans le Nom Suprême, le Cheikh al-Bûzaydi lui permit de guider les hommes vers la voie Darqawiya. Effrayé, Ahmed al-’Alawi demanda au Maître : « mais, m’écouteront-ils ? » il lui répondit : « tu seras semblable à un lion, pour peu que tu mettes la main sur quelques chose, tu le maîtriseras et il sera entièrement à toi » « et il en fut ainsi toute les fois que je parlais avec quelqu’un et que je décidais de le guider vers la voie, je le trouvais docile, obéissant, malléable…de sorte que la confrérie étendit son audience, louange à Allah… ».
Il est très vraisemblable qu’Ahmed al-’Alawi ne resta pas longtemps effacé, nous pensons en effet qu’en moins d’une année, il s’attira la confiance totale de son Maître, en raison de son aptitude foncière à appréhender les subtilités du soufisme, de la sincérité de ses sentiments, de la solidité de sa foi, de sa réalisation spirituelle précoce « tahaqqaqa ».
Il ne serait donc pas étonnant de le voir désigner comme Mûqaddam (délégué) du Cheikh al-Bûzaydi à l’age de 25 ans (1894). Ce qui nous confirme dans cette idée, c’est cette phrase du même fragment autobiographique, citée juste après qu’il eut parlé de sa réalisation spirituelle. « Puis je suis resté 15 ans en sa compagnie, faisant tout ce qui était en mon pouvoir, afin que la voie Darqawiya triomphât… ».
La boutique des deux amis revêtait plus le cachet d’une zawiya que celui d’un lieu de commerce, de nuit le Cheikh al-Bûzaydi prodiguait des enseignements aux disciples qui affluaient de plus en plus nombreux. De jour, on s’y adonnait au dhikr, « durant cette période, je négligeais mes intérêts tant et si bien que, n’eût été mon frère sidi Ben sliman ibn ‘awda, qui en avait prit grand soin, j’eusse à coup sûr fais faillite, le contraire se produisit et notre capital ne diminua guère… »....................................................
Cheikh al-
C’est à Tijditt, faubourg de Mostaganem en 1869 que naquit Ahmed ben ‘Aliwa, plus connu sous le nom d’al-’Alawi, il avait deux sœurs, sa mère Fatima était une femme pieuse, son père Mustapha par fierté ne laissait lire ou deviner sur ses traits les moindres séquelles du besoins dans lesquelles se débattait sa famille. N’ayant jamais envoyé son fils unique au Kûttab (ne fut-ce qu’un seul jour), il s’occupa lui-même de son instruction, à la maison, il lui apprit à lire et surtout le Coran jusqu’à la Sourate ar-Rahman.
Mais le père mourut en 1886, alors que son fils consommait ses dix septième années. La nécessité se fit plus urgente au sein de l’humble famille, le jeune Ahmed vibrant de tout son être au malheur des siens, dut remplacer le père disparu et exercer divers métiers, ce fut surtout celui de cordonnier qu’il maîtrisa le mieux et qu’il lui permit d’assurer une certaine aisance matérielle.
Plusieurs années durant, la maroquinerie l’occupa, puis il s’adonna au commerce, déjà une soif ardente de connaissances spirituelles s’était irrésistiblement emparé de lui. Elle était loin d’être assouvie, en raison de ses occupations profanes;
« Si je n’avais eu un certain don et une certaine intelligence native, je n’aurai probablement rien appris qui vaille la peine d’en parler… ».
Il se rattrapait surtout la nuit, aidé en cela par quelques Cheikhs qu’il invitait chez lui, s’adonnant à l’étude avec frénésie, il dévorait livre sur livre et cela l’absorbait des nuits entières, à tel enseigne que son épouse en prit ombrage et finit par demander le divorce, trouvant qu’il n’accomplissait pas ses devoirs conjugaux; « elle avait en vérité, quelques raison de se plaindre de moi… ».
Cette assiduité aux enseignements (sous les chapelets) des Cheikhs de fortune, permit au jeune Ahmed de cultiver une certaine ascèse mentale, d’appréhender quelques subtilités de doctrine et d’élargir progressivement les horizons de ses connaissances, d’autant plus facilement qu’il était porté sur la science des soufis (‘ilm al-Qawm), à qui désormais il ne faussa presque plus compagnie.
La nécessité de travailler de jour ne faisait que rendre cette soif de connaissances encore plus lancinante, c’était donc de nuit que, quittant son logis, il allait assistait aux enseignements et participer aux séances de remémorations (Dhikr), sa mère se tourmentait d’autant plus pour lui, que la maison familiale, située hors de la ville, était isolée et périlleux le chemin, aussi se dressait-elle contre son fils, employant tous les moyens pour le détourner, mais en vain.
Le ‘Issawi virtuose et inspiré (1886 – 1894)
De 1886 à 1894, il fut incontestablement marqué par la confrérie ‘Issawi, dont l’un des Maîtres, par sa pureté, sa droiture, sa piété sans équivoque, l’avait conquit. S’étant scrupuleusement conformé aux préceptes de la confrérie en question, il acquit très vite une telle adresse dans l’accomplissement des pratiques ‘Issawi, que tous ses confrères en devinrent à l’admirer, une auréole de prestige l’enveloppait, il acquit la réputation d’un ‘Issawi accompli, capable d’exécuter sans défaillir tous les actes prodigieux dont s’en orgueillisaient les membres de la confrérie, « dans mon ignorance, je pensais que les prouesses, les exhibitions, les prodiges (qu’on cherchait à accomplir), était réellement des modes de me rapprocher d’Allah. »
Ayant vu un jour, une feuille de papier accrochée à mur, il lu une formule qui y était imprimée et qu’on attribuait au prophète, il ne lui en fallut pas d’avantage pour le détourner des pratiques (hétérodoxes), se contentant désormais de s’adonner au prières libres, aux invocations et aux litanies. Non seulement il se retira de la confrérie, mais il en arriva à pouvoir provoquer la défection des frères et à détourner même toute la confrérie, peine perdue. Il rompit donc, de ces contacts, il ne réussit pas encore à désapprendre la pratique de charmer les serpents et les vipères, seul ou en présence de quelques amis.
Le premier tournant, ou la connaissance du Cheikh Mohammed al-Bûzaydi (1894)
Désorienté, parce que désormais sans guide spirituel, Ahmed al-’Alawi s’en était ouvert à son ami et associé en matière de commerce, Ben sliman ibn ‘awda, celui-ci lui parla longuement et avec une emphase sincère d’un certain Cheikh, homme pieux, rentré du Maroc, Hammû al Cheikh al-Bûzaydi. Celui-ci vivait certes effacé, mais sa droiture d’âme, ses vastes connaissances sur le plan soufique, sa douceur malgré les adversités, tout semblait le désigner comme seul guide spirituel valable dans Mostaganem, c’est du moins ce que pensait Ben sliman ibn ‘awda, l’ami de Ahmed al-’Alawi.
Ces propos laissèrent un profond échos chez ce dernier avide d’idéal spirituel, aussi décida-il de faire sa connaissance. Le destin s’en chargea, quelques temps après l’arrêt de cette décision, alors que les deux amis et associés étaient dans leurs boutique, voilà que Hammû Cheikh al-Bûzaydi passait, Ben sliman ibn ‘awda s’avança vers lui, l’invita à entrer dans la boutique et à s’asseoir, le Cheikh ayant accepté l’invitation, ils s’entretinrent un moment, tandis qu’al-’Alawi était absorbé par son travail.
Al Cheikh al-Bûzaydi, ayant manifesté le désir de prendre congé, fut prié de retourner auprès des deux amis et de ne plus interrompre ses visites. « Ses propos sont d’une teneur plus élevées que ce qu’on lit dans les livres », fit remarquer Ben sliman ibn ‘awda.
Le Cheikh revint voir les deux amis assez fréquemment, il avait tout naturellement fini par savoir qu’Ahmed al-’Alawi était passé maître dans l’art de charmer les serpents. « Peux-tu m’apporter une vipère et la charmer ici devant nous ? » lui demanda al-Bûzaydi. Hors des murs de la ville, le jeune charmeur, n’en ayant trouvé qu’une assez petite, longue seulement d’un demi bras, la rapporta et se mit à la charmer, comme il l’avait apprit au contact des ‘Issawi.
« Mais peux-tu en charmer une autre plus grande que celle-ci ? » demanda le Cheikh, « elles sont toutes pareilles pour moi » répondit al-’Alawi, « eh bien! Je vais t’en montrer une plus grande, plus dangereuse, si tu arrive à la dompter, alors tu seras vraiment un sage! », « mais ou donc est-elle ? » demanda al-’Alawi, « c’est ton âme (nafsûk) logée entre tes côtes, son venin est plus puissant que celui de la vipère, tu seras réellement un sage, si tu peux faire d’elle ce que tu fais de la gent vipérine…ne répète plus ces expériences… ».
L’âme pouvait-elle être plus mortelle que le venin d’une vipère ? Cette question de l’âme venimeuse obsédait le jeune homme, très vite, le Cheikh décela chez lui les qualités requises non seulement pour recevoir l’enseignement, mais aussi le diffuser à grande échelle, et il n’hésita pas à lui promettre un rang spirituel très élevé, « s’il vivait assez longtemps et si Allah le voulait ». Peu de temps après, Ahmed al-’Alawi ayant prit le Cheikh al-Bûzaydi pour guide spirituel, fut affilié à la confrérie Darqawi.
La reprise de l’éducation spirituelle sous le chapelet Darqawi du Cheikh Mohammed al-Bûzaydi (1994 – 1909).
Deux mois auparavant, Ben sliman ibn ‘awda était déjà reçu dans la confrérie, il n’en souffla pas un mot à son ami, lequel n’apprit la chose qu’après avoir été initié à son tour. Le Cheikh al-Bûzaydi lui révéla alors les types de litanies (al-Awrad) propres à la Darqawiya et lui recommanda de les réciter après la prière du matin et après celle du soir.
Une semaine s’écoula et voilà que le Cheikh s’entretint avec son disciple du Nom Suprême (Al Ism Al ‘Azam) et de la manière dont il fallait le prononcer, le cultiver, il lui ordonna, à cette fin, de s’y consacrer, mais faute de retraite spirituelle (khalwa), il était malaisé au disciple de pratique l’invocation du Nom Suprême, il chercha vainement un local ou il put s’adonner à cette initiation spéciale, il s’en plaignit à son Cheikh qui jugeât que le meilleur endroit pour s’isoler était assurément le cimetière. Mais dans la cité funéraire inquiétante le disciple malgré toute sa bonne volonté, ne put pratiquer son (Dhikr khass), s’en étant de nouveau ouvert au Maître, celui-ci lui fit remarquer qu’il ne l’avait aucunement obligé à se rendre au cimetière de nuit, comme il avait tenté de le faire, il lui ordonna de se contenter, pour le Dhikr, du dernier tiers de la nuit.
« Ainsi je pus pratiquer le Dhikr de nuit et rencontrer mon Maître de jour, tantôt chez moi, tantôt chez lui…parallèlement, je continuais à assister à des cours de sciences religieuses qui se donnaient au milieu de la journée et que j’avais déjà suivi auparavant…un jour, il m’interrogea pour connaître la nature des cours auxquels je tenais beaucoup…je lui appris qu’ils portaient sur l’unicité (at-Tawhid). « Sidi un tel , dit-il, avait baptisé ces cours (at-Tawhil) l’enlisement… le mieux pour toi, poursuivit-il, serait que tu te préoccupes maintenant de la purification de ton for interne (batinika) jusqu’à ce qu’il soit irradié de la lumière de ton seigneur, c’est alors seulement que tu connaîtras le sens de l’unicité…
Quant à la théologie (‘ilmou-l-kalam), seuls en profiteraient en vérité, les doutes et illusions accumulées…tu ferais mieux d’interrompre provisoirement ces cours, jusqu’à ce que tu finisses avec ton initiation du moment, car c’est un devoir que de privilégier l’important par rapport aux choses secondaires »…il m’était très pénible de me dispenser de ces enseignements, j’en fus très attristé, mais ma tristesse se dissipa aussitôt que j’eus troqué mes heures de lectures contre le Dhikr, d’autant plus que les résultats de celui-ci ne tardèrent pas à se manifester… »
Durant cette période d’approfondissement de son expérience soufique, Ahmed al-’Alawi, sous l’emprise de puissantes charges spirituelles, « pour endiguer les offensives de ce courant », écrivit (al-Minah al-qûddûssiya) et (Miftah ach-chûhûd fi madhahir al-wûjûd).
Quand il fut libéré du devoir de s’absorber dans le Nom Suprême, le Cheikh al-Bûzaydi lui permit de guider les hommes vers la voie Darqawiya. Effrayé, Ahmed al-’Alawi demanda au Maître : « mais, m’écouteront-ils ? » il lui répondit : « tu seras semblable à un lion, pour peu que tu mettes la main sur quelques chose, tu le maîtriseras et il sera entièrement à toi » « et il en fut ainsi toute les fois que je parlais avec quelqu’un et que je décidais de le guider vers la voie, je le trouvais docile, obéissant, malléable…de sorte que la confrérie étendit son audience, louange à Allah… ».
Il est très vraisemblable qu’Ahmed al-’Alawi ne resta pas longtemps effacé, nous pensons en effet qu’en moins d’une année, il s’attira la confiance totale de son Maître, en raison de son aptitude foncière à appréhender les subtilités du soufisme, de la sincérité de ses sentiments, de la solidité de sa foi, de sa réalisation spirituelle précoce « tahaqqaqa ».
Il ne serait donc pas étonnant de le voir désigner comme Mûqaddam (délégué) du Cheikh al-Bûzaydi à l’age de 25 ans (1894). Ce qui nous confirme dans cette idée, c’est cette phrase du même fragment autobiographique, citée juste après qu’il eut parlé de sa réalisation spirituelle. « Puis je suis resté 15 ans en sa compagnie, faisant tout ce qui était en mon pouvoir, afin que la voie Darqawiya triomphât… ».
La boutique des deux amis revêtait plus le cachet d’une zawiya que celui d’un lieu de commerce, de nuit le Cheikh al-Bûzaydi prodiguait des enseignements aux disciples qui affluaient de plus en plus nombreux. De jour, on s’y adonnait au dhikr, « durant cette période, je négligeais mes intérêts tant et si bien que, n’eût été mon frère sidi Ben sliman ibn ‘awda, qui en avait prit grand soin, j’eusse à coup sûr fais faillite, le contraire se produisit et notre capital ne diminua guère… »....................................................
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