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Diatribe à la face des Kabyles traités de “brailleurs des rues”
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09 Mar 2010 06:08 #49575
par kredence
“La Fête des Kabytchous”, de Nadia Mohia
Diatribe à la face des Kabyles traités de “brailleurs des rues”
Par : Abdennour Abdesselam
S’il est alors du droit et du devoir pour un auteur de jeter un regard critique utile et nécessaire sur sa société, il n’en demeure pas moins que les limites de la réalité décrite devraient être respectées.
Au-delà du réel étudié, la critique glisse et se transforme en un exutoire qui exprime, en vérité, une situation mal assumée.
C’est le cas du livre déversoir de Nadia Mohia (sœur de Mouhend U Yahya) intitulé la Fête des Kabytchous.
D’entrée, le titre à lui seul, inconvenant et provocateur, suggère une véritable diatribe jetée à la face de la société kabyle.
À longueur du texte, les Kabyles sont généreusement servis de tous les qualificatifs parfois relevant de l’inquisition et d’un état d’abjection.
Bien que présenté en plusieurs chapitres, le livre se scinde essentiellement en deux grandes parties.
La première est un long récit plutôt autobiographique qui décrit les péripéties d’une famille aux prises avec sa condition marquée par les tumultes d’une vie commune à toutes les souffrances et les difficultés des gens de la montagne.
La société kabyle est décrite, par déformation, sans âme, sans esprit de responsabilité, sans mode, ni sens de vie, sans héritage intellectuel, sans vision du monde, sinon une vision étroite, plate et archaïque.
Un monde désolant où sont figés des primates humains. Nadia Mohia présente la Kabylie comme “un cauchemar de mon enfance” (page 43), pendant qu’ailleurs on voue du respect à son lieu de naissance comme à une mère.
Les ethnologues colonialistes les plus zélés, les plus astreignants, les plus asservissants n’ont pas fait mieux.
Elle fait dire à son frère en page 128 : “Nous les Kabyles, nous n’avons pas été construits, étayés, édifiés, orientés dans le bon sens.”
En page 132, elle affirme : “Mon frère voyait que la majorité (des Kabyles, ndlr) choisissait la mythologie amazighiste et ses chimères.”
Plus loin, elle lui fait dire encore : “Ce qui fait défaut, à ces Kabyles, c’est une raison.”
Quel crédit peuvent-elles avoir de telles déclarations supposées sorties de la bouche de celui qui a été une des continuités justement de la raison kabyle ?
Car une société ainsi décrite “sans raison” et de surcroît frappée d’une “impotence congénitale”, ne peut absolument pas avoir les capacités nécessaires de compréhension, de discernement et encore moins accéder à la portée du verbe des illustres hellénistes comme Molière, Brecht, Pirandello, pour ne citer que ceux-là, et que Mouhend U Yahya a magistralement traduit dans cette langue kabyle frappée de plein fouet de cette ahurissante “impotence” et de ce mystérieux sceau de “chimères”.
Comment expliquer alors qu’il soit devenu, à travers son œuvre immense écrite directement en kabyle, une institution, un patrimoine autour duquel des études et de mémoires en milieu universitaire lui sont consacrés et que ses pièces théâtrales sont jouées à guichet fermé.
Il y a là une flagrante confusion entre le message humoristique de la dramaturgie utilisée avec art, adresse et habileté par Mohend U Yahya et les élucubrations présentées sous forme de confidences/testament par Nadia qui s’adonne à la flagellation gratuite et démesurée de sa propre société. Tout comme elle confond l’humour et la dérision.
L’auteure semble ne pas comprendre que le savoir et la célébrité ne s’héritent pas. Ils se méritent et s’acquièrent plutôt à la force de la volonté, de l’assiduité, de la réflexion et de l’intelligence.
Le personnage de Mouhend U Yahya, présenté, à tort, comme méprisant sa société, dépasse le milieu familial dans l’espace, dans le temps et dans l’instant.
Selon Nadia et à la page 134, les Kabyles “créent eux-mêmes la réalité qu’ils dénoncent”.
Suivant sa logique, il n’y a donc pas eu de déni identitaire, ce serait eux qui auraient alors construit les commissariats de l’ex-Sécurité militaire (la SM) où des militants subissaient d’affreuses tortures, qu’ils auraient eux-mêmes édifié les terribles prisons de Lambèze et de Berrouaguia où ont croupi des militants qui ont payé de leur liberté pour avoir revendiqué, avec conscience et responsabilité, le droit à l’existence de leur langue, de leur culture et de leur histoire, d’autres se seraient volontairement donné la mort en martyrs au Printemps noir de 2001, etc.
Pourtant, c’est le poète dramaturge Mouhend U Yahya qui a lui-même célébré et composé des poèmes en hommage à ces prisonniers de ces mêmes prisons et interprétés par d’illustres chanteurs.
Comment peut-elle affirmer que les Kabyles développent un rejet de la langue arabe populaire comme étant leur souffre-douleur alors que ce sont eux, eux seuls, qui l’ont revendiquée au même statut que la leur lors du séminaire de Yakouren tenu en juillet 1980 ?
Mais de là à traiter, du haut d’un doctorat en psychopathologie et psychanalyse et à la page 130, les milliers de jeunes manifestants kabyles de “brailleurs de rue”, c'est-à-dire “d’ânes”, cela donne le vertige le plus vertigineux.
L’auteur de la Fête des Kabytchous aura ainsi atteint le summum de l’outrage et de l’offense.
Et comme pour mieux se faufiler entre la pensée et le verbe homérique de son frère, elle écrit : “Les idées avancées ici ne sont guère différentes de celles que mon frère aimait à exprimer, il me plaît de le penser.”
Voilà s’adonner à un malin plaisir à crucifier encore du kabyle.
Liberte
Diatribe à la face des Kabyles traités de “brailleurs des rues”
Par : Abdennour Abdesselam
S’il est alors du droit et du devoir pour un auteur de jeter un regard critique utile et nécessaire sur sa société, il n’en demeure pas moins que les limites de la réalité décrite devraient être respectées.
Au-delà du réel étudié, la critique glisse et se transforme en un exutoire qui exprime, en vérité, une situation mal assumée.
C’est le cas du livre déversoir de Nadia Mohia (sœur de Mouhend U Yahya) intitulé la Fête des Kabytchous.
D’entrée, le titre à lui seul, inconvenant et provocateur, suggère une véritable diatribe jetée à la face de la société kabyle.
À longueur du texte, les Kabyles sont généreusement servis de tous les qualificatifs parfois relevant de l’inquisition et d’un état d’abjection.
Bien que présenté en plusieurs chapitres, le livre se scinde essentiellement en deux grandes parties.
La première est un long récit plutôt autobiographique qui décrit les péripéties d’une famille aux prises avec sa condition marquée par les tumultes d’une vie commune à toutes les souffrances et les difficultés des gens de la montagne.
La société kabyle est décrite, par déformation, sans âme, sans esprit de responsabilité, sans mode, ni sens de vie, sans héritage intellectuel, sans vision du monde, sinon une vision étroite, plate et archaïque.
Un monde désolant où sont figés des primates humains. Nadia Mohia présente la Kabylie comme “un cauchemar de mon enfance” (page 43), pendant qu’ailleurs on voue du respect à son lieu de naissance comme à une mère.
Les ethnologues colonialistes les plus zélés, les plus astreignants, les plus asservissants n’ont pas fait mieux.
Elle fait dire à son frère en page 128 : “Nous les Kabyles, nous n’avons pas été construits, étayés, édifiés, orientés dans le bon sens.”
En page 132, elle affirme : “Mon frère voyait que la majorité (des Kabyles, ndlr) choisissait la mythologie amazighiste et ses chimères.”
Plus loin, elle lui fait dire encore : “Ce qui fait défaut, à ces Kabyles, c’est une raison.”
Quel crédit peuvent-elles avoir de telles déclarations supposées sorties de la bouche de celui qui a été une des continuités justement de la raison kabyle ?
Car une société ainsi décrite “sans raison” et de surcroît frappée d’une “impotence congénitale”, ne peut absolument pas avoir les capacités nécessaires de compréhension, de discernement et encore moins accéder à la portée du verbe des illustres hellénistes comme Molière, Brecht, Pirandello, pour ne citer que ceux-là, et que Mouhend U Yahya a magistralement traduit dans cette langue kabyle frappée de plein fouet de cette ahurissante “impotence” et de ce mystérieux sceau de “chimères”.
Comment expliquer alors qu’il soit devenu, à travers son œuvre immense écrite directement en kabyle, une institution, un patrimoine autour duquel des études et de mémoires en milieu universitaire lui sont consacrés et que ses pièces théâtrales sont jouées à guichet fermé.
Il y a là une flagrante confusion entre le message humoristique de la dramaturgie utilisée avec art, adresse et habileté par Mohend U Yahya et les élucubrations présentées sous forme de confidences/testament par Nadia qui s’adonne à la flagellation gratuite et démesurée de sa propre société. Tout comme elle confond l’humour et la dérision.
L’auteure semble ne pas comprendre que le savoir et la célébrité ne s’héritent pas. Ils se méritent et s’acquièrent plutôt à la force de la volonté, de l’assiduité, de la réflexion et de l’intelligence.
Le personnage de Mouhend U Yahya, présenté, à tort, comme méprisant sa société, dépasse le milieu familial dans l’espace, dans le temps et dans l’instant.
Selon Nadia et à la page 134, les Kabyles “créent eux-mêmes la réalité qu’ils dénoncent”.
Suivant sa logique, il n’y a donc pas eu de déni identitaire, ce serait eux qui auraient alors construit les commissariats de l’ex-Sécurité militaire (la SM) où des militants subissaient d’affreuses tortures, qu’ils auraient eux-mêmes édifié les terribles prisons de Lambèze et de Berrouaguia où ont croupi des militants qui ont payé de leur liberté pour avoir revendiqué, avec conscience et responsabilité, le droit à l’existence de leur langue, de leur culture et de leur histoire, d’autres se seraient volontairement donné la mort en martyrs au Printemps noir de 2001, etc.
Pourtant, c’est le poète dramaturge Mouhend U Yahya qui a lui-même célébré et composé des poèmes en hommage à ces prisonniers de ces mêmes prisons et interprétés par d’illustres chanteurs.
Comment peut-elle affirmer que les Kabyles développent un rejet de la langue arabe populaire comme étant leur souffre-douleur alors que ce sont eux, eux seuls, qui l’ont revendiquée au même statut que la leur lors du séminaire de Yakouren tenu en juillet 1980 ?
Mais de là à traiter, du haut d’un doctorat en psychopathologie et psychanalyse et à la page 130, les milliers de jeunes manifestants kabyles de “brailleurs de rue”, c'est-à-dire “d’ânes”, cela donne le vertige le plus vertigineux.
L’auteur de la Fête des Kabytchous aura ainsi atteint le summum de l’outrage et de l’offense.
Et comme pour mieux se faufiler entre la pensée et le verbe homérique de son frère, elle écrit : “Les idées avancées ici ne sont guère différentes de celles que mon frère aimait à exprimer, il me plaît de le penser.”
Voilà s’adonner à un malin plaisir à crucifier encore du kabyle.
Liberte
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- MOEZ
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11 Mar 2010 15:34 #49576
par MOEZ
Réponse de MOEZ sur le sujet Diatribe à la face des Kabyles traités de “brailleurs des rues”
Salam :
Les scandinaves qui sont pour moi le peuple le plus civilisé et démocrate ouvert du monde ….. Ils étaient KOI, eh bien ils n'étaient même pas bergers ..... ils étaient des barbares, assassins qui vivaient par les razzia …..
Mais est ce une raison pour changer la réalité ou avoir un complexe ….. Non …. Wallou ….. Uluc …..
En effet, ce grand peuple qui est le peuple scandinave enseigne son histoire noire en toute objectivité sans avoir aucun ressentiment a la différence de nos peuples sous développés et qui veulent faire entrer mythes et sentiments même dans une banale équation matheuse de 1 + 1 = 2
Cher madame Nadia :
Ce n'est pas de tout une honte d'être un montagnard ..... J'bayeli .....
Les scandinaves qui sont pour moi le peuple le plus civilisé et démocrate ouvert du monde ….. Ils étaient KOI, eh bien ils n'étaient même pas bergers ..... ils étaient des barbares, assassins qui vivaient par les razzia …..
Mais est ce une raison pour changer la réalité ou avoir un complexe ….. Non …. Wallou ….. Uluc …..
En effet, ce grand peuple qui est le peuple scandinave enseigne son histoire noire en toute objectivité sans avoir aucun ressentiment a la différence de nos peuples sous développés et qui veulent faire entrer mythes et sentiments même dans une banale équation matheuse de 1 + 1 = 2
Cher madame Nadia :
Ce n'est pas de tout une honte d'être un montagnard ..... J'bayeli .....
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- au_gré_du_vent
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11 Mar 2010 16:19 #49577
par au_gré_du_vent
Réponse de au_gré_du_vent sur le sujet Diatribe à la face des Kabyles traités de “brailleurs des rues”
je reste sans voix devant une telle stupidité, et dire qu'elle est la sœur d'un grand symbole!!!
voici un article sur mm le sujet
LES KABYTCHOUS À BÉJAÏA
Nadia gache la fete a mohia
08 Mars 2010 - Page : 21
Devant une assistance médusée, la conférencière, qui devait faire la promotion de son livre La fête des Kakytchous samedi dans la capitale des Hammadites, a déclaré que la langue française était la langue maternelle des Algériens.
L’homme de théâtre, artiste et ardent défenseur de la langue amazighe que fut et que demeurera son frère, particulièrement en pays kabyle, a dû se retourner dans sa tombe au moment où sa soeur a prononcé ces mots: «La langue française est notre langue maternelle.» Tout ne se passait pas pour le mieux pour Nadia Mohia qui devait débattre de son livre ce samedi au niveau de la petite salle de la Maison de la culture de Béjaïa.
Les raisons? Elles n’étaient pas trop nombreuses. Alors que l’assistance attendait l’intervenante sur le parcours de Abdellah Mohia, son itinéraire artistique, ses engagements politiques...cette dernière s’est lancée dans des confidences d’ordre privé. Du genre que Mohia n’était pas un enfant désiré et qu’il n’a vu le jour qu’après une longue attente qui a mis en question la capacité de sa génitrice de mettre un enfant au monde...Nadia a aussi défendu la thèse selon laquelle son frère aurait quitté son pays pour ne pas faire son service militaire...Bref, des informations dont se serait passé l’assistance, à en juger par la réaction de certains auditeurs. «C’est curieux, on a tout juste l’impression si elle n’a pas envie de minimiser l’oeuvre monumentale de son frère», nous a confié un fan invétéré de l’artiste. Nadia Mohia a jeté un peu plus de trouble dans l’assistance lorsque lui fut posée la question de la gestion future de l’oeuvre de son frère. «Le seul ayant droit est son fils qui a aujourd’hui vingt-cinq ans, moi et mes autres frères ne sommes que des personnes morales», a déclaré la conférencière. Y aurait-il déjà une guerre de succession qui se profile autour du colossal travail et héritage de Mohia? Illustre inconnue, en Algérie, jusqu’au jour de la publication de La fête des Kabytchous, Nadia Mohia qui s’est présentée comme étant psychologue et anthropologue, n’a-t-elle pas voulu jouer sur cette corde sensible qui unit Mohand Ouyahia au peuple kabyle auquel il savait si tendrement s’adresser et qu’il a réussi à apprivoiser pour uniquement réussir une opération promotionnelle? On peut se poser la question en prenant le risque de nous tromper.
Nadia Mohia aura en tous les cas contribué, peut-être de façon maladroite, à instaurer un tel climat qui n’est pas fait pour rendre service à son défunt frère pour atteindre la notoriété. Car l’argent, il ne courait pas après.
Ses créations enregistrées qui étaient limitées en nombre, étaient le plus souvent conçues de manière artisanale et circulaient souvent sous le manteau. L’oeuvre quant à elle, était monumentale, majestueuse.
Adapter Pirandello, Berthold Brecht, Molière ou le Chinois Lou Sin en kabyle, relevait tout simplement d’un tour de force qu’aucun homme de culture n’avait osé avant lui. Il l’a extraordinairement réussi et accompli dans sa langue maternelle: le kabyle. En ce sens, Nadia Mohia ne l’a-t-elle pas poignardé dans le dos après avoir déclaré que «le français est notre langue maternelle»? Aussitôt dit, un participant à sa conférence qui a eu lieu dans la petite salle de la Maison de la culture de Béjaïa, a pris la parole pour lui rétorquer: «En disant que le français est notre langue maternelle, vous venez de commettre une erreur historique. Vous donnez au public l’impression de ne pas connaître votre frère, artiste et homme de théâtre.»
Nadia Mohia s’est excusée. Même si Mohand Ouyahia demeure inconnu du grand public, son oeuvre lui a taillé une stature qui n’a d’égale que son immense talent. «Je l’ai connu en 1974 en France. Il était militant de l’Académie berbère. Sa disparition aujourd’hui est une immense perte pour la culture algérienne, notamment kabyle. En fait, beaucoup ne connaissent pas ses créations et les multiples facettes de son talent. De ce fait, ils ignorent ce qu’il a pu apporter et donner à notre culture, car il était encore jeune», a témoigné, lors de sa disparition, l’immense poète kabyle, Lounis Aït Menguellet.
Le public avait soif de connaître un peu plus l’artiste. C’est justement ce qu’a omis de faire dans son livre et au cours de son intervention, sa soeur Nadia Mohia qui s’est contentée d’une vente-dédicace samedi à Béjaïa.
Mohamed TOUATI
www.lexpressiondz.com/article/3/2010-03-08/73875.html
voici un article sur mm le sujet
LES KABYTCHOUS À BÉJAÏA
Nadia gache la fete a mohia
08 Mars 2010 - Page : 21
Devant une assistance médusée, la conférencière, qui devait faire la promotion de son livre La fête des Kakytchous samedi dans la capitale des Hammadites, a déclaré que la langue française était la langue maternelle des Algériens.
L’homme de théâtre, artiste et ardent défenseur de la langue amazighe que fut et que demeurera son frère, particulièrement en pays kabyle, a dû se retourner dans sa tombe au moment où sa soeur a prononcé ces mots: «La langue française est notre langue maternelle.» Tout ne se passait pas pour le mieux pour Nadia Mohia qui devait débattre de son livre ce samedi au niveau de la petite salle de la Maison de la culture de Béjaïa.
Les raisons? Elles n’étaient pas trop nombreuses. Alors que l’assistance attendait l’intervenante sur le parcours de Abdellah Mohia, son itinéraire artistique, ses engagements politiques...cette dernière s’est lancée dans des confidences d’ordre privé. Du genre que Mohia n’était pas un enfant désiré et qu’il n’a vu le jour qu’après une longue attente qui a mis en question la capacité de sa génitrice de mettre un enfant au monde...Nadia a aussi défendu la thèse selon laquelle son frère aurait quitté son pays pour ne pas faire son service militaire...Bref, des informations dont se serait passé l’assistance, à en juger par la réaction de certains auditeurs. «C’est curieux, on a tout juste l’impression si elle n’a pas envie de minimiser l’oeuvre monumentale de son frère», nous a confié un fan invétéré de l’artiste. Nadia Mohia a jeté un peu plus de trouble dans l’assistance lorsque lui fut posée la question de la gestion future de l’oeuvre de son frère. «Le seul ayant droit est son fils qui a aujourd’hui vingt-cinq ans, moi et mes autres frères ne sommes que des personnes morales», a déclaré la conférencière. Y aurait-il déjà une guerre de succession qui se profile autour du colossal travail et héritage de Mohia? Illustre inconnue, en Algérie, jusqu’au jour de la publication de La fête des Kabytchous, Nadia Mohia qui s’est présentée comme étant psychologue et anthropologue, n’a-t-elle pas voulu jouer sur cette corde sensible qui unit Mohand Ouyahia au peuple kabyle auquel il savait si tendrement s’adresser et qu’il a réussi à apprivoiser pour uniquement réussir une opération promotionnelle? On peut se poser la question en prenant le risque de nous tromper.
Nadia Mohia aura en tous les cas contribué, peut-être de façon maladroite, à instaurer un tel climat qui n’est pas fait pour rendre service à son défunt frère pour atteindre la notoriété. Car l’argent, il ne courait pas après.
Ses créations enregistrées qui étaient limitées en nombre, étaient le plus souvent conçues de manière artisanale et circulaient souvent sous le manteau. L’oeuvre quant à elle, était monumentale, majestueuse.
Adapter Pirandello, Berthold Brecht, Molière ou le Chinois Lou Sin en kabyle, relevait tout simplement d’un tour de force qu’aucun homme de culture n’avait osé avant lui. Il l’a extraordinairement réussi et accompli dans sa langue maternelle: le kabyle. En ce sens, Nadia Mohia ne l’a-t-elle pas poignardé dans le dos après avoir déclaré que «le français est notre langue maternelle»? Aussitôt dit, un participant à sa conférence qui a eu lieu dans la petite salle de la Maison de la culture de Béjaïa, a pris la parole pour lui rétorquer: «En disant que le français est notre langue maternelle, vous venez de commettre une erreur historique. Vous donnez au public l’impression de ne pas connaître votre frère, artiste et homme de théâtre.»
Nadia Mohia s’est excusée. Même si Mohand Ouyahia demeure inconnu du grand public, son oeuvre lui a taillé une stature qui n’a d’égale que son immense talent. «Je l’ai connu en 1974 en France. Il était militant de l’Académie berbère. Sa disparition aujourd’hui est une immense perte pour la culture algérienne, notamment kabyle. En fait, beaucoup ne connaissent pas ses créations et les multiples facettes de son talent. De ce fait, ils ignorent ce qu’il a pu apporter et donner à notre culture, car il était encore jeune», a témoigné, lors de sa disparition, l’immense poète kabyle, Lounis Aït Menguellet.
Le public avait soif de connaître un peu plus l’artiste. C’est justement ce qu’a omis de faire dans son livre et au cours de son intervention, sa soeur Nadia Mohia qui s’est contentée d’une vente-dédicace samedi à Béjaïa.
Mohamed TOUATI
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11 Mar 2010 22:08 #49578
par imsar
Réponse de imsar sur le sujet Diatribe à la face des Kabyles traités de “brailleurs des rues”
Les intellectuelles qui vivent loin de la réalité du peuple finissent par perdre la raison
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