Comprendre l’histoire de la résistance palestinienne (3)

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05 Mar 2010 16:33 #49202 par Jalal
Pour nombre de révolutionnaires arabes, les États nationaux n’étaient simplement « pas » favorables à la la guerre de libération prolongée en Palestine, alors qu’en réalité et suivant l’analyse marxiste-léniniste-maoïste, ils étaient et sont contre.

Les dirigeants des « États nationaux » acceptent l’ordre mondial impérialiste qui a divisé le monde arabe en de multiples pays et sont donc objectivement la guerre populaire prolongée des masses arabes.

De la même manière, les révolutionnaires arabes ont souvent objectivement accordé un rôle favorable à l’impérialisme français.

Alors qu’en fait, l’impérialisme français se rendant compte qu’en appuyant Israël à l’ombre de l’hégémonie américaine, il n’y avait que des miettes à gagner, s’était lancé dans une politique de soutien aux régimes arabes – la fameuse « politique arabe de la France. »

Ses points d’appuis étaient alors la Liban (où l’impérialisme français était déjà présent), l’Irak (en profitant de l’hostilité vis-à-vis des anglo-saxons depuis la guerre de juin 1967), l’Égypte et la Syrie (avec l’assentiment des impérialistes russes dominants), l’Algérie (à partager avec l’U.R.S.S.), le Maroc et la Tunisie, etc.

Les contradictions inter-impérialistes font que la guerre ne peut être que permanente; les impérialisme français et allemands s’étaient opposés à la guerre US contre l’Irak pour des raisons stratégiques, tout comme la question libanaise ne se comprend pas sans voir l’hégémonie française.

Dans ce cadre d’affrontements, ce que vise les impérialistes; c’est que les peuples arabes paralysés politiquement et idéologiquement retrouvent en silence leurs usines, leurs champs, leur misère.

Dans ce cadre, seule la Chine Rouge a exalté et soutenu sans réserve la guerre de libération palestinienne; elle a été le premier Etat non-arabe à défendre l’existence nationale du peuple palestinien et son droit absolu à la libération de sa patrie, le seul Etat non arabe à fournir des armes au mouvement de résistance, à entraîner sur son sol, par centaines, la guérilla palestinienne.

La position chinoise a été authentiquement révolutionnaire, elle a été une source idéologique où puiser contre l’oppression idéologique constamment renforcée de « l’infériorité » des peuples arabes – culturellement, techniquement, etc. – vis-à-vis des « juifs » d’Israël, ces derniers bénéficiant ici de la « supériorité de l’Occident sur l’Orient. »

Cet aspect, décisif, de l’oppression nationale au niveau de la superstructure idéologique a souvent ignoré ou sous-estimé même par des marxistes peu avertis; or, dans le cas des nations en voie de cristallisation, soumises à l’oppression impérialiste, l’état « d’humiliation nationale » est un élément nécessairement complémentaire de l’oppression proprement économique.

Les révolutionnaires palestiniens auraient alors dû comprendre la signification du maoïsme, au lieu de cela ils ont accepté le principe de « guerre populaire » comme ligne uniquement pour mieux l’édulcorer en fonction des besoins du social-impérialisme russe et des « États nationaux. »

Ils sont tombés dans le piège des « États nationaux arabes », qui faisaient le chantage de la solidarité arabe, affirmant justement qu’Israël doit veiller à perpétuer la dépendance et l’impuissance des peuples arabes pour exister, car sa fonction est de servir l’impérialisme.

Les « États nationaux » se voyaient donc attribuer un rôle positif, en quelque sorte de base arrière plus ou moins fiable.

Alors qu’en réalité, si tout pays arabe en voie de libération doit, par définition, se tourner contre l’impérialisme en réalisant sa cohésion nationale, et mettre alors nécessairement en danger l’existence d’Israël conçu pour s’y opposer, il doit y avoir également avoir l’écrasement complet des grands propriétaires terriens et de la bourgeoisie bureaucratique masquée derrière le masque de la « bourgeoisie nationale. »

De la même manière que l’impérialisme anglais montait les masses en Égypte, en Transjordanie et en Irak contre les sionistes afin de maintenir leur domination, les impérialistes anglais, français, US et les sociaux-impérialistes russes maintenaient leur domination générale en divisant pour régner.

Dans ce cadre, la genèse de cet état est organiquement liée à la domination impérialiste sur la région et à l’assistance directe qu’il reçoit, pour survivre, du mouvement sioniste et des États impérialistes principaux; le social-impérialisme russe n’a jamais voulu de lutte ouverte contre le sionisme car l’existence de l’Etat d’Israël l’arrangeait idéologiquement et politiquement dans sa concurrence avec les impérialistes.

Les faillites successives des organisations révolutionnaires palestiniennes sont à comprendre en ce sens.

Elles sont passées sous la coupe d’« Etats nationaux » prétendument progressistes (Syrie, Libye, Irak…) voire du social-impérialisme russe lui-même, ce qui les a amené à se contenter d’exister à la marge de l’OLP.

La bande de Gaza, autrefois bastion du FPLP, est devenu celui du Hamas, qui a profité du « laissez-faire » des sionistes concernant ses activités, alors que le FDLP qui a été capable de construire des liens forts avec l’extrême-gauche israélienne a basculé dans l’ultra-démocratisme et finalement le réformisme armé.

Toutes ces organisations, malgré leur héroïsme, ont été influencé par le panarabisme bourgeois, n’ont jamais assumé totalement l’idéologie communiste, se sont contentés d’adopter le principe de la guerre populaire sans comprendre la signification du maoïsme, ont systématiquement considéré l’URSS comme un allié objectif, ont toujours cherché à jouer à « utiliser » les « Etats nationaux » arabes.

Si le FPLP a critiqué le caractère réactionnaire des régimes jordanien et marocain, il n’a jamais affirmé la même chose au sujet des autres pays; de la même manière, tous ces groupes parlaient de « l’impérialisme mondial » sans voir les contradictions inter-impérialistes.

L’Etat français a ainsi toujours eu une influence certaine sur ces organisations, sans parler des trotskystes, avec qui le FPLP ou le FDLP ont toujours entretenu des liens très forts.

L’effondrement de l’URSS a renforcé ces tendances décadentes, amenant même le FPLP, la plus « marxiste » des formations, à signer des communiqués « Allah Akhbar » et à pratiquer les attentats-suicides, une pratique rejetée par les communistes car « le prolétariat ne se suicide pas. »

Aujourd’hui, le FDLP et le FPLP n’existent que parce que la pression des masses palestiniennes pour la révolution est énorme; c’est cela qui les a sauvé de la faillite : elles ont toujours réussi à conserver une base révolutionnaire populaire et malgré les échecs représentent un patrimoine essentiel de la lutte.

Les affrontements entre le Hamas et le Fatah, clairement issus de la situation imposée par l’impérialisme, ne pourront être dépassé que par la guerre populaire, et celle-ci ne pourra se développer que si les organisations révolutionnaires comprennent que le fait de compter sur le social-impérialisme russe a été une erreur essentielle, similaire de par sa nature de classe à celle de ne pas assumer le marxisme-léninisme-maoïsme avec l’ensemble de ses thèses – non seulement la guerre populaire, mais également l’analyse des pays semi-coloniaux semi-féodaux.

Ou comme l’a résumé le Parti Communiste du Pérou :

« Il faut brandir le maoïsme tel un miroir révélateur des révisionnistes pour les combattre implacablement en fonction du développement de la guerre populaire et du triomphe de la révolution démocratique en marche; c’est là une tâche au caractère stratégique, à laquelle on ne peut renoncer en aucune façon. » (Sur le marxisme-léninisme-maoïsme)

futurrouge.wordpress.com/2009/01/09/comp...ne-article-du-pcmlm/

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