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Comprendre l’histoire de la résistance palestinienne (2)
- Jalal
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05 Mar 2010 16:26 #49200
par Jalal
Comprendre l’histoire de la résistance palestinienne (2) a été créé par Jalal
Appuyé par les roitelets arabes d’Arabie Séoudite. de Transjordanie, d’Irak et du Yémen, il arrivera à arrêter – au bout de six mois – la grève générale.
Mais cette trahison ne pouvait même pas amener à un semblant de réformes. Le mouvement sioniste était lancé, et il rejeta la proposition britannique de partage de la Palestine en trois, avec une partie britannique, une autre sioniste et la dernière palestinienne.
Les chefs arabes durent également refuser ce plan, afin de conserver un semblant de légitimité.
Dans les villes, le terrorisme révolutionnaire connut alors une extension foudroyante, à côté d’un mouvement massif de grèves et de manifestations et des opérations de guérilla (sabotage des voies ferrées, des fils télégraphiques, dynamitage des ponts, blocage des routes, explosions dans les lieux de réunions des Anglais et des sionistes).
La guérilla paysanne progressa également, des détachements armés se formant en différentes régions, principalement à Naplouse, en Galilée et dans le Nord, avec la formation de bases soutenues par la population, permettant des attaques de partisans contre les camps anglais et les patrouilles de reconnaissance, ainsi que les colonies sionistes militarisées.
Dès le printemps de 1938, une grande partie du territoire palestinien était libérée : le pouvoir était aux mains des paysans armés dans la quasi-totalité des campagnes.
Les chefs révolutionnaires des différentes régions exerçaient non seulement des pouvoirs militaires, mais politiques, administratifs, judiciaires et économiques.
Le nombre des guérilleros ne dépassa sans doute pas les dix mille, mais ils comptaient sur l’appui et la confiance de la population paysanne qui, non seulement les protégea et leur fournit l’aide qu’ils demandaient, mais déploya, de plus, ses initiatives propres dans toutes les régions du pays.
Cette victoire montre la vigueur de la résistance palestinienne, la grandeur de son histoire.
Pourquoi la révolution n’alla-t-elle pas jusqu’au bout, pourquoi la révolution démocratique n’a-t-elle pas triomphé?
D’abord, parce que cette révolution, demeura sans direction politique conséquente: le Parti Communiste ne fut pas à la hauteur de la tâche de direction qui lui incombait.
Il ne put que participer, dans certaines régions, à la lutte et ne put centraliser les idées justes des masses afin de résoudre les contradictions au sein du peuple et de renforcer son unité militante.
Ensuite, parce que la direction effective de la révolution ne fut jamais unifiée au niveau national. Les différents chefs locaux s’opposèrent plus d’une fois entre eux et leurs divergences paralysaient le « Comité central de lutte » installé hors du territoire palestinien et dont l’autorité était extrêmement limitée. Il n’y eut même pas de direction nominale de la lutte contre l’ennemi.
Il n’y eut pas de stratégie d’ensemble.
Enfin, l’influence idéologique des directions traditionnelles – s’appuyant surtout sur le prestige résistant de l’Islam – continuait de s’exercer, au sein des forces révolutionnaires, du fait de l’absence de direction idéologique conséquente.
Quand les Chefs révolutionnaires commencèrent à perdre l’initiative, du fait de l’absence de plan stratégique unique et que les Anglais commencèrent leur travail de sape, à coups de promesses et de menaces, le rôle des dirigeants traditionnels put grandir, appuyé d’ailleurs de plus en plus par les roitelets arabes des pays voisins, effarés de voir une vraie révolution tenir si longtemps.
Les tendances à composer avec les Anglais finirent par avoir le dessus.
Imposant, à la veille de la guerre, la loi martiale, les Anglais purent alors décimer les forces révolutionnaires, briser leur moral, et étouffer, pour la durée de la guerre, la flamme populaire.
C’est ce répit dans la lutte du peuple palestinien qui allait constituer l’atout principal des hordes sionistes à cette étape, elles allaient renforcer leur potentiel militaire et profiter de la défaite provisoire du peuple palestinien pour l’affaiblir au maximum.
A la fin de la guerre, au moment de l’affrontement décisif, elle auront ainsi acquis de grands avantages militaires et organisationnels sur les forces de la révolution palestinienne – qui se doubleront d’avantages politiques avec la destruction de la population juive d’Europe par l’Allemagne nazie.
Durant la période entre les deux guerres mondiales la protection britannique à l’entreprise sioniste a permis aux sionistes de constituer leurs forces politiques, économiques et militaires de répression et surtout, seule l’armée britannique d’occupation pouvait briser les luttes révolutionnaires successives du peuple palestinien auront toute cette période. (1921, 1923, 1929, 1936, 1939).
Après la seconde guerre impérialiste mondiale, le nouvel ordre impérialiste ayant comme chef de file les USA s’établit.
La guerre de 1948 en Palestine inaugure dans ce cadre 20 années de l’histoire du peuple palestinien et des peuples arabes voisins durant lesquelles ces peuples resteront sous la tutelle de régimes répressifs – féodaux et compradores, puis bourgeois bureaucratiques.
Le peuple arabe palestinien va alors littéralement disparaître de la face du monde, servant pendant plus d’un quart de siècle aux desseins politiques des dirigeants réactionnaires arabes successifs de la région – en même temps que de leurs protecteurs impérialistes.
Dans la situation d’après-guerre et lors de la reconnaissance par l’O.N.U. du nouvel état sioniste puis de la guerre israélo-arabe qui l’a suivie, c’est en effet la génération des rois féodaux et compradores (Farouk d’Egypte, Abdulla de TransJordanie, Nouri Saïd, stratège de la politique irakienne, etc.) qui, sous la houlette de l’impérialisme britannique lui-même, allait s’entendre sur le dépeçage des restes de la Palestine que l’armée sioniste leur laissait.
Non seulement, ils cherchaient par la guerre, à acquérir des avantages territoriaux et ils tentaient de détourner le mouvement patriotique de leurs peuples loin de leurs trônes – mais surtout, ils prenaient le peuple palestinien en tutelle, ils le divisaient, l’enfermaient dans des camps, brisaient son moral – en espérant que, jamais, il ne pourrait reprendre les armes.
Ainsi, la majorité du peuple palestinien se trouvera, en 1949, hors des frontières de l’Etat d’Israël – en Cisjordanie, surtout (intégrée au Royaume fantoche de Jordanie), à Gaza (placée sous tutelle égyptienne), en Syrie et au Liban.
Il faut souligner le rôle des démagogues populistes qu’ont été Nasser et les baasistes (les « nationaux-socialistes ») qui, autour du nouveau Roi Hussein, vont se charger de cette sale besogne au service de l’impérialisme.
Ils bâtiront leurs régimes sur le chantage à la guerre – mais n’en prendront jamais l’initiative.
L’essentiel, pour eux, c’est d’utiliser, à leur profit, l’hostilité révolutionnaire de leurs peuples à Israël. Des tonnes de papier s’impriment pour exalter la « révolution nassérienne » alors que jamais un mot ne sera prononcé sur la seule révolution populaire armée digne de ce nom dans le monde arabe.
La négation de la révolution palestinienne de 1936-1939 est une caractéristique de ces régimes inféodés à la réaction arabe.
Le fait fondamental est que – comme les rois qui les ont précédés – les nouveaux dirigeants, prétendument « patriotes », continuaient de jouer le jeu impérialiste et sioniste: de présenter la question comme un état de belligérance entre l’état d’Israël et les états arabes et réduire la cause du peuple palestinien à un problème de réfugiés.
L’Etat sioniste a eu beau jeu d’affirmer alors que les peuple arabo-palestinien n’existait pas, que c’était une invention de la part des dirigeants arabes pour entretenir artificiellement une situation de conflit.
La victoire du révisionnisme en URSS, avec le 20ème congrès du PC d’Union Soviétique, va jouer un grand rôle historique également.
Loin de s’implanter, au coeur des masses paysannes – palestiniennes, égyptienne, syrienne, irakienne – afin de mobiliser leurs énergies révolutionnaires dans le sens de la guerre de libération populaire prolongée (impliquant la remise en question des régimes arabes répressifs), ces communistes, encouragés par les dirigeants soviétiques à partir du XXe Congrès – vont se laisser prendre à la démagogie nassérienne ou baasiste, s’isoler de leurs peuples et contribuer à divers degrés, à la consolidation des régimes arabes répressifs considérés comme des « régimes nationaux. »
L’expérience palestinienne montre toute la signification de la compréhension de la conception marxiste-léniniste-maoïste des pays « semi-coloniaux, semi-féodaux », par rapport aux conceptions erronées considérant que les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine sont des pays capitalistes ou des « Etats nationaux. »
Dans ces conditions particulièrement difficiles, le mouvement populaire dut s’affirmer mais sans profiter d’une base d’analyses correctes, et en cette période historique fondamentalement influencée par le social-impérialisme ruse, ce qui amena logiquement à la naissance d’une formation réformiste armée: le Fatah.
El Fatah est né contre les manipulations de la réaction arabe; il est né de l’idée d’organisations palestiniennes en tant que telles, sans dépendance sabotant les luttes – mais cette conception était idéaliste et en lieu et place du principe de « compter sur ses propres forces », le mouvement de libération nationale palestinien va passer sous la coupe du social-impérialisme russe et en partie de l’ONU ainsi que de « l’opinion publique internationale. »
Mais à ses débuts, El Fatah représente une vérité nouvelle, et les les Israéliens vont commencer à comprendre que les armées arabes ont une portée radicalement différente, suivant qu’elles défilent en parade, dans les rues du Caire ou qu’elles portent les balles des révolutionnaires palestiniens en plein coeur d’Israël.
C’est l’éveil révolutionnaire du peuple palestinien qui est la véritable cause de la guerre des six jours, Les opérations de guérilla, à l’intérieur d’Israël, remirent en effet en question le jeu impérialiste et sioniste élaboré depuis la guerre mondiale et redonnèrent aux contradictions de la région leur véritable signification – celle d’une lutte populaire de libération nationale contre un État oppresseur.
L’Etat sioniste perdait en stabilité, tant en ce qui concerne la dimension idéologique de se présenter comme un régime progressiste en butte aux « désirs » arabes de génocide, que sur le plan de la stabilité intérieure fondée sur des principes similaires à l’apartheid en Azanie / Afrique du Sud.
Sur le plan économique, l’Etat sioniste s’effondrait; en 1965, le chômage atteignait le chiffre record de 100.000 salariés, dans un pays de 2 millions d’habitants. Une désagrégation de l’entité israélienne commençait et la guerre devenait inévitable puisque l’impérialisme principalement US attribuait toujours davantage à l’Etat sioniste le rôle de gendarme de la région, de producteur d’armes, de spécialistes en contre-guérilla, d’expérimentateurs de toutes les formes de guerre.
La guerre des « six jours » en 1967 devait ressouder l’entité israélienne, lui redonner unité et confiance en elle-même et faire appel aux sympathies sionistes et pro-sionistes dans le monde pour renflouer les caisses israéliennes; elle devait briser net l’élan du peuple palestinien et cette fois, si possible, amener sa disparition en tant que nation – sa disparition définitive et sa dispersion, imposée, aux quatre coins du monde.
Enfin, elle devait, par là-même, ramener le problème aux dimensions d’un conflit entre états – l’état d’Israël, vainqueur, et les états arabes limitrophes, vaincus – qui régleraient, une fois pour toutes le problème de la légitimité et des frontières de l’Etat d’Israël, dans les meilleures conditions possibles pour l’impérialisme.
Il restait d’une part à s’assurer des conditions de la défaite des armées arabes. Les services de renseignements américains et israéliens étaient très bien renseignés sur l’état de pourrissement intense des régimes fantoches égyptien, jordanien et syrien.
l restait, d’autre part, à acculer – par les provocations successives – les dirigeants égyptiens et syriens à des gestes désespérés qui les mettraient en position défavorable dans l’opinion internationale et permettraient à l’état d’Israël, en déclenchant son attaque du 5 juin, de présenter cette attaque comme un geste de « légitime défense. »
Mais là où il y a oppression, il y a résistance et la victoire israélienne de 1967, loin de briser le moral des révolutionnaires palestiniens et des peuples arabes solidaires de leur lutte, a, au contraire déclenché un mouvement de masse, à l’échelle arabe, d’une ampleur et d’une profondeur sans précédent.
La victoire sioniste de 1967 a révélé le caractère fantoche des « États nationaux » arabes et les peuples arabes, par cette défaite, se libéraient de la tutelle politique et idéologique des dirigeants nassériens et baasistes et que leurs énergies révolutionnaires allaient alors, rapidement, se concentrer autour du peuple palestinien, contre l’état israélien.
Cela allait dans le sens de la guerre populaire des masses arabes contre l’impérialisme, le sionisme et la réaction arabe; loin de briser l’élan révolutionnaire des peuples arabes, la victoire sioniste de 1967 déchaîne avec l’impétuosité l’ouragan de la lutte des masses; le symbole de la lutte est, après juin 1967, définitivement devenu celui de la guérilla populaire.
Dans tous les pays arabes, l’enthousiasme pour la lutte montait. Au Caire, à Alger, à Damas, à Bagdad, à Beyrouth… des manifestations populaires demandèrent des armes.
Et devant cette vague puissante, les gouvernements, dépassés, bousculés, directement menacés d’éclatement, perdaient un à un l’initiative politique.
C’est en Egypte, surtout, et au Liban – plus récemment – que l’élan populaire patriotique de solidarité avec la lutte du peuple palestinien et de lutte de masse directe contre les dirigeants en place, se développa le plus impétueusement.
Dans ce cadre, trois éléments vinrent jouer :
-les bouleversements causés par 1967 faisaient que les États nationaux fantoches devaient profiter des masses pour tenter de renverser le rapport de force contre l’Etat sioniste;
-de la même manière le social-impérialisme russe put pénétrer très fortement dans ces régimes semi-coloniaux semi-féodaux (Egypte, Syrie, Algérie) ;
-la pression patriotique arabe devait être canalisée par une attitude apparemment favorable à la révolution palestinienne.
En considérant de manière erronée que les « États nationaux » arabes étaient au fond des « traîtres », des bourgeois qui n’allaient pas jusqu’au bout de leur propre patriotisme, les révolutionnaires arabes ont commis une erreur stratégique massive, qui les a amené à se précipiter dans les relations pragmatiques avec le social-impérialisme russe, et ainsi à l’abandon de toute lutte contre les États semi-coloniaux semi-féodaux arabes.
Mais cette trahison ne pouvait même pas amener à un semblant de réformes. Le mouvement sioniste était lancé, et il rejeta la proposition britannique de partage de la Palestine en trois, avec une partie britannique, une autre sioniste et la dernière palestinienne.
Les chefs arabes durent également refuser ce plan, afin de conserver un semblant de légitimité.
Dans les villes, le terrorisme révolutionnaire connut alors une extension foudroyante, à côté d’un mouvement massif de grèves et de manifestations et des opérations de guérilla (sabotage des voies ferrées, des fils télégraphiques, dynamitage des ponts, blocage des routes, explosions dans les lieux de réunions des Anglais et des sionistes).
La guérilla paysanne progressa également, des détachements armés se formant en différentes régions, principalement à Naplouse, en Galilée et dans le Nord, avec la formation de bases soutenues par la population, permettant des attaques de partisans contre les camps anglais et les patrouilles de reconnaissance, ainsi que les colonies sionistes militarisées.
Dès le printemps de 1938, une grande partie du territoire palestinien était libérée : le pouvoir était aux mains des paysans armés dans la quasi-totalité des campagnes.
Les chefs révolutionnaires des différentes régions exerçaient non seulement des pouvoirs militaires, mais politiques, administratifs, judiciaires et économiques.
Le nombre des guérilleros ne dépassa sans doute pas les dix mille, mais ils comptaient sur l’appui et la confiance de la population paysanne qui, non seulement les protégea et leur fournit l’aide qu’ils demandaient, mais déploya, de plus, ses initiatives propres dans toutes les régions du pays.
Cette victoire montre la vigueur de la résistance palestinienne, la grandeur de son histoire.
Pourquoi la révolution n’alla-t-elle pas jusqu’au bout, pourquoi la révolution démocratique n’a-t-elle pas triomphé?
D’abord, parce que cette révolution, demeura sans direction politique conséquente: le Parti Communiste ne fut pas à la hauteur de la tâche de direction qui lui incombait.
Il ne put que participer, dans certaines régions, à la lutte et ne put centraliser les idées justes des masses afin de résoudre les contradictions au sein du peuple et de renforcer son unité militante.
Ensuite, parce que la direction effective de la révolution ne fut jamais unifiée au niveau national. Les différents chefs locaux s’opposèrent plus d’une fois entre eux et leurs divergences paralysaient le « Comité central de lutte » installé hors du territoire palestinien et dont l’autorité était extrêmement limitée. Il n’y eut même pas de direction nominale de la lutte contre l’ennemi.
Il n’y eut pas de stratégie d’ensemble.
Enfin, l’influence idéologique des directions traditionnelles – s’appuyant surtout sur le prestige résistant de l’Islam – continuait de s’exercer, au sein des forces révolutionnaires, du fait de l’absence de direction idéologique conséquente.
Quand les Chefs révolutionnaires commencèrent à perdre l’initiative, du fait de l’absence de plan stratégique unique et que les Anglais commencèrent leur travail de sape, à coups de promesses et de menaces, le rôle des dirigeants traditionnels put grandir, appuyé d’ailleurs de plus en plus par les roitelets arabes des pays voisins, effarés de voir une vraie révolution tenir si longtemps.
Les tendances à composer avec les Anglais finirent par avoir le dessus.
Imposant, à la veille de la guerre, la loi martiale, les Anglais purent alors décimer les forces révolutionnaires, briser leur moral, et étouffer, pour la durée de la guerre, la flamme populaire.
C’est ce répit dans la lutte du peuple palestinien qui allait constituer l’atout principal des hordes sionistes à cette étape, elles allaient renforcer leur potentiel militaire et profiter de la défaite provisoire du peuple palestinien pour l’affaiblir au maximum.
A la fin de la guerre, au moment de l’affrontement décisif, elle auront ainsi acquis de grands avantages militaires et organisationnels sur les forces de la révolution palestinienne – qui se doubleront d’avantages politiques avec la destruction de la population juive d’Europe par l’Allemagne nazie.
Durant la période entre les deux guerres mondiales la protection britannique à l’entreprise sioniste a permis aux sionistes de constituer leurs forces politiques, économiques et militaires de répression et surtout, seule l’armée britannique d’occupation pouvait briser les luttes révolutionnaires successives du peuple palestinien auront toute cette période. (1921, 1923, 1929, 1936, 1939).
Après la seconde guerre impérialiste mondiale, le nouvel ordre impérialiste ayant comme chef de file les USA s’établit.
La guerre de 1948 en Palestine inaugure dans ce cadre 20 années de l’histoire du peuple palestinien et des peuples arabes voisins durant lesquelles ces peuples resteront sous la tutelle de régimes répressifs – féodaux et compradores, puis bourgeois bureaucratiques.
Le peuple arabe palestinien va alors littéralement disparaître de la face du monde, servant pendant plus d’un quart de siècle aux desseins politiques des dirigeants réactionnaires arabes successifs de la région – en même temps que de leurs protecteurs impérialistes.
Dans la situation d’après-guerre et lors de la reconnaissance par l’O.N.U. du nouvel état sioniste puis de la guerre israélo-arabe qui l’a suivie, c’est en effet la génération des rois féodaux et compradores (Farouk d’Egypte, Abdulla de TransJordanie, Nouri Saïd, stratège de la politique irakienne, etc.) qui, sous la houlette de l’impérialisme britannique lui-même, allait s’entendre sur le dépeçage des restes de la Palestine que l’armée sioniste leur laissait.
Non seulement, ils cherchaient par la guerre, à acquérir des avantages territoriaux et ils tentaient de détourner le mouvement patriotique de leurs peuples loin de leurs trônes – mais surtout, ils prenaient le peuple palestinien en tutelle, ils le divisaient, l’enfermaient dans des camps, brisaient son moral – en espérant que, jamais, il ne pourrait reprendre les armes.
Ainsi, la majorité du peuple palestinien se trouvera, en 1949, hors des frontières de l’Etat d’Israël – en Cisjordanie, surtout (intégrée au Royaume fantoche de Jordanie), à Gaza (placée sous tutelle égyptienne), en Syrie et au Liban.
Il faut souligner le rôle des démagogues populistes qu’ont été Nasser et les baasistes (les « nationaux-socialistes ») qui, autour du nouveau Roi Hussein, vont se charger de cette sale besogne au service de l’impérialisme.
Ils bâtiront leurs régimes sur le chantage à la guerre – mais n’en prendront jamais l’initiative.
L’essentiel, pour eux, c’est d’utiliser, à leur profit, l’hostilité révolutionnaire de leurs peuples à Israël. Des tonnes de papier s’impriment pour exalter la « révolution nassérienne » alors que jamais un mot ne sera prononcé sur la seule révolution populaire armée digne de ce nom dans le monde arabe.
La négation de la révolution palestinienne de 1936-1939 est une caractéristique de ces régimes inféodés à la réaction arabe.
Le fait fondamental est que – comme les rois qui les ont précédés – les nouveaux dirigeants, prétendument « patriotes », continuaient de jouer le jeu impérialiste et sioniste: de présenter la question comme un état de belligérance entre l’état d’Israël et les états arabes et réduire la cause du peuple palestinien à un problème de réfugiés.
L’Etat sioniste a eu beau jeu d’affirmer alors que les peuple arabo-palestinien n’existait pas, que c’était une invention de la part des dirigeants arabes pour entretenir artificiellement une situation de conflit.
La victoire du révisionnisme en URSS, avec le 20ème congrès du PC d’Union Soviétique, va jouer un grand rôle historique également.
Loin de s’implanter, au coeur des masses paysannes – palestiniennes, égyptienne, syrienne, irakienne – afin de mobiliser leurs énergies révolutionnaires dans le sens de la guerre de libération populaire prolongée (impliquant la remise en question des régimes arabes répressifs), ces communistes, encouragés par les dirigeants soviétiques à partir du XXe Congrès – vont se laisser prendre à la démagogie nassérienne ou baasiste, s’isoler de leurs peuples et contribuer à divers degrés, à la consolidation des régimes arabes répressifs considérés comme des « régimes nationaux. »
L’expérience palestinienne montre toute la signification de la compréhension de la conception marxiste-léniniste-maoïste des pays « semi-coloniaux, semi-féodaux », par rapport aux conceptions erronées considérant que les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine sont des pays capitalistes ou des « Etats nationaux. »
Dans ces conditions particulièrement difficiles, le mouvement populaire dut s’affirmer mais sans profiter d’une base d’analyses correctes, et en cette période historique fondamentalement influencée par le social-impérialisme ruse, ce qui amena logiquement à la naissance d’une formation réformiste armée: le Fatah.
El Fatah est né contre les manipulations de la réaction arabe; il est né de l’idée d’organisations palestiniennes en tant que telles, sans dépendance sabotant les luttes – mais cette conception était idéaliste et en lieu et place du principe de « compter sur ses propres forces », le mouvement de libération nationale palestinien va passer sous la coupe du social-impérialisme russe et en partie de l’ONU ainsi que de « l’opinion publique internationale. »
Mais à ses débuts, El Fatah représente une vérité nouvelle, et les les Israéliens vont commencer à comprendre que les armées arabes ont une portée radicalement différente, suivant qu’elles défilent en parade, dans les rues du Caire ou qu’elles portent les balles des révolutionnaires palestiniens en plein coeur d’Israël.
C’est l’éveil révolutionnaire du peuple palestinien qui est la véritable cause de la guerre des six jours, Les opérations de guérilla, à l’intérieur d’Israël, remirent en effet en question le jeu impérialiste et sioniste élaboré depuis la guerre mondiale et redonnèrent aux contradictions de la région leur véritable signification – celle d’une lutte populaire de libération nationale contre un État oppresseur.
L’Etat sioniste perdait en stabilité, tant en ce qui concerne la dimension idéologique de se présenter comme un régime progressiste en butte aux « désirs » arabes de génocide, que sur le plan de la stabilité intérieure fondée sur des principes similaires à l’apartheid en Azanie / Afrique du Sud.
Sur le plan économique, l’Etat sioniste s’effondrait; en 1965, le chômage atteignait le chiffre record de 100.000 salariés, dans un pays de 2 millions d’habitants. Une désagrégation de l’entité israélienne commençait et la guerre devenait inévitable puisque l’impérialisme principalement US attribuait toujours davantage à l’Etat sioniste le rôle de gendarme de la région, de producteur d’armes, de spécialistes en contre-guérilla, d’expérimentateurs de toutes les formes de guerre.
La guerre des « six jours » en 1967 devait ressouder l’entité israélienne, lui redonner unité et confiance en elle-même et faire appel aux sympathies sionistes et pro-sionistes dans le monde pour renflouer les caisses israéliennes; elle devait briser net l’élan du peuple palestinien et cette fois, si possible, amener sa disparition en tant que nation – sa disparition définitive et sa dispersion, imposée, aux quatre coins du monde.
Enfin, elle devait, par là-même, ramener le problème aux dimensions d’un conflit entre états – l’état d’Israël, vainqueur, et les états arabes limitrophes, vaincus – qui régleraient, une fois pour toutes le problème de la légitimité et des frontières de l’Etat d’Israël, dans les meilleures conditions possibles pour l’impérialisme.
Il restait d’une part à s’assurer des conditions de la défaite des armées arabes. Les services de renseignements américains et israéliens étaient très bien renseignés sur l’état de pourrissement intense des régimes fantoches égyptien, jordanien et syrien.
l restait, d’autre part, à acculer – par les provocations successives – les dirigeants égyptiens et syriens à des gestes désespérés qui les mettraient en position défavorable dans l’opinion internationale et permettraient à l’état d’Israël, en déclenchant son attaque du 5 juin, de présenter cette attaque comme un geste de « légitime défense. »
Mais là où il y a oppression, il y a résistance et la victoire israélienne de 1967, loin de briser le moral des révolutionnaires palestiniens et des peuples arabes solidaires de leur lutte, a, au contraire déclenché un mouvement de masse, à l’échelle arabe, d’une ampleur et d’une profondeur sans précédent.
La victoire sioniste de 1967 a révélé le caractère fantoche des « États nationaux » arabes et les peuples arabes, par cette défaite, se libéraient de la tutelle politique et idéologique des dirigeants nassériens et baasistes et que leurs énergies révolutionnaires allaient alors, rapidement, se concentrer autour du peuple palestinien, contre l’état israélien.
Cela allait dans le sens de la guerre populaire des masses arabes contre l’impérialisme, le sionisme et la réaction arabe; loin de briser l’élan révolutionnaire des peuples arabes, la victoire sioniste de 1967 déchaîne avec l’impétuosité l’ouragan de la lutte des masses; le symbole de la lutte est, après juin 1967, définitivement devenu celui de la guérilla populaire.
Dans tous les pays arabes, l’enthousiasme pour la lutte montait. Au Caire, à Alger, à Damas, à Bagdad, à Beyrouth… des manifestations populaires demandèrent des armes.
Et devant cette vague puissante, les gouvernements, dépassés, bousculés, directement menacés d’éclatement, perdaient un à un l’initiative politique.
C’est en Egypte, surtout, et au Liban – plus récemment – que l’élan populaire patriotique de solidarité avec la lutte du peuple palestinien et de lutte de masse directe contre les dirigeants en place, se développa le plus impétueusement.
Dans ce cadre, trois éléments vinrent jouer :
-les bouleversements causés par 1967 faisaient que les États nationaux fantoches devaient profiter des masses pour tenter de renverser le rapport de force contre l’Etat sioniste;
-de la même manière le social-impérialisme russe put pénétrer très fortement dans ces régimes semi-coloniaux semi-féodaux (Egypte, Syrie, Algérie) ;
-la pression patriotique arabe devait être canalisée par une attitude apparemment favorable à la révolution palestinienne.
En considérant de manière erronée que les « États nationaux » arabes étaient au fond des « traîtres », des bourgeois qui n’allaient pas jusqu’au bout de leur propre patriotisme, les révolutionnaires arabes ont commis une erreur stratégique massive, qui les a amené à se précipiter dans les relations pragmatiques avec le social-impérialisme russe, et ainsi à l’abandon de toute lutte contre les États semi-coloniaux semi-féodaux arabes.
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