La conversion du musulman par de foucauld

Plus d'informations
17 Jan 2010 09:51 #43118 par khadija

Jalal;46460 écrit: Permettez-moi de vous faire savoir que vous avez oublié de mentionner la source de ce texte. Je ne doute pas que vous aviez dû le consulter sur le Net.


Si vous avez le net tapez Charles de Foucauld vous aurez les références et cela ne changera en rien ce que ce triste sire pense des "indigènes":minilogo_algeria:

Merci des liens Chelghoum-Laid et Kredence

Nana, quand tu as la foi dans ta religion rien ne devrait t'en détacher même une future belle vie ici-bas, je ne comprend pas ces gens qui vendent leur âme

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
17 Jan 2010 18:51 #43119 par kredence
"Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ?"
Charles de Foucauld

Cette lettre, adressée par le Père Charles de Foucauld à René Bazin, de l'Académie française, est parue dans le Bulletin du Bureau catholique de presse, n° 5, octobre 1917.

Elle a été publiée sur le site de la Fondation de service politique, à l’occasion de la béatification du Père de Foucauld par le pape Benoît XVI, le 13 novembre 2005, à Rome.

JESUS CARITAS,

Tamanrasset, par Insalah, via Biskra, Algérie, 29 juillet 1916.

Monsieur,

Je vous remercie infiniment d'avoir bien voulu répondre à ma lettre, au milieu de tant de travaux, et si fraternellement. Je pourrais, m'écrivez-vous, vous dire utilement la vie du missionnaire parmi les populations musulmanes, mon sentiment sur ce qu'on peut attendre d'une politique qui ne cherche pas à convertir les musulmans par l'exemple et par l'éducation et qui par conséquent maintient le mahométisme, enfin des conversations avec des personnages du désert sur les affaires d'Europe et sur la guerre.

Vie du missionnaire parmi les populations musulmanes

(...) Les missionnaires isolés comme moi sont fort rares. Leur rôle est de préparer la voie, en sorte que les missions qui les remplaceront trouvent une population amie et confiante, des âmes quelque peu préparées au christianisme, et, si faire se peut, quelques chrétiens. (...) Il faut nous faire accepter des musulmans, devenir pour eux l'ami sûr, à qui on va quand on est dans le doute ou la peine, sur l'affection, la sagesse et la justice duquel on compte absolument. Ce n'est que quand on est arrivé là qu'on peut arriver à faire du bien à leurs âmes. Inspirer une confiance absolue en notre véracité, en la droiture de notre caractère, et en notre instruction supérieure, donner une idée de notre religion par notre bonté et nos vertus, être en relations affectueuses avec autant d'âmes qu'on le peut, musulmanes ou chrétiennes, indigènes ou françaises, c'est notre premier devoir : ce n'est qu'après l'avoir bien rempli, assez longtemps, qu'on peut faire du bien. Ma vie consiste donc à être le plus possible en relation avec ce qui m'entoure et à rendre tous les services que je peux. À mesure que l'intimité s'établit, je parle, toujours ou presque toujours en tête à tête, du bon Dieu, brièvement, donnant à chacun ce qu'il peut porter, fuite du péché, acte d'amour parfait, acte de contrition parfaite, les deux grands commandements de l'amour de Dieu et du prochain, examen de conscience, méditation des fins dernières, à la vue de la créature penser à Dieu, etc., donnant à chacun selon ses forces et avançant lentement, prudemment. Il y a fort peu de missionnaires isolés faisant cet office de défricheur ; je voudrais qu'il y en eût beaucoup : tout curé d'Algérie, de Tunisie ou du Maroc, tout aumônier militaire, tout pieux catholique laïc (à l'exemple de Priscille et d'Aquila), pourrait l'être. Le gouvernement interdit au clergé séculier de faire de la propagande anti-musulmane ; mais il s'agit de propagande ouverte et plus ou moins bruyante : les relations amicales avec beaucoup d'indigènes, tendant à amener lentement, doucement, silencieusement, les musulmans à se rapprocher des chrétiens devenus leurs amis, ne peuvent être interdites par personne. Tout curé de nos colonies, pourrait s'efforcer de former beaucoup de ses paroissiens et paroissiennes à être des Priscille et des Aquila. Il y a toute une propagande tendre et discrète à faire auprès des indigènes infidèles, propagande qui veut avant tout de la bonté, de l'amour et de la prudence, comme quand nous voulons ramener à Dieu un parent qui a perdu la foi...

Espérons qu'après la victoire nos colonies prendront un nouvel essor. Quelle belle mission pour nos cadets de France, d'aller coloniser dans les territoires africains de la mère patrie, non pour s'y enrichir, mais pour y faire aimer la France, y rendre les âmes françaises et surtout leur procurer le salut éternel, étant avant tout des Priscille et des Aquila !

Comment franciser les peuples de notre empire africain

Ma pensée est que si, petit à petit, doucement, les musulmans de notre empire colonial du nord de l'Afrique ne se convertissent pas, il se produira un mouvement nationaliste analogue à celui de la Turquie : une élite intellectuelle se formera dans les grandes villes, instruite à la française, sans avoir l'esprit ni le cœur français, élite qui aura perdu toute foi islamique, mais qui en gardera l'étiquette pour pouvoir par elle influencer les masses ; d'autre part, la masse des nomades et des campagnards restera ignorante, éloignée de nous, fermement mahométane, portée à la haine et au mépris des Français par sa religion, par ses marabouts, par les contacts qu'elle a avec les Français (représentants de l'autorité, colons, commerçants), contacts qui trop souvent ne sont pas propres à nous faire aimer d'elle. Le sentiment national ou barbaresque s'exaltera dans l'élite instruite : quand elle en trouvera l'occasion, par exemple lors de difficultés de la France au dedans ou au dehors, elle se servira de l'islam comme d'un levier pour soulever la masse ignorante, et cherchera à créer un empire africain musulman indépendant.

L'empire Nord-Ouest-Africain de la France, Algérie, Maroc, Tunisie, Afrique occidentale française, etc., a 30 millions d'habitants ; il en aura, grâce à la paix, le double dans cinquante ans. Il sera alors en plein progrès matériel, riche, sillonné de chemins de fer, peuplé d'habitants rompus au maniement de nos armes, dont l'élite aura reçu l'instruction dans nos écoles. Si nous n'avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu'ils deviennent Français est qu'ils deviennent chrétiens.

Il ne s'agit pas de les convertir en un jour ni par force, mais tendrement, discrètement, par persuasion, bon exemple, bonne éducation, instruction, grâce à une prise de contact étroite et affectueuse, œuvre surtout de laïcs français qui peuvent être bien plus nombreux que les prêtres et prendre un contact plus intime.

Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ? Exceptionnellement, oui. D'une manière générale, non. Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s'y opposent ; avec certains il y a des accommodements ; avec l'un, celui du Medhi, il n'y en a pas : tout musulman (je ne parle pas des libres-penseurs qui ont perdu la foi) croit qu'à l'approche du jugement dernier le Medhi surviendra, déclarera la guerre sainte, et établira l'islam par toute la terre, après avoir exterminé ou subjugué tous les non-musulmans. Dans cette foi, le musulman regarde l'islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants ; s'il est soumis à une nation non musulmane, c'est une épreuve passagère ; sa foi l'assure qu'il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l'engage à subir avec calme son épreuve ; "l'oiseau pris au piège qui se débat perd ses plumes et se casse les ailes ; s'il se tient tranquille, il se trouve intact le jour de la libération", disent-ils ; ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux Français qu'aux Allemands, parce qu'ils savent les premiers plus doux ; ils peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami étranger ; ils peuvent se battre avec un grand courage pour la France, par sentiment d'honneur, caractère guerrier, esprit de corps, fidélité à la parole, comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècles, mais, d'une façon générale, sauf exception, tant qu'ils seront musulmans, ils ne seront pas Français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du Medhi, en lequel ils soumettront la France.

De là vient que nos Algériens musulmans sont si peu empressés à demander la nationalité française : comment demander à faire partie d'un peuple étranger qu'on sait devoir être infailliblement vaincu et subjugué par le peuple auquel on appartient soi-même ? Ce changement de nationalité implique vraiment une sorte d'apostasie, un renoncement à la foi du Medhi...

Les Kabyles

Comme vous, je désire ardemment que la France reste aux Français, et que notre race reste pure. Pourtant je me réjouis de voir beaucoup de Kabyles travailler en France ; cela semble peu dangereux pour notre race, car la presque totalité des Kabyles, amoureux de leur pays, ne veulent que faire un pécule et regagner leurs montagnes.

Si le contact de bons chrétiens établis en Kabylie est propre à convertir et à franciser les Kabyles, combien plus la vie prolongée au milieu des chrétiens de France est-elle capable de produire cet effet !

(...) Si la race berbère nous a donné sainte Monique et en partie saint Augustin, voilà qui est bien rassurant. N'empêche que les Kabyles ne sont pas aujourd'hui ce qu'étaient leurs ancêtres du IVe siècle : leurs hommes ne sont pas ce que nous voulons pour nos filles ; leurs filles ne sont pas capables de faire les bonnes mères de famille que nous voulons.

Pour que les Kabyles deviennent français, il faudra pourtant que des mariages deviennent possibles entre eux et nous : le christianisme seul, en donnant même éducation, mêmes principes, en cherchant à inspirer mêmes sentiments, arrivera, avec le temps, à combler en partie l'abîme qui existe maintenant.

En me recommandant fraternellement à vos prières, ainsi que nos Touaregs, et en vous remerciant encore de votre lettre, je vous prie d'agréer l'expression de mon religieux et respectueux dévouement.

Votre humble serviteur dans le Cœur de Jésus.

Charles de Foucauld

www.vdfr95.com/charlesdefoucauld.htm

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
04 Mar 2011 14:05 #43120 par Yanneleu
Bonjour,
Ces méthodes de conversion sont détestables ...(je parle des évangélistes ...) mais je ne crois pas que les chrétiens massacrés aient été des évangélistes. Je connais les sectes évangélistes aux Etats Unis et en Amérique du Sud... et c'est en réalité la plupart du temps une exploitation de la misère.
Je pense qu'il faut poser trois choses pour que le débat soit réel et dépassionné ... pour ceux qui le veulent ainsi ...!
La première ... discutable, est de replacer le langage dans le contexte d'une époque où de nombreux occidentaux voyaient dans l'expansion coloniale un réel progrès pour les pays colonisés. Fréquentant régulièrement le continent africain, j'ai rencontré un grand nombre de personnes, et parmi les élites, qui reconnaissent volontiers que de nombreux représentants des pays du nord étaient sincèrement de véritables humanistes, et j'ai même entendu des dirigeants de pays africains regretter en privé la qualité de l'administration française par exemple. Ceci dit les temps ont (heureusement !) changé et j'espérimente tous les jours que j'ai, comme européen, au moins autant à recevoir qu'à donner.
La seconde, indiscutable, est de constater hélas que la "conquête" (terme officiel) des territoires par l'Islam s'est toujours faite par la violence ... ! L'action de conversion est évidemment moins hypocrite... mais la non conversion se traduisait presque systématiquement par la mort ... et il ne me semble pas que cela soit la méthode FOUCAULT ! Certes on me dira aussi que les temps ont changé ... mais le Coran n'a pas changé lui (ou alors peut on remettre en question les versets dictés ?) et je reste tremblant devant les versets 29 et 30 de la neuvième Sourate !
La troisième, seule voie pour moi de rapprochement est l'ouverture de l'Islam à la critique historique comme ce fut le cas pour la christianisme et spécialement le catholicisme depuis plus de 200 ans, au termes desquels il est apparu clairement que, croyant ou pas, on a le droit de tout dire. Le contraire s'appelle du totalitarisme ! Je travaille suffisamment avec les musulmans pour savoir que la plupart (en tout cas de ceux que je connais, tous de niveau universitaire, c'est rassurant), sont prêts à cette démarche.
Si les pays du nord de l'Afrique secouent aujourd'hui le joug c'est évidemment parce que même si l'homme cherche d'instinct un protecteur puissant, lorsque le choix est entre une religion traduite en idéologie totalitaire ou un régime personnalisé totalitaire, le choix peut osciller entre les deux mais en tous cas la fin est la même : celui qui croyait être protégé se révolte en constatant qu'il est plutôt exploité ou "soumis" ... Ce qui ne correspond pas à l'idéal démocratique ni à une modernité sainement comprise de prise de responsabilité par les peuples. C'est pourquoi rien ne m'étonne aujourd'hui !!!
J'espère modestement avoir un peu fait avancer les choses auprès des gens "raisonnables" au sens fort du terme !
Allah Akhbar ! (ça c'est vrai partout et pour tout le monde !)

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
04 Mar 2011 14:31 #43121 par Jalal
Je pense avoir compris vos intentions de discussion d'un sujet plein de controverses, entre autres, la critique "scientifique" du Coran. Même les scientifiques musulmans contemporains ont eu du mal, à ma connaissance, à traiter ce sujet qui, je pense, est toujours tabou.
Le rapport de force mondial n'est pas, tout à fait, en faveur des forces de progrès afin de pouvoir aborder directement des sujets touchant les textes sacrés de l'Islam.
Les peuples musulmans "vérifient" sur le terrain les interprétations du Livre sacré. Je pense qu'il est venu le temps où chaque musulman considère la foi comme une relation intime entre Allah et lui. Bien entendu cela ne veut pas dire la laïcité à l'Occidental.
Cette conviction est contenue dans le Coran lui même et n'a rien à voire avec la laïcité selon le concept français ou autre.
Je crois que c'est à l'Islam et aux musulmans de faire leur révolution ou évolution spirituelle et cela, en quelque sorte, dans le cadre de leur foi.
La colonisation s'est "édifiée" sur des génocides monstrueux et des expropriations cruelles, surtout en Amérique du Nord et du Sud...

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
11 Mar 2011 05:34 #43122 par Yanneleu
Je vois qu'il y a des gens raisonnables ... rien ne me fait davantage peur que les jugements et positions à l'emporte pièce qui décrètent et tranchent sans débat, que ce soit dans un sens ou dans l'autre.
Merci de votre apport.
Un bon sujet de débat les génocides ...! C'est vrai que les diverses phases de colonisation ont connu des génocides tragiques, généralement combattus par l'Eglise... voir le film "Mission" qui est remarquable à cet égard, au delà de la qualité cinématographique, dans son désir de relater objectivement les faits.
Il me semble aussi que le 20° siècle, hors de toute "colonisation" à battu des records monstrueux de ce point de vue (Staline et Hitler ... et d'autres plus récents !). Qui s'est opposé fondamentalement à ces génocides ? L'information est à rechercher en dehors des gesticulations médiatiques qui sont malheureusement, et malgré l'honnêteté de la plupart des journalistes, soumises aux aléas des mouvements de désinformation consciente ou inconsciente (voir la dernière affaire Renault ...!).
L'histoire finira certainement par faire la vérité ("je crains encore plus Hitler que Staline" disait Pie XII)
Que dire enfin des 227000 morts par an en France dans l'indifférence générale ? La différence est minime : une idéologie s'arroge le droit de définir ce que c'est qu'un humain sans autre référence qu'un pseudo raisonnement scientifique qui ne résiste à aucune analyse objective sérieuse. Mais là dessus aussi le débat est interdit.
Inutile d'évoquer les courses aux armements de destruction humaine massive...ou bien les prétexte évoqués à ce sujet pour lancer des guerres meutrières...
Hélas l'homme est bien capable dans sa folie de s'autodétruire... c'est peut être qu'il a perdu ses références fondamentales.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Temps de génération de la page : 0.071 secondes