Hocine Ait Ahmed

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13 Mai 2014 09:22 #156158 par dahmane1
En mars 1954, neuf hommes fondent le CRUA (Comité révolutionnaire d'unité et d'action). Ce mouvement déclenche la guerre d'indépendance algérienne. Neuf destins brisés par les évènements. Ils sont considérés comme les fondateurs de l'Algérie moderne. Cinquante ans après les accords d'Évian, que certains ne verront pas, le bilan est lourd : trois sont morts durant les combats, mais, plus triste, aucun des survivants du conflit n'a vraiment pu apprécier les bienfaits de l'indépendance suite aux divisions qui les ont séparés.

Commençons le récit par ceux qui ont été abattus par les Français. Le premier à tomber est Mourad Didouche, surnommé Si Abdelkader. Ce fils de Kabylie tombe à l'âge de 27 ans lors de la bataille du douar Souadek, près de Constantine. C'est un ancien cheminot, militant CGT, fondateur d'un mouvement scout. L'une des principales artères d'Alger porte aujourd'hui son nom (ex-rue Michelet). Dans cette mort précoce, il est rejoint par deux compagnons : Mostefa Ben Boulaïd et Larbi Ben M'hidi. Le premier décède en 1956, à 39 ans, dans le maquis. Il avait combattu sous l'uniforme français durant la Seconde Guerre mondiale. Il est décoré de la Croix de guerre et participe à la campagne d'Italie. Les circonstances de sa mort sont rapportées ainsi : il serait décédé suite à la détonation d'un poste de radio piégé par les parachutistes français.

Larbi Ben M'hidi, lui, décède en 1957 à l'âge de 34 ans. Issu d'une famille rurale des Aurès, Ben M'hidi s'engage dans les scouts musulmans. Comptable dans le génie civil, son engagement politique est marqué par sa perception des massacres de Sétif en mai 1945. Il est arrêté en février 1957. Torturé, il refuse de livrer ses camarades. Le général Aussaresses finit par reconnaître, en 2007, qu'il l'a fait pendre, sans procès préalable.

Ben Bella sème la discorde

Ils ne sont donc plus que six en vie au moment où l'Algérie accède à l'indépendance en 1962. Des neuf, Ahmed Ben Bella prend le pouvoir en devenant le premier président de la République algérienne démocratique et populaire. Il a alors 46 ans. Cet ancien joueur de l'Olympique de Marseille a combattu aux côtés de la France durant la Seconde Guerre mondiale sous les ordres du général Juin puis de Lattre. Il est finalement décoré par de Gaulle de la médaille militaire. Une fois à la tête de l'État algérien, sa propension à cumuler tous les pouvoirs provoque son renversement par un coup d'État militaire, conduit par son dauphin, le colonel Boumediene, en juin 1965. Il connaît alors la prison jusqu'en juillet 1979, puis l'assignation à résidence et finalement l'exil en Suisse à partir de 1981.

Pour accéder au pouvoir, Ben Bella aura écarté, auparavant, ses rivaux parmi les fondateurs du CRUA. À commencer par Krim Belkacem, surnommé le "Lion du Djebel". Lui aussi a connu l'engagement militaire sous le drapeau français. Il sort du conflit de 39-45 caporal chef. Des qualités qu'il mettra au service de la cause algérienne. Il parvient au fait de sa puissance lorsque se forme le gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Il signe les accords d'Évian. Mais les partisans de Ben Bella l'isolent en juillet 1962. Il prend lui aussi la route de l'exil. Le régime de Boumediene l'accuse d'avoir fomenté un attentat en avril 1967. Il est condamné à mort par contumace. Le 18 octobre 1970, le Lion du Djebel est retrouvé étranglé par sa cravate dans une chambre d'hôtel de Francfort, en Allemagne. Il allait avoir 48 ans. Réhabilité en 1984, sa dépouille rejoint le cimetière d'el Alia, à Alger, dans "le carré des martyres".

Élimination physique des opposants

Mohamed Khider, originaire d'une famille modeste de Biskra, est assassiné en Espagne en 1967. Il avait été, lui aussi, contraint à l'exil après avoir eu des divergences avec Ben Bella. Un exil en Suisse, puis à Madrid. Le 4 janvier 1967, la police politique du régime de Boumediene lui envoie un ou plusieurs tueurs. Mohamed Khider était accusé, par Ben Bella puis par Boumediene, d'avoir détourné le trésor du FLN qu'il gérait en tant que secrétaire général du parti.

Mohamed Boudiaf figurait parmi les fondateurs. Cet adjudant dans l'armée française s'engage dans la cause nationaliste après les massacres de Sétif en 1945. Opposé à Ben Bella - dont le régime l'avait condamné à mort en 1964 -, puis à tous les présidents qui ont suivi, son exil va durer 28 ans. Quand les militaires le rappellent en 1992, l'Algérie est en crise. Il apparaît comme un "homme neuf". Il annonce vouloir lutter contre la corruption. Il est abattu, en public, cinq mois plus tard, lors d'une conférence des cadres dans la ville d'Annaba. L'auteur du meurtre, Lambarek Boumaarafi, est toujours en prison. Ses motivations n'ont pas été clairement établies...

L'indépendance, puis l'exil


Exil également pour Hocine Aït Ahmed. Engagé dans la lutte pour l'indépendance dès l'âge de 16 ans, il dénonce le tournant autoritaire de la Constitution de l'Algérie indépendante. En créant le Front des forces socialistes en 1963, il brise la logique du parti unique. Arrêté en octobre 1964, il est condamné à mort, puis gracié. Il s'évade de prison le 1er mai 1966 et se réfugie en Suisse. Aujourd'hui encore, à l'âge de 85 ans, il s'active dans la vie politique algérienne pour faire avancer ses idées.

Le dernier membre de cette histoire, Rabah Bitat, est décédé à Paris, à l'hôpital Broussais, en avril 2000, à l'âge de 74 ans. Il démissionne de ses fonctions auprès de Ben Bella en novembre 1963 pour rejoindre l'opposition à Paris. Quand Boumediene renverse Ben Bella, il rejoint le nouveau régime et y fera toute sa carrière en conservant, notamment, le ministère des Transports de 1970 à 1977. À la mort de Boumediene, il assure un intérim de 45 jours. En 1990, en désaccord avec le président Chadli Bendjedid, il démissionne de l'Assemblée nationale et se retire de la vie politique. Partisan de Bouteflika, il retrouve un rôle public quand celui-ci remporte la présidentielle de 1999 avec 90,24 % des suffrages exprimés.

En définitive, sur le groupe des neuf, on compte deux survivants : Ben Bella et Aït Ahmed. Trois ont été assassinés par l'armée française. Trois autres par des concitoyens algériens. Un seul est décédé de mort naturelle. L'Algérie, une histoire amère de l'indépendance pour les fondateurs.

Que sont devenus les neuf fondateurs de l'Algérie moderne ? - Le Point

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13 Mai 2014 09:56 #156159 par cimode
Réponse de cimode sur le sujet Hocine Ait Ahmed

dahmane1;161786 écrit: Oui mais si nous avons deux versions différentes, la Vérité ne peut être connue que si l'une d'elle s'est avérée fausse.

La version que tu préconise est soit incomplète et contient des lacunes et de la propagande.

Sais-tu que le premier martyr de la révolution Ahmed ZABANA était membre de l'OS d'Oran. Il fut suivi de FARRADJ, Abdekader SNOUCI et Zerrouki GHAOUTI, tous membre de l'ALN issue de l'OS. Ceux ci furent tous torturés et guillotinés. Es tu en mesure de donner une liste exhaustive des batailles de l'ALN ? Sais tu que les renégats furent presque exécutés pour traitrise par les militants lorsqu'ils présentèrent de faux documents pour tenter d'usurper le déclenchement de la révolution sur ordre de Nasser, parmi eux Ben Mhidi et Boussouf et qu'ils ne durent leur salut qu'à la clémence des militants de la région Ouest. Sais tu qu'il suffit de lire le Paris Match de 1954 pour y voir que les renégats se présentaient en photo avec des photos de Messali Hadj en arrière plan pour tenter de manipuler leur action. Sais tu que les témoignages par dizaines existent des trahisons de centralistes auprès des autorités coloniales et égyptiennes. Ceux ci vivaient une vie mondaine au Caire pendant que le peuple souffrait atrocement du déclenchement de la révolution..

Ces éléments devraient t'éclairer.

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13 Mai 2014 10:01 #156160 par cimode
Réponse de cimode sur le sujet Hocine Ait Ahmed

cimode;161793 écrit: La version que tu préconise est soit incomplète et contient des lacunes et de la propagande.

Sais-tu que le premier martyr de la révolution Ahmed ZABANA était membre de l'OS d'Oran. Il fut suivi de FARRADJ, Abdekader SNOUCI et Zerrouki GHAOUTI, tous membre de l'ALN issue de l'OS. Ceux ci furent tous torturés et guillotinés. Es tu en mesure de donner une liste exhaustive des batailles de l'ALN ? Sais tu que les renégats furent presque exécutés pour traitrise par les militants lorsqu'ils présentèrent de faux documents pour tenter d'usurper le déclenchement de la révolution sur ordre de Nasser, parmi eux Ben Mhidi et Boussouf et qu'ils ne durent leur salut qu'à la clémence des militants de la région Ouest. Sais tu qu'il suffit de lire le Paris Match de 1954 pour y voir que les renégats se présentaient en photo avec des photos de Messali Hadj en arrière plan pour tenter de manipuler leur action. Sais tu que les témoignages par dizaines existent des trahisons de centralistes auprès des autorités coloniales et égyptiennes. Ceux ci vivaient une vie mondaine au Caire pendant que le peuple souffrait atrocement du déclenchement de la révolution..

Ces éléments devraient t'éclairer.

En 1956, quand l'équipe du F.L.N. (soi-disant les «Zouâama» de la révolution) ont pris l'avion du Maroc pour rejoindre Tunis. On est en guerre contre la France et on s'embarque dans un avion français. il fallait avoir un esprit de gamin pour avoir été dupés, piégés facilement. L'appareil détourné sur Alger, livrera les chefs qui iront après, se reposer à la prison de la Santé à Paris, et acquérir la réputation de «zouâama» alors que les véritables chefs de la lutte armée de la révolution, les dirigeants de l'activité guerrière de l'A.L.N. de l'O.S., affrontaient continuellement la redoutable armée coloniale...

Ces gauchistes étaient constamment en désaccord, même durant leur incarcération en France après le détournement de l'avion en 1956. Une bataille interne s’enclenchait, menée par ces individus prétentieux et avides de pouvoir où chacun voulait dominer l’autre, pratiquant toutes les possibilités pour s’imposer. Ajoutons ces « Zouâma el khamsa », sujets du rapt en plein ciel, aux trois clans (du Caire, de Tunis et d'Oujda). Comment ces 4 groupes en désaccord dispersés en dehors du pays pouvaient-ils diriger une guerre alors que nos maquisards vétérans de l'O.S. de l'A.L.N. étaient fixés clandestinement depuis huit ans sur le terrain avec leur logistique et leur stratégie, menant concrètement leurs batailles glorieuses pour l'indépendance sacrée…

Après 1962, opposé au régime de Benbella prosoviétique, Boudiaf sympathise avec le régime chinois qui voulait appliquer au peuple algérien la « cocotte populaire ». Finalement, Benbella l’a incarcéré. Dès sa libération, Boudiaf a pris la fuite avec le magot du F.L.N, au Royaume du Maroc, au lieu de poursuivre la course au pouvoir.

Les C.C. Centralistes y compris ces nombreux opportunistes, pressentant le danger, avaient pris la fuite vers le Caire et l’étranger pour mener la « belle vie », loin de la guerre en s’installant dans des palaces, se permettant sans scrupules de représenter la révolution pour briguer un poste de délégué, ou d’ambassadeur et voyageant soi-disant en mission, etc… et ceci, avec l’argent de la trésorerie récolté des nations «pour la révolution,» sur le dos des combattants qui souffraient. En Algérie, la guerre faisait rage. Le peuple supportait des atrocités …Les rongeurs du budget appartenant au peuple se permettaient de vivre dans le grand luxe, ignorant les calamités qui s’appesantissaient sur le pays.

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13 Mai 2014 10:05 #156161 par cimode
Réponse de cimode sur le sujet Hocine Ait Ahmed
Les paroles de Didouche Mourad à Boudiaf
« Le maintien de Messali Hadj à la tête de la Révolution, notre chef incontestable, a fait notre unanimité pendant plus de 25 ans.» ont justifié la préservation de l’unité militaire et politique.

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13 Mai 2014 16:07 #156162 par dahmane1
Réponse de dahmane1 sur le sujet Hocine Ait Ahmed

cimode;161793 écrit: La version que tu préconise est soit incomplète et contient des lacunes et de la propagande.

Sais-tu que le premier martyr de la révolution Ahmed ZABANA était membre de l'OS d'Oran. Il fut suivi de FARRADJ, Abdekader SNOUCI et Zerrouki GHAOUTI, tous membre de l'ALN issue de l'OS. Ceux ci furent tous torturés et guillotinés. Es tu en mesure de donner une liste exhaustive des batailles de l'ALN ? Sais tu que les renégats furent presque exécutés pour traitrise par les militants lorsqu'ils présentèrent de faux documents pour tenter d'usurper le déclenchement de la révolution sur ordre de Nasser, parmi eux Ben Mhidi et Boussouf et qu'ils ne durent leur salut qu'à la clémence des militants de la région Ouest. Sais tu qu'il suffit de lire le Paris Match de 1954 pour y voir que les renégats se présentaient en photo avec des photos de Messali Hadj en arrière plan pour tenter de manipuler leur action. Sais tu que les témoignages par dizaines existent des trahisons de centralistes auprès des autorités coloniales et égyptiennes. Ceux ci vivaient une vie mondaine au Caire pendant que le peuple souffrait atrocement du déclenchement de la révolution..

Ces éléments devraient t'éclairer.


Je ne préconise rien, je veux seulement récolter des informations pour mettre de la lumière sur la journée du 1 novembre 1954, ainsi que tous les avènements antérieurs qui avaient causé le déclenchement de la révolution populaire, qui avait fait un seul Héros, le Peuple Algérien; comme disait le père du nationalisme, Messali Hadj que le congres de la Soummam (1956 !!!) avait accusé injustement son combat pour l'indépendance de l'Algérie, du "culte de la personnalité" !!!

babelouedstory.com/journaux/02_1/7_11_1954_echo.html
babelouedstory.com/journaux/03/16_11_54_journal.html

"Un problème sans solution est un problème mal posé"

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24 Jui 2014 19:19 #156163 par dahmane1
Rattrapé par son âge, Hocine Aït Ahmed, né en 1926 à Michelet, a pris enfin la décision de quitter la présidence de son parti, le Front des Forces Socialistes (FFS). Il n’était pas présent aux travaux du dernier congrès de son parti, tenu le week-end passé à Alger. Le responsable de la fameuse Organisation Secrète avait assisté deux jours auparavant aux funérailles de sa sœur et d’un cousin au Maroc.

Selon un ancien diplomate Algérien qui habite la région de Lausanne et qui a rencontré plusieurs fois Hocine Aït Ahmed, ce dernier aurait émis le souhait d’être enterré au Maroc comme l’ensemble des membres de sa famille décédés.

Selon toujours la même source, ce vœu de l’enfant prodige de Michelet a été exprimé depuis fort longtemps. Si cette information s’avérait vraie, cela sera le premier chef Algérien à être enterré à l’étranger.

Le dernier des chefs historiques avait porté un témoignage sur le plateau d’une chaîne de télévision marocaine concernant le détournement de l’avion qui transportait les six chefs historiques en 1957 au Maroc par les services secrets français, dont faisait partie Aït Ahmed. « Le roi du Maroc (Mohamed V, ndr) avait tout fait pour nous libérer..», un témoignage lourd de sens, quant aux accusations sans fondements au sujet du détournement de l’avion des responsables du FLN durant la guerre de libération nationale.

« Aït Ahmed ne s’est jamais déplacé à Alger secrètement, ni lors de ce congrès ni lors des élections législatives. Il ne fait confiance à personne, même ici en Suisse il est très méfiant et ne fréquente pas n’importe quel endroit. Il ne se déplace jamais seul », dira la même source.

L’ancien diplomate algérien est allé jusqu’à démentir les informations faisant état de la vente de la villa de Hocine Aït Ahmed à Alger, affirme le site algérien « Izwawen » qui a rapporté cette infos..

La releve.ma Le Quotidien d’Information Instantanée _ Hocine Aït Ahmed aurait émis le souhait d’être enterré au Maroc

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