Arts et Lettres,

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23 Aoû 2012 20:23 #121476 par yasmi
Réponse de yasmi sur le sujet Arts et Lettres,

ICOSIUM;109372 écrit: je n'ai pas tout lu de lui, mais j'aime le "prophete", ce que je viens de mettre en ligne en est un aperçu.


Je verrais merci Ico ...

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26 Aoû 2012 16:18 #121477 par au_gré_du_vent
Réponse de au_gré_du_vent sur le sujet Arts et Lettres,
un tres beau txte que 'leprophete" du grand Khalil Gibran!
je me rappelle avoir retranscritt qlq part certains de ces passages, du temps ou on ecrivait encore à la main :lol:
car maintenant ça google/ copie et colle:)

Je vous coipe-colle donc ce passage qui est, à ce que je ressens à l'image du forum FAM ces derniers jours :icon_mrgreen:
Altamira reprit : parle-nous de l'Amour.
Il releva la tête, considéra la foule, soudain tranquille. Il parlait d'une voix puissante :
Quand l'Amour te fait signe, suis-le,
Même si ses voies sont escarpées et pénibles.
Quand ses ailes te couvriront, cède-lui,
Même si te blesse l'épée cachée dans ses ailerons.
Lorsqu'il te parlera, crois-le,
Même si sa voix dévaste tes rêves, tel le vent du Nord au jardin.

Car l'amour couronne, mais il te crucifiera aussi. Il servira à ta croissance comme à ton ébranchage.
S'il jaillit jusqu'à ta cime, caresse tes branches très tendres qui frémissent au soleil,
Il descendra jusqu'aux racines pour secouer leur étreinte dans la terre.
Telles des gerbes de blé il te recueille en lui.
Il te bat pour te mettre à nu.
Il te passe au crible pour t'affranchir des mortes peaux.
Il te moud jusqu'à la blancheur.
Il te pétrit pour une parfaite fluidité ;
Enfin, il te confie à son feu sacré, que tu deviennes le pain sacré de Dieu.

Tout cela, l'amour vous le fera afin que vous sachiez les secrets de votre cœur et deveniez, par cette connaissance, un fragment du cœur de la vie.

Mais pénétré de crainte, tu voudrais ne chercher que la paix et le plaisir de l 'amour,
Alors il vaut mieux couvrir ta nudité, passer au large de son aire,
Dans ce monde sans saison où tu riras, mais pas de tout ton rire, pleureras, mais pas de toutes tes larmes.
L'amour ne donne rien que lui, ne prends rien que lui.
L'amour ne possède pas et ne veut pas l'être ;
Car il se suffit à lui-même.

Quand tu aimes, tu ne saurais dire : " Dieu repose dans mon cœur ", mais plutôt : " Je repose dans le cœur de Dieu. "
Et ne crois pas pouvoir diriger le cours de l'amour car c'est lui, s'il t'en trouve digne, qui te dirigera.

L'amour n'a pas d'autre désir que de s'accomplir.
Mais si tu aimes et s'il te faut nourrir des désirs, aie donc ceux-ci :
Fondre et courir comme le torrent qui chante pour la nuit.
Connaître la douleur d'une trop riche tendresse.
Etre blessé par ta propre compréhension de l'amour ;
Saigner volontiers et dans la joie.
T'éveiller à l'aube, le cœur ailé, rendre grâces pour ce nouveau jour d'amour ;
Reposer à midi et méditer sur l'extase de l'amour ;
Regagner ton gîte le soir, avec gratitude ;
Puis t'endormir avec au cœur une prière pour la bien-aimée, la louange sur les lèvres.

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26 Aoû 2012 16:24 #121478 par au_gré_du_vent
Réponse de au_gré_du_vent sur le sujet Arts et Lettres,
et un autre passage!
c'est de ta faute Icosium! Tu me rappelles une periodde ma vie!:)


Une femme dit alors:



"Parle-nous de la Joie et de la Tristesse."



Il répondit:



Votre joie est votre tristesse sans masque.

Et le même puits d'où jaillit votre rire a souvent été rempli de vos larmes.

Comment en serait-il autrement ?

Plus profonde est l'entaille découpée en vous par votre tristesse, plus grande est la joie que vous pouvez abriter.

La coupe qui contient votre vin n'est-elle pas celle que le potier flambait dans son four ?

Le luth qui console votre esprit n'est-il pas du même bois que celui creuse par les couteaux ?

Lorsque vous êtes joyeux, sondez votre cœur, et vous découvrirez que ce qui vous donne de la joie n'est autre que ce qui causait votre tristesse.

Lorsque vous êtes triste, examinez de nouveau votre cœur. Vous verrez qu'en vérité vous pleurez sur ce qui fit vos délices.



Certains parmi vous disent: "La joie est plus grande que la tristesse", et d'autres disent: "Non, c'est la tristesse qui est la plus grande."

Moi je vous dis qu'elles sont inséparables.

Elles viennent ensemble, et si l'une est assise avec vous, a votre table, rappelez-vous que l'autre est endormie sur votre lit.



En vérité, vous êtes suspendus, telle une balance, entre votre tristesse et votre joie.

Il vous faut être vides pour rester immobiles et en équilibre.

Lorsque le gardien du trésor vous soulève pour peser son or et son argent dans les plateaux, votre joie et votre tristesse s'élèvent ou retombent.



Khalil Gibran

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01 Sep 2012 21:20 #121479 par ICOSIUM
Réponse de ICOSIUM sur le sujet Arts et Lettres,
Culture , 30 Août 2012 09:50
“ZABANA !” DE SAÏD OULD KHELIFA
Le martyr qui ne voulait pas de larmes
Par : Sara Kharfi

Ahmed Zabana, figure martyre de la Révolution, rendue emblématique par le fait qu’il a été le premier à être condamné à la guillotine par la justice coloniale et par le fait qu'il ne voulait pas qu'on le pleure, est ressuscité, en 2012 — année du cinquantenaire de l’Indépendance de l’Algérie —, par la caméra de Saïd Ould Khelifa.

Le long métrage a été projeté pour la presse, mercredi matin, à la salle El-Mouggar. Une avant-première est prévue pour ce soir à 19 heures. La commercialisation du film se fera en octobre prochain. Dans ce long métrage où l’on a du mal à déceler la part fictionnelle de la réalité, le réalisateur revient sur les étapes marquantes du parcours de Ahmed (ou Hmida) Zabana : l’attaque de la Poste centrale d’Oran, en avril 1949 ; l’assassinat du garde forestier, François Braun, la nuit du 1er Novembre 1954  ; son arrestation au niveau de la grotte Boudjelida qui servait de poste de commandement au FLN ; le procès injuste durant lequel le fait colonial a atteint des cimes ; la prison de Barberousse (Serkadji) ; et enfin, son exécution, le 19 juin 1956. Zabana ! montre la torture dans ce qu’elle a de plus dégradant et abject. Pour la première fois au cinéma, elle est montrée sous ses aspects politiques avec la mise en scène de la figure de François Mitterrand, ministre français de la Justice de l’époque, qui était favorable à la guillotine.
Le film restitue une scène du Conseil des ministres, du 15 février 1956, où celui qui deviendra le président de la République française vote favorablement pour la mise à mort, contrairement à, par exemple, Pierre Mendès-France. Le procès de Zabana est une autre étape marquante dans ce long métrage. L’avocat de la défense n’hésite pas à faire le procès de la colonisation. Maître Thuvenny relèvera également l’incohérence de la France coloniale, qui considère ceux qui se sont élevés contre le régime nazi comme étant des “résistants”, alors que les Algériens qui luttaient pour le recouvrement de leur indépendance comme étant des “terroristes”. Outre ces faits d’histoire, Saïd Ould Khelifa restitue des situations plus intimes, des scènes de la vie d’Ahmed Zabana, qui était un homme plutôt réservé et d’un tempérament calme. Le film s’intéresse au rapport du premier guillotiné de la guerre de Libération nationale, avec Ali Zamoum, à la prison de Barberousse, mais à aucun moment, le réalisateur ne nous montre que cet acteur de l’histoire est aussi un personnage-clé dans le film. Zabana ! qui sous-entend que l’exécution d’Ahmed Zabana et d’Abdelkader Ferradj est l’une des raisons qui ont fait éclater la Bataille d’Alger, exprime, timidement, les divergences idéologiques du FLN avec le MNA, mais ne va pas jusqu’à la confrontation, comme l’avait osé Rachid Bouchareb dans Hors-la-loi (2009). Zabana ! est un film qui donne également la chance aux jeunes comédiens. Imed Benchenni, en Zabana pondéré, est une “gueule” qui vient du théâtre, et qui a bien campé son rôle. Le casting est également rehaussé par des participations de comédiens prometteurs (comme Abdelkader Djeriou qui a incarné le rôle de Maître Zertal), des comédiens étrangers (comme la participation exceptionnelle d’Anne Richard) et des comédiens algériens chevronnés (à l’exemple de Mohamed et Fadéla Hachemaoui, Mustapha Ayad, et Khaled Benaïssa). Côté scénario, si Azeddine Mihoubi restitue des faits marquants dans le parcours du révolutionnaire, Ahmed Zabana, le scénario manque de dialogues et de vitalité. Le silence est parfois trop pesant, et il semblerait que le scénariste n’ait pas pris beaucoup de liberté dans l’écriture. Le résultat à cela est que le spectateur a parfois du mal à saisir la complexité du personnage. En plus d’une belle image, Saïd Ould Khelifa a essayé de faire un film d’auteur (avec des plans plutôt serrés, des focalisations, des lenteurs, etc.), en tentant de cerner la psychologie du personnage et la transmettre à son spectateur. Durant 110 minutes, ce film, produit par Laith Media, construit un propos différent de ce qu’on a l’habitude de voir dans les productions cinématographiques qui ont trait à l’histoire. Le discours n’est pas sommaire, il est plutôt subtil et tout en finesse. Il est surtout porté par un propos et des propositions esthétiques, notamment avec la fin, magistralement bien ficelée et filmée. Une véritable symphonie de l’horreur où Saïd Ould Khelifa restitue le réel, sans le travestir, et sans encombrer son spectateur de pathos et de mots inutiles. Et c’est ce qui crée l’émotion.
La prouesse, à l’intérieur de la prison du moins, est que le film a réussi à nous peindre des personnages humains, qui expriment leurs sentiments. Zabana ! est un film complexe.
Il s’ouvre sur une succession d’images et d’étapes de la vie du héros de la guerre de Libération, il se termine par une fin extraordinaire, qui fait oublier toutes les faiblesses du film. Un bel hommage à un homme qui est mort le 19 juin 1956. Mais cette même date est un début : Zabana est entré dans l’Histoire, lui qui avait écrit, dans la dernière lettre adressée à ses parents : “Ne me pleurez pas, soyez fiers de moi.”


Une des heureuses retombées de la célébration du 50ème anniversaire de l’indépendance, sera au moins la réalisation de films et documentaires sur notre passé durant la guerre de libération.
L’Algérie d’aujourd’hui et surtout les jeunes ont besoin de connaitre leur histoire et surtout les héros de la guerre et les sacrifices consentis par ces derniers pour une vie dans la dignité et l’indépendance. Sauront -ils s'en inspirer?? et comprendre qu'il n'y pas que le t'bisniss dans la vie;................“Ne me pleurez pas, soyez fiers de moi.”

Allah yerhem Echouhada

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02 Sep 2012 21:05 #121480 par ICOSIUM
Réponse de ICOSIUM sur le sujet Arts et Lettres,
Ô CASBAH MA PEAU

je lègue mon âme aux mille acres de terres vaillantes
mes yeux mes mains mon sexe ma peau et mon ocre

j'offre mes arcanes ancestrales des blancs de la chaux
au feu qui réanime mes doigts griffeurs sur le miroir
qui reflète les vestiges de la sphère évanouie

chaque rêve muré de sursauts étreint ma gorge
j'ai franchi le seuil de l'impasse Médée
dans mon lit dort la tenaille du vieux sabre

vient à ma rencontre la filante lueur de la rue du chagrin
toutes les nuits elle danse nue sur mes épaules excédées
elle forme les voutes imbibées de tourments enflammés

la pierre tombante fait suinter le pourpre de l'age ottoman
elle saigne à flot dans les petits ponts de la cité vierge
en goutte à goutte elle distille le sérum de la force

mon amour adossé aux signes des portes bienveillantes
ah si le feuillet virginal de l'espérance
pouvait atteindre le seuil de mon asile
afin que le filon de ma racine s'élève
jusqu'aux terrasses des amants

je vois le mur au-dessous du tag s'écarquiller
l'enfant à même le sol dessine une marelle
il joue son rêve préfacé par les cris sautant sur des numéros

en haut de Bab Djedid crèche l'escadron de la fortune
à la Casbah pleure une fontaine dépourvue de l'eau
au marché du linceul les fauchés méditent leur dernier voyage


le désordre humain loge dans ma valise
je grave infiniment la mémoire de l'ombre
au rythme des saisons ponctuelles
celles qui n'obéissent guère à l'horloge maligne
quand j'écoute le murmure du vent
et l'écoulement de l'air
toutes les brumes virent au soleil levant
je pleure alors le soleil couchant

KAMEL YAHIAOUI

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07 Sep 2012 19:12 #121481 par ICOSIUM
Réponse de ICOSIUM sur le sujet Arts et Lettres,

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