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Bavure filmée de Montfermeil : trois policiers renvoyés devant le tribunal(video)
- kredence
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03 Mar 2010 01:34 #48889
par kredence
Bavure filmée de Montfermeil : trois policiers renvoyés devant le tribunal(video) a été créé par kredence
Bavure à Montfermeil ( video )
www.dailymotion.com/video/x7gzsh_bavure-à-montfermeil_news
LE MONDE 02.03.10
Les images des violences commises par deux policiers à l'encontre d'un jeune homme interpellé à Montfermeil (Seine-Saint-Denis), le 14 octobre 2008, avaient été largement diffusées sur Internet.
Sur la vidéo, on apercevait distinctement deux policiers donner des coups de crosse et de matraque à Abdoulaye Fofana, un étudiant de 20 ans, menotté dans le hall d'entrée d'un immeuble.
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a confirmé, le 12 février, le renvoi devant le tribunal correctionnel des deux policiers auteurs présumés des coups, poursuivis pour "violences volontaires", et d'un troisième fonctionnaire, pour "non-empêchement d'un délit". Un quatrième policier, également suspecté de ne pas être intervenu pour mettre fin aux violences, a bénéficié d'un non-lieu.
Ce soir-là, dans une ambiance tendue, les policiers en patrouille sont la cible d'un tir de mortier d'artifice et d'un jet de pierre contre leur véhicule. Les policiers réussissent à se dégager et à identifier visuellement l'auteur du "caillassage".
Ils affirment l'avoir reconnu 30 minutes plus tard au pied d'un immeuble, et se seraient alors lancés à sa poursuite. Selon leurs déclarations, celui-ci serait rentré en courant chez lui, ouvrant la porte d'un coup d'épaule, avant que les policiers l'interpellent.
Une version que conteste Abdoulaye Fofana, qui explique être resté toute la soirée à son domicile pour regarder un match de football, ce qu'ont confirmé plusieurs membres de sa famille. Selon lui, les policiers auraient enfoncé la porte et l'auraient ensuite frappé et plaqué au sol. Ils l'auraient menotté puis redescendu au rez-de-chaussée en le frappant.
A cet instant, les policiers ne savent pas qu'à l'extérieur de l'immeuble, un réalisateur professionnel, habitant du quartier, filme l'intervention.
Les images montrent deux gardiens de la paix frappant Abdoulaye Fofana, menotté dans le dos. Le premier policier donne un coup de crosse. "J'avais vu dans les yeux de M. Fofana qu'il était agressif, a expliqué Jean-Patrick Pinson devant le juge d'instruction. J'ai pensé qu'il allait me donner un coup de pied, mais il ne m'en a pas donné quand il s'est approché de moi."
Le second porte trois coups de matraque sur la tête. "J'ai fait cela pour qu'il ne frappe pas mes collègues, pour qu'il arrête d'être virulent", a expliqué David Lagraulet devant le magistrat. Des gestes qui s'expliqueraient par le contexte extrêmement tendu de l'interpellation, selon les avocats des policiers.
Cinq autres policiers sont présents sur place, mais n'interviennent pas. Dans son enquête, l'inspection générale des services (IGS) avait souligné les "incohérences" de leurs déclarations. L'IGS a relevé que "l'exiguïté des lieux, le positionnement des policiers au moment de la scène et enfin l'orientation des visages des fonctionnaires (...) permettent d'établir la mise en cause de ces fonctionnaires pour non-empêchement d'un délit contre l'intégrité corporelle".
La cour d'appel, reprenant l'ordonnance de la juge d'instruction, n'a pas suivi cette analyse, décidant de renvoyer un seul policier pour non-empêchement de délit.
La date du procès reste inconnue, ce que dénonce Yassine Bouzrou, l'avocat de M. Fofana : "L'instruction a duré dix-huit mois, et donne une vision complète des responsabilités des policiers. Il n'y a aucune raison d'attendre."
L'avocat conteste la décision du tribunal de Bobigny de ne pas fixer de date d'audience, suivant la demande du parquet et des avocats des policiers. L'accusation et la défense souhaitent que les violences des policiers ne soient pas jugées tant que l'information judiciaire sur le "caillassage" subi par les fonctionnaires n'est pas terminée. "Les deux pans du dossier doivent être jugés ensemble", plaide Me Frédéric Gabet, avocat de M. Pinson. "Il serait inconcevable de juger les deux parties séparément", ajoute Me Daniel Merchat, avocat de M. Lagraulet.
Cette hypothèse repousserait le procès de plusieurs mois, dans la mesure où l'instruction sur le "caillassage" n'a pas avancé. "Lorsqu'un jeune est jugé pour outrage ou rébellion, mais a déposé plainte par ailleurs pour violences, on ne se pose jamais ce genre de questions, et on se dépêche de le juger en comparution immédiate", se désole Me Bouzrou.
Luc Bronner
www.lemonde.fr/societe/article/2010/03/0...al_1313291_3224.html
www.dailymotion.com/video/x7gzsh_bavure-à-montfermeil_news
LE MONDE 02.03.10
Les images des violences commises par deux policiers à l'encontre d'un jeune homme interpellé à Montfermeil (Seine-Saint-Denis), le 14 octobre 2008, avaient été largement diffusées sur Internet.
Sur la vidéo, on apercevait distinctement deux policiers donner des coups de crosse et de matraque à Abdoulaye Fofana, un étudiant de 20 ans, menotté dans le hall d'entrée d'un immeuble.
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a confirmé, le 12 février, le renvoi devant le tribunal correctionnel des deux policiers auteurs présumés des coups, poursuivis pour "violences volontaires", et d'un troisième fonctionnaire, pour "non-empêchement d'un délit". Un quatrième policier, également suspecté de ne pas être intervenu pour mettre fin aux violences, a bénéficié d'un non-lieu.
Ce soir-là, dans une ambiance tendue, les policiers en patrouille sont la cible d'un tir de mortier d'artifice et d'un jet de pierre contre leur véhicule. Les policiers réussissent à se dégager et à identifier visuellement l'auteur du "caillassage".
Ils affirment l'avoir reconnu 30 minutes plus tard au pied d'un immeuble, et se seraient alors lancés à sa poursuite. Selon leurs déclarations, celui-ci serait rentré en courant chez lui, ouvrant la porte d'un coup d'épaule, avant que les policiers l'interpellent.
Une version que conteste Abdoulaye Fofana, qui explique être resté toute la soirée à son domicile pour regarder un match de football, ce qu'ont confirmé plusieurs membres de sa famille. Selon lui, les policiers auraient enfoncé la porte et l'auraient ensuite frappé et plaqué au sol. Ils l'auraient menotté puis redescendu au rez-de-chaussée en le frappant.
A cet instant, les policiers ne savent pas qu'à l'extérieur de l'immeuble, un réalisateur professionnel, habitant du quartier, filme l'intervention.
Les images montrent deux gardiens de la paix frappant Abdoulaye Fofana, menotté dans le dos. Le premier policier donne un coup de crosse. "J'avais vu dans les yeux de M. Fofana qu'il était agressif, a expliqué Jean-Patrick Pinson devant le juge d'instruction. J'ai pensé qu'il allait me donner un coup de pied, mais il ne m'en a pas donné quand il s'est approché de moi."
Le second porte trois coups de matraque sur la tête. "J'ai fait cela pour qu'il ne frappe pas mes collègues, pour qu'il arrête d'être virulent", a expliqué David Lagraulet devant le magistrat. Des gestes qui s'expliqueraient par le contexte extrêmement tendu de l'interpellation, selon les avocats des policiers.
Cinq autres policiers sont présents sur place, mais n'interviennent pas. Dans son enquête, l'inspection générale des services (IGS) avait souligné les "incohérences" de leurs déclarations. L'IGS a relevé que "l'exiguïté des lieux, le positionnement des policiers au moment de la scène et enfin l'orientation des visages des fonctionnaires (...) permettent d'établir la mise en cause de ces fonctionnaires pour non-empêchement d'un délit contre l'intégrité corporelle".
La cour d'appel, reprenant l'ordonnance de la juge d'instruction, n'a pas suivi cette analyse, décidant de renvoyer un seul policier pour non-empêchement de délit.
La date du procès reste inconnue, ce que dénonce Yassine Bouzrou, l'avocat de M. Fofana : "L'instruction a duré dix-huit mois, et donne une vision complète des responsabilités des policiers. Il n'y a aucune raison d'attendre."
L'avocat conteste la décision du tribunal de Bobigny de ne pas fixer de date d'audience, suivant la demande du parquet et des avocats des policiers. L'accusation et la défense souhaitent que les violences des policiers ne soient pas jugées tant que l'information judiciaire sur le "caillassage" subi par les fonctionnaires n'est pas terminée. "Les deux pans du dossier doivent être jugés ensemble", plaide Me Frédéric Gabet, avocat de M. Pinson. "Il serait inconcevable de juger les deux parties séparément", ajoute Me Daniel Merchat, avocat de M. Lagraulet.
Cette hypothèse repousserait le procès de plusieurs mois, dans la mesure où l'instruction sur le "caillassage" n'a pas avancé. "Lorsqu'un jeune est jugé pour outrage ou rébellion, mais a déposé plainte par ailleurs pour violences, on ne se pose jamais ce genre de questions, et on se dépêche de le juger en comparution immédiate", se désole Me Bouzrou.
Luc Bronner
www.lemonde.fr/societe/article/2010/03/0...al_1313291_3224.html
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