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Le maréchal Tantaoui, nouveau pharaon d’Egypte
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16 Fév 2011 05:29 #69123
par Jalal
Le maréchal Tantaoui, nouveau pharaon d’Egypte a été créé par Jalal
mardi 15 février 2011 par Robert Paris
Egypte : le maréchal Tantaoui, nouveau pharaon d’Egypte, prétend interdire les grèves ouvrières mais l’Egypte entière est en train de se mettre en grève. Il veut manipuler les soldats contre le peuple travailleur et il faut que les soldats, eux aussi, entrent en grève...
Grève des travailleurs du gaz et du pétrole
Grève des travailleurs de l’Opéra du Caire
Grève des journalistes et travailleurs de la presse
Grève des fonctionnaires
Grève du Textile
Grève des employés de banque
Grève des média
Grève du Tourisme
Grève de la sidérurgie
Grève partout ...
Des grèves ont éclaté dans toutes les branches de l’industrie : chez les travailleurs des télécom, les mécaniciens du secteur ferroviaire, dans les arsenaux de Port-Saïd, et aussi grèves de plusieurs dizaines de milliers d’ouvriers d’usines de charbon, de coton, de textile, de médicaments, de ciment, etc.
L’armée égyptienne, aux commandes du pays depuis que le président Hosni Moubarak a démissionné et lui a remis le pouvoir, a appelé lundi citoyens et syndicats à cesser les grèves, au moment où les mouvements sociaux prenaient de l’ampleur.
Tantaoui, l’ami intime de Moubarak au pouvoir ou la tentation de la répression anti-ouvrière pour écraser le soulèvement prolétarien...
Le Conseil suprême des forces armées, qui a salué samedi la contribution de Hosni Moubarak à l’histoire du pays, n’a pas souhaité récupérer les milliards qu’il a volés ni supprimer l’état d’urgence, ni en finir avec l’ensemble des détournements de richesses organisés par l’armée et par bien d’autres profiteurs, ni supprimer les traités liant l’Egypte et l’impérialisme, ni programmer la fin de la misère, du manque d’emplois, de logements, de services publics, etc, etc...
Il n’a programmé qu’une seule chose : que rien ne change, ce qu’il appelle l’ordre !!!
Le Conseil suprême des forces armées "appelle les citoyens et les syndicats professionnels et ouvriers à assumer leur rôle de la meilleure manière".
"Nous espérons que tout le monde préparera le climat favorable à la gestion des affaires du pays en cette période délicate jusqu’à ce qu’elles soient remises au pouvoir civil légitime et élu par le peuple", a poursuivi le Conseil dans un communiqué lu par un militaire à la télévision d’Etat.
L’armée explique son appel par la nécessité de "réaliser la sécurité et la stabilité du pays et des citoyens et pour garantir que la production continue dans tous les organismes de l’Etat", dans un communiqué lu par un militaire à la télévision d’Etat.
Malgré l’injonction de l’armée, la révolution continue et toute l’Egypte entre en grève ...
De la sidérurgie aux média en passant par le secteur du Tourisme, et surtout la paysannerie, tout le prolétariat d’Egypte entre en lutte...
Au menu : revendications sociales et salariales et grogne contre la hausse des prix des produits de première nécessité. Grèves dans des secteurs aussi divers que l’industrie pétrolière, les médias, la sidérurgie ou l’industrie textile.
Les salaires dans la fonction publique sont insignifiants et se situent autour de 35 ou de 40 euros par mois. À titre indicatif le kilo de viande se vend à 9€ !
Même la police a défilé hier pour demander une hausse des salaires et scander à son tour : « Le peuple, la police, une seule main ! »
Les employés des société privées se mettent aussi en grève et arpentent les rues où sont domiciliées leurs entreprises respectives : « À bas ! À bas ! Mon-sieur ! Shé-rif ! » « Mais qui est Monsieur Shérif ? » demande une voisine. « Le patron ! » répond une salariée.
Les archéologues, les fonctionnaires du ministère de la Culture et les guides touristiques ont pris d’assaut ce matin le Haut Conseil des Antiquités présidé par Zahi Hawass qui, non solum a été maintenu au gouvernement sed etiam a été bombardé ministre des Antiquités. Colère et furie des personnes citées plus haut pour qui l’homme au chapeau est une icône de l’usurpation et de la corruption. Au pied de son bureau des centaines de manifestants crient : « Descends ! Descends ! » ou « Voleur ! Voleur ! Qu’as-tu fait de mon musée ! »
Le lendemain de la chute de Hosni Moubarak, première des revendications de la révolution égyptienne, les ouvriers d’Égypte poursuivent leurs grèves et leurs occupations pour revendiquer leurs droits volés sous la présidence de Moubarak et ses gouvernements successifs.
Ainsi, ce samedi 12 février,
— 4000 ouvriers des minoteries de l’est du Delta (Ismailiya, Mansoura, Suez, Port Said) se sont mis en grève pour une hausse de 70% de leurs salaires, « humaniser » leurs moyens de transports, réduire les sanctions, aligner tous les salaires sur ceux des CDI, départ du directeur financier.
— Les 1200 employés de la sucrerie de El Fayoum entament leur deuxième jour de grève pour relever leurs salaires (1200 LE pour un ouvrier qualifié) au niveau de ceux de la sucrerie El Nil (5000 LE pour le même poste) réintégrer les licenciés, dont le syndicaliste Ashraf Abd El Yunis, pour avoir défendu leurs droits, et juger les cadres qui ont détourné l’argent de l’entreprise, dont le PDG, qui a 80 ans, a amassé plus de 30 millions, se moque de son devenir et de celui de ses employés.
— Après avoir refusé une augmentation de 11%, les 10.000 employés de la poste poursuivent leur grève pour relever leurs salaires au niveau de ceux de leurs camarades aux télécommunications et relever les salaires des diplômes en formation permanente sur ceux des diplômes à l’embauche, embaucher les CDI, licencier les consultants issus de l’armée aux salaires exorbitants.
— Les milliers de salariés de la pétrochimie et du ministère de l’agriculture, poursuivent des grèves avec occupation, pour l’embauche des CDI et le remboursement des écarts de salaires avec les CDD depuis leur premier contrat.
— 9000 employés de l’usine d’aluminium de Naga Hamadi menacent de grève si le PDG n’est pas suspendu et jugé pour les fonds détournés à l’usine pour sa fortune personnelle.
— 1500 employés de l’hopital public de Kafr El Zayat ont cessé leur occupation le 11 février après avoir obtenu la démission de deux directeurs qui les humiliaient, leurs retards de salaires, l’embauche des CDI.
Des centaines de milliers de travailleurs d’Égypte se sont mis en grève ou ont occupé leurs entreprises au cours des jours précédents en solidarité avec la révolution et pour réclamer leurs droits volés sous le régime de Moubarak.
Vive la lutte des travailleurs d’Égypte ! Continuons ensemble pour rendre effectifs les mot d’ordre de la révolution égyptienne : « Changement, liberté, justice sociale ».
Ainsi, ce que l’on observe aujourd’hui n’est plus la foule compacte de Tahrir, mais des dizaines, voire des centaines de petits groupes plus déterminés que jamais à ce que, secteur par secteur, justice soit faite.
L’armée égyptienne, qui a pris les commandes du pays depuis la démission de l’ancien président Hosni Moubarak sous la pression populaire, a appelé, lundi 14 février, citoyens et syndicats à cesser les mouvements de grève qui prennent de l’ampleur dans le pays au nom de "la sécurité et de la stabilité du pays et des citoyens et pour garantir que la production continue dans tous les organismes de l’Etat".
"Il a été remarqué que certains secteurs de l’Etat organisent des protestations malgré le retour à la vie normale et des conditions où toutes les catégories du peuple sont censées être solidaires", notent les militaires. "Les Egyptiens honorables voient que ces protestations en ce moment délicat mènent aux conséquences négatives suivantes : l’atteinte à la sécurité de l’Etat ; la perturbation et l’entrave à la production et au travail dans des secteurs de l’Etat ; l’entrave aux intérêts des citoyens ; l’impact négatif sur l’économie nationale."
"QUI N’EST PAS EN GRÈVE ?"
Disant toujours s’exprimer au nom du peuple, l’armée évoque aussi la possibilité que la poursuite des mouvements sociaux puisse "préparer le terrain à des éléments irresponsables pour qu’ils commettent des actes illégaux, ce qui exige de tous les citoyens honnêtes de conjuguer leurs efforts pour amener la patrie à bon port". "Nous espérons que tout le monde préparera le climat favorable à la gestion des affaires du pays en cette période délicate jusqu’à ce qu’elles soient remises au pouvoir civil légitime et élu par le peuple", a poursuivi le conseil.
Les militaires "appellent les citoyens, les organisations professionnelles et les syndicats à jouer pleinement leur rôle". Depuis plusieurs jours, des employés des secteurs des transports, de la banque, du pétrole, du textile et même des médias officiels, et certains organismes du gouvernement sont en grève pour demander une augmentation salariale et de meilleures conditions de travail, selon le responsable de cette organisation indépendante. "Il est difficile de dire exactement combien de personnes sont en grève et où. Qui n’est pas en grève ?" a souligné, lundi, le chef du Centre des services pour les syndicats et les ouvriers.
Les choses n’ont pas traîné.
À peine le dictateur Moubarak chassé par le peuple et exilé à Charm-El-Cheikh, l’armée égyptienne a pris ouvertement le pouvoir qu’elle détient de fait, depuis 1952, après le renversement du roi Farouk par les officiers nationalistes révolutionnaires dont Gamal Abdel Nasser.
Le peuple a abattu une dictature de 30 ans, et l’État-Major rafle la mise.
Cherchez l’erreur…
C’est la révolution « ordonnée » et « crédible » dont rêvait l’Occident.
Mais à peine les occupants de la place Tahrir avaient-ils terminé leur Osterputz et rendu les lieux à l’infernale circulation automobile, qu’ils ont compris à quelle sauce ils étaient consommés.
Et ils sont revenus s’y installer bien décidés à ne pas se laisser voler leur victoire par d’ex-maréchaux à la soviétique. Et cette fois, l’armée, prétendue neutre, les a délogés vite fait. Faut pas pousser !
Et dans le même temps, les grèves se multiplient dans les entreprises, dont beaucoup sont précisément la propriété des militaires, de haut rang, il va sans dire.
Bref, la révolution confisquée, provisoirement, a encore des perspectives d’avenir.
Et ce n’est ni la dissolution de l’Assemblée, frauduleusement élue, ni la mini révision constitutionnelle annoncée, ni même la date, lointaine, des élections qui feront oublier le putsch à froid réalisé au nez et à la barbe du monde.
On est sûr que bientôt, le peuple demandera à l’armée : qui t’a fait Raïs ?
Si les militaires égyptiens avaient été vraiment des démocrates, ils auraient organisé une transition en y associant des représentants de tous les partis, de toutes les associations, et surtout de tous les occupants de la place Tahrir, et d’ailleurs qui représentent eux véritablement le pouvoir populaire.
Mais allez demander ça à des chefs militaires !
La classe ouvrière a convaincu les classes dirigeantes de se débarrasser de Moubarak mais c’est pour mieux écrser le mouvement de masse ouvrier.
Des appels ont commencé à circuler pour une grève générale et les premiers arrêts de travail ont été signalés dans les jours précédant le départ de Moubarak. Le 10 février des dizaines de milliers de travailleurs étaient en grève, la vague de grève la plus importante depuis les mouvements de grève dans le textile de 2007-2008 qui avaient été durement réprimés. Des grèves ont éclaté dans différentes administrations, dans les transports en commun du Caire et les chemins de fer. Dans la zone du canal de Suez 3000 ouvriers du pétrole se mettaient en grève. Dans la région industrielle de l’Egypte, le delta où se trouve l’essentiel de l’industrie égyptienne, on signalait une grève de 4000 ouvriers à l’usine chimique Al Nasr à Helwan, de 2000 ouvriers (en fait surtout des ouvrières) à l’usine textile de la même ville, 2000 également à l’usine Sigma Pharmaceuticals de Quesna ; à Al Mahalla, la capitale de l’industrie textile, l’épicentre des luttes de 2007-2008, une grève générale illimitée était déclenchée le 10 février à la Misr Spinning and Weaving Textils Factory, la plus grande usine d’Egypte, qui emploie 24 000 personnes, etc. Les revendications portent sur les salaires, très bas (le salaire minimum est de 70 dollars par mois), l’amélioration des conditions de travail, l’embauche définitive des travailleurs précaires, etc. Toutes ces grèves, dont nous n’avons probablement qu’un petit aperçu, se sont déclenchées indépendamment du syndicat officiel qui a comme fonction de maintenir la paix sociale et d’empêcher les luttes ouvrières. Encore partielles, elles sont de bonne augure pour l’avenir, à condition que les travailleurs réussissent à s’organiser sur des bases de classe, indépendamment non seulement des structures syndicales vendues aux patrons et à l’Etat bourgeois et en rejetant tous les faux frères qui voudraient les utiliser pour leurs objectifs bourgeois (comme ceux qui ont fait arrêter la grève de la Misr Spinning and Wearing Textiles Factory après le départ de Moubarak).
Alors que l’Arabie Saoudite et l’Autorité palestinienne, mortellement effrayées par le mouvement des masses, ont toute suite affirmé leur soutien à Moubarak, le gouvernement américain a multiplié les pressions pour une « transition politique et pacifique », c’est-à-dire pour que celui-ci cède la place, seule façon de prévenir des affrontements aux risques incalculables : le fusible Moubarak devait sauter pour protéger le capitalisme des décharges à haute tension qu’un déchaînement de la lutte des classes dans le plus grand pays du Moyen-Orient ne manquerait pas de produire, avec des retombées dans toute la région. Au sein du régime, les proches alliés de Moubarak ont sans doute caressé l’idée d’une alternative à l’iranienne ou à la chinoise : l’écrasement de la contestation, après que l’inévitable lassitude ait au moins momentanément calmé l’ardeur des manifestants. Les cercles bourgeois les plus influents, ceux qui sont le plus représentés parmi les chefs militaires, ont jugé ce scénario trop risqué, comme l’a trouvé de son côté l’impérialisme américain.
L’armée égyptienne a été rapidement mobilisée pour canaliser la foule, protéger les édifices, les biens et les services essentiels, tout en laissant la police se salir les mains dans la répression. Complètement absents des premières grandes manifestations, les Frères Musulmans, la seule force d’opposition importante que le gouvernement ait laissé se développer, ont essayé de prendre le train en marche : leur rôle sera irremplaçable demain pour maintenir l’ordre bourgeois. Aujourd’hui, les chefs militaires, après avoir annoncé la dissolution du parlement et la suspension de la constitution, promettent le retour du pouvoir aux civils dans 6 mois ; entre-temps ils élaboreront une nouvelle constitution.
Quelles que soient les formes que prendra le changement de régime, le pouvoir politique bourgeois demeure intact en Egypte ; pire, l’Armée, principal pilier de ce pouvoir, ressort momentanément auréolée de cette transition. Mais les prolétaires égyptiens apprendront vite, s’ils ne s’en doutent pas encore, que c’est contre eux que vont se mobiliser les successeurs de Moubarak, que c’est sur eux que va s’abattre à nouveau la répression de la police et de l’armée, et que pour défendre leurs intérêts ils devront lutter seuls, sans les petits-bourgeois démocrates, nationalistes ou religieux.
La révolution n’est pas finie !!
Il reste à mettre en grève les soldats !!!
L’Etat égyptien n’est pas celui du peuple travailleur !!
Il faut l’abattre !!!
Egypte : le maréchal Tantaoui, nouveau pharaon d'Egypte, prétend interdire les grèves ouvrières mais l'Egypte entière est en train de se mettre en grève. Il veut manipuler les soldats contre le peuple travailleur et il faut que les soldats, eux aussi
Egypte : le maréchal Tantaoui, nouveau pharaon d’Egypte, prétend interdire les grèves ouvrières mais l’Egypte entière est en train de se mettre en grève. Il veut manipuler les soldats contre le peuple travailleur et il faut que les soldats, eux aussi, entrent en grève...
Grève des travailleurs du gaz et du pétrole
Grève des travailleurs de l’Opéra du Caire
Grève des journalistes et travailleurs de la presse
Grève des fonctionnaires
Grève du Textile
Grève des employés de banque
Grève des média
Grève du Tourisme
Grève de la sidérurgie
Grève partout ...
Des grèves ont éclaté dans toutes les branches de l’industrie : chez les travailleurs des télécom, les mécaniciens du secteur ferroviaire, dans les arsenaux de Port-Saïd, et aussi grèves de plusieurs dizaines de milliers d’ouvriers d’usines de charbon, de coton, de textile, de médicaments, de ciment, etc.
L’armée égyptienne, aux commandes du pays depuis que le président Hosni Moubarak a démissionné et lui a remis le pouvoir, a appelé lundi citoyens et syndicats à cesser les grèves, au moment où les mouvements sociaux prenaient de l’ampleur.
Tantaoui, l’ami intime de Moubarak au pouvoir ou la tentation de la répression anti-ouvrière pour écraser le soulèvement prolétarien...
Le Conseil suprême des forces armées, qui a salué samedi la contribution de Hosni Moubarak à l’histoire du pays, n’a pas souhaité récupérer les milliards qu’il a volés ni supprimer l’état d’urgence, ni en finir avec l’ensemble des détournements de richesses organisés par l’armée et par bien d’autres profiteurs, ni supprimer les traités liant l’Egypte et l’impérialisme, ni programmer la fin de la misère, du manque d’emplois, de logements, de services publics, etc, etc...
Il n’a programmé qu’une seule chose : que rien ne change, ce qu’il appelle l’ordre !!!
Le Conseil suprême des forces armées "appelle les citoyens et les syndicats professionnels et ouvriers à assumer leur rôle de la meilleure manière".
"Nous espérons que tout le monde préparera le climat favorable à la gestion des affaires du pays en cette période délicate jusqu’à ce qu’elles soient remises au pouvoir civil légitime et élu par le peuple", a poursuivi le Conseil dans un communiqué lu par un militaire à la télévision d’Etat.
L’armée explique son appel par la nécessité de "réaliser la sécurité et la stabilité du pays et des citoyens et pour garantir que la production continue dans tous les organismes de l’Etat", dans un communiqué lu par un militaire à la télévision d’Etat.
Malgré l’injonction de l’armée, la révolution continue et toute l’Egypte entre en grève ...
De la sidérurgie aux média en passant par le secteur du Tourisme, et surtout la paysannerie, tout le prolétariat d’Egypte entre en lutte...
Au menu : revendications sociales et salariales et grogne contre la hausse des prix des produits de première nécessité. Grèves dans des secteurs aussi divers que l’industrie pétrolière, les médias, la sidérurgie ou l’industrie textile.
Les salaires dans la fonction publique sont insignifiants et se situent autour de 35 ou de 40 euros par mois. À titre indicatif le kilo de viande se vend à 9€ !
Même la police a défilé hier pour demander une hausse des salaires et scander à son tour : « Le peuple, la police, une seule main ! »
Les employés des société privées se mettent aussi en grève et arpentent les rues où sont domiciliées leurs entreprises respectives : « À bas ! À bas ! Mon-sieur ! Shé-rif ! » « Mais qui est Monsieur Shérif ? » demande une voisine. « Le patron ! » répond une salariée.
Les archéologues, les fonctionnaires du ministère de la Culture et les guides touristiques ont pris d’assaut ce matin le Haut Conseil des Antiquités présidé par Zahi Hawass qui, non solum a été maintenu au gouvernement sed etiam a été bombardé ministre des Antiquités. Colère et furie des personnes citées plus haut pour qui l’homme au chapeau est une icône de l’usurpation et de la corruption. Au pied de son bureau des centaines de manifestants crient : « Descends ! Descends ! » ou « Voleur ! Voleur ! Qu’as-tu fait de mon musée ! »
Le lendemain de la chute de Hosni Moubarak, première des revendications de la révolution égyptienne, les ouvriers d’Égypte poursuivent leurs grèves et leurs occupations pour revendiquer leurs droits volés sous la présidence de Moubarak et ses gouvernements successifs.
Ainsi, ce samedi 12 février,
— 4000 ouvriers des minoteries de l’est du Delta (Ismailiya, Mansoura, Suez, Port Said) se sont mis en grève pour une hausse de 70% de leurs salaires, « humaniser » leurs moyens de transports, réduire les sanctions, aligner tous les salaires sur ceux des CDI, départ du directeur financier.
— Les 1200 employés de la sucrerie de El Fayoum entament leur deuxième jour de grève pour relever leurs salaires (1200 LE pour un ouvrier qualifié) au niveau de ceux de la sucrerie El Nil (5000 LE pour le même poste) réintégrer les licenciés, dont le syndicaliste Ashraf Abd El Yunis, pour avoir défendu leurs droits, et juger les cadres qui ont détourné l’argent de l’entreprise, dont le PDG, qui a 80 ans, a amassé plus de 30 millions, se moque de son devenir et de celui de ses employés.
— Après avoir refusé une augmentation de 11%, les 10.000 employés de la poste poursuivent leur grève pour relever leurs salaires au niveau de ceux de leurs camarades aux télécommunications et relever les salaires des diplômes en formation permanente sur ceux des diplômes à l’embauche, embaucher les CDI, licencier les consultants issus de l’armée aux salaires exorbitants.
— Les milliers de salariés de la pétrochimie et du ministère de l’agriculture, poursuivent des grèves avec occupation, pour l’embauche des CDI et le remboursement des écarts de salaires avec les CDD depuis leur premier contrat.
— 9000 employés de l’usine d’aluminium de Naga Hamadi menacent de grève si le PDG n’est pas suspendu et jugé pour les fonds détournés à l’usine pour sa fortune personnelle.
— 1500 employés de l’hopital public de Kafr El Zayat ont cessé leur occupation le 11 février après avoir obtenu la démission de deux directeurs qui les humiliaient, leurs retards de salaires, l’embauche des CDI.
Des centaines de milliers de travailleurs d’Égypte se sont mis en grève ou ont occupé leurs entreprises au cours des jours précédents en solidarité avec la révolution et pour réclamer leurs droits volés sous le régime de Moubarak.
Vive la lutte des travailleurs d’Égypte ! Continuons ensemble pour rendre effectifs les mot d’ordre de la révolution égyptienne : « Changement, liberté, justice sociale ».
Ainsi, ce que l’on observe aujourd’hui n’est plus la foule compacte de Tahrir, mais des dizaines, voire des centaines de petits groupes plus déterminés que jamais à ce que, secteur par secteur, justice soit faite.
L’armée égyptienne, qui a pris les commandes du pays depuis la démission de l’ancien président Hosni Moubarak sous la pression populaire, a appelé, lundi 14 février, citoyens et syndicats à cesser les mouvements de grève qui prennent de l’ampleur dans le pays au nom de "la sécurité et de la stabilité du pays et des citoyens et pour garantir que la production continue dans tous les organismes de l’Etat".
"Il a été remarqué que certains secteurs de l’Etat organisent des protestations malgré le retour à la vie normale et des conditions où toutes les catégories du peuple sont censées être solidaires", notent les militaires. "Les Egyptiens honorables voient que ces protestations en ce moment délicat mènent aux conséquences négatives suivantes : l’atteinte à la sécurité de l’Etat ; la perturbation et l’entrave à la production et au travail dans des secteurs de l’Etat ; l’entrave aux intérêts des citoyens ; l’impact négatif sur l’économie nationale."
"QUI N’EST PAS EN GRÈVE ?"
Disant toujours s’exprimer au nom du peuple, l’armée évoque aussi la possibilité que la poursuite des mouvements sociaux puisse "préparer le terrain à des éléments irresponsables pour qu’ils commettent des actes illégaux, ce qui exige de tous les citoyens honnêtes de conjuguer leurs efforts pour amener la patrie à bon port". "Nous espérons que tout le monde préparera le climat favorable à la gestion des affaires du pays en cette période délicate jusqu’à ce qu’elles soient remises au pouvoir civil légitime et élu par le peuple", a poursuivi le conseil.
Les militaires "appellent les citoyens, les organisations professionnelles et les syndicats à jouer pleinement leur rôle". Depuis plusieurs jours, des employés des secteurs des transports, de la banque, du pétrole, du textile et même des médias officiels, et certains organismes du gouvernement sont en grève pour demander une augmentation salariale et de meilleures conditions de travail, selon le responsable de cette organisation indépendante. "Il est difficile de dire exactement combien de personnes sont en grève et où. Qui n’est pas en grève ?" a souligné, lundi, le chef du Centre des services pour les syndicats et les ouvriers.
Les choses n’ont pas traîné.
À peine le dictateur Moubarak chassé par le peuple et exilé à Charm-El-Cheikh, l’armée égyptienne a pris ouvertement le pouvoir qu’elle détient de fait, depuis 1952, après le renversement du roi Farouk par les officiers nationalistes révolutionnaires dont Gamal Abdel Nasser.
Le peuple a abattu une dictature de 30 ans, et l’État-Major rafle la mise.
Cherchez l’erreur…
C’est la révolution « ordonnée » et « crédible » dont rêvait l’Occident.
Mais à peine les occupants de la place Tahrir avaient-ils terminé leur Osterputz et rendu les lieux à l’infernale circulation automobile, qu’ils ont compris à quelle sauce ils étaient consommés.
Et ils sont revenus s’y installer bien décidés à ne pas se laisser voler leur victoire par d’ex-maréchaux à la soviétique. Et cette fois, l’armée, prétendue neutre, les a délogés vite fait. Faut pas pousser !
Et dans le même temps, les grèves se multiplient dans les entreprises, dont beaucoup sont précisément la propriété des militaires, de haut rang, il va sans dire.
Bref, la révolution confisquée, provisoirement, a encore des perspectives d’avenir.
Et ce n’est ni la dissolution de l’Assemblée, frauduleusement élue, ni la mini révision constitutionnelle annoncée, ni même la date, lointaine, des élections qui feront oublier le putsch à froid réalisé au nez et à la barbe du monde.
On est sûr que bientôt, le peuple demandera à l’armée : qui t’a fait Raïs ?
Si les militaires égyptiens avaient été vraiment des démocrates, ils auraient organisé une transition en y associant des représentants de tous les partis, de toutes les associations, et surtout de tous les occupants de la place Tahrir, et d’ailleurs qui représentent eux véritablement le pouvoir populaire.
Mais allez demander ça à des chefs militaires !
La classe ouvrière a convaincu les classes dirigeantes de se débarrasser de Moubarak mais c’est pour mieux écrser le mouvement de masse ouvrier.
Des appels ont commencé à circuler pour une grève générale et les premiers arrêts de travail ont été signalés dans les jours précédant le départ de Moubarak. Le 10 février des dizaines de milliers de travailleurs étaient en grève, la vague de grève la plus importante depuis les mouvements de grève dans le textile de 2007-2008 qui avaient été durement réprimés. Des grèves ont éclaté dans différentes administrations, dans les transports en commun du Caire et les chemins de fer. Dans la zone du canal de Suez 3000 ouvriers du pétrole se mettaient en grève. Dans la région industrielle de l’Egypte, le delta où se trouve l’essentiel de l’industrie égyptienne, on signalait une grève de 4000 ouvriers à l’usine chimique Al Nasr à Helwan, de 2000 ouvriers (en fait surtout des ouvrières) à l’usine textile de la même ville, 2000 également à l’usine Sigma Pharmaceuticals de Quesna ; à Al Mahalla, la capitale de l’industrie textile, l’épicentre des luttes de 2007-2008, une grève générale illimitée était déclenchée le 10 février à la Misr Spinning and Weaving Textils Factory, la plus grande usine d’Egypte, qui emploie 24 000 personnes, etc. Les revendications portent sur les salaires, très bas (le salaire minimum est de 70 dollars par mois), l’amélioration des conditions de travail, l’embauche définitive des travailleurs précaires, etc. Toutes ces grèves, dont nous n’avons probablement qu’un petit aperçu, se sont déclenchées indépendamment du syndicat officiel qui a comme fonction de maintenir la paix sociale et d’empêcher les luttes ouvrières. Encore partielles, elles sont de bonne augure pour l’avenir, à condition que les travailleurs réussissent à s’organiser sur des bases de classe, indépendamment non seulement des structures syndicales vendues aux patrons et à l’Etat bourgeois et en rejetant tous les faux frères qui voudraient les utiliser pour leurs objectifs bourgeois (comme ceux qui ont fait arrêter la grève de la Misr Spinning and Wearing Textiles Factory après le départ de Moubarak).
Alors que l’Arabie Saoudite et l’Autorité palestinienne, mortellement effrayées par le mouvement des masses, ont toute suite affirmé leur soutien à Moubarak, le gouvernement américain a multiplié les pressions pour une « transition politique et pacifique », c’est-à-dire pour que celui-ci cède la place, seule façon de prévenir des affrontements aux risques incalculables : le fusible Moubarak devait sauter pour protéger le capitalisme des décharges à haute tension qu’un déchaînement de la lutte des classes dans le plus grand pays du Moyen-Orient ne manquerait pas de produire, avec des retombées dans toute la région. Au sein du régime, les proches alliés de Moubarak ont sans doute caressé l’idée d’une alternative à l’iranienne ou à la chinoise : l’écrasement de la contestation, après que l’inévitable lassitude ait au moins momentanément calmé l’ardeur des manifestants. Les cercles bourgeois les plus influents, ceux qui sont le plus représentés parmi les chefs militaires, ont jugé ce scénario trop risqué, comme l’a trouvé de son côté l’impérialisme américain.
L’armée égyptienne a été rapidement mobilisée pour canaliser la foule, protéger les édifices, les biens et les services essentiels, tout en laissant la police se salir les mains dans la répression. Complètement absents des premières grandes manifestations, les Frères Musulmans, la seule force d’opposition importante que le gouvernement ait laissé se développer, ont essayé de prendre le train en marche : leur rôle sera irremplaçable demain pour maintenir l’ordre bourgeois. Aujourd’hui, les chefs militaires, après avoir annoncé la dissolution du parlement et la suspension de la constitution, promettent le retour du pouvoir aux civils dans 6 mois ; entre-temps ils élaboreront une nouvelle constitution.
Quelles que soient les formes que prendra le changement de régime, le pouvoir politique bourgeois demeure intact en Egypte ; pire, l’Armée, principal pilier de ce pouvoir, ressort momentanément auréolée de cette transition. Mais les prolétaires égyptiens apprendront vite, s’ils ne s’en doutent pas encore, que c’est contre eux que vont se mobiliser les successeurs de Moubarak, que c’est sur eux que va s’abattre à nouveau la répression de la police et de l’armée, et que pour défendre leurs intérêts ils devront lutter seuls, sans les petits-bourgeois démocrates, nationalistes ou religieux.
La révolution n’est pas finie !!
Il reste à mettre en grève les soldats !!!
L’Etat égyptien n’est pas celui du peuple travailleur !!
Il faut l’abattre !!!
Egypte : le maréchal Tantaoui, nouveau pharaon d'Egypte, prétend interdire les grèves ouvrières mais l'Egypte entière est en train de se mettre en grève. Il veut manipuler les soldats contre le peuple travailleur et il faut que les soldats, eux aussi
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- Jalal
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16 Fév 2011 05:36 #69124
par Jalal
Réponse de Jalal sur le sujet Un nouveau pharaon?
Un nouveau royaume militaire en Egypte?
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- romance
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16 Fév 2011 19:38 #69125
par romance
Réponse de romance sur le sujet Le maréchal Tantaoui, nouveau pharaon d’Egypte
tu vois jalal quand je te disais que tout est manipule les egyptiens aisnsi que les tunisiens ont ete mis en pature par les sionistes pour renverser les régimes qui ne leur plaisait plus c est tout
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- hacene
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16 Fév 2011 20:23 #69126
par hacene
Réponse de hacene sur le sujet Le maréchal Tantaoui, nouveau pharaon d’Egypte
La fortune de Moubarek et celle des Militaires s'entremèllent et se rejoignent. C'est pour cela que le Marécul Tantaoui ne veut pas d'enquètes sur la fortune du Rais et aussi parceque les investigations mèneraient forcément à sa fortune personnelle et à celle de la junte au pouvoir en Egypte. Que Dieu vienne en aide à le Révolution Egyptiènne.
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- kader95
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16 Fév 2011 20:52 #69127
par kader95
Réponse de kader95 sur le sujet Le maréchal Tantaoui, nouveau pharaon d’Egypte
Le maréchal Tantaoui n'est pas le nouveau pharaon d'Égypte, il est le nouveau toutou d'Israël et des USA. Pour tout ceux qui continue à croire que les révolution arabes sont spontanée ils en ont la preuve, la seconde preuve c'est le président tunisien par intérim qui traine des pieds pour mettre en place les futurs élections pire encore lui est les nouveaux sbires des occidentaux interdissent à des employés d'un Hypermarché bien connue en France de faire grève et de réclamer des augmentation de salaires. Comme la si bien dit à l'époque Coluche il y à une continuité dans le changement.
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- Jalal
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18 Fév 2011 02:25 #69128
par Jalal
Réponse de Jalal sur le sujet Le maréchal Tantaoui, nouveau pharaon d’Egypte
La lutte continue. Elle n'est pas arrêtée à ce que je sache. Il n'est pas facile de déloger des militaires qui sont là depuis 1952. La révolution est entrée dans sa phase la plus sérieuse : soulever le masque des militaires, ou, les contraindre à choisir leur camp...
LA REVOLUTION CONTINUE (citation d'un Egyptien journaliste) :
"En ce moment, l’occupation de la place Tahrir sera probablement suspendue. Mais nous devons, maintenant, transférer Tahrir dans les usines. Lorsque la révolution se poursuit, une polarisation de classes va s’affirmer. Nous devons rester vigilants. Nous ne devons pas nous arrêter ici… Nous détenons les clés de la libération de toute la région, pas seulement de l’Egypte. La perspective reste celle d’une « révolution permanente » (extension et approfondissement) qui assurera le peuple de ce pays avec une démocratie directe venant d’en bas. (Traduction)
Hossam el-Hamalawy"
LA REVOLUTION CONTINUE (citation d'un Egyptien journaliste) :
"En ce moment, l’occupation de la place Tahrir sera probablement suspendue. Mais nous devons, maintenant, transférer Tahrir dans les usines. Lorsque la révolution se poursuit, une polarisation de classes va s’affirmer. Nous devons rester vigilants. Nous ne devons pas nous arrêter ici… Nous détenons les clés de la libération de toute la région, pas seulement de l’Egypte. La perspective reste celle d’une « révolution permanente » (extension et approfondissement) qui assurera le peuple de ce pays avec une démocratie directe venant d’en bas. (Traduction)
Hossam el-Hamalawy"
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