Craintes de certains régimes de soulèvements "à la tunisienne"

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16 Jan 2011 05:52 #68038 par Jalal
Le quasi-silence observé par les régimes arabes face au succès de la révolution tunisienne qui a contraint Zine ben Ali à la fuite est très éloquent, reflétant leur propre peur de soulèvements populaires.
La rue arabe a au contraire été captivée par les quatre semaines de soulèvement qui ont conduit à la chute d'un pouvoir qui, sous couvert de sa réussite économique, avait réussi à faire taire les critiques de ses partenaires étrangers sur ses atteintes aux libertés publiques.
La "Révolution du jasmin", comme l'a baptisée la jeunesse tunisienne qui en a été le moteur, est en effet un spectacle inhabituel dans le monde arabe, où les autocrates ont plutôt tendance à mourir au pouvoir, à être assassinés ou à être délogés par des coups d'Etat.
Si les pays occidentaux souhaitent désormais ouvertement la démocratisation de la Tunisie, les capitales arabes restent discrètes, ce qui les inquiète étant, selon un analyste, le caractère spontanée et inorganisé du mouvement ayant mis fin aux 23 ans de régime policier de Ben Ali.
"Les événements de Tunisie illustrent les risques de l''effet cocotte-minute': quand on a un système ultrarépressif et qu'on ne s'attaque pas aux causes du mécontentement, une fissure apparaît dans le système qui peut mener à l'explosion", ajoute cet analyste, Henry Wilkinson.
Dans une déclaration d'une extrême prudence, la Ligue des Etats arabes a invité samedi à la fois les autorités, les partis politiques et les forces vives de Tunisie à faire preuve d'"unité" pour "maintenir les réalisations du peuple tunisien et parvenir à la paix dans le pays".
L'Arabie saoudite, qui a offert un asile au moins provisoire à Ben Ali et à sa famille - la France l'ayant jugé persona non grata -, s'est bornée pour sa part à souhaiter que son petit partenaire de la Ligue surmonte ces "circonstances exceptionnelles".
En Egypte, le président Hosni Moubarak, qui règne sans partage sur le pays arabe le plus peuplé depuis près de 30 ans, a dit par la voix du ministère des Affaires étrangères avoir "confiance dans la sagesse de ses frères tunisiens" et fait part de son souhait de ne pas voir la Tunisie "s'effondrer dans le chaos".
Le Soudan a été plus audacieux en saluant le changement politique à Tunis et en souhaitant au pays "de parvenir à la liberté, à la sécurité, à la stabilité et à un bel avenir".
Le renversement du dictateur soudanais Gaafar el Nimeïri, en 1985 après une vague de manifestations populaires, est peut-être le précédent ressemblant le plus au cas de la Tunisie. Mais le président actuel, Omar el Béchir, recherché par la justice internationale pour crime de guerre au Darfour, a pris le pouvoir en 1989 par un coup d'Etat.
En Irak, où la monarchie a été renversée par 1958 par une insurrection populaire couronnée par un coup d'Etat, le porte-parole du gouvernement s'est refusé à commenter la situation en Tunis, se retranchant derrière la non-immixtion dans ses "affaires intérieures".
L'extrême réticence des pays arabes à commenter l'histoire qui se précipite à Tunis, voire le silence assourdissant des autres pays du Maghreb traduit, selon l'analyste nord-africain Camille Taouil, leur crainte d'une contagion sur leur propre territoire d'une révolution spontanée "à la tunisienne".
Mais il ne signifie pas nécessairement qu'ils resteraient les bras croisés en pareille hypothèse. "Les autres autocrates n'auront pas les même scrupules pour écraser la violence que les Tunisiens ont eues", estime Richard Dalton, ancien ambassadeur de Grande-Bretagne à Tripoli et Téhéran.
Certains, comme le colonel libyen Mouammar Kadhafi, "en tireront la conclusion qu'ils conservent le droit et les moyens de ne pas céder d'un pouce, que ce soit aux islamistes, souvent invoqués pour maintenir un régime de fer, ou aux simples réformateurs".
Ben Ali a bien, lui aussi, abondamment invoqué ce prétexte d'un danger islamiste, mais les Tunisiens, dont la révolte n'a revêtu aucun caractère religieux, "ont vu clair dans son jeu", souligne l'analyste et juriste politique algérien Saad Djebbar.
Pour le commentateur libanais Rami Khouri, "le message de l'insurrection tunisienne est clair: il marque la fin de la soumission et de la docilité des masses arabes après des décennies de complaisance devant l'essor des Etats arabes sécuritaires fondés sur la police et l'armée et soutenus par l'Occident".
Pour lui, les griefs des émeutiers tunisiens sont partagés largement par la rue arabe, sauf peut-être dans les petites pétromonarchies du Golfe.
"La révolte en Tunisie montre que des nations peuvent renverser des régimes oppressifs. Elle aura des répercussions à travers la région arabe", renchérit Abdelrahman Mansour, un jeune opposant politique égyptien.
D'autant que des centaines de millions d'Arabes ont pu suivre et encourager en temps réel le déroulement de la révolution tunisienne grâce aux chaînes satellitaires, comme Al Djazira, ou des réseaux sociaux d'internet, tels Facebook et Twitter.
Parmi les pays susceptibles d'être affectés par cette onde de choc, certains spécialistes citent l'Egypte, la Jordanie, la Syrie et les voisins maghrébins de la Tunisie. (...)

L'Express.fr 15.01.2011

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16 Jan 2011 05:54 #68039 par Jalal
"La Révolution du jasmin" est de bonne augure!

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16 Jan 2011 10:14 #68040 par Radia
Aujourd'hui, c'est l'avenir qu'il faudrait préparer sur des bases solides ... Le président par intérim qui n'est que celui du parlement (Mr. Foued M'bazaa) devrait préparer les élections présidentielles dans une période allant de 45 à 60 jours ... Le premier ministre, Mohamed Ghannouchi, doit former son nouveau gouvernement d'union nationale ... En attendant, l'armée, les forces de l'ordre avec l'aide du peuple (la population partout sur tout le territoire) continuent à combattre les pilleurs, la racaille de l'RCD (le parti fasciste qui était au pouvoir) et celle de la famille Trabelsi (de Leila épouse du président déchu BEN ALI) ... La vigilance reste et restera toujours de la partie ...
La chasse des voleurs de l'argent du peuple (des deux familles Trabelsi et BEN ALI) continue ... Imed (frère de Leila est décédé hier à l'hopital)
BRAVO AU PEUPLE TUNISIEN...

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