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Maroc: femmes-mulets
- au_gré_du_vent
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11 Avr 2010 17:16 #52109
par au_gré_du_vent
Maroc: femmes-mulets a été créé par au_gré_du_vent
Ceuta, plaque tournante des «femmes-mulets»
Publié le 28 juin 2009 par Drzz
REPORTAGE - Des milliers de femmes transportent chaque jour sur leur dos des fardeaux pesant jusqu'à 70 kilos pour alimenter le commerce entre l'enclave espagnole de Ceuta et le Maroc.
Le dos plié sous le poids de la marchandise, Fatima peine à monter la côte vers la porte de Biutz, point de passage semi-officiel entre l'enclave espagnole de Ceuta et le Maroc. Patiente, sous une chaleur suffocante, cette mère de trois enfants avance pas à pas dans une file d'attente de deux kilomètres de long, où des milliers de femmes, mais aussi des aveugles et des personnes âgées, partagent le même sort. Ce sont les portadoras (porteuses), dénommées aussi mujeres mulas (femmes mulets). Telles des bêtes de somme chargées de fardeau pesant jusqu'à 70 kilos, elles sont employées par les commerçants de Ceuta pour acheminer de l'autre côté de la frontière de la marchandise qui sera ensuite vendue dans les souks du Nord marocain.
Chaque matin, c'est le même rituel. Quelque 10 000 Marocaines traversent la frontière espagnole pour s'engouffrer dans les méandres du gigantesque polygone commercial de Ceuta. À 8 heures, les 260 entrepôts de la zone sont déjà tous envahis par la horde de porteuses en djellaba de couleur et à la tête voilée. Devant chaque échoppe, les colis ont été préparés au préalable par les commerçants. À l'aide d'une corde, les hommes fixent les proéminents paquets sur l'échine courbée des femmes. Pas une minute n'est à perdre : pour chaque voyage effectué entre Ceuta et le Maroc, elles empochent cinq euros. Les plus résistantes des porteuses parviennent à en effectuer quatre par matinée.
Des Marocaines, transportant des fardeaux qui pèsent jusqu'à 70 kilos, font la queue au poste de frontière de Biutz.Crédits photo : SIPA
Commerce d'un autre âge
Mais la cadence des voyages ne dépend pas seulement de leur endurance. Elle fluctue selon le bon vouloir des douaniers marocains, qui, au gré des bakchichs, filtrent les sorties à la porte de Biutz, un poste de frontière à la légalité douteuse. Il s'agit d'une porte uniquement ouverte vers l'Afrique, construite à quelques encablures du poste de douane officiel, et que seuls les porteurs chargés de marchandises peuvent emprunter. Côté Ceuta, la police nationale espagnole se contente de veiller à ce que le tourniquet des hommes et celui des femmes ne se bloquent pas. Aucun contrôle n'est effectué sur la nature des paquets. Sous les couvertures, qui recouvrent ces colis géants, on trouve toutes sortes de produits : tee-shirts, chaussures, couches pour enfants, shampooing ou produits ménagers. Parfois se glissent aussi des bouteilles d'alcool ou des produits électroniques (hi-fi, portables…).
L'existence de ce commerce d'un autre âge entre l'Europe et l'Afrique est possible grâce au statut juridique particulier de Ceuta. Sa condition de zone franche, tout comme celle de Melilla (l'autre enclave espagnole au Maroc), lui a permis de développer avec le royaume marocain un échange de produits dénué de taxes. En quelques années, cette ville de 75 000 habitants est devenue ainsi le temple de la pacotille. Une autre particularité explique aussi l'expansion de ce trafic : l'absence de douane commerciale avec le royaume chérifien. «Pour des raisons politiques, le Maroc ne reconnaît pas Ceuta comme ville espagnole indépendante et refuse donc d'officialiser un échange commercial, ce qui explique l'essor de ce commerce non déclaré», explique le conseiller économique du gouvernement local, José Ramon Olmedo.
Mortes étouffées
Les autorités espagnoles refusent de parler de contrebande, puisque la marchandise est vendue par des commerçants légaux et rapporte à Ceuta quelque 6 millions d'euros annuels. Une manne financière non négligeable pour ce territoire de 18 kilomètres dépourvu d'industrie. Toutefois, l'image inhumaine de ce commerce fait désormais tâche. Fin mai, deux femmes marocaines sont mortes étouffées dans une bousculade. Les porteuses ont été retrouvées ensevelies sous des paquets de marchandises. Pour les autorités espagnoles, il est désormais urgent de rendre les conditions de travail plus adaptées aux normes européennes.
En attendant des négociations avec le Maroc sur l'ouverture d'une douane commerciale, Madrid a renforcé le contingent de policiers afin d'éviter de nouveaux accidents. «On essaie d'instaurer des règles dans un système commercial chaotique et inhumain», reconnaît un policier. Les nouvelles règles sont basiques : obligation de marcher dans un corridor délimité par un cordon de sécurité, interdiction d'avoir des paquets trop proéminents, de courir, et avoir toujours une main libre pour se retenir en cas de chute. Fatima, elle, se réjouit de ces nouvelles mesures de sécurité. «On fait moins de voyages, mais c'est autant de gagné dans la lutte pour la vie», lance-t-elle avant de franchir la frontière.
Diane Cambon pour le Monde - 26/06/2009
www.lefigaro.fr/international/2009/06/26...s-femmes-mulets-.php
Publié le 28 juin 2009 par Drzz
REPORTAGE - Des milliers de femmes transportent chaque jour sur leur dos des fardeaux pesant jusqu'à 70 kilos pour alimenter le commerce entre l'enclave espagnole de Ceuta et le Maroc.
Le dos plié sous le poids de la marchandise, Fatima peine à monter la côte vers la porte de Biutz, point de passage semi-officiel entre l'enclave espagnole de Ceuta et le Maroc. Patiente, sous une chaleur suffocante, cette mère de trois enfants avance pas à pas dans une file d'attente de deux kilomètres de long, où des milliers de femmes, mais aussi des aveugles et des personnes âgées, partagent le même sort. Ce sont les portadoras (porteuses), dénommées aussi mujeres mulas (femmes mulets). Telles des bêtes de somme chargées de fardeau pesant jusqu'à 70 kilos, elles sont employées par les commerçants de Ceuta pour acheminer de l'autre côté de la frontière de la marchandise qui sera ensuite vendue dans les souks du Nord marocain.
Chaque matin, c'est le même rituel. Quelque 10 000 Marocaines traversent la frontière espagnole pour s'engouffrer dans les méandres du gigantesque polygone commercial de Ceuta. À 8 heures, les 260 entrepôts de la zone sont déjà tous envahis par la horde de porteuses en djellaba de couleur et à la tête voilée. Devant chaque échoppe, les colis ont été préparés au préalable par les commerçants. À l'aide d'une corde, les hommes fixent les proéminents paquets sur l'échine courbée des femmes. Pas une minute n'est à perdre : pour chaque voyage effectué entre Ceuta et le Maroc, elles empochent cinq euros. Les plus résistantes des porteuses parviennent à en effectuer quatre par matinée.
Des Marocaines, transportant des fardeaux qui pèsent jusqu'à 70 kilos, font la queue au poste de frontière de Biutz.Crédits photo : SIPA
Commerce d'un autre âge
Mais la cadence des voyages ne dépend pas seulement de leur endurance. Elle fluctue selon le bon vouloir des douaniers marocains, qui, au gré des bakchichs, filtrent les sorties à la porte de Biutz, un poste de frontière à la légalité douteuse. Il s'agit d'une porte uniquement ouverte vers l'Afrique, construite à quelques encablures du poste de douane officiel, et que seuls les porteurs chargés de marchandises peuvent emprunter. Côté Ceuta, la police nationale espagnole se contente de veiller à ce que le tourniquet des hommes et celui des femmes ne se bloquent pas. Aucun contrôle n'est effectué sur la nature des paquets. Sous les couvertures, qui recouvrent ces colis géants, on trouve toutes sortes de produits : tee-shirts, chaussures, couches pour enfants, shampooing ou produits ménagers. Parfois se glissent aussi des bouteilles d'alcool ou des produits électroniques (hi-fi, portables…).
L'existence de ce commerce d'un autre âge entre l'Europe et l'Afrique est possible grâce au statut juridique particulier de Ceuta. Sa condition de zone franche, tout comme celle de Melilla (l'autre enclave espagnole au Maroc), lui a permis de développer avec le royaume marocain un échange de produits dénué de taxes. En quelques années, cette ville de 75 000 habitants est devenue ainsi le temple de la pacotille. Une autre particularité explique aussi l'expansion de ce trafic : l'absence de douane commerciale avec le royaume chérifien. «Pour des raisons politiques, le Maroc ne reconnaît pas Ceuta comme ville espagnole indépendante et refuse donc d'officialiser un échange commercial, ce qui explique l'essor de ce commerce non déclaré», explique le conseiller économique du gouvernement local, José Ramon Olmedo.
Mortes étouffées
Les autorités espagnoles refusent de parler de contrebande, puisque la marchandise est vendue par des commerçants légaux et rapporte à Ceuta quelque 6 millions d'euros annuels. Une manne financière non négligeable pour ce territoire de 18 kilomètres dépourvu d'industrie. Toutefois, l'image inhumaine de ce commerce fait désormais tâche. Fin mai, deux femmes marocaines sont mortes étouffées dans une bousculade. Les porteuses ont été retrouvées ensevelies sous des paquets de marchandises. Pour les autorités espagnoles, il est désormais urgent de rendre les conditions de travail plus adaptées aux normes européennes.
En attendant des négociations avec le Maroc sur l'ouverture d'une douane commerciale, Madrid a renforcé le contingent de policiers afin d'éviter de nouveaux accidents. «On essaie d'instaurer des règles dans un système commercial chaotique et inhumain», reconnaît un policier. Les nouvelles règles sont basiques : obligation de marcher dans un corridor délimité par un cordon de sécurité, interdiction d'avoir des paquets trop proéminents, de courir, et avoir toujours une main libre pour se retenir en cas de chute. Fatima, elle, se réjouit de ces nouvelles mesures de sécurité. «On fait moins de voyages, mais c'est autant de gagné dans la lutte pour la vie», lance-t-elle avant de franchir la frontière.
Diane Cambon pour le Monde - 26/06/2009
www.lefigaro.fr/international/2009/06/26...s-femmes-mulets-.php
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- kredence
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11 Avr 2010 17:25 #52110
par kredence
Réponse de kredence sur le sujet Maroc: femmes-mulets
En dehors des palais du roi,des endroits touristiques,le Maroc c'est le moyen age.
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- au_gré_du_vent
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11 Avr 2010 21:55 #52111
par au_gré_du_vent
Réponse de au_gré_du_vent sur le sujet Maroc: femmes-mulets
au fait, c'est quand j'ai vu un documentaire sur M6 que j'ai cherché des traces sur le NET, l'article en soi date de juin 2009.
Je n'arrive pas à croire que cela se produit réellement!
ils ont mm montré une femme enceinte de 8 mois portant ces fardeaux pour qqs sous, c'est horrible! limite esclavage!
Je n'arrive pas à croire que cela se produit réellement!
ils ont mm montré une femme enceinte de 8 mois portant ces fardeaux pour qqs sous, c'est horrible! limite esclavage!
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- ahmeddamien
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12 Avr 2010 06:02 #52112
par ahmeddamien
Réponse de ahmeddamien sur le sujet salam
j etais passe en voiture a cette douanes....les gens passaient a pied les douaniers les faisaient avancer a petits coup de tuyaux d arrosage en guise de baton
ca craint..............
par contre a l epoque il y avait aussi des hommes qui passaient en trabendo
ca craint..............
par contre a l epoque il y avait aussi des hommes qui passaient en trabendo
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- sangha74
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12 Avr 2010 12:19 #52113
par sangha74
Réponse de sangha74 sur le sujet Maroc: femmes-mulets
La vidéo les femmes mulet:tss:
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