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Victoire de Mohamed Morsi.
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25 Jui 2012 17:56 #113977
par yasmi
Victoire de Mohamed Morsi. a été créé par yasmi
Il est le premier président élu depuis la chute d'Hosni Moubarak, le premier islamiste à parvenir au pouvoir dans un pays où les Frères musulmans ont été écartés des instances dirigeantes depuis leur existence : la victoire de Mohamed Morsi à la présidentielle égyptienne est considérée comme un moment historique par la presse internationale. D'Israël aux Etats-Unis, en passant par le Royaume-Uni, les médias et les éditorialistes soulignent néanmoins les zones d'ombres et les défis qui vont jalonner le mandat du nouveau président égyptien.
"C'est un moment historique pour l'Egypte. Un autre clou a été enfoncé dans le cercueil de l'ancien régime", annonce le quotidien britannique le Guardian dans un éditorial. "Une élection totalement libre et juste - comme cela semble être le cas - est un moment déterminant, non seulement pour l'Egypte, mais aussi pour le printemps arabe et le reste du monde", renchérit The Independent. Et le journal britannique d'expliquer cette lecture solennelle de l'élection égyptienne : "En dépit des inquiétudes concernant l'islamisme de M. Morsi, une victoire de Shafik [ancien premier ministre de Moubarak], même reconnue, aurait bien trop ressemblé à un retour à l'ancien temps."
Dans une analyse publiée à la une du site Internet de l'Espagnol El Pais, une spécialiste du monde arabe détaille les ressorts de ce moment présenté comme historique. "On peut ne pas partager l'idéologie islamiste, critiquer l'histoire des Frères musulmans, ne pas faire confiance en ses dirigeants, et même regretter l'immense popularité de la confrérie. On peut espérer une autre révolution, mais la victoire de Morsi est en soi révolutionnaire (...). La demande de changement démocratique et pacifique va, aujourd'hui, au-delà des idéologies islamistes ou séculaires, et c'est en cela que consiste sa dimension révolutionnaire." La politique que mettront en place les Frères musulmans reste encore inconnue, tient à souligner le quotidien, qui avance cependant qu'"on peut au moins leur accorder le bénéfice du doute".
"AUTANT DE QUESTIONS QUE DE RÉPONSES"
En Europe, comme ailleurs, les médias mettent cependant en évidence les nombreux défis que doit relever le nouveau président, à l'instar du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, qui évoque la relation pour le moins compliquée des Frères musulmans avec le pouvoir militaire.
Les médias américains, qui s'attardent largement sur l'élection de Mohamed Morsi, balaient rapidement "le moment historique" pour détailler "la litanie de défis" qui attendent le nouveau président. "La première épreuve pour Morsi va arriver immédiatement", poursuit le New York Times. Après la dissolution de la chambre des députés dominée par les islamistes, entre les deux tours, l'armée s'est en effet octroyé le pouvoir législatif et un droit de contrôle sur l'élaboration de la prochaine Constitution, amenuisant par la même occasion le pouvoir présidentiel. "[Mohamed Morsi] va devoir affronter les militaires", prédit donc le quotidien américain.
Le nouveau président devra également "dépasser les doutes de ceux qui ont choisi son rival - presque la moitié des votants - et des millions d'Egyptiens qui se sont abstenus (...). Il va devoir convaincre son pays qu'il représente davantage que les petits intérêts des Frères musulmans et rassurer les nombreux Egyptiens qui craignent que son réel objectif soit de lier la notion de citoyenneté encore davantage à l'islam", ajoute le quotidien.
Même analyse critique du Washington Post, pour qui "le résultat [de l'élection] a soulevé autant de questions qu'il a apporté de réponses". Outre l'épineux problème du pouvoir présidentiel, le quotidien américain estime que Mohamed Morsi va devoir "traiter des questions concrètes de l'économie quotidienne". "L'économie égyptienne a été ravagée par la chute du tourisme et la délinquance s'est considérablement accrue à mesure que la police de Moubarak a décliné", souligne le journal.
LE "MALAISE" AMÉRICAIN ET ISRAÉLIEN
Fortement liés à l'ancien régime par une aide financière annuelle de plus d'un milliard de dollars d'aide à l'armée, les Etats-Unis se trouvent dans une position délicate. La Maison Banche a ainsi exprimé un "optimisme prudent", souligne le New York Times dans un autre article. "Les objectifs des Frères musulmans ne correspondent pas systématiquement aux intérêts de sécurité nationale américains", mentionne laconiquement le journal. Les Frères musulmans sont ainsi désireux de mettre fin à cette relation stratégique, explique le Washington Times, citant un spécialiste des relations internationales. Le journal met un mot sur la réaction de la Maison Blanche après l'élection de Morsi : "le malaise". Un sentiment qui prévaut également en Israël, estime le quotidien.
"La victoire de Morsi va aider la cause palestinienne", analyse ainsi le quotidien israélien Haaretz. "Dans les rues de Gaza, la jubilation a rappelé celle qui a accompagné la victoire choc du Hamas lors de l'élection palestinienne de 2006", souligne le journal, mais le président "aura les mains liées", poursuit le journal dans un autre article.
Des Palestiniens célèbrent la victoire de Mohamed Morsi à la présidentielle égyptienne, le 24 juin à Gaza. | AFP/MAHMUD HAMS
Les Egyptiens sont également "divisés", souligne encore Haaretz, et "voter pour les Frères musulmans était une façon de voter contre l'ancien régime", tente-t-il de relativiser. Les représentants du mouvement ont stratégiquement reconnu tous les accords internationaux signés par l'Egypte, y compris ceux de Camp David, qui avaient permis la signature d'un traité de paix entre Israël et l'Egypte.
Mohamed Morsi devra également composer avec la minorité chrétienne, potentiellement lors de la composition du gouvernement. "Comme beaucoup l'ont spéculé, Morsi peut désigner un poids lourd au ministère des affaires étrangères, qui n'aurait pas de liens avec les Frères musulmans, afin d'incarner la politique étrangère de l'Egypte avec Israël et d'autres pays", avance Haaretz.
"Les problèmes de l'Egypte ne peuvent pas être résolus d'un claquement de doigts", temporise The Independent, qui liste peu ou prou les mêmes défis pour le nouveau président, avant de conclure : "Mais Morsi n'a pas beaucoup de temps pour montrer qu'il a les épaules pour supporter la fonction. Le monde entier le regarde."
Flora Genoux
"C'est un moment historique pour l'Egypte. Un autre clou a été enfoncé dans le cercueil de l'ancien régime", annonce le quotidien britannique le Guardian dans un éditorial. "Une élection totalement libre et juste - comme cela semble être le cas - est un moment déterminant, non seulement pour l'Egypte, mais aussi pour le printemps arabe et le reste du monde", renchérit The Independent. Et le journal britannique d'expliquer cette lecture solennelle de l'élection égyptienne : "En dépit des inquiétudes concernant l'islamisme de M. Morsi, une victoire de Shafik [ancien premier ministre de Moubarak], même reconnue, aurait bien trop ressemblé à un retour à l'ancien temps."
Dans une analyse publiée à la une du site Internet de l'Espagnol El Pais, une spécialiste du monde arabe détaille les ressorts de ce moment présenté comme historique. "On peut ne pas partager l'idéologie islamiste, critiquer l'histoire des Frères musulmans, ne pas faire confiance en ses dirigeants, et même regretter l'immense popularité de la confrérie. On peut espérer une autre révolution, mais la victoire de Morsi est en soi révolutionnaire (...). La demande de changement démocratique et pacifique va, aujourd'hui, au-delà des idéologies islamistes ou séculaires, et c'est en cela que consiste sa dimension révolutionnaire." La politique que mettront en place les Frères musulmans reste encore inconnue, tient à souligner le quotidien, qui avance cependant qu'"on peut au moins leur accorder le bénéfice du doute".
"AUTANT DE QUESTIONS QUE DE RÉPONSES"
En Europe, comme ailleurs, les médias mettent cependant en évidence les nombreux défis que doit relever le nouveau président, à l'instar du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, qui évoque la relation pour le moins compliquée des Frères musulmans avec le pouvoir militaire.
Les médias américains, qui s'attardent largement sur l'élection de Mohamed Morsi, balaient rapidement "le moment historique" pour détailler "la litanie de défis" qui attendent le nouveau président. "La première épreuve pour Morsi va arriver immédiatement", poursuit le New York Times. Après la dissolution de la chambre des députés dominée par les islamistes, entre les deux tours, l'armée s'est en effet octroyé le pouvoir législatif et un droit de contrôle sur l'élaboration de la prochaine Constitution, amenuisant par la même occasion le pouvoir présidentiel. "[Mohamed Morsi] va devoir affronter les militaires", prédit donc le quotidien américain.
Le nouveau président devra également "dépasser les doutes de ceux qui ont choisi son rival - presque la moitié des votants - et des millions d'Egyptiens qui se sont abstenus (...). Il va devoir convaincre son pays qu'il représente davantage que les petits intérêts des Frères musulmans et rassurer les nombreux Egyptiens qui craignent que son réel objectif soit de lier la notion de citoyenneté encore davantage à l'islam", ajoute le quotidien.
Même analyse critique du Washington Post, pour qui "le résultat [de l'élection] a soulevé autant de questions qu'il a apporté de réponses". Outre l'épineux problème du pouvoir présidentiel, le quotidien américain estime que Mohamed Morsi va devoir "traiter des questions concrètes de l'économie quotidienne". "L'économie égyptienne a été ravagée par la chute du tourisme et la délinquance s'est considérablement accrue à mesure que la police de Moubarak a décliné", souligne le journal.
LE "MALAISE" AMÉRICAIN ET ISRAÉLIEN
Fortement liés à l'ancien régime par une aide financière annuelle de plus d'un milliard de dollars d'aide à l'armée, les Etats-Unis se trouvent dans une position délicate. La Maison Banche a ainsi exprimé un "optimisme prudent", souligne le New York Times dans un autre article. "Les objectifs des Frères musulmans ne correspondent pas systématiquement aux intérêts de sécurité nationale américains", mentionne laconiquement le journal. Les Frères musulmans sont ainsi désireux de mettre fin à cette relation stratégique, explique le Washington Times, citant un spécialiste des relations internationales. Le journal met un mot sur la réaction de la Maison Blanche après l'élection de Morsi : "le malaise". Un sentiment qui prévaut également en Israël, estime le quotidien.
"La victoire de Morsi va aider la cause palestinienne", analyse ainsi le quotidien israélien Haaretz. "Dans les rues de Gaza, la jubilation a rappelé celle qui a accompagné la victoire choc du Hamas lors de l'élection palestinienne de 2006", souligne le journal, mais le président "aura les mains liées", poursuit le journal dans un autre article.
Des Palestiniens célèbrent la victoire de Mohamed Morsi à la présidentielle égyptienne, le 24 juin à Gaza. | AFP/MAHMUD HAMS
Les Egyptiens sont également "divisés", souligne encore Haaretz, et "voter pour les Frères musulmans était une façon de voter contre l'ancien régime", tente-t-il de relativiser. Les représentants du mouvement ont stratégiquement reconnu tous les accords internationaux signés par l'Egypte, y compris ceux de Camp David, qui avaient permis la signature d'un traité de paix entre Israël et l'Egypte.
Mohamed Morsi devra également composer avec la minorité chrétienne, potentiellement lors de la composition du gouvernement. "Comme beaucoup l'ont spéculé, Morsi peut désigner un poids lourd au ministère des affaires étrangères, qui n'aurait pas de liens avec les Frères musulmans, afin d'incarner la politique étrangère de l'Egypte avec Israël et d'autres pays", avance Haaretz.
"Les problèmes de l'Egypte ne peuvent pas être résolus d'un claquement de doigts", temporise The Independent, qui liste peu ou prou les mêmes défis pour le nouveau président, avant de conclure : "Mais Morsi n'a pas beaucoup de temps pour montrer qu'il a les épaules pour supporter la fonction. Le monde entier le regarde."
Flora Genoux
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- yasmi
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25 Jui 2012 17:57 #113978
par yasmi
Réponse de yasmi sur le sujet Victoire de Mohamed Morsi.
Perso, je pense que les égyptiens vont vite déchanter et que d'un point de vue socio économique,il n'y aura pas de véritable changements.
Je vais attendre de voir quelles seront les futures relations avec Israel et les USA.
Puis quel rôle l'armée va t-elle jouer.
Je vais attendre de voir quelles seront les futures relations avec Israel et les USA.
Puis quel rôle l'armée va t-elle jouer.
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- la terre
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26 Jui 2012 10:21 #113979
par la terre
salam yasmi
le monde arabe et son armée........rien que ça :discours:
Morsi, un souvenir algérien
par Kamel Daoud
C'est nous, mais autrement. Qui ? Les Egyptiens avec un frère musulman à la tête d'une Présidence sans pouvoir. Pour les Algériens, les lectures sont différentes. Les premiers voient en Morsi, un Boudiaf barbu qui sera tué dans le dos après avoir été élu sans pouvoir. Quel gâchis donc de voir le printemps «arabe» finir en coup d'Etat en live et promesse de décennie noire version cairote. Donc, pour certains Algériens, l'Egypte suit lentement la pente des janviéristes algériens et va se retrouver en guerre contre elle-même. Divisée entre éradicateurs et maquisards au Sinaï.
Pour d'autres Algériens, Morsi est peut-être un islamiste mais il est élu démocratiquement. Les militaires égyptiens ont choisi donc la «démocratie» au lieu de faire dans le coup d'Etat et la guerre. Possible thèse, mais fragile espoir aussi. Reste que cela est vrai: peut-être que les militaires de Tantaoui ont choisi de ne pas faire comme nos janviéristes et d'éviter à leur pays la guerre. Cela fait espérer pour l'Egypte mais fait grimacer pour le sort de l'Algérie: premier pays «arabe» à avoir posé un pied dans la tombe pour tuer 200.000 personnes et revenir «soumis» et honteux à un Président version analogique de 1965.
Pour les derniers, c'est «dommage» après «dégage». Voir l'Egypte finir entre le mal et le pire, le barbu et le militaire, la mosquée et le char. Où est la démocratie dans toute cette révolution si, au lieu de consacrer la liberté, consacre soit un retour au nassérisme, ou un basculement imaginaire dans le califat ? A quoi sert une révolution si elle se fait voler ou violer, toujours ? Pour le moment, il n'y a pas d'issue. Les militaires en Egypte ont réussi à coincer la révolution et lui mettre un costume qui repousse. Morsi est Président, cela sauve un peu la démocratie et l'acte de voter. Mais il l'est à vide, et cela est dangereux. Les militaires n'ont pas fait de coup d'Etat violent mais un autre plus lent et plus sournois. Il faut chercher une issue et vite, entre les islamistes qui vendent un rêve après la mort et des militaires qui le tuent avant la vie. Vite et très vite. Le chemin semble donc long et la vie est courte.
Réponse de la terre sur le sujet Victoire de Mohamed Morsi.
yasmi;103325 écrit: Perso, je pense que les égyptiens vont vite déchanter et que d'un point de vue socio économique,il n'y aura pas de véritable changements.
Je vais attendre de voir quelles seront les futures relations avec Israel et les USA.
Puis quel rôle l'armée va t-elle jouer.
salam yasmi
le monde arabe et son armée........rien que ça :discours:
Morsi, un souvenir algérien
par Kamel Daoud
C'est nous, mais autrement. Qui ? Les Egyptiens avec un frère musulman à la tête d'une Présidence sans pouvoir. Pour les Algériens, les lectures sont différentes. Les premiers voient en Morsi, un Boudiaf barbu qui sera tué dans le dos après avoir été élu sans pouvoir. Quel gâchis donc de voir le printemps «arabe» finir en coup d'Etat en live et promesse de décennie noire version cairote. Donc, pour certains Algériens, l'Egypte suit lentement la pente des janviéristes algériens et va se retrouver en guerre contre elle-même. Divisée entre éradicateurs et maquisards au Sinaï.
Pour d'autres Algériens, Morsi est peut-être un islamiste mais il est élu démocratiquement. Les militaires égyptiens ont choisi donc la «démocratie» au lieu de faire dans le coup d'Etat et la guerre. Possible thèse, mais fragile espoir aussi. Reste que cela est vrai: peut-être que les militaires de Tantaoui ont choisi de ne pas faire comme nos janviéristes et d'éviter à leur pays la guerre. Cela fait espérer pour l'Egypte mais fait grimacer pour le sort de l'Algérie: premier pays «arabe» à avoir posé un pied dans la tombe pour tuer 200.000 personnes et revenir «soumis» et honteux à un Président version analogique de 1965.
Pour les derniers, c'est «dommage» après «dégage». Voir l'Egypte finir entre le mal et le pire, le barbu et le militaire, la mosquée et le char. Où est la démocratie dans toute cette révolution si, au lieu de consacrer la liberté, consacre soit un retour au nassérisme, ou un basculement imaginaire dans le califat ? A quoi sert une révolution si elle se fait voler ou violer, toujours ? Pour le moment, il n'y a pas d'issue. Les militaires en Egypte ont réussi à coincer la révolution et lui mettre un costume qui repousse. Morsi est Président, cela sauve un peu la démocratie et l'acte de voter. Mais il l'est à vide, et cela est dangereux. Les militaires n'ont pas fait de coup d'Etat violent mais un autre plus lent et plus sournois. Il faut chercher une issue et vite, entre les islamistes qui vendent un rêve après la mort et des militaires qui le tuent avant la vie. Vite et très vite. Le chemin semble donc long et la vie est courte.
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