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L’Algérie n’a pas l’agriculture pour vocation
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22 Jan 2009 06:33 #21495
par kredence
L’Algérie n’a pas l’agriculture pour vocation a été créé par kredence
Entretien avec Hamid Aït Amara professeur, en économie à l’INA
L’Algérie n’a pas l’agriculture pour vocation
Cet enseignant à la faculté des sciences économiques, ancien professeur à l’Institut national d’agronomie d’El Harrach (INA), sort cette semaine un ouvrage sous le titre
«Quel futur alimentaire pour l’Algérie» aux Editions Mille Feuilles, où il fait une analyse de la situation agricole et alimentaire de l’Algérie avec les perspectives à venir.
Propos recueillis par Fella M.
A l’issue des deux jours de travaux des journées d’étude consacrées au «rôle des Etats et leur intervention dans les économies nationales», les recommandations ont porté entre autres sur le développement de la politique agricole en Algérie pour assurer la sécurité alimentaire. Dans cet entretien accordé au Jour d’Algérie, cet expert dresse la situation du pays qui n’a pas de vocation agricole, ce qui peut être fait dans le domaine en dénonçant la corruption qui règne dans le secteur et tire la sonnette d’alarme.
Le Jour d’Algérie : L’Algérie a-t-elle une vocation agricole ?
Hamid Aït Amara : Non, malheureusement, l’Algérie n’a pas de vocation agricole. On le dit déjà depuis les années 1930. Pourquoi ? Parce qu’elle fait face à des contraintes naturelles très fortes. D’une part, un relief assez important de l’est à l’ouest du pays qui laisse peu d’espaces cultivables. Il est difficile de cultiver la montagne à partir d’une certaine pente. Il y a peu de terres, soit 8 millions d’hectares pour 35 millions d’habitants. Donc, c’est 0,20 hectare par personne alors que la moyenne est de 0,60 ha par tête. Il y a trois fois moins de terres qu’il en faut pour pouvoir produire ce qui nous est nécessaire. Pour comparaison, la Tunisie cultive 5,5 millions d’ha pour une population de 11 millions, donc un ratio de terre cultivable de 0,5 ha. Proportionnellement, ils ont deux fois plus de terres que l’Algérie. De plus, elle n’a pas les handicaps de l’Algérie.
Le deuxième handicap est la sècheresse car il ne pleut pas assez sur le nord de l’Algérie. Les deux tiers des terres sont sous une pluviométrie insuffisante. Cela détermine un système de culture appelé «extensif». C’est-à-dire qu’ on est obligé de laisser la moitié des terres au repos sans les cultiver, donc en terme technique «en jachère». En réalité, le ratio n’est pas de 0,20 mais de 0,10 ha par tête d’habitant.
Une autre contrainte agrologique, l’Algérie n’a pas de terre profonde et pas riche en minéraux puisque la capacité de rétention des sols est très faible donc ne peut retenir l’humidité lorsque la pluie tombe. Ce sont des sols pauvres. Le critère d’évaluation de la richesse ou la pauvreté des sols est le mus, c’est la matière organique qui compose ces sols et leur structure et enfin le choc extrêmement préjudiciable à la production des sols est la désertification et l’érosion des sols. Des sols en pente lorsqu’il pleut, s’ils ne sont pas couverts, la terre arable qui coule dans le ruissellement, ce qu’on appelle l’érosion par ruissellement est très très forte chez nous parce que les terres ne sont pas protégées. L’ensemble de ces contraintes physiques et climatiques des sols fait que les rendements sont trop faibles et les systèmes de culture ne peuvent pas cultiver plus intensément les sols. Voilà pourquoi nous avons une faible production agricole. Il faut se départir de l’idée qu’un jour l’Algérie atteindra l’autosuffisance alimentaire ou même un niveau appréciable de couverture alimentaire. L’Algérie est obligée d’importer toujours en grandes quantités notre nourriture de l’extérieur. L’Algérie ne peut pas nourrir sa population.
Que peut-on alors faire concrètement pour y remédier ?
On peut protéger nos terres et améliorer ce qui existe. Concrètement, le premier programme est celui de la protection des terres qui pourraient fournir au moins 500 000 emplois dans les campagnes et ils en ont besoin. Nous avons les moyens lorsqu’on en a pour faire une autoroute et des investissements pour la réalisation d’infrastructures, comme c’est le cas. Il faut aussi protéger les ressources naturelles, comme l’eau et sa mobilisation. Par exemple, les Tunisiens sont arrivés à 150 000 voire 200 000 ha de blé irrigués. On peut faire ici une irrigation complémentaire une ou deux fois dans l’année sur les Hauts Plateaux au moment où il le faut, on double les rendements. Donc, il existe des solutions pour augmenter la production mais cela ne veut pas dire que l’autosuffisance alimentaire est assurée. Il y a des marges de progrès que nous devons impérativement gagner. On pourra appeler cela «programme de rénovation rurale», qui existait déjà en 1950 en Algérie avec les zones de rénovation rurale dont la plus célèbre est à Zerriba sur la route de Bouira. Un travail qui a commencé à l’époque coloniale et qui a été abandonné après l’indépendance.
Le deuxième axe très important dans l’agriculture, la recherche agronomique et la vulgarisation pour apprendre au fellah car la plupart ont des pratiques d’éleveurs et non pas celles d’agriculteurs, en dehors des ouvriers agricoles qui ont disparu. Il faut apprendre aux éleveurs, qui font en particulier du lait, ce que c’est la production laitière et ceux qui font des céréales comment les cultiver de façon optimale. Pour cela, il faut de la recherche sur les meilleures pratiques et les sélectionner. En 1982, on avait gardé 180 000 ha dans des fermes dites de vulgarisation puis on a encore abandonné cela et on l’a saccagé. Produire nos semences au lieu d’en importer de plus en plus. C’est une catastrophe. Il faut reprendre toute la politique agricole et arrêter de penser que l’agriculture, c’est arroser d’argent un canal percé et des gens viennent se greffer sur les trous et prennent cet argent. La corruption a toujours accompagné les programmes d’«investissement».
Vous parlez de dessous de table ?
Ce n’est pas des dessous de table, c’est plus que ça. On a arrosé les campagnes ces dix dernières années et très peu est allé à la production. La gendarmerie de la wilaya d’Alger a fait une enquête et cela a été rendu public. Par ailleurs, il y a un énorme appétit d’un certain nombre de personnes pour accaparer les terres de l’Etat. Un type d’argument entendu lors des journées d’étude sur le rôle des Etats dans les économies nationales, qui prétend qu’on ne peut investir quand la terre ne lui appartient pas. Ces gens-là se moquent de nous, lorsque les deux tiers des terres en Algérie sont privées. Est-ce pour autant qu’ on voit des agriculteurs propriétaires investir ? L’arrière-pensée est claire. C’est l’accaparement des terres pour construire dessus ou dresser des hangars comme c’est le cas du domaine de Bouchaoui;i à 20 km du pouvoir central on a détruit un domaine de 1 100 ha lorsqu’il a été repris à Borgeaud en 1963. Il y a une incapacité de l’Etat à faire respecter la réglementation et protéger le patrimoine et les ressources. La question reste posée : pourquoi l’Etat a du mal ? Pas de réponse.
Depuis quarante ans on crie sur tous les toits sur la situation de l’agriculture et la politique agricole en Algérie. Il y a eu un certain nombre d’experts venus de l’étranger. en matière de recherche agronomique, le professeur René Dumont et ses collaborateurs m’ont précédé en tirant la sonnette d’alarme.
F. M.( Le jour d'Algérie )
L’Algérie n’a pas l’agriculture pour vocation
Cet enseignant à la faculté des sciences économiques, ancien professeur à l’Institut national d’agronomie d’El Harrach (INA), sort cette semaine un ouvrage sous le titre
«Quel futur alimentaire pour l’Algérie» aux Editions Mille Feuilles, où il fait une analyse de la situation agricole et alimentaire de l’Algérie avec les perspectives à venir.
Propos recueillis par Fella M.
A l’issue des deux jours de travaux des journées d’étude consacrées au «rôle des Etats et leur intervention dans les économies nationales», les recommandations ont porté entre autres sur le développement de la politique agricole en Algérie pour assurer la sécurité alimentaire. Dans cet entretien accordé au Jour d’Algérie, cet expert dresse la situation du pays qui n’a pas de vocation agricole, ce qui peut être fait dans le domaine en dénonçant la corruption qui règne dans le secteur et tire la sonnette d’alarme.
Le Jour d’Algérie : L’Algérie a-t-elle une vocation agricole ?
Hamid Aït Amara : Non, malheureusement, l’Algérie n’a pas de vocation agricole. On le dit déjà depuis les années 1930. Pourquoi ? Parce qu’elle fait face à des contraintes naturelles très fortes. D’une part, un relief assez important de l’est à l’ouest du pays qui laisse peu d’espaces cultivables. Il est difficile de cultiver la montagne à partir d’une certaine pente. Il y a peu de terres, soit 8 millions d’hectares pour 35 millions d’habitants. Donc, c’est 0,20 hectare par personne alors que la moyenne est de 0,60 ha par tête. Il y a trois fois moins de terres qu’il en faut pour pouvoir produire ce qui nous est nécessaire. Pour comparaison, la Tunisie cultive 5,5 millions d’ha pour une population de 11 millions, donc un ratio de terre cultivable de 0,5 ha. Proportionnellement, ils ont deux fois plus de terres que l’Algérie. De plus, elle n’a pas les handicaps de l’Algérie.
Le deuxième handicap est la sècheresse car il ne pleut pas assez sur le nord de l’Algérie. Les deux tiers des terres sont sous une pluviométrie insuffisante. Cela détermine un système de culture appelé «extensif». C’est-à-dire qu’ on est obligé de laisser la moitié des terres au repos sans les cultiver, donc en terme technique «en jachère». En réalité, le ratio n’est pas de 0,20 mais de 0,10 ha par tête d’habitant.
Une autre contrainte agrologique, l’Algérie n’a pas de terre profonde et pas riche en minéraux puisque la capacité de rétention des sols est très faible donc ne peut retenir l’humidité lorsque la pluie tombe. Ce sont des sols pauvres. Le critère d’évaluation de la richesse ou la pauvreté des sols est le mus, c’est la matière organique qui compose ces sols et leur structure et enfin le choc extrêmement préjudiciable à la production des sols est la désertification et l’érosion des sols. Des sols en pente lorsqu’il pleut, s’ils ne sont pas couverts, la terre arable qui coule dans le ruissellement, ce qu’on appelle l’érosion par ruissellement est très très forte chez nous parce que les terres ne sont pas protégées. L’ensemble de ces contraintes physiques et climatiques des sols fait que les rendements sont trop faibles et les systèmes de culture ne peuvent pas cultiver plus intensément les sols. Voilà pourquoi nous avons une faible production agricole. Il faut se départir de l’idée qu’un jour l’Algérie atteindra l’autosuffisance alimentaire ou même un niveau appréciable de couverture alimentaire. L’Algérie est obligée d’importer toujours en grandes quantités notre nourriture de l’extérieur. L’Algérie ne peut pas nourrir sa population.
Que peut-on alors faire concrètement pour y remédier ?
On peut protéger nos terres et améliorer ce qui existe. Concrètement, le premier programme est celui de la protection des terres qui pourraient fournir au moins 500 000 emplois dans les campagnes et ils en ont besoin. Nous avons les moyens lorsqu’on en a pour faire une autoroute et des investissements pour la réalisation d’infrastructures, comme c’est le cas. Il faut aussi protéger les ressources naturelles, comme l’eau et sa mobilisation. Par exemple, les Tunisiens sont arrivés à 150 000 voire 200 000 ha de blé irrigués. On peut faire ici une irrigation complémentaire une ou deux fois dans l’année sur les Hauts Plateaux au moment où il le faut, on double les rendements. Donc, il existe des solutions pour augmenter la production mais cela ne veut pas dire que l’autosuffisance alimentaire est assurée. Il y a des marges de progrès que nous devons impérativement gagner. On pourra appeler cela «programme de rénovation rurale», qui existait déjà en 1950 en Algérie avec les zones de rénovation rurale dont la plus célèbre est à Zerriba sur la route de Bouira. Un travail qui a commencé à l’époque coloniale et qui a été abandonné après l’indépendance.
Le deuxième axe très important dans l’agriculture, la recherche agronomique et la vulgarisation pour apprendre au fellah car la plupart ont des pratiques d’éleveurs et non pas celles d’agriculteurs, en dehors des ouvriers agricoles qui ont disparu. Il faut apprendre aux éleveurs, qui font en particulier du lait, ce que c’est la production laitière et ceux qui font des céréales comment les cultiver de façon optimale. Pour cela, il faut de la recherche sur les meilleures pratiques et les sélectionner. En 1982, on avait gardé 180 000 ha dans des fermes dites de vulgarisation puis on a encore abandonné cela et on l’a saccagé. Produire nos semences au lieu d’en importer de plus en plus. C’est une catastrophe. Il faut reprendre toute la politique agricole et arrêter de penser que l’agriculture, c’est arroser d’argent un canal percé et des gens viennent se greffer sur les trous et prennent cet argent. La corruption a toujours accompagné les programmes d’«investissement».
Vous parlez de dessous de table ?
Ce n’est pas des dessous de table, c’est plus que ça. On a arrosé les campagnes ces dix dernières années et très peu est allé à la production. La gendarmerie de la wilaya d’Alger a fait une enquête et cela a été rendu public. Par ailleurs, il y a un énorme appétit d’un certain nombre de personnes pour accaparer les terres de l’Etat. Un type d’argument entendu lors des journées d’étude sur le rôle des Etats dans les économies nationales, qui prétend qu’on ne peut investir quand la terre ne lui appartient pas. Ces gens-là se moquent de nous, lorsque les deux tiers des terres en Algérie sont privées. Est-ce pour autant qu’ on voit des agriculteurs propriétaires investir ? L’arrière-pensée est claire. C’est l’accaparement des terres pour construire dessus ou dresser des hangars comme c’est le cas du domaine de Bouchaoui;i à 20 km du pouvoir central on a détruit un domaine de 1 100 ha lorsqu’il a été repris à Borgeaud en 1963. Il y a une incapacité de l’Etat à faire respecter la réglementation et protéger le patrimoine et les ressources. La question reste posée : pourquoi l’Etat a du mal ? Pas de réponse.
Depuis quarante ans on crie sur tous les toits sur la situation de l’agriculture et la politique agricole en Algérie. Il y a eu un certain nombre d’experts venus de l’étranger. en matière de recherche agronomique, le professeur René Dumont et ses collaborateurs m’ont précédé en tirant la sonnette d’alarme.
F. M.( Le jour d'Algérie )
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- benchohra
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08 Mar 2011 11:49 #21496
par benchohra
Réponse de benchohra sur le sujet L’Algérie n’a pas l’agriculture pour vocation
Appel d'un Mahgour
Je m’appelle Boumediene Benchohra, fils d’une famille d’agriculteurs d’Ain Kermès dans la Wilaya de Tiaret.
Ma famille y possède une terre agricole d’une centaine d’hectares.
Jeune j’ ai voulu voyager et me suis installé en France dans la région de Nîmes dans le Sud de la France…
Je m’y suis marié, j’y ai fondé une famille, trouvé un emploi prometteur, dans le transport et j’y ai construit une belle maison.
Mais mes racines restaient vives, et l'appel lancinant du pays natal n'a cessé de me tarauder. On Ne déracine pas aisément un arbre accroché à sa terre, avec toute la vigueur de ses profondes racines.
A la mort de mon père, Je suis rentré au pays, pour lui dire un dernier adieu.
Et j'ai compris, à ce moment là, encore plus fort que je ne l'avais jamais ressenti, que ma place, et celle de ma famille, était là, sur la terre de mes aïeux. A Ain Kermès sur la terre qui avait accueilli lea sépulture de mon père, de mes ancêtres.
Il faut dire que c'était une belle terre, que celle qui était devenue mienne. Un dépôt sacré, transmis par une longue chaîne d'hommes et de femmes qui l'avaaient travaillée, soignée, qui se levaient tôt pour lui prodiguer leur amour, leur labeur, et leur attachement. Et elle leur avait bien rendu l'amour qu'ils lui avaient donné. Elle les avait nourri de ses fruits. Elle leur avait permis de rester dignes, prospères, à l'abri du besoin. Des siècles durant.
Mais délaissée, depuis quelque temps, par la force des choses, et parce que les paysans ne sont plus encouragés, de quelque façon que ce soit, cette terre généreuse souffrait, et se pleurait d'avoir été abandonnée. Elle m'appela, et je répondis à son appel. Mon père, face à de lourdes charges, n'avait rien pu faire pour elle. Il s'était épuisé à la travailler, à l'entretenir, mais son âge, et le manque de moyens l'ont terrassé.
S'occuper d'une si grande surface, vers la fin de sa vie, était au dessus de ses forces.
Alors, j'ai pris mon courage à deux mains, et une décision grave, pour le père de famille que j'étais. Reprendre l'exploitation ancestrale, lui donner ma sueur, celle de ma famille, mes économies, et tout mon espoir.
J'ai donc rompu les amarres avec la France, ce pays qui m'avait accueilli, j'y ai vendu les biens que je possédais en propre, et je suis venu m'installer, avec toute ma famille sur la ferme paternelle.
J’ai pris une grande décision celle de revenir en Algérie et d‘exploiter cette terre qui pourrait faire profiter les miens, donner du travail aux gens de la région et nourrir des familles …
J ai investi dans un élevage de brebis, quelques vaches, un tracteur, j’ai semé mes terres de blé et planté des oliviers, donné du travail à des gens.
Le point d’eau étant très éloigné, j’ai entrepris de demander aux autorités une demande d aide à l ‘habitation rurale, et une autorisation pour creuse creuser un puits, condition incontournable, pour pouvoir faire prospérer mon exploitation. Des promesses m'ont été faites, depuis plus d'une année. J'attends toujours.
J’ai demandé le raccordement électrique à un poste éloigné de 800 mètres seulement. Cela fait des années que j'attends.
Aucune possibilité donc, d'abreuver convenablement mes bêtes et d'arroser mes terres…
Ruiné par des investissements qui n'ont pas pu être fructifiés, en l'absence des moyens que j'avais sollicités, et que j'attends toujours, je me suis retrouvé au milieu du gué, sans jeu de mots.
Je ne peux plus, ni avancer, ni reculer. Ni faire prospérer une exploitation prometteuse, ni retourner en France.
On dit pourtant, à longueur de discours lénifiants, que l'Etat attache la plus haute importance à l'agriculture, et qu'il tend une main secourable à toutes les bonnes volontés. Des prêts faramineux sont accordés à des gens qui spéculent dans le domaine, et qui n'ont rien à voir avec le paysannat, pendant que des gens comme moi sont livrés à leur propre sort. Pendant que des escrocs et des "investisseurs" raflent la mise, en sommes mirifiques, qu'ils ne remboursent même pas, les vrais paysans, comme moi, passent leur temps entre un bureau et un autre, à remplir des piles de documents, sans autre résultat que de vagues promesses.
C'est dans cet état d'esprit, Monsieur le Président de la République, et parce que je suis réduit à mes dernières extrémités, jusqu'à vendre mon cheptel pour nourrir ma famille, que je vous lance un appel au secours. Aidez-moi, Monsieur le président. Aidez moi à faire revivre ma belle terre, une portion de notre belle Algérie.
Je sais que vous êtes un homme de coeur, et un président sincère et bon, qui aime son pays, et qui sait reconnaître la valeur des hommes de bonne volonté.
Mettez fin, Monsieur le Président, à cette bureaucratie qui m'enfonce dans le désespoir.
Je ne veux pas abandonner ma terre. Je veux pas retourner dans un pays qui n'est pas le mien. Ma terre ne le veut pas. Elle me retient de toute la force qui subsiste en elle.
J’aime ma terre et je ne le résous pas à négliger le dépôt sacré, la "Amana". Ce serait comme si j’abandonnais mes propres enfants.
Je veux revivifier cette terre qui retourne lentement vers la désertification, créer de l’emploi et même exporter une partie de mes produits vers l’Europe. Je peux le faire. J'ai juste besoin d'aide. J'ai juste besoin que mon pays me consente ma part de richesse, pour la faire fructifier, et lui rendre le bien qu'elle m'aura accordé.
Ma femme,mes enfants qui ont toujours vécu en ville, dans le confort moderne. Ils se retrouvent aujourd'hui dans des conditions au moyenâgeuses, dans une maison sans électricité,sans eau,sans aucun confort, aussi sommaire soit-il. Et je n'ai plus de quelconque moyen d'investir, ne serait-ce que pour des conditions de vie décente.
Au nom de tous ceux qui sont morts pour ce pays, pour que nous puissions jouïr du fruit de notre terre, au nom de vos compagnons, morts en chouhadas, je vous appelle à mon secours, Monsieur le Président.
Je sollicite seulement, Monsieur le Président, qu’un responsable prenne mes requêtes en charge. Un raccordement électrique, une autorisation pour creuser un puit et une aide financière.
Qu’ Allah nous facilite nos taches et nous accorde le bien…
BENCHOHRA BOUMEDIENNE
LES HASSINETTES
AIN KERMES LA WILAYA
DE TIARET
EMAIL :Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Je m’appelle Boumediene Benchohra, fils d’une famille d’agriculteurs d’Ain Kermès dans la Wilaya de Tiaret.
Ma famille y possède une terre agricole d’une centaine d’hectares.
Jeune j’ ai voulu voyager et me suis installé en France dans la région de Nîmes dans le Sud de la France…
Je m’y suis marié, j’y ai fondé une famille, trouvé un emploi prometteur, dans le transport et j’y ai construit une belle maison.
Mais mes racines restaient vives, et l'appel lancinant du pays natal n'a cessé de me tarauder. On Ne déracine pas aisément un arbre accroché à sa terre, avec toute la vigueur de ses profondes racines.
A la mort de mon père, Je suis rentré au pays, pour lui dire un dernier adieu.
Et j'ai compris, à ce moment là, encore plus fort que je ne l'avais jamais ressenti, que ma place, et celle de ma famille, était là, sur la terre de mes aïeux. A Ain Kermès sur la terre qui avait accueilli lea sépulture de mon père, de mes ancêtres.
Il faut dire que c'était une belle terre, que celle qui était devenue mienne. Un dépôt sacré, transmis par une longue chaîne d'hommes et de femmes qui l'avaaient travaillée, soignée, qui se levaient tôt pour lui prodiguer leur amour, leur labeur, et leur attachement. Et elle leur avait bien rendu l'amour qu'ils lui avaient donné. Elle les avait nourri de ses fruits. Elle leur avait permis de rester dignes, prospères, à l'abri du besoin. Des siècles durant.
Mais délaissée, depuis quelque temps, par la force des choses, et parce que les paysans ne sont plus encouragés, de quelque façon que ce soit, cette terre généreuse souffrait, et se pleurait d'avoir été abandonnée. Elle m'appela, et je répondis à son appel. Mon père, face à de lourdes charges, n'avait rien pu faire pour elle. Il s'était épuisé à la travailler, à l'entretenir, mais son âge, et le manque de moyens l'ont terrassé.
S'occuper d'une si grande surface, vers la fin de sa vie, était au dessus de ses forces.
Alors, j'ai pris mon courage à deux mains, et une décision grave, pour le père de famille que j'étais. Reprendre l'exploitation ancestrale, lui donner ma sueur, celle de ma famille, mes économies, et tout mon espoir.
J'ai donc rompu les amarres avec la France, ce pays qui m'avait accueilli, j'y ai vendu les biens que je possédais en propre, et je suis venu m'installer, avec toute ma famille sur la ferme paternelle.
J’ai pris une grande décision celle de revenir en Algérie et d‘exploiter cette terre qui pourrait faire profiter les miens, donner du travail aux gens de la région et nourrir des familles …
J ai investi dans un élevage de brebis, quelques vaches, un tracteur, j’ai semé mes terres de blé et planté des oliviers, donné du travail à des gens.
Le point d’eau étant très éloigné, j’ai entrepris de demander aux autorités une demande d aide à l ‘habitation rurale, et une autorisation pour creuse creuser un puits, condition incontournable, pour pouvoir faire prospérer mon exploitation. Des promesses m'ont été faites, depuis plus d'une année. J'attends toujours.
J’ai demandé le raccordement électrique à un poste éloigné de 800 mètres seulement. Cela fait des années que j'attends.
Aucune possibilité donc, d'abreuver convenablement mes bêtes et d'arroser mes terres…
Ruiné par des investissements qui n'ont pas pu être fructifiés, en l'absence des moyens que j'avais sollicités, et que j'attends toujours, je me suis retrouvé au milieu du gué, sans jeu de mots.
Je ne peux plus, ni avancer, ni reculer. Ni faire prospérer une exploitation prometteuse, ni retourner en France.
On dit pourtant, à longueur de discours lénifiants, que l'Etat attache la plus haute importance à l'agriculture, et qu'il tend une main secourable à toutes les bonnes volontés. Des prêts faramineux sont accordés à des gens qui spéculent dans le domaine, et qui n'ont rien à voir avec le paysannat, pendant que des gens comme moi sont livrés à leur propre sort. Pendant que des escrocs et des "investisseurs" raflent la mise, en sommes mirifiques, qu'ils ne remboursent même pas, les vrais paysans, comme moi, passent leur temps entre un bureau et un autre, à remplir des piles de documents, sans autre résultat que de vagues promesses.
C'est dans cet état d'esprit, Monsieur le Président de la République, et parce que je suis réduit à mes dernières extrémités, jusqu'à vendre mon cheptel pour nourrir ma famille, que je vous lance un appel au secours. Aidez-moi, Monsieur le président. Aidez moi à faire revivre ma belle terre, une portion de notre belle Algérie.
Je sais que vous êtes un homme de coeur, et un président sincère et bon, qui aime son pays, et qui sait reconnaître la valeur des hommes de bonne volonté.
Mettez fin, Monsieur le Président, à cette bureaucratie qui m'enfonce dans le désespoir.
Je ne veux pas abandonner ma terre. Je veux pas retourner dans un pays qui n'est pas le mien. Ma terre ne le veut pas. Elle me retient de toute la force qui subsiste en elle.
J’aime ma terre et je ne le résous pas à négliger le dépôt sacré, la "Amana". Ce serait comme si j’abandonnais mes propres enfants.
Je veux revivifier cette terre qui retourne lentement vers la désertification, créer de l’emploi et même exporter une partie de mes produits vers l’Europe. Je peux le faire. J'ai juste besoin d'aide. J'ai juste besoin que mon pays me consente ma part de richesse, pour la faire fructifier, et lui rendre le bien qu'elle m'aura accordé.
Ma femme,mes enfants qui ont toujours vécu en ville, dans le confort moderne. Ils se retrouvent aujourd'hui dans des conditions au moyenâgeuses, dans une maison sans électricité,sans eau,sans aucun confort, aussi sommaire soit-il. Et je n'ai plus de quelconque moyen d'investir, ne serait-ce que pour des conditions de vie décente.
Au nom de tous ceux qui sont morts pour ce pays, pour que nous puissions jouïr du fruit de notre terre, au nom de vos compagnons, morts en chouhadas, je vous appelle à mon secours, Monsieur le Président.
Je sollicite seulement, Monsieur le Président, qu’un responsable prenne mes requêtes en charge. Un raccordement électrique, une autorisation pour creuser un puit et une aide financière.
Qu’ Allah nous facilite nos taches et nous accorde le bien…
BENCHOHRA BOUMEDIENNE
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- ahmeddamien
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08 Mar 2011 14:14 #21497
par ahmeddamien
Réponse de ahmeddamien sur le sujet L’Algérie n’a pas l’agriculture pour vocation
salam
kenz te conseille de demarrer ainsi
Salam,
Tu sais depuis hier j'essai det'envoyer la mise en page mais çà ne passe-pas!
ALors essaies de suibre le protocole tel que je te l'ai dis hier.
Voilà aussi une autre introduction plus conventionnelle!
Votre excellence,
J'ai l'honneur de solliciter de votre haute bienveillance, votre excellence, de bien vouloir vous pencher sur mon cas dont voici exposé les faits:
kenz te conseille de demarrer ainsi
Salam,
Tu sais depuis hier j'essai det'envoyer la mise en page mais çà ne passe-pas!
ALors essaies de suibre le protocole tel que je te l'ai dis hier.
Voilà aussi une autre introduction plus conventionnelle!
Votre excellence,
J'ai l'honneur de solliciter de votre haute bienveillance, votre excellence, de bien vouloir vous pencher sur mon cas dont voici exposé les faits:
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- satanas
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06 Aoû 2011 00:00 #21498
par satanas
Pour les observateurs avertis qui connaissent le pays,il est admis que l'Algérie n'a aucune vocation." Elles est maintenue en vie artificielle sous perfusion pétrolière ".....
Tous les programmes " machins" sont de la poudre aux yeux car rien ne fonctionne, mis à par la machine du mensonge de la base au sommet.
L'agriculture comme les autres secteurs a des responsables incompétants et des "requins" qui prennent le Secteur en otage,grâce à la corruption,bien-sûr.
La médiocrité a encore de longues années devant elle
:icon_sad:
Réponse de satanas sur le sujet L’Algérie n’a pas l’agriculture pour vocation
L’Algérie n’a pas l’agriculture pour vocation
Pour les observateurs avertis qui connaissent le pays,il est admis que l'Algérie n'a aucune vocation." Elles est maintenue en vie artificielle sous perfusion pétrolière ".....
Tous les programmes " machins" sont de la poudre aux yeux car rien ne fonctionne, mis à par la machine du mensonge de la base au sommet.
L'agriculture comme les autres secteurs a des responsables incompétants et des "requins" qui prennent le Secteur en otage,grâce à la corruption,bien-sûr.
La médiocrité a encore de longues années devant elle
:icon_sad:
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- bel1000
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06 Aoû 2011 00:55 #21499
par bel1000
Réponse de bel1000 sur le sujet L’Algérie n’a pas l’agriculture pour vocation
pas d'accord
le monsieur n'est pas parole d'évangile bien qu'il soit spécialiste
j'ai travaillé à l'agriculture dans la recherche et l'agriculture saharienne commença en 1972 et le résultat est là ( tomates,pommes de terre et autres produits viennent du sud sans compter les dattes)
nos fellahs la plupart du temps sont analphabètes il faut leur expliquer comment proteger les terres et comment cultiver sur les pentes des montagnes et comment rationaliser l'eau
pour les cultures maraichères ( gourmandes en eau) a mon avis il faut mettre des baches en plastique enfouies à un mètre sous terre qui auront pour vocation de retenir le maximum d'eau , creuser des lacs artificiels surtout au voisinage des barrages à 3 ou 5 km et récupérer le trop plein
les solutions existent mais la volonté rebi djib
le monsieur n'est pas parole d'évangile bien qu'il soit spécialiste
j'ai travaillé à l'agriculture dans la recherche et l'agriculture saharienne commença en 1972 et le résultat est là ( tomates,pommes de terre et autres produits viennent du sud sans compter les dattes)
nos fellahs la plupart du temps sont analphabètes il faut leur expliquer comment proteger les terres et comment cultiver sur les pentes des montagnes et comment rationaliser l'eau
pour les cultures maraichères ( gourmandes en eau) a mon avis il faut mettre des baches en plastique enfouies à un mètre sous terre qui auront pour vocation de retenir le maximum d'eau , creuser des lacs artificiels surtout au voisinage des barrages à 3 ou 5 km et récupérer le trop plein
les solutions existent mais la volonté rebi djib
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- la terre
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06 Aoû 2011 05:28 #21500
par la terre
Réponse de la terre sur le sujet L’Algérie n’a pas l’agriculture pour vocation
bien bel,
en effet,proteger la terre et ne pas gaspiller l'eau et on aura des légumes partout ou presque
par contre nos fellahs analphabetes ne doivent pas être des fellahs de père en fils ,je m'explque: les fellahs ou paysans pour d'autres mème analphabètes sont des bibliothèque sur pieds et crois moi, quand le paysan lève la tête au ciel en fin journée alors qu'il fait beau ,il te dit que demain matin on aura la pluie,la neige ,gelée...le lendemain matin c'est là !
non c'est des grands connaisseurs de la terre,mais avec une technologie à contre courant avec "les pesticides,les ogm, enfin tous les intrants ,la terre est devenue juste un SUPPORT et non la mère nourricière.
le paysan est devenu un EXPLOITANT
pourquoi bel tu ne te rapproche pas du monde agricole pour apporter ton savoir à des jeunes qui s'installent en Algerie ? ce que tu dis sont des infos précieux
en effet,proteger la terre et ne pas gaspiller l'eau et on aura des légumes partout ou presque
par contre nos fellahs analphabetes ne doivent pas être des fellahs de père en fils ,je m'explque: les fellahs ou paysans pour d'autres mème analphabètes sont des bibliothèque sur pieds et crois moi, quand le paysan lève la tête au ciel en fin journée alors qu'il fait beau ,il te dit que demain matin on aura la pluie,la neige ,gelée...le lendemain matin c'est là !
non c'est des grands connaisseurs de la terre,mais avec une technologie à contre courant avec "les pesticides,les ogm, enfin tous les intrants ,la terre est devenue juste un SUPPORT et non la mère nourricière.
le paysan est devenu un EXPLOITANT
pourquoi bel tu ne te rapproche pas du monde agricole pour apporter ton savoir à des jeunes qui s'installent en Algerie ? ce que tu dis sont des infos précieux
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