Délit d’opinion : un universitaire condamné à 6 mois de prison

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02 Nov 2010 20:29 #64468 par au_gré_du_vent
je trouve cela choquant!

L’universitaire Ahmed Rouadjia, docteur d’Etat en histoire et en sociologie politique, a été condamné à six mois de prison ferme et 20 000 DA d’amende par la cour de M’sila, le 29 septembre dernier, suite à une deuxième plainte pour diffamation, déposée par le recteur de l’université de M’sila, Slimane Barhoumi.

Un verdict qui vient confirmer la décision du tribunal du 5 mai dernier. Ahmed Rouadjia vient de faire appel en attendant l’avis de la Cour suprême. «Je préfère être condamné pour un délit d’opinion que pour corruption», nous déclarait, hier, l’universitaire. Et d’ajouter : «si cette affaire aidera à mettre en exergue les problèmes de l’université, je suis prêt à purger la peine.» L’enseignant, dont le seul tort était d’avoir exprimé une opinion sur l’Université algérienne dans la presse nationale, a déjà été traduit en justice une première fois suite à une plainte du même recteur. Une plainte suivie d’une condamnation confirmée par la cour de M’sila, le 14 octobre 2009, pour diffamation en plus des 25 000 DA d’amende. Le recteur l’avait même suspendu de ses fonctions d’enseignant à l’université et avait bloqué son salaire suite à son article «L’Université algérienne en général et celle de M’sila en particulier» paru dans le quotidien El Watan du 10 mai 2008. Article dans lequel il dénonçait la situation précaire des enseignants de l’université.

Cette affaire intervient alors que le président Bouteflika vient de souligner (mercredi) dans son discours d’ouverture de l’année universitaire à Ouargla, la nécessité d’améliorer les conditions socioprofessionnelles des enseignants. Dans ses articles, le professeur Rouadjia mettait l’accent sur la nécessité de revaloriser le travail des enseignants et leur donner tous les moyens nécessaires pour mener à bien leurs missions de recherche et d’enseignement. «Les enseignants, tous grades confondus, travaillent dans un environnement plus que précaire, les conditions d’enseignement et de recherche sont lamentables», avait-il écrit.
El watan 29 octobre 2010


Ainsi, «Je préfère être condamné pour un délit d’opinion que pour corruption», telle est la réaction de ce grand homme, d'allure voltairienne à l'algérienne. Bien qu'il ne cesse de combattre seul, à mains nues, sinon par sa simple plume, l'appareil administratif de l'université semble si gêné qu'il opprime l'aile démocratique, notamment la liberté de l'expression, afin d'asphyxier le souffle du changement thérapeutique, fortement indispensable à l'entreprise maîtresse de la production de l'élite intellectuelle

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06 Nov 2010 00:12 #64469 par Jalal
C'est lamentable! Un éminent professeur condamné à la prison comme un vulgaire criminel pour avoir dit son opinion! Un déshonneur pour nos inquisiteurs et une tache noire pour le pays! "Où va l'Algérie?". La question du fameux livre demeure toujours posée!!!

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11 Nov 2010 23:24 #64470 par Jalal
Le cours de l'Histoire va de l'avant. Les évènements approuvent la raison.La lutte continue.Le combat est sans répit. Les souffrances sont très dures. Le ciel surveille la vie d'ici-bas, son châtiment est implacable.

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21 Nov 2010 12:01 #64471 par bel1000

Jalal;68932 écrit: C'est lamentable! Un éminent professeur condamné à la prison comme un vulgaire criminel pour avoir dit son opinion! Un déshonneur pour nos inquisiteurs et une tache noire pour le pays! "Où va l'Algérie?". La question du fameux livre demeure toujours posée!!!


ce n'est pas une premiere
dans les années 90 lors d'une raffle ( à la tete du client) Feu Mohamed Said pourtant bien connu de la police fut jeté dans une cellule avec un pochard et une heure plus tard on fit sortir le pochard mais pas Mohamed Said ( ce qui fait que ses etudiants à la fac d'alger raterent le cours) et comme par hasard en 92 des milliers d'universitaires furent mis dans des camps au sud ( fiha ina)

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