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La précarité gagne de larges pans de la société
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08 Sep 2010 20:32 #60545
par Jalal
La précarité gagne de larges pans de la société a été créé par Jalal
A l'origine, le déséquilibre régional et l'exode rural
Le Temps d'Algérie, 06 septembre 2010
Dans les milieux syndicaux, la conviction partagée est que le salaire minimal devrait tourner autour de 30 000 DA, et cette somme serait tout juste suffisante pour faire vivre correctement une famille algérienne moyenne. En deçà de ce revenu, il est difficile de faire face aux dépenses quotidiennes du foyer.
Qu'en est-il alors de ces nombreuses personnes démunies, au chômage ou vivant les affres du sous-développement chronique des campagnes et des régions déshéritées de l'intérieur du pays ? Et quelles solutions faut-il mettre en œuvre pour prétendre y remédier ? Essentiellement, la précarité se remarque dans les zones rurales, les régions montagneuses et steppiques, les contrées reculées du sud, la périphérie des grandes villes et, paradoxalement, sur une grande étendue de la bande littorale.
Aucune région n'est donc épargnée par ce phénomène qu'on attribue d'abord aux séquelles de la colonisation, à l'effondrement des recettes pétrolières en 1986, au désinvestissement et, ensuite, à la série de mouvements d'exode provoqués ces deux dernières décennies par le terrorisme islamiste.
Les statistiques officielles font part du déplacement -volontaire ou forcé- de plus de 5 millions de ruraux vers les villes depuis les années 1980, voire davantage puisque l'Algérie a carrément changé de physionomie en matière de répartition spatiale de la population.
De moins de 30% au début de l'Indépendance, la proportion d'Algériens vivant dans les villes est actuellement estimée à plus de 70%. Les campagnes ne compteraient plus que 13 millions d'habitants, en majorité établis dans des bourgs plus ou moins nantis en équipements sociaux et éducatifs de base, le reste s'agglutinant dans des villes complètement saturées, mais où il est plus facile de vivre : eau courante, électricité, proximité des structures sociales, sécurité assurée et davantage d'opportunités d'emploi.
Emplois précaires, revenus aléatoires
Provoqué à la fois par la paupérisation des campagnes et la politique de terre brûlée pratiquée par le terrorisme islamiste, l'afflux massif de populations rurales vers les centres urbains est à l'origine de la dégradation des conditions de vie dans de nombreuses villes.
La pénurie de logements, la crise de l'emploi -et sa précarisation- depuis la mise en faillite des entreprises du secteur public et la saturation des équipements sociaux compliquent une situation déjà mal assumée par les familles et les individus en difficultés, entre autres les chômeurs, les handicapés, les vieilles personnes et les veuves dont les revenus sont des plus aléatoires.
Les chiffres, bien qu'ils ne reflètent pas la réalité du terrain, montrent que la précarité ne cesse de gagner de larges portions de la population. Pour la seule wilaya de Tizi Ouzou, on recense plus de 22 000 familles démunies, et dans certaines communes,
la proportion de familles pauvres serait supérieure à 70%. Ailleurs, dans les villes du sud, à l'exemple de In Salah, Inghar, Ideless, Tine Tarabine ou Bordj Badji Mokhtar, la majorité des populations ne doivent leur survie qu'à l'action sociale de l'Etat.
La situation est identique le long de la bande côtière à l'est et à l'ouest d'Alger où, plus on s'éloigne des villes portuaires, plus la pauvreté est prégnante.
Le cas d'El Marsa, Dechria ou Oued Goussine, dans la wilaya de Chlef est édifiant à ce propos. En fait, les poches de pauvreté sont visibles un peu partout à travers le pays, y compris à Alger où l'Etat à fort à faire avec la prolifération anarchique des bidonvilles, le squat et le détournement des exploitations agricoles, devenues, au fil des ans, le réceptacle de toute la misère de l'hinterland algérois.
Option sud
Des solutions, il en existe qui consistent, notamment, à poursuivre l'effort de construction nationale à travers la répartition équitable et équilibrée des revenus pétroliers, et à mettre en pratique les recommandations du Pnud en matière de développement humain. Il s'agit, entre autres, de lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale, d'améliorer les conditions de vie des populations ainsi que l'accès aux services sociaux en matière de santé et de protection sociale, d'éducation et de formation.
Des actions qu'on ne peut dénier aux pouvoirs publics, qui consacrent chaque année des budgets conséquents pour cette finalité. Les dispositifs de lutte contre le chômage ainsi que l'accès à l'emploi et la promotion des PME/PMI participe à cette volonté de rééquilibrer les indicateurs sociaux pour assurer à chaque algérien les conditions de sa promotion.
Mais l'effort demeurera vain tant que l'Etat n'aura pas pris à bras-le-corps le problème fondamental de l'Algérie : résoudre au plus tôt le déséquilibre régional et prendre des mesures courageuses et innovantes pour mettre fin à la mauvaise répartition spatiale de la population. Autrement dit, se tourner vers l'Algérie profonde et commencer à exploiter dès aujourd'hui son formidable potentiel.
Par A. Laïb
Ces pauvres qu'on n'aimerait pas voir
Paradoxale Algérie. Au moment où la consommation de biens de luxe explose, où les fortunes, bien ou mal acquises, s'étalent dans l'ostentation la plus impudique, des dizaines de milliers d'Algériens luttent désespérément pour la survie. Certains vivent quasi-exclusivement de l'aide sociale de l'Etat, d'autres d'expédients et de petits métiers de la misère.
Il en est même qui arrivent à sacrifier leur dignité humaine et celle de leur progéniture, uniquement pour assurer leur pitance quotidienne. Pour faire face à des dépenses que ne leur permettent plus leurs modestes revenus, des citoyens ont été jusqu'à proposer un rein en échange d'une poignée de devises étrangères.
Et ils sont légion ceux qui se sacrifient pour des causes qui ne les concernent ni peu ni prou en contrepartie d'une compensation pécuniaire pour leur famille.
Des scènes qui rappellent les tristes années de l'occupation française ressurgissent, au grand étonnement d'une opinion qui découvre, ahurie, des Algériens qui mangent dans les poubelles, qui s'entretuent dans les décharges publiques pour ramasser quelques objets de rebut et qu'ils sont de plus en plus nombreux à loger dans l'indécence totale des bidonvilles,
l'exiguïté des cités de recasement héritées de la colonisation, l'humidité des caves et la précarité des bâtisses menaçant ruine. Dans les zones rurales, le spectacle de ces processions de femmes déguenillées portant leur fardeau de bois de chauffage ne surprend plus, et l'on ne se rend même plus compte de la prolifération inquiétante des sans-emploi.
Le Ramadhan 2010 a révélé au grand jour l'état de dégradation avancée des conditions de vie de milliers de citoyens algériens, victimes d'une paupérisation qui ne fait que s'aggraver au fil des ans. Le drame, c'est que les moyens existent de contrecarrer cette descente aux enfers,
surtout que les caisses de l'Etat débordent de pétrodollars et de projets à faire pâlir d'envie les nations les mieux loties du globe. Si l'Etat algérien n'a jamais failli à ses missions, il est à se demander,
dès lors, où partent les sommes faramineuses qu'il débloque à chaque exercice pour rendre l'espoir aux couches les plus vulnérables de la population ? Mauvaise destination, détournements, gaspillage ou gabegie, les Algériens ont besoin de savoir.
A. L.
Le Temps d'Algérie, 06 septembre 2010
Dans les milieux syndicaux, la conviction partagée est que le salaire minimal devrait tourner autour de 30 000 DA, et cette somme serait tout juste suffisante pour faire vivre correctement une famille algérienne moyenne. En deçà de ce revenu, il est difficile de faire face aux dépenses quotidiennes du foyer.
Qu'en est-il alors de ces nombreuses personnes démunies, au chômage ou vivant les affres du sous-développement chronique des campagnes et des régions déshéritées de l'intérieur du pays ? Et quelles solutions faut-il mettre en œuvre pour prétendre y remédier ? Essentiellement, la précarité se remarque dans les zones rurales, les régions montagneuses et steppiques, les contrées reculées du sud, la périphérie des grandes villes et, paradoxalement, sur une grande étendue de la bande littorale.
Aucune région n'est donc épargnée par ce phénomène qu'on attribue d'abord aux séquelles de la colonisation, à l'effondrement des recettes pétrolières en 1986, au désinvestissement et, ensuite, à la série de mouvements d'exode provoqués ces deux dernières décennies par le terrorisme islamiste.
Les statistiques officielles font part du déplacement -volontaire ou forcé- de plus de 5 millions de ruraux vers les villes depuis les années 1980, voire davantage puisque l'Algérie a carrément changé de physionomie en matière de répartition spatiale de la population.
De moins de 30% au début de l'Indépendance, la proportion d'Algériens vivant dans les villes est actuellement estimée à plus de 70%. Les campagnes ne compteraient plus que 13 millions d'habitants, en majorité établis dans des bourgs plus ou moins nantis en équipements sociaux et éducatifs de base, le reste s'agglutinant dans des villes complètement saturées, mais où il est plus facile de vivre : eau courante, électricité, proximité des structures sociales, sécurité assurée et davantage d'opportunités d'emploi.
Emplois précaires, revenus aléatoires
Provoqué à la fois par la paupérisation des campagnes et la politique de terre brûlée pratiquée par le terrorisme islamiste, l'afflux massif de populations rurales vers les centres urbains est à l'origine de la dégradation des conditions de vie dans de nombreuses villes.
La pénurie de logements, la crise de l'emploi -et sa précarisation- depuis la mise en faillite des entreprises du secteur public et la saturation des équipements sociaux compliquent une situation déjà mal assumée par les familles et les individus en difficultés, entre autres les chômeurs, les handicapés, les vieilles personnes et les veuves dont les revenus sont des plus aléatoires.
Les chiffres, bien qu'ils ne reflètent pas la réalité du terrain, montrent que la précarité ne cesse de gagner de larges portions de la population. Pour la seule wilaya de Tizi Ouzou, on recense plus de 22 000 familles démunies, et dans certaines communes,
la proportion de familles pauvres serait supérieure à 70%. Ailleurs, dans les villes du sud, à l'exemple de In Salah, Inghar, Ideless, Tine Tarabine ou Bordj Badji Mokhtar, la majorité des populations ne doivent leur survie qu'à l'action sociale de l'Etat.
La situation est identique le long de la bande côtière à l'est et à l'ouest d'Alger où, plus on s'éloigne des villes portuaires, plus la pauvreté est prégnante.
Le cas d'El Marsa, Dechria ou Oued Goussine, dans la wilaya de Chlef est édifiant à ce propos. En fait, les poches de pauvreté sont visibles un peu partout à travers le pays, y compris à Alger où l'Etat à fort à faire avec la prolifération anarchique des bidonvilles, le squat et le détournement des exploitations agricoles, devenues, au fil des ans, le réceptacle de toute la misère de l'hinterland algérois.
Option sud
Des solutions, il en existe qui consistent, notamment, à poursuivre l'effort de construction nationale à travers la répartition équitable et équilibrée des revenus pétroliers, et à mettre en pratique les recommandations du Pnud en matière de développement humain. Il s'agit, entre autres, de lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale, d'améliorer les conditions de vie des populations ainsi que l'accès aux services sociaux en matière de santé et de protection sociale, d'éducation et de formation.
Des actions qu'on ne peut dénier aux pouvoirs publics, qui consacrent chaque année des budgets conséquents pour cette finalité. Les dispositifs de lutte contre le chômage ainsi que l'accès à l'emploi et la promotion des PME/PMI participe à cette volonté de rééquilibrer les indicateurs sociaux pour assurer à chaque algérien les conditions de sa promotion.
Mais l'effort demeurera vain tant que l'Etat n'aura pas pris à bras-le-corps le problème fondamental de l'Algérie : résoudre au plus tôt le déséquilibre régional et prendre des mesures courageuses et innovantes pour mettre fin à la mauvaise répartition spatiale de la population. Autrement dit, se tourner vers l'Algérie profonde et commencer à exploiter dès aujourd'hui son formidable potentiel.
Par A. Laïb
Ces pauvres qu'on n'aimerait pas voir
Paradoxale Algérie. Au moment où la consommation de biens de luxe explose, où les fortunes, bien ou mal acquises, s'étalent dans l'ostentation la plus impudique, des dizaines de milliers d'Algériens luttent désespérément pour la survie. Certains vivent quasi-exclusivement de l'aide sociale de l'Etat, d'autres d'expédients et de petits métiers de la misère.
Il en est même qui arrivent à sacrifier leur dignité humaine et celle de leur progéniture, uniquement pour assurer leur pitance quotidienne. Pour faire face à des dépenses que ne leur permettent plus leurs modestes revenus, des citoyens ont été jusqu'à proposer un rein en échange d'une poignée de devises étrangères.
Et ils sont légion ceux qui se sacrifient pour des causes qui ne les concernent ni peu ni prou en contrepartie d'une compensation pécuniaire pour leur famille.
Des scènes qui rappellent les tristes années de l'occupation française ressurgissent, au grand étonnement d'une opinion qui découvre, ahurie, des Algériens qui mangent dans les poubelles, qui s'entretuent dans les décharges publiques pour ramasser quelques objets de rebut et qu'ils sont de plus en plus nombreux à loger dans l'indécence totale des bidonvilles,
l'exiguïté des cités de recasement héritées de la colonisation, l'humidité des caves et la précarité des bâtisses menaçant ruine. Dans les zones rurales, le spectacle de ces processions de femmes déguenillées portant leur fardeau de bois de chauffage ne surprend plus, et l'on ne se rend même plus compte de la prolifération inquiétante des sans-emploi.
Le Ramadhan 2010 a révélé au grand jour l'état de dégradation avancée des conditions de vie de milliers de citoyens algériens, victimes d'une paupérisation qui ne fait que s'aggraver au fil des ans. Le drame, c'est que les moyens existent de contrecarrer cette descente aux enfers,
surtout que les caisses de l'Etat débordent de pétrodollars et de projets à faire pâlir d'envie les nations les mieux loties du globe. Si l'Etat algérien n'a jamais failli à ses missions, il est à se demander,
dès lors, où partent les sommes faramineuses qu'il débloque à chaque exercice pour rendre l'espoir aux couches les plus vulnérables de la population ? Mauvaise destination, détournements, gaspillage ou gabegie, les Algériens ont besoin de savoir.
A. L.
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- Jalal
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08 Sep 2010 20:38 #60546
par Jalal
Réponse de Jalal sur le sujet La précarité gagne de larges pans de la société
Désormais le peuple est placé entre le marteau du pouvoir et l'enclume de l'islamisme?? Il lui reste peut être la troisième voie : la lutte jusqu'à l'épuisement pour un Etat du peuple, un Etat social pour le peuple et pour tous les travailleurs dans lequel les richesses nationales soient soumises à la propriété exclusive de l'Etat populaire et social!!!(???); un Etat dirigé par les travailleurs et le peuple des déhérités et non pas un Etat au service de minorités néocoloniales et de "partis" vendus qui se couvrent sous des doctrines politiques populistes et démagogiques ou sous le couvert de notre sacrée religion de l'islam et qu'on essaye de détourner pour des buts égoïstes : pour le pouvoir et la richesse (provenant des hydrocarbures)!!!
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- bel1000
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08 Sep 2010 20:48 #60547
par bel1000
??? demande explications
Réponse de bel1000 sur le sujet La précarité gagne de larges pans de la société
Désormais le peuple est placé entre le marteau du pouvoir et l'enclume de l'islamisme
??? demande explications
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- Jalal
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09 Sep 2010 05:11 #60548
par Jalal
A mon avis, le peuple doit lutter pour que les richesses nationales (pétrole, gaz, grandes entreprises nationales et très importantes pour l'économie soient propriété publique (et non privée) et que l'Etat soit controlé (ou dirigé) par des assemblées démocratiques et populaires; Et aussi qu'une économie étatique et coopérative devienne l'économie principale du pays, et aussi que l'Etat devienne un Etat social et démocratique dirigé par la souveraineté populaire et par les travailleurs. L'économie capitaliste a révélé ses misères atroces et ses fléaux antisociaux catastrophiques pour l'immense majorité du peuple, non seulement du peuple algérien mais pour tous les peuples du monde!!!
Réponse de Jalal sur le sujet La précarité gagne de larges pans de la société
bel1000;64844 écrit: ??? demande explications
A mon avis, le peuple doit lutter pour que les richesses nationales (pétrole, gaz, grandes entreprises nationales et très importantes pour l'économie soient propriété publique (et non privée) et que l'Etat soit controlé (ou dirigé) par des assemblées démocratiques et populaires; Et aussi qu'une économie étatique et coopérative devienne l'économie principale du pays, et aussi que l'Etat devienne un Etat social et démocratique dirigé par la souveraineté populaire et par les travailleurs. L'économie capitaliste a révélé ses misères atroces et ses fléaux antisociaux catastrophiques pour l'immense majorité du peuple, non seulement du peuple algérien mais pour tous les peuples du monde!!!
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