Relations algéro-françaises : les raisons d’une panne

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17 Fév 2010 18:10 #47413 par kredence
Depuis plusieurs mois, Paris tente d'organiser la visite d'un de ses hauts responsables à Alger. Les venues de Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, ou encore de celui des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner ont été envisagées. Sans succès jusqu'à présent.

Les demandes des deux premiers ont reçu une fin de non recevoir de la part d'Alger à cause des tensions alors importantes entre les deux pays. La visite de Bernard Kouchner est toujours à l'ordre du jour mais sans cesse repoussée.

Les discussions sur les questions bilatérales – indemnisation des victimes des essais nucléaires français dans le Sahara, liste noire dans le transport aérien, renégociation de l'accord de 68 – ne sont pas encore suffisamment avancées, expliquent Alger et Paris. Il y a aussi les dossiers judiciaires – affaires du diplomate Hasseni et des de Tibhérine moines- perçues à Alger comme des provocations.

Résultat, la diplomatie française paraît en panne en Algérie. Une situation qui révèle le manque d'efficacité des réseaux français dans le pays, notamment politiques. L'évolution des cercles d'influences au sommet de la hiérarchie du pouvoir algérien ces derniers mois semblent avoir déstabilisé les canaux de communication entre les deux pays.

A cela s'ajoute la disparition en janvier, après des mois de maladie, de Larbi Belkheir, qui même depuis son poste au Maroc, continuait d'être un des interlocuteurs les plus influents pour faire passer les messages de Paris aux bonnes personnes au sommet de l'Etat algérien.

Cette perte d’influence de Paris ne se limite pas aux seuls aspects politiques et diplomatiques. Elle est encore plus visible sur le terrain économique. Les entreprises françaises peinent à décrocher des contrats en Algérie.

Pourtant considérée il y a quelques années encore, le marché algérien était considéré comme leur chasse gardée. Là encore, les relais de Paris en Algérie sont en cause. Car la concurrence chinoise n’a pas concerné de la même manière les groupes allemands ou italiens. Les entreprises de ces deux pays ont su visiblement trouver les bons relais.

Côté algérien, c'est un peu le même constat. Les relations privilégiées établies entre le ministre de l'Intérieur, Yazid Zerhouni, et le président français Nicolas Sarkozy du temps où il était lui aussi ministre de l'Intérieur français, ne suffisent plus pour faire avancer les dossiers.

Et dans l'entourage chef de l'Etat français, Alger connaît peu d'interlocuteurs susceptibles de relayer ses positions auprès de l’entourage de Nicolas Sarkozy. Ce dernier est composé de personnalités venues aux commandes avec le nouveau président français. Des personnalités qui connaissent peu l’Algérie.
TSA

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