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Un anachronisme inutile
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13 Jan 2010 06:04 #42696
par Jalal
Un anachronisme inutile a été créé par Jalal
par K. Selim, Le Quotidien d'Oran, 12 janvier 2010
Les ouvriers de ce qui fut le fleuron du socialisme industriel, le complexe sidérurgique d'El-Hadjar, ex-base de la production socialiste de biens de production, sont en grève à partir d'aujourd'hui. L'usine, rachetée par un magnat de l'acier indien, fait aujourd'hui partie d'un ensemble dont la logique industrielle et commerciale n'a que peu à voir avec les frontières et les intérêts du pays d'accueil.
Les travailleurs du complexe s'inquiètent de la fermeture annoncée de la cokerie, dont l'obsolescence la voue à la disparition. Les propriétaires de l'usine ne voient pas d'intérêt à investir dans une nouvelle unité spécialisée. Des milliers d'ouvriers arrêtent le travail pour alerter sur les menaces qui pèsent sur leur outil.
Hier, c'étaient les fonctionnaires du secteur de l'éducation qui, au bout d'une longue grève, obtenaient d'inhabituelles concessions. Ailleurs, Meriem Mehdi, une employée licenciée par la société britannique British Gaz, est hospitalisée dans un état sérieux après plus de trois semaines de grève de la faim. Dans la banlieue d'Alger, les travailleurs de la Société nationale des véhicules industriels débrayent pour réclamer des conditions de salaires en ligne avec les prix du marché.
Dans tous ces cas, la combativité des travailleurs, relayée par des sections syndicales élues, est dirigée contre les partenaires sociaux mais également contre la centrale syndicale qui fait figure de survivance d'un âge glaciaire révolu. Car, au-delà des revendications, ce que montrent de manière éloquente les divers mouvements sociaux de ces derniers mois est l'irrésistible ascension des syndicats autonomes et le rejet massif du monopole syndical exercé par une UGTA dont la représentativité est directement mise en cause.
La légitimité de parti unique dont disposait l'ex-organisation de masse du FLN a disparu avec les nouvelles réalités sociales et institutionnelles. L'évolution naturelle vers la pluralité syndicale et l'émergence d'une centrale alternative est battue en brèche par l'administration, qui considère que le levier de docilité représenté par l'UGTA est trop précieux pour être sacrifié. Le calcul est justifié : après tout, quel gouvernant verrait de gaîté de coeur un précieux appareil réduit à la portion congrue et perdre pratiquement toute voix au chapitre.
Or, l'utilité opérationnelle de l'UGTA, en terme de contrôle des revendications sociales, tend à diminuer au rythme de l'éloignement de sa direction avec les réalités de la base. A telle enseigne que la centrale n'est plus considérée comme l'émanation du monde du travail par les travailleurs eux-mêmes. Incapable d'encadrer les demandes de ce qui n'est plus vraiment sa base, l'UGTA n'est plus l'appareil efficace qu'elle a pu être dans les conditions du parti unique et du socialisme autoritaire.
L'absence de structures authentiquement représentatives prive le gouvernement et le patronat d'interlocuteurs en mesure d'influencer des bases qui, aujourd'hui, risquent d'être livrées à elles-mêmes et de n'avoir d'autre recours que le rapport de force brut. Or, et l'Algérie ne fait pas exception à la règle, les conflits sociaux se règlent surtout par la négociation. Encore faut-il pouvoir canaliser les revendications et être apte à former des consensus. Le pluralisme syndical est une évolution inéluctable qu'il faudrait favoriser plutôt que de s'échiner vainement, à contre-courant du mouvement de l'histoire, à retarder.
Les ouvriers de ce qui fut le fleuron du socialisme industriel, le complexe sidérurgique d'El-Hadjar, ex-base de la production socialiste de biens de production, sont en grève à partir d'aujourd'hui. L'usine, rachetée par un magnat de l'acier indien, fait aujourd'hui partie d'un ensemble dont la logique industrielle et commerciale n'a que peu à voir avec les frontières et les intérêts du pays d'accueil.
Les travailleurs du complexe s'inquiètent de la fermeture annoncée de la cokerie, dont l'obsolescence la voue à la disparition. Les propriétaires de l'usine ne voient pas d'intérêt à investir dans une nouvelle unité spécialisée. Des milliers d'ouvriers arrêtent le travail pour alerter sur les menaces qui pèsent sur leur outil.
Hier, c'étaient les fonctionnaires du secteur de l'éducation qui, au bout d'une longue grève, obtenaient d'inhabituelles concessions. Ailleurs, Meriem Mehdi, une employée licenciée par la société britannique British Gaz, est hospitalisée dans un état sérieux après plus de trois semaines de grève de la faim. Dans la banlieue d'Alger, les travailleurs de la Société nationale des véhicules industriels débrayent pour réclamer des conditions de salaires en ligne avec les prix du marché.
Dans tous ces cas, la combativité des travailleurs, relayée par des sections syndicales élues, est dirigée contre les partenaires sociaux mais également contre la centrale syndicale qui fait figure de survivance d'un âge glaciaire révolu. Car, au-delà des revendications, ce que montrent de manière éloquente les divers mouvements sociaux de ces derniers mois est l'irrésistible ascension des syndicats autonomes et le rejet massif du monopole syndical exercé par une UGTA dont la représentativité est directement mise en cause.
La légitimité de parti unique dont disposait l'ex-organisation de masse du FLN a disparu avec les nouvelles réalités sociales et institutionnelles. L'évolution naturelle vers la pluralité syndicale et l'émergence d'une centrale alternative est battue en brèche par l'administration, qui considère que le levier de docilité représenté par l'UGTA est trop précieux pour être sacrifié. Le calcul est justifié : après tout, quel gouvernant verrait de gaîté de coeur un précieux appareil réduit à la portion congrue et perdre pratiquement toute voix au chapitre.
Or, l'utilité opérationnelle de l'UGTA, en terme de contrôle des revendications sociales, tend à diminuer au rythme de l'éloignement de sa direction avec les réalités de la base. A telle enseigne que la centrale n'est plus considérée comme l'émanation du monde du travail par les travailleurs eux-mêmes. Incapable d'encadrer les demandes de ce qui n'est plus vraiment sa base, l'UGTA n'est plus l'appareil efficace qu'elle a pu être dans les conditions du parti unique et du socialisme autoritaire.
L'absence de structures authentiquement représentatives prive le gouvernement et le patronat d'interlocuteurs en mesure d'influencer des bases qui, aujourd'hui, risquent d'être livrées à elles-mêmes et de n'avoir d'autre recours que le rapport de force brut. Or, et l'Algérie ne fait pas exception à la règle, les conflits sociaux se règlent surtout par la négociation. Encore faut-il pouvoir canaliser les revendications et être apte à former des consensus. Le pluralisme syndical est une évolution inéluctable qu'il faudrait favoriser plutôt que de s'échiner vainement, à contre-courant du mouvement de l'histoire, à retarder.
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