- Messages : 5516
- Remerciements reçus 0
les deux batailles perdues de Moubarak et fils
- Sabrina
- Auteur du sujet
- Hors Ligne
- Membre platine
-
Moins
Plus d'informations
26 Nov 2009 15:09 #37008
par Sabrina
les deux batailles perdues de Moubarak et fils a été créé par Sabrina
Une semaine après le match de Khartoum, l'Egypte officielle ne s'est pas encore remise de la défaite de son équipe nationale. Le délire continue : médias, artistes, religieux, politiques continuent de fustiger l'Algérie, son peuple, son passé historique et son emblème national (brûlé par des manifestants) ! En Algérie, personne n'imaginait qu'une rencontre de football allait sortir de son cadre sportif et déboucher sur une tension entre les deux pays.
Certes, chacun s'attendait à un match retour difficile au Caire. Mais personne ne se doutait que l'équipe nationale algérienne allait tomber dans un sordide guet-apens (caillassage du bus, joueurs blessés et traumatisés) pour arracher la victoire. Eu égard au rôle et à la place de l'Egypte au Proche- Orient, des liens privilégiés entre Washington et Le Caire, voire avec Israël, les autorités égyptiennes étaient persuadées —elles le sont toujours — que la qualification au Mondial leur revenait de droit et autorisait tous les mauvais coups contre leurs adversaires algériens. Et en agissant de la sorte, elles ne savaient pas qu'elles venaient de perdre une bataille médiatique avant de perdre la bataille sportive : les images des joueurs algériens agressés à moins de 48 heures d'un match décisif ont choqué la planète entière. Le régime du président Moubarak avait également besoin de cette qualification pour au moins deux raisons. La première est la situation sociale préoccupante que traverse le pays. Au printemps 2008, l'Egypte a été le théâtre de graves émeutes populaires, de grèves en raison d'une hausse des prix du pain (plus de 48 %). Dans un pays où le salaire moyen ne dépasse pas les 100 euros et où moins de 20 % de la population détient plus de 80 % des richesses du pays, le football constitue un bon dérivatif au vécu quotidien difficile des Egyptiens. Par ces temps de désillusion collective envers le fait politique, le football est le seul objet qui mobilise les masses et transcende les appartenances politico-religieuses et de classes. Ensuite, la qualification des Pharaons au Mondial sud-africain s'inscrivait en droite ligne de la sourde rivalité que se livrent des clans du régime autour de la succession de Hosni Moubarak (81 ans). Son fils, Gamal, qui veut lui succéder, ne fait pas l'unanimité au sein des cercles du pouvoir égyptien (Amr Moussa, l'actuel secrétaire général de la Ligue arabe, est aussi sur les rangs). Le fils du Raïs s'est impliqué personnellement dans ce match : on l'a beaucoup vu auprès des vedettes du foot égyptien. Il a mobilisé les artistes et les intellectuels ainsi que les religieux, puisque des prêches ont été lus dans toutes les mosquées égyptiennes. Les Frères musulmans n'étaient pas en reste. Mais voilà, la défaite de l'équipe égyptienne à Khartoum a contrarié le plan médiatico-politique mis en place par les amis de Gamal afin qu'il soit, le moment venu, en position de force pour succéder au père à la tête du pays, et pour que le peuple égyptien oublie, l'instant d'une qualification, son vécu quotidien. C'est cette raison qui a provoqué la colère du chef de l'Etat égyptien et de son fils. Dans cette affaire, le mentor des islamistes, al- Qaradaoui, l'homme qui avait justifié le «djihad» en Algérie (les documents existent), va appeler le président Bouteflika pour «calmer les esprits» ! Et non son compatriote Moubarak. Comme si les Algériens étaient responsables de cette tension. Quoi qu'il en soit, les passions qu'a soulevées ce match Algérie-Egypte, en Algérie, mais aussi au Maroc et en Tunisie, ont révélé une réelle fracture politico-culturelle : celle qui sépare le Maghreb du Machreq. A travers leurs attaques et leurs diatribes, les politiques et les médias égyptiens ont eu le mérite d'avoir rappelé cette évidence que certains de nos politiques continuent de faire mine d'ignorer. Et je ne pense pas que la médiation proposée par Mouamar Khadafi puisse réparer les dégâts, car ce match va laisser des traces.
H. Z
le soir d`algerie
Certes, chacun s'attendait à un match retour difficile au Caire. Mais personne ne se doutait que l'équipe nationale algérienne allait tomber dans un sordide guet-apens (caillassage du bus, joueurs blessés et traumatisés) pour arracher la victoire. Eu égard au rôle et à la place de l'Egypte au Proche- Orient, des liens privilégiés entre Washington et Le Caire, voire avec Israël, les autorités égyptiennes étaient persuadées —elles le sont toujours — que la qualification au Mondial leur revenait de droit et autorisait tous les mauvais coups contre leurs adversaires algériens. Et en agissant de la sorte, elles ne savaient pas qu'elles venaient de perdre une bataille médiatique avant de perdre la bataille sportive : les images des joueurs algériens agressés à moins de 48 heures d'un match décisif ont choqué la planète entière. Le régime du président Moubarak avait également besoin de cette qualification pour au moins deux raisons. La première est la situation sociale préoccupante que traverse le pays. Au printemps 2008, l'Egypte a été le théâtre de graves émeutes populaires, de grèves en raison d'une hausse des prix du pain (plus de 48 %). Dans un pays où le salaire moyen ne dépasse pas les 100 euros et où moins de 20 % de la population détient plus de 80 % des richesses du pays, le football constitue un bon dérivatif au vécu quotidien difficile des Egyptiens. Par ces temps de désillusion collective envers le fait politique, le football est le seul objet qui mobilise les masses et transcende les appartenances politico-religieuses et de classes. Ensuite, la qualification des Pharaons au Mondial sud-africain s'inscrivait en droite ligne de la sourde rivalité que se livrent des clans du régime autour de la succession de Hosni Moubarak (81 ans). Son fils, Gamal, qui veut lui succéder, ne fait pas l'unanimité au sein des cercles du pouvoir égyptien (Amr Moussa, l'actuel secrétaire général de la Ligue arabe, est aussi sur les rangs). Le fils du Raïs s'est impliqué personnellement dans ce match : on l'a beaucoup vu auprès des vedettes du foot égyptien. Il a mobilisé les artistes et les intellectuels ainsi que les religieux, puisque des prêches ont été lus dans toutes les mosquées égyptiennes. Les Frères musulmans n'étaient pas en reste. Mais voilà, la défaite de l'équipe égyptienne à Khartoum a contrarié le plan médiatico-politique mis en place par les amis de Gamal afin qu'il soit, le moment venu, en position de force pour succéder au père à la tête du pays, et pour que le peuple égyptien oublie, l'instant d'une qualification, son vécu quotidien. C'est cette raison qui a provoqué la colère du chef de l'Etat égyptien et de son fils. Dans cette affaire, le mentor des islamistes, al- Qaradaoui, l'homme qui avait justifié le «djihad» en Algérie (les documents existent), va appeler le président Bouteflika pour «calmer les esprits» ! Et non son compatriote Moubarak. Comme si les Algériens étaient responsables de cette tension. Quoi qu'il en soit, les passions qu'a soulevées ce match Algérie-Egypte, en Algérie, mais aussi au Maroc et en Tunisie, ont révélé une réelle fracture politico-culturelle : celle qui sépare le Maghreb du Machreq. A travers leurs attaques et leurs diatribes, les politiques et les médias égyptiens ont eu le mérite d'avoir rappelé cette évidence que certains de nos politiques continuent de faire mine d'ignorer. Et je ne pense pas que la médiation proposée par Mouamar Khadafi puisse réparer les dégâts, car ce match va laisser des traces.
H. Z
le soir d`algerie
Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.
Temps de génération de la page : 0.056 secondes












