- Messages : 11212
- Remerciements reçus 0
Des familles se nourrissent des poubelles en Algérie
- kredence
- Auteur du sujet
- Hors Ligne
- Membre platine
-
Moins
Plus d'informations
14 Mai 2009 12:45 #25834
par kredence
Des familles se nourrissent des poubelles en Algérie a été créé par kredence
Des familles se nourrissent des poubelles en Algérie
La paupérisation est revenue au galop ces derniers temps en Algérie. Femmes, hommes et enfants font les poubelles des marchés de fruits et légumes pour ramasser de quoi se nourrir.
« Tous les jours, ils arrivent et vont directement au point d’enlèvement des restes de légumes que jettent les commerçants pour les récupérer », dit un habitué du marché d’El-Hamri.
L’image a de quoi secouer bien des certitudes. De quoi choquer toutes les âmes sensibles que nous avons interrogées dans le marché des fruits et légumes d’El Hamri.
Il est 17 heures. Une dame voilée, la soixantaine entamée au visage tatoué, se précipite, un panier en plastique à la main, sur un carton de légumes, ou plutôt de restes qu’ont jetés les commerçants.
Le geste précis, elle se courbe, fouine avec ses maigres doigts à la recherche de quelques choses à mettre à mijoter pour le repas. Pour ce soir, c’est tout juste une laitue qu’elle a récupéré.
« C’est pour mes petits-enfants. J’aurai aimé trouver des légumes parmi ces déchets », répond-elle furtivement avant de disparaître dans la nature... Pour un moment seulement, elle est revenue quelques minutes après, « elle ne voulait pas se faire remarquer », lâche un habitué des lieux.
En effet, à son retour, toujours discrète elle s’est attaquée à d’autres poubelles, celles des restes des viandes. « De quoi faire une chorba avec de la graisse en ces temps durs », nous dira-t-on.
Nous avons attendus, 19H45, le moment de l’appel à la prière du Maghreb, pour voir d’autres silhouettes fouiller les poubelles du marché pour calmer leur faim et celle de leurs progénitures.
« On le sens », fait-il remarquer. A peine sa phrase terminée, nous apercevons deux femmes en djellabas marocaines qui arrivent sur ces lieux en ces moments précis de fin de marché où les poubelles sont plus « généreuses » pour ramasser ces restes. Elles le font, disent-elles, « par nécessité ».
Naïma B., 40 ans, une habitante d’un bidonville de Aïn Beïda, déclare, sans aucun signe d’humiliation : « Hadi hiya aïchti (C’est cela ma vie).
Depuis que mon mari est tombé malade, je me débrouille pour ramener de quoi manger à mes enfants.
Mon mari travaillait dans une usine de matelas à Es-Sénia. Il a perdu la vue avec une incapacité de 80%. Actuellement, il ne perçoit que 1.000 dinars par mois comme contribution de l’Etat. »
« J’ai deux enfants qui travaillent de manière irrégulière comme chiffonniers ou comme ramasseurs d’objets en plastique. Il m’arrive de faire aussi les cimetières... Mais qu’est-ce que vous voulez, c’est pour survivre...
Et si je trouvais un boulot comme femmes de ménage ou femme de peine dans n’importe quelle société, je le ferais. Car la vie est devenue très chère... » poursuit-elle.
Kheïra Y. est une autre habituée du marché d’El-Hamri. Celle-ci, discrète, n’est pas moins connue des marchands, comme elle le reconnaît. Très discrètement, Ammi Mohamed, un commerçant, lui remet un petit colis qu’elle glisse dans son panier. « C’est pour calmer la faim », dit-il avec pudeur.
Je n’ai personne d’autre que Dieu. » Les histoires de ces damnés de la terre sont légion.
Fatma B., une habitante de Médioni, visiblement fière, confie n’avoir aucune vie depuis la perte de son mari.
« Cela fait quatre mois que j’attends le mandat. Mais que voulez-vous que je fasse ?
Que je mendie ?
Jamais !...
Je ne suis pas la seule. Il y a des enfants et même des hommes « à salaires » qui font les poubelles le soir... »
Il est 21 heures, cette nuit d’avril, ce mois de toutes les augmentations, une soirée qui verra défiler, également, Fouad F., handicapé physique qui perdu son bras depuis son jeune âge.
Marié et père, celui-ci avoue « ne percevoir que 3000 dinars », comme aide de l’Etat.
« Au départ, je ne touchais que 1040 dinars d’aide du bureau de l’aide sociale de la section urbaine.
Toujours dans le cadre social, j’ai déposé un dossier en tant que personne handicapée, mais je perçois que 3000 dinars, puisque j’ai perdu les 1040 dinars que les Affaires sociales me versaient mensuellement. »
Par pudeur, il préfère changer de sujet et parle de « survie ».
Il faut dire que la pauvreté, naguère latente, est aujourd’hui bien présente, comme ne le cachent pas de nombreuses personnes que nous avons interrogées. Aussi, les témoignages des marchands sont édifiants à plus d’un titre.
« Parmi les gens démunis, ils sont nombreux ceux qui préfèrent faire le ramassage des restes de poubelles pour se nourrir que de faire la manche, notamment les personnes âgées.
Et le nombre va en augmentant. La cherté de la vie a fait des dégâts cette année », soutient un vendeur dans une boucherie, qui confie avoir un oncle, marié, employé comme factotum par la mairie et qui touche 3.000 dinars par mois, depuis au mois 15 ans.
« Moi aussi, je travaille dans cette boucherie pour arrondir les fins de moi. Je touche un salaire de 15.000 dinars, et cela n’est pas suffisant », conclut-il.
La voix de l’oranie EL-ANNABI.COM
La paupérisation est revenue au galop ces derniers temps en Algérie. Femmes, hommes et enfants font les poubelles des marchés de fruits et légumes pour ramasser de quoi se nourrir.
« Tous les jours, ils arrivent et vont directement au point d’enlèvement des restes de légumes que jettent les commerçants pour les récupérer », dit un habitué du marché d’El-Hamri.
L’image a de quoi secouer bien des certitudes. De quoi choquer toutes les âmes sensibles que nous avons interrogées dans le marché des fruits et légumes d’El Hamri.
Il est 17 heures. Une dame voilée, la soixantaine entamée au visage tatoué, se précipite, un panier en plastique à la main, sur un carton de légumes, ou plutôt de restes qu’ont jetés les commerçants.
Le geste précis, elle se courbe, fouine avec ses maigres doigts à la recherche de quelques choses à mettre à mijoter pour le repas. Pour ce soir, c’est tout juste une laitue qu’elle a récupéré.
« C’est pour mes petits-enfants. J’aurai aimé trouver des légumes parmi ces déchets », répond-elle furtivement avant de disparaître dans la nature... Pour un moment seulement, elle est revenue quelques minutes après, « elle ne voulait pas se faire remarquer », lâche un habitué des lieux.
En effet, à son retour, toujours discrète elle s’est attaquée à d’autres poubelles, celles des restes des viandes. « De quoi faire une chorba avec de la graisse en ces temps durs », nous dira-t-on.
Nous avons attendus, 19H45, le moment de l’appel à la prière du Maghreb, pour voir d’autres silhouettes fouiller les poubelles du marché pour calmer leur faim et celle de leurs progénitures.
« On le sens », fait-il remarquer. A peine sa phrase terminée, nous apercevons deux femmes en djellabas marocaines qui arrivent sur ces lieux en ces moments précis de fin de marché où les poubelles sont plus « généreuses » pour ramasser ces restes. Elles le font, disent-elles, « par nécessité ».
Naïma B., 40 ans, une habitante d’un bidonville de Aïn Beïda, déclare, sans aucun signe d’humiliation : « Hadi hiya aïchti (C’est cela ma vie).
Depuis que mon mari est tombé malade, je me débrouille pour ramener de quoi manger à mes enfants.
Mon mari travaillait dans une usine de matelas à Es-Sénia. Il a perdu la vue avec une incapacité de 80%. Actuellement, il ne perçoit que 1.000 dinars par mois comme contribution de l’Etat. »
« J’ai deux enfants qui travaillent de manière irrégulière comme chiffonniers ou comme ramasseurs d’objets en plastique. Il m’arrive de faire aussi les cimetières... Mais qu’est-ce que vous voulez, c’est pour survivre...
Et si je trouvais un boulot comme femmes de ménage ou femme de peine dans n’importe quelle société, je le ferais. Car la vie est devenue très chère... » poursuit-elle.
Kheïra Y. est une autre habituée du marché d’El-Hamri. Celle-ci, discrète, n’est pas moins connue des marchands, comme elle le reconnaît. Très discrètement, Ammi Mohamed, un commerçant, lui remet un petit colis qu’elle glisse dans son panier. « C’est pour calmer la faim », dit-il avec pudeur.
Je n’ai personne d’autre que Dieu. » Les histoires de ces damnés de la terre sont légion.
Fatma B., une habitante de Médioni, visiblement fière, confie n’avoir aucune vie depuis la perte de son mari.
« Cela fait quatre mois que j’attends le mandat. Mais que voulez-vous que je fasse ?
Que je mendie ?
Jamais !...
Je ne suis pas la seule. Il y a des enfants et même des hommes « à salaires » qui font les poubelles le soir... »
Il est 21 heures, cette nuit d’avril, ce mois de toutes les augmentations, une soirée qui verra défiler, également, Fouad F., handicapé physique qui perdu son bras depuis son jeune âge.
Marié et père, celui-ci avoue « ne percevoir que 3000 dinars », comme aide de l’Etat.
« Au départ, je ne touchais que 1040 dinars d’aide du bureau de l’aide sociale de la section urbaine.
Toujours dans le cadre social, j’ai déposé un dossier en tant que personne handicapée, mais je perçois que 3000 dinars, puisque j’ai perdu les 1040 dinars que les Affaires sociales me versaient mensuellement. »
Par pudeur, il préfère changer de sujet et parle de « survie ».
Il faut dire que la pauvreté, naguère latente, est aujourd’hui bien présente, comme ne le cachent pas de nombreuses personnes que nous avons interrogées. Aussi, les témoignages des marchands sont édifiants à plus d’un titre.
« Parmi les gens démunis, ils sont nombreux ceux qui préfèrent faire le ramassage des restes de poubelles pour se nourrir que de faire la manche, notamment les personnes âgées.
Et le nombre va en augmentant. La cherté de la vie a fait des dégâts cette année », soutient un vendeur dans une boucherie, qui confie avoir un oncle, marié, employé comme factotum par la mairie et qui touche 3.000 dinars par mois, depuis au mois 15 ans.
« Moi aussi, je travaille dans cette boucherie pour arrondir les fins de moi. Je touche un salaire de 15.000 dinars, et cela n’est pas suffisant », conclut-il.
La voix de l’oranie EL-ANNABI.COM
Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.
Temps de génération de la page : 0.267 secondes












