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Algérie XXIème siècle:"Travailler? Pour quoi faire ?"
- yasmi
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Question de fond : l'Algérien est-il mauvais travailleur ? Tricheur ? Paresseux ? On peut continuer : pourquoi le travail d'un Algérien est-il un travail d'Arabe alors qu'il est Algérien chez lui ? Selon beaucoup de patrons, hommes d'affaires et chefs d'entreprises algériens, il devient de plus en plus difficile de trouver un plombier, maçon, agent de PAO, correcteur, secrétaire, peintre, fleuriste, ramasseur de récoltes. Selon le soupir national, les Algériens rechignent à travailler. La raison ? Elle est humaine et pas algérienne : on peut gagner plus en faisant moins. Ce qui est contraire à l'économie, la plus-value, l'esprit d'entreprise et de conquête de la fortune. L'Etat paye beaucoup les gens qui font moins, ce qui fait que les patrons d'entreprises (les vrais) ne peuvent pas payer autant pour des gens qui font plus chez eux. Aux USA, on gagne plus chez le privé que chez l'Etat. En Algérie, c'est le contraire. «Avec en plus un régime des années 70 qui nous regarde, nous les chefs d'entreprises, comme des ennemis, des voleurs et des bourgeois antisocialistes comme il y a quarante ans !». Idée tellement ancrée qu'il suffit d'écrire que les Algériens ne travaillent pas pour que des lecteurs vous tombent dessus.
Donc, selon l'avis général, un Algérien gagne plus quand il travaille dans le «public» et gagne moins en travaillant chez le privé. Mieux ou pire, il gagne mieux en ne travaillant chez personne : chez lui, en prenant un morceau de trottoir, un bâton ou un mur. Comme dit il y a des semaines, les jeunes Algériens rêvent tous de devenir agents de sécurité ou loueurs de voitures. La raison ? Ce sont les meilleurs métiers assis. Faire et vivre comme le pétrole : couler lentement, valoir beaucoup. Jouir comme un ancien combattant 54 : libérer un morceau de terre puis le louer. La fortune est dans la rente ou le gisement, pas dans le muscle ou la tête.
L'état actuel de l'offre de main-d'œuvre algérienne fait que tous les patrons vous racontent le même drame : ouvriers importés du Maroc, sous-traitance avec les Chinois, etc. Les Algériens aujourd'hui refusent même de récolter la pomme de terre ou les olives dans les champs. Revendre des pétards rapporte plus. «Et c'est humain !», nous dit un patron. «Ce qu'il faut, c'est culpabiliser les gens qui ne veulent pas travailler au lieu de laisser s'enfler la fausse explication du «il n'y a pas de travail», et pas le contraire», affirme un patron. Le chômage n'existe pas en Algérie ? Si. Le travail aussi. Les deux n'arrivent pas à se rencontrer et à avoir beaucoup d'enfants. Parfois le chômage paye plus, l'Etat donne mieux et le Pouvoir est composé de beaucoup de gens sans compétences que le peuple voit comme des modèles qui ont marché sur la lune.
Equation sans solution quand le régime déteste officiellement le «privé» dès qu'il ne s'agit pas de ses enfants ou de ses prête-noms. Car dans ce cas, l'université et le centre de formation professionnelle vont continuer à former pour faire plaisir aux statistiques du régime qui n'en a pas besoin et pas aux entreprises qui cherchent de la main-d'œuvre. La solution de la solution ? «Le partenariat avec l'Europe d'en face : en Espagne, les gens savent faire mais ne trouvent pas où. Chez nous, on ne sait pas faire, mais on cherche ceux qui savent. Autant encourager une importation de main-d'oeuvre spécialisée avec la contrainte de la formation sans les clauses de contrat».
En attendant ? Daho Ould Kablia l'avait dit : son bureau déborde de demandes d'agrément de partis politiques et presque pas de demandes d'agrément d'associations civiles, d'aide, de soutien. On paye mieux à l'APN que chez Dieu ou chez les pauvres. Et les privés. Du coup, il est difficile de trouver un maçon qui ne soit pas chinois ou marocain mais pour les listes des candidatures aux élections, les Algériens peuvent en arriver aux couteaux. Importés d'ailleurs. Le travailleur déteste travailler. La raison ? Tout le monde veut être comme le régime, faire partie du régime, s'allier au régime : le régime est payé par le pétrole et pas par ses efforts et encore moins par sa compétence, selon les conclusions du peuple. Pourquoi travailler donc puisque la France est partie et que le pétrole a été découvert ? Dans dix ans on sera 40 millions de députés peut-être. Un million de ministres, trois cent mille conseillers à la Présidence propriétaire de deux cents entreprises et il y aura six présidents de la République dont deux frères, un cousin, un militaire, un religieux, un ancien combattant et un Nord-Malien et une femme et demie. Cela fait sept et demi ? Le pétrole payera.
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yasmi;117028 écrit: Par Kamel Daoud.
Question de fond : l'Algérien est-il mauvais travailleur ? Tricheur ? Paresseux ? On peut continuer : pourquoi le travail d'un Algérien est-il un travail d'Arabe alors qu'il est Algérien chez lui ? Selon beaucoup de patrons, hommes d'affaires et chefs d'entreprises algériens, il devient de plus en plus difficile de trouver un plombier, maçon, agent de PAO, correcteur, secrétaire, peintre, fleuriste, ramasseur de récoltes. Selon le soupir national, les Algériens rechignent à travailler. La raison ? Elle est humaine et pas algérienne : on peut gagner plus en faisant moins. Ce qui est contraire à l'économie, la plus-value, l'esprit d'entreprise et de conquête de la fortune. L'Etat paye beaucoup les gens qui font moins, ce qui fait que les patrons d'entreprises (les vrais) ne peuvent pas payer autant pour des gens qui font plus chez eux. Aux USA, on gagne plus chez le privé que chez l'Etat. En Algérie, c'est le contraire. «Avec en plus un régime des années 70 qui nous regarde, nous les chefs d'entreprises, comme des ennemis, des voleurs et des bourgeois antisocialistes comme il y a quarante ans !». Idée tellement ancrée qu'il suffit d'écrire que les Algériens ne travaillent pas pour que des lecteurs vous tombent dessus.
Donc, selon l'avis général, un Algérien gagne plus quand il travaille dans le «public» et gagne moins en travaillant chez le privé. Mieux ou pire, il gagne mieux en ne travaillant chez personne : chez lui, en prenant un morceau de trottoir, un bâton ou un mur. Comme dit il y a des semaines, les jeunes Algériens rêvent tous de devenir agents de sécurité ou loueurs de voitures. La raison ? Ce sont les meilleurs métiers assis. Faire et vivre comme le pétrole : couler lentement, valoir beaucoup. Jouir comme un ancien combattant 54 : libérer un morceau de terre puis le louer. La fortune est dans la rente ou le gisement, pas dans le muscle ou la tête.
L'état actuel de l'offre de main-d'œuvre algérienne fait que tous les patrons vous racontent le même drame : ouvriers importés du Maroc, sous-traitance avec les Chinois, etc. Les Algériens aujourd'hui refusent même de récolter la pomme de terre ou les olives dans les champs. Revendre des pétards rapporte plus. «Et c'est humain !», nous dit un patron. «Ce qu'il faut, c'est culpabiliser les gens qui ne veulent pas travailler au lieu de laisser s'enfler la fausse explication du «il n'y a pas de travail», et pas le contraire», affirme un patron. Le chômage n'existe pas en Algérie ? Si. Le travail aussi. Les deux n'arrivent pas à se rencontrer et à avoir beaucoup d'enfants. Parfois le chômage paye plus, l'Etat donne mieux et le Pouvoir est composé de beaucoup de gens sans compétences que le peuple voit comme des modèles qui ont marché sur la lune.
Equation sans solution quand le régime déteste officiellement le «privé» dès qu'il ne s'agit pas de ses enfants ou de ses prête-noms. Car dans ce cas, l'université et le centre de formation professionnelle vont continuer à former pour faire plaisir aux statistiques du régime qui n'en a pas besoin et pas aux entreprises qui cherchent de la main-d'œuvre. La solution de la solution ? «Le partenariat avec l'Europe d'en face : en Espagne, les gens savent faire mais ne trouvent pas où. Chez nous, on ne sait pas faire, mais on cherche ceux qui savent. Autant encourager une importation de main-d'oeuvre spécialisée avec la contrainte de la formation sans les clauses de contrat».
En attendant ? Daho Ould Kablia l'avait dit : son bureau déborde de demandes d'agrément de partis politiques et presque pas de demandes d'agrément d'associations civiles, d'aide, de soutien. On paye mieux à l'APN que chez Dieu ou chez les pauvres. Et les privés. Du coup, il est difficile de trouver un maçon qui ne soit pas chinois ou marocain mais pour les listes des candidatures aux élections, les Algériens peuvent en arriver aux couteaux. Importés d'ailleurs. Le travailleur déteste travailler. La raison ? Tout le monde veut être comme le régime, faire partie du régime, s'allier au régime : le régime est payé par le pétrole et pas par ses efforts et encore moins par sa compétence, selon les conclusions du peuple. Pourquoi travailler donc puisque la France est partie et que le pétrole a été découvert ? Dans dix ans on sera 40 millions de députés peut-être. Un million de ministres, trois cent mille conseillers à la Présidence propriétaire de deux cents entreprises et il y aura six présidents de la République dont deux frères, un cousin, un militaire, un religieux, un ancien combattant et un Nord-Malien et une femme et demie. Cela fait sept et demi ? Le pétrole payera.
:good::good::good: trés pertinent.
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- ahmeddamien
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foutre les colons dehors pour faire venir ensuite investir des entreprises étrangères.....
comme le mec qui appelle son chien foutle camp
"viens ici fout le camp"
peut être plutôt de ronchonner sur du blé pas payé en 1515 ou une aide a la révolution française pas remercié....
tourner la page et creer quelque chose
80 a 90 % DES BIENS DE CONSOMMATIONS VIENNENT DE L ETRANGER
DE CES "CHIENS DE FRANCAIS" POUR CITER........
alors au lieu de rouler reunault,bouffer la vache kiri,s habiller adidas
faudrait faire soi meme
ca me fait penser a l expression
"faut pas cracher dans la soupe"
triste con
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Les Algériens dans un passé récent - dans l’Algérie des années 50, 60,70- immigrés en France surtout et faisaient tous les métiers sans rechigner, des milliers d’entre eux ont fait le bonheur et la fierté de leurs entreprises et employeurs.
Ceux qui arrivent maintenant en Europe , eux aussi font n’importe quel boulot , pourvu qu’ils en trouve un.
c’est le milieu qui conditionne les individus.
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- yasmi
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Une main d'oeuvre non formé fait fuir les investisseurs.
J'espère qu'il n'est pas trop tard pour faire changer les mentalités et leur faire prendre conscience
que c'est leur avenir et ceux de leurs enfants qui est en jeu.
Je rejoins vos avis les gars...
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- salim12
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ana mafhamteche haja , le "système" ce fameux dragon à têtes multiples qu'on assaisonne à toutes les sauces est-il si omniprésent que ça dans la vie des algériens ? S'il est si néfaste que ça pourquoi le peuple algérien , ombrageux et rebelle par nature accepte sans rechigner tous les commandements du "système" . Les algériens sont-ils si malléables à ce point pour qu'on leur fasse prendre des vessies pour des lanternes ? Si nous manquons cruellement de main d'oeuvre la faute incombe t-elle au "système" qui régente la société ? Et pourtant les centres de formation livrent des "fournées" entières de jeunes spécialisés dans tous les corps de métier mais ce même jeune au lieu de s'atteler à sa fonction prédestinée préfère un "morceau de trottoir" (dixit K.Daoud) un poste de sinécure comme gardien dans une quelconque société ou le fameux trabendo tout en prenant le soin de s'inscrire parmi les diplomés sans emploi (ils ont un pécule) ; quel est le rôle du "système" dans le comportement de ce jeune , est ce le système qui l'a dévoyé , détourné ? Où est ce la matrice première du jeune , en l'occurence la famille , qui n'a pas joué son rôle principal en orientant son enfant vers le métier pour lequel l'état l'a formé . C'est bien commode d'incomber nos lacunes , toutes nos lacunes au "système" au "régime" à l'état , encore faut il se regarder franchement dans un miroir et faire son auto-critique .
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