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Ils ont lancé la journée sans immigrés sur le coin d'une table
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24 Fév 2010 22:06 #48353
par kredence
Ne pas travailler, ne pas pas consommer le 1er mars : l'idée vient d'eux trois. Depuis, le mouvement a pris de l'ampleur
Difficile de trouver collectif moins étiqueté. D'emblée, Peggy Derder, Nadir Dendoune et Nadia Lamarkbi, les trois fondateurs de la journée sans immigrés ont voulu brasser large, ne pas se donner de revendications mais plutôt un objectif : se faire entendre.
C'était en août 2009, les trois se rencontraient via des amis communs. Prof d'histoire-géographie (Peggy Derder, 32 ans) et journalistes (Nadir Dendoune et Nadia Lamarkbi, 37 et 35 ans), avaient en commun d'être énervés par le climat ambiant. Plutôt délétère, tendance xénophobe à leurs yeux.
A cette période, Brice Hortefeux s'illustrait sur les Arabes (et les Auvergnats). (Voir la scène intégrale filmée par Public Sénat)
Ils en ont parlé sur un coin de table. Et quelques semaines plus tard… Nadia Lamarkbi a lancé sur Facebook l'idée d'un boycott à l'américaine. Comme aux Etats-Unis en 2006 : le 1er mai, toute personne se sentant une histoire commune avec l'histoire migratoire du pays était invitée à cesser de travailler et de consommer. Le but était de paralyser le pays pendant 24 heures.
« Faire quelque chose », sans appartenance politique
Sur Facebook, le succès est immédiat : les trois décident de « faire quelque chose », sans appartenance politique particulière. Le groupe facebook compte aujourd'hui plus de 66 000 membres.
Pourtant, Nadia, Nadir et Peggy ne sont encartés nulle part.
Seule Nadia a milité avant ses vingt ans au syndicat étudiant UNEF et au PCF. Avant de quitter les rangs communistes parce qu'elle jugeait la ligne « trop nationaliste, très ancrée sur les traditions françaises ».
Nadir Dendoune, lui, dit qu'il « aime faire les choses tout seul » - il a d'ailleurs un tour du monde à vélo au compteur. Méfiant envers les politiques, il dit quand même trouver « de bonnes choses dans pas mal de partis politiques ».
Lesquelles ? Il commence à énumérer, se ravise. Ensemble, ils parlent du « secret du vote », on comprend que le but est de ratisser au plus fédérateur.
On devine aussi la crainte d'être récupéré. « Etre l'Arabe du PS ou de PC… » siffle Nadir Dendoune. SOS Racisme a laissé des traces, l'évocation suffit à le « faire vomir » - « à titre personnel, pas au nom du comité ». Nadia Lamarkbi parle carrément de « symptome SOS ».
Le vote des immigrés, la régularisation des sans-papiers ? Presque hors sujet. Nadir Dendoune dit que « d'autres assos portent cela », qu''ils ne voulaient pas « être un truc bis ». Peggy Derder développe :
« On a voulu se placer en amont des discriminations et de ces questions qui résultent d'un discours stigmatisant. S'attaquer à la racine et pas aux symptomes. »
A leurs yeux, cette stigmatisation enfle. Ils énumèrent : Frêche, Valls, Hortefeux, Clément, Morano, Chirac… :
« Ce n'est pas l'Italie, ce n'est souvent pas directement xénophobe. Mais c'est plus sournois, plus malsain. »
Huit à dix contrôles d'identité par an
C'est concret aussi, souvent. Peggy Derder, fille d'un père algérien et d'une mère française, est blonde. Elle n'a jamais été contrôlée.
Nadir Dendoune estime, lui, que c'est « huit à dix fois par an ». Depuis le début 2010, ça fait déjà quatre. Le dernier contrôle d'identité s'est soldé par trois heures au poste : plutôt du genre tonique dans la vie, Nadir a refusé de présenter ses papiers.
Lui qui a la triple nationalité (française, algérienne et australienne, souvenir d'un séjour de huit ans là-bas parce qu'il ne se sentait « pas à l'aise chez [lui] ») dit qu'il est « un Français qui a trop pris le soleil ».
Nadia Lamarkbi, née en France de parents marocains, a grandi en Bourgogne et ne se souvient pas avoir essuyé de xénophobie :
« A la limite, j'ai plutôt bénéficié de la discrimination positive. »
« La terminologie est difficile pour définir quelqu'un comme moi »
Pour eux, le boycott et la journée sans immigrés, c'est une façon de « taper là où ça fait mal ». En l'occurence du côté du levier économique. « Par notre absence on marque la nécéssité de notre présence. »
C'est aussi une façon d'endosser le raisonnement de Sartre dans « Réflexions sur la question juive ». Peggy Derder, qui juge « la terminologie si difficile pour définir quelqu'un comme moi » explique :
« L'immigré, c'est celui qui est perçu comme tel. On cherche à réhabiliter la figure de l'immigré en France. Mais pas seulement par rapport à l'histoire coloniale, plutôt par rapport aux stéréotypes. Les Italiens, les Polonais, en ont souffert avant nous de la même manière. »
La page Wikipedia de Nadir indique qu'il est « le premier Maghrébin (et Algérien) à atteindre le Toit du monde » après son ascension de l'Everest en 2008.
Lui qui n'a jamais voulu quitter l'Ile-Saint-Denis maintenant qu'il travaille pour France 3 ou l'Humanité refuse avec force le terme « Arabe ». Préfère « Maghrébin » et se sent « surtout banlieusard » :
« C'est l'identité la plus structurante, celle dont je suis le plus fier. On m'a ramené toute ma vie à ces putain de clichés, alors d'accord, allons-y.
J'ai fermé ma gueule pendant tellement longtemps, j'ai vu mon père et ma père se faire traiter comme de la merde et ne rien dire. Je voudrais bien être dans la paix. Mais comment tu fais ? »
L'engagement de Peggy Derder, qui n'a « jamais vécu le racisme dans la chair », procède aussi d'une désillusion :
« J'ai été élevée dans la valorisation de l'école, de la réussite au mérite. Un père autodidacte, une mère assistante de direction, et la foi dans l'égalité des chances. Or tout m'indique que ça n'existe pas. Continuer à entretenir cette illusion, c'est une manière de ne pas remettre les choses en cause. »
Alors qu'un appel donne rendez-vous devant toutes les grandes mairies de France entre midi et deux le 1er mars, d'autres collectifs feront de même en Italie ou en Grèce. Ils se sont formés sur le tas après avoir entendu parler de Nadir Dendoune, Nadia Lamarkbi et Peggy Derder.
Ils ne savent pas encore ce qu'ils pourront bien faire de toute la dynamique enclenchée. Car, au fond, la journée sans immigrés ne parle pas tellement d'immigration. Mais plutôt de ceci : dans quelle société veut-on vivre ?
www.rue89.com/2010/02/24/ils-ont-lance-l...in-dune-table-140296
Difficile de trouver collectif moins étiqueté. D'emblée, Peggy Derder, Nadir Dendoune et Nadia Lamarkbi, les trois fondateurs de la journée sans immigrés ont voulu brasser large, ne pas se donner de revendications mais plutôt un objectif : se faire entendre.
C'était en août 2009, les trois se rencontraient via des amis communs. Prof d'histoire-géographie (Peggy Derder, 32 ans) et journalistes (Nadir Dendoune et Nadia Lamarkbi, 37 et 35 ans), avaient en commun d'être énervés par le climat ambiant. Plutôt délétère, tendance xénophobe à leurs yeux.
A cette période, Brice Hortefeux s'illustrait sur les Arabes (et les Auvergnats). (Voir la scène intégrale filmée par Public Sénat)
Ils en ont parlé sur un coin de table. Et quelques semaines plus tard… Nadia Lamarkbi a lancé sur Facebook l'idée d'un boycott à l'américaine. Comme aux Etats-Unis en 2006 : le 1er mai, toute personne se sentant une histoire commune avec l'histoire migratoire du pays était invitée à cesser de travailler et de consommer. Le but était de paralyser le pays pendant 24 heures.
« Faire quelque chose », sans appartenance politique
Sur Facebook, le succès est immédiat : les trois décident de « faire quelque chose », sans appartenance politique particulière. Le groupe facebook compte aujourd'hui plus de 66 000 membres.
Pourtant, Nadia, Nadir et Peggy ne sont encartés nulle part.
Seule Nadia a milité avant ses vingt ans au syndicat étudiant UNEF et au PCF. Avant de quitter les rangs communistes parce qu'elle jugeait la ligne « trop nationaliste, très ancrée sur les traditions françaises ».
Nadir Dendoune, lui, dit qu'il « aime faire les choses tout seul » - il a d'ailleurs un tour du monde à vélo au compteur. Méfiant envers les politiques, il dit quand même trouver « de bonnes choses dans pas mal de partis politiques ».
Lesquelles ? Il commence à énumérer, se ravise. Ensemble, ils parlent du « secret du vote », on comprend que le but est de ratisser au plus fédérateur.
On devine aussi la crainte d'être récupéré. « Etre l'Arabe du PS ou de PC… » siffle Nadir Dendoune. SOS Racisme a laissé des traces, l'évocation suffit à le « faire vomir » - « à titre personnel, pas au nom du comité ». Nadia Lamarkbi parle carrément de « symptome SOS ».
Le vote des immigrés, la régularisation des sans-papiers ? Presque hors sujet. Nadir Dendoune dit que « d'autres assos portent cela », qu''ils ne voulaient pas « être un truc bis ». Peggy Derder développe :
« On a voulu se placer en amont des discriminations et de ces questions qui résultent d'un discours stigmatisant. S'attaquer à la racine et pas aux symptomes. »
A leurs yeux, cette stigmatisation enfle. Ils énumèrent : Frêche, Valls, Hortefeux, Clément, Morano, Chirac… :
« Ce n'est pas l'Italie, ce n'est souvent pas directement xénophobe. Mais c'est plus sournois, plus malsain. »
Huit à dix contrôles d'identité par an
C'est concret aussi, souvent. Peggy Derder, fille d'un père algérien et d'une mère française, est blonde. Elle n'a jamais été contrôlée.
Nadir Dendoune estime, lui, que c'est « huit à dix fois par an ». Depuis le début 2010, ça fait déjà quatre. Le dernier contrôle d'identité s'est soldé par trois heures au poste : plutôt du genre tonique dans la vie, Nadir a refusé de présenter ses papiers.
Lui qui a la triple nationalité (française, algérienne et australienne, souvenir d'un séjour de huit ans là-bas parce qu'il ne se sentait « pas à l'aise chez [lui] ») dit qu'il est « un Français qui a trop pris le soleil ».
Nadia Lamarkbi, née en France de parents marocains, a grandi en Bourgogne et ne se souvient pas avoir essuyé de xénophobie :
« A la limite, j'ai plutôt bénéficié de la discrimination positive. »
« La terminologie est difficile pour définir quelqu'un comme moi »
Pour eux, le boycott et la journée sans immigrés, c'est une façon de « taper là où ça fait mal ». En l'occurence du côté du levier économique. « Par notre absence on marque la nécéssité de notre présence. »
C'est aussi une façon d'endosser le raisonnement de Sartre dans « Réflexions sur la question juive ». Peggy Derder, qui juge « la terminologie si difficile pour définir quelqu'un comme moi » explique :
« L'immigré, c'est celui qui est perçu comme tel. On cherche à réhabiliter la figure de l'immigré en France. Mais pas seulement par rapport à l'histoire coloniale, plutôt par rapport aux stéréotypes. Les Italiens, les Polonais, en ont souffert avant nous de la même manière. »
La page Wikipedia de Nadir indique qu'il est « le premier Maghrébin (et Algérien) à atteindre le Toit du monde » après son ascension de l'Everest en 2008.
Lui qui n'a jamais voulu quitter l'Ile-Saint-Denis maintenant qu'il travaille pour France 3 ou l'Humanité refuse avec force le terme « Arabe ». Préfère « Maghrébin » et se sent « surtout banlieusard » :
« C'est l'identité la plus structurante, celle dont je suis le plus fier. On m'a ramené toute ma vie à ces putain de clichés, alors d'accord, allons-y.
J'ai fermé ma gueule pendant tellement longtemps, j'ai vu mon père et ma père se faire traiter comme de la merde et ne rien dire. Je voudrais bien être dans la paix. Mais comment tu fais ? »
L'engagement de Peggy Derder, qui n'a « jamais vécu le racisme dans la chair », procède aussi d'une désillusion :
« J'ai été élevée dans la valorisation de l'école, de la réussite au mérite. Un père autodidacte, une mère assistante de direction, et la foi dans l'égalité des chances. Or tout m'indique que ça n'existe pas. Continuer à entretenir cette illusion, c'est une manière de ne pas remettre les choses en cause. »
Alors qu'un appel donne rendez-vous devant toutes les grandes mairies de France entre midi et deux le 1er mars, d'autres collectifs feront de même en Italie ou en Grèce. Ils se sont formés sur le tas après avoir entendu parler de Nadir Dendoune, Nadia Lamarkbi et Peggy Derder.
Ils ne savent pas encore ce qu'ils pourront bien faire de toute la dynamique enclenchée. Car, au fond, la journée sans immigrés ne parle pas tellement d'immigration. Mais plutôt de ceci : dans quelle société veut-on vivre ?
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- romance
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25 Fév 2010 08:32 #48354
par romance
Réponse de romance sur le sujet Ils ont lancé la journée sans immigrés sur le coin d'une table
on va dire que ceux qui nous gouverne sont de vrai SS ils forment de ghettos des camps de concentration exclus de la societe alors boycotter c est bien si ca peut faire bouger les choses
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- kredence
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25 Fév 2010 19:22 #48355
par kredence
Réponse de kredence sur le sujet Ils ont lancé la journée sans immigrés sur le coin d'une table
Salut Romance,l'article en question parle d'une journee sans emigres en
France,ce sera la journee du 1er Mars 2010.
France,ce sera la journee du 1er Mars 2010.
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- au_gré_du_vent
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01 Mar 2010 11:40 #48356
par au_gré_du_vent
Réponse de au_gré_du_vent sur le sujet Ils ont lancé la journée sans immigrés sur le coin d'une table
je serai curieuse de savoir ce que ça a donné, et si ça a été suivi....
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- Zalex
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01 Mar 2010 12:36 #48357
par Zalex
Je vous dirai ça: j'ai lancé un post sur un forum politique ce matin;
Je regarderai les réponses ce soir.
Réponse de Zalex sur le sujet Ils ont lancé la journée sans immigrés sur le coin d'une table
au_gré_du_vent;52286 écrit: je serai curieuse de savoir ce que ça a donné, et si ça a été suivi....
Je vous dirai ça: j'ai lancé un post sur un forum politique ce matin;
Je regarderai les réponses ce soir.
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01 Mar 2010 16:51 #48358
par Zalex
Réponse de Zalex sur le sujet 1ere info intéressante
11,3% de la population active occupée
La France, contrairement à d’autres pays comme l’Espagne ou la Grande-Bretagne, n’a jamais mesuré le poids économique de l’immigration. Avec environ 5 millions d'immigrés, soit 8 % de la population, selon les chiffres officiels, elle occupe pourtant à n’en pas douter une place importante. Selon le dernier recensement de l'Insee, en 2007, 2,4 millions d'immigrés résidant en France métropolitaine déclaraient travailler ou se trouver au chômage : ils représentaient ainsi 8,6 % des actifs. Si l'on s'en tient à la seule population active occupée (hors chômeurs), leur part se maintient même à un niveau plus élevé : à 11,3 % en 2007, selon les statistiques de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Les immigrés sont particulièrement présents dans des secteurs comme les services domestiques et l'hôtellerie-restauration, où ils représentent plus de 20 % de la main-d’œuvre, mais leur nombre est en augmentation dans d’autres secteurs tels que l'informatique (17,4 %) ou les services aux entreprises (16,5 %). Si cette opération est largement suivie, ce que le collectif espère, la France risque donc de subir un net ralentissement économique. Verdict ce soir ou demain quand le collectif aura tiré les conclusions de cette action.
La France, contrairement à d’autres pays comme l’Espagne ou la Grande-Bretagne, n’a jamais mesuré le poids économique de l’immigration. Avec environ 5 millions d'immigrés, soit 8 % de la population, selon les chiffres officiels, elle occupe pourtant à n’en pas douter une place importante. Selon le dernier recensement de l'Insee, en 2007, 2,4 millions d'immigrés résidant en France métropolitaine déclaraient travailler ou se trouver au chômage : ils représentaient ainsi 8,6 % des actifs. Si l'on s'en tient à la seule population active occupée (hors chômeurs), leur part se maintient même à un niveau plus élevé : à 11,3 % en 2007, selon les statistiques de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Les immigrés sont particulièrement présents dans des secteurs comme les services domestiques et l'hôtellerie-restauration, où ils représentent plus de 20 % de la main-d’œuvre, mais leur nombre est en augmentation dans d’autres secteurs tels que l'informatique (17,4 %) ou les services aux entreprises (16,5 %). Si cette opération est largement suivie, ce que le collectif espère, la France risque donc de subir un net ralentissement économique. Verdict ce soir ou demain quand le collectif aura tiré les conclusions de cette action.
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